Prendre la tête d'un journal télévisé phare ne s'improvise pas. Depuis septembre dernier, Léa Salamé l'a appris à ses dépens. La présentatrice de 46 ans dresse aujourd'hui un bilan lucide de ces premiers mois agités, entre faux pas médiatisés, polémiques et soutiens inattendus.
Dès ses premières apparitions derrière le bureau du 20 Heures, la journaliste s'est retrouvée sous le feu des critiques. Une question jugée trop personnelle posée à Marion Cotillard, puis une confusion entre les noms de Dominique Bernard et Samuel Paty — deux enseignants victimes de drames distincts — ont suffi à alimenter la controverse.
Face à ces attaques répétées, Léa Salamé choisit aujourd'hui la franchise plutôt que la défense : "Je mentirais si je disais que j'ai été insensible aux attaques. Sans doute, certaines critiques n'étaient pas infondées. Dans ces cas-là, je me tais et je travaille d'arrache-pied."
Elle ajoute, avec humilité : "Présenter le 20 Heures peut paraître simple mais c'est d'une incroyable complexité. J'apprends tous les jours. C'est une grande école d'humilité." Un aveu rare, qui tranche avec l'image de journaliste aguerrie que lui connaît le public.
Dans ce contexte difficile, la présentatrice a pu compter sur un soutien venu d'un bord inattendu. Pascal Praud, figure bien connue de CNews et animateur de L'Heure des Pros, s'est régulièrement porté à sa défense sur son antenne.
En septembre, il fustigeait ceux qu'il percevait comme des détracteurs jaloux au sein de l'audiovisuel public, les accusant de s'en prendre à une journaliste qu'il qualifiait d'"excellente".
Plus récemment, alors que la question de sa neutralité était soulevée en raison des ambitions politiques de son compagnon Raphaël Glucksmann, Praud montait de nouveau au créneau : "Léa Salamé, elle existait avant de rencontrer Raphaël Glucksmann. Je trouve incroyable qu'en France on demande à une femme de se retirer de l'antenne parce que son mari va se présenter à une élection."
Derrière ces prises de position publiques se cache, en réalité, une relation bien plus personnelle. Les deux journalistes se connaissent depuis plus de dix ans, ayant fait leurs armes ensemble sur i-Télé. Léa Salamé le confie volontiers : "Il nous arrive d'avoir de longues conversations téléphoniques le dimanche. Il me débriefe "Quelle Époque !" et on débat avec passion. On se dit les choses de manière très franche."
Malgré des sensibilités éditoriales différentes, la présentatrice souligne la solidité de ce lien : "J'aime bien débattre avec lui. On peut ne pas être d'accord et avoir du respect." Une complicité discrète, loin des projecteurs, qui dit beaucoup sur la façon dont certaines amitiés journalistiques se construisent en dehors des clivages médiatiques.

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