13 avril 2020

The Mandalorian révolutionnaire : pas de fonds verts ni de décors réels pour la série Star Wars !

Pour sa première série en live action dans l’univers Star Wars, Disney a vu les choses en grand visuellement. Les décors de The Mandalorian, à couper le souffle, sont possibles grâce au travail de son créateur Jon Favreau, d’Industrial Light & Magic et d’Epic Games. Au lieu de se servir de fonds verts, habituellement utilisés sur les tournages de blockbusters pour les effets spéciaux, les équipes de la série Disney+ ont eu recours à une technique unique et révolutionnaire : des écrans à LED géants en forme d’anneau qui permettent de projeter et calculer les décors en temps réel.

Ce n’est pas la première fois qu’une grosse production a recours à cette technique comme Gravity, Interstellar, First Man ou Oblivion, mais il s'agissait d'une utilisation à petite échelle. La première production Star Wars a avoir utilisé des panneaux LED était Rogue One, sur laquelle a travaillé Margaux Durand Rival, superviseuse en prévisualisation chez Les Androïdes Associés. L’artiste nous explique qu’il s’agit d’un des premiers films à utiliser ce procédé à grande échelle, notamment pour les plans de cockpits de vaisseaux : "On utilisait des éléments que nous avions créés en previs pour la projection, des éléments créés à 360° pour entourer tout le cockpit et qui projetaient les décors de chaque scène et le bon éclairage".

Sur le tournage de Rogue One, l’utilisation était plus rudimentaire selon elle : "Nous utilisions une vidéo projetée sur les écrans LED qui était déjà calculée. Sur Rogue One, une fois que l’on avait calculé les vidéos à 360° à projeter, on ne pouvait plus les changer en temps réel le jour du tournage et l’interactivité se limitait à des ajustements de luminosité ou de couleur et quelques effets interactifs tels que des lasers de vaisseaux. Cette technique a été utilisée de nouveau sur Solo mais le système le plus complexe et perfectionné est celui utilisé sur The Mandalorian".

Alors en quoi cette technique est-elle révolutionnaire ? Pour Margaux Durand-Rival, elle est bénéfique pour les artistes previs. Ces derniers sont des artistes qui travaillent en phase de pré-production mais aussi pendant le tournage pour assister le réalisateur et le superviseur des effets spéciaux. Leur mission, souvent assimilée à une extension du storyboard, consiste à "travailler la mise en scène avant un tournage de séquences complètes et brutes du film à venir en 3D pour permettre à l’équipe du film de les visualiser avant qu’elles n’existent réellement. C’est un outil plus poussé permettant de voir assez fidèlement les cadres et les mouvements de caméra et ainsi de prendre des décisions artistiques et techniques très tôt dans la production".

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