22 mai 2020

Refuge sur Arte : pourquoi il ne faut pas manquer ce film éprouvant inspiré d'une histoire vraie

L'enfer des maisons de correction a souvent été un sujet fort exploité au cinéma et à la télévision. Parmi les références les plus notables, on pense bien sûr au chef-d'œuvre d'Alan Clarke, Scum, sorti en 1979, ou plus récemment à Dog Pound, du Français Kim Chapiron, sorti en 2010. Avec Refuge, le réalisateur Marc Brummund ancre son récit dans le réel en racontant le destin de Wolfgang Rosenkötter, qui, en 1961, a passé quinze mois entre les murs du camp de redressement Freistatt, en Allemagne. Le film, diffusé ce 22 mai, à 20h50, sur Arte, s'inspire directement de son témoignage et du livre qui lui avait été consacré en 2006, intitulé Schläge im Namen des Herrn et coécrit avec le journaliste Peter Wensierski.

1968. Le jeune Wolfgang, quatorze ans, est un garçon vif, passionné, aimé de ses amis, qu'il entraîne souvent à enfreindre les règles. Choyé par sa mère, avec qui il partage un amour fusionnel, presque incestueux, l'adolescent se retrouve, en revanche, confronté à la haine de son beau-père qui l'envoie dans une maison disciplinaire pendant plusieurs mois. Arrivé sur les lieux, Wolfgang découvre un monde qu'il n'avait jusqu'alors jamais soupçonné. Encadré par des éducateurs sans scrupule et des rites religieux quotidiens, le centre devient le noyau d'une violence exacerbée, qui force les jeunes pensionnaires à abandonner leur innocence pour embrasser leur monstruosité.

Le long-métrage - qui n'a jamais bénéficié d'une sortie cinéma en France - dresse le portrait puissant d'un héros, brillamment interprété par Louis Hofmann, qui n'est pas sans rappeler le personnage d'Antoine Doinel dans Les Quatre cents coups. Toutefois, Refuge se démarque fortement du film de François Truffaut de par sa brutalité et ses séquences de torture, physiques comme psychologiques, filmées sans filtre devant la caméra de Marc Brummund. La mise en scène du cinéaste se veut simple, même si efficace, pour mettre davantage en avant la noirceur de son récit. La violence qui règne sous le toit de cet institut, exprimée par les coups et les excès de rage, fait ressurgir un nouveau visage chez les jeunes protagonistes, qui se métamorphosent au fur et à mesure que l'histoire progresse. Piégés dans un système tourné vers la peur et l'intimidation, ils vont devoir se rattacher à leurs instincts de survie pour faire face à l'autorité du directeur et de ses employés.

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