17 janvier 2025

Dans les coulisses de Blue Velvet, premier chef-d'oeuvre de David Lynch

1986. Un film noir portant le titre d'une chanson américaine 50s crée le scandale par sa représentation de la violence sadomasochiste : Blue Velvet, d'un certain David Lynch. L'homme est connu et jouit d'une notoriété ambiguë, avec une filmographie oscillant entre l'expérimental décadent (Eraserhead, 1977) et les tentatives grand public, connaissant tantôt le succès (Elephant man, 1980) tantôt l'échec critique et commercial (Dune, 1984). Comment faire confiance à ce drôle de réalisateur au tempérament de plasticien qui déroute par son goût de l'étrange et son aptitude à travailler de l'intérieur des genres extrêmement codés, du mélodrame forain en costumes d'époque à la science-fiction épique ?

Le scénario de Blue Velvet, dont la version primitive remonte à la fin des années 70, cherche preneur auprès des studios hollywoodiens, qui tous refusent. Ce qui grippe : la violence érotique et la minceur apparente de la trame narrative – une enquête horrifique sur un réseau criminel dirigé par un psychopathe, sur fond de fascination pour une chanteuse de club mi-femme fatale mi-femme battue. Rien de bien convenable pour l'Amérique puritaine prête à admirer sur grand écran des femmes sublimes et vénéneuses, mais pas à les voir se prendre des gifles en gloussant de plaisir, le sang aux commissures des lèvres, comme dans un vulgaire giallo...

C'est le producteur italien Dino de Laurentiis, fils d'un industriel des pâtes alimentaires marié à la divine Silvana Magano, qui dira banco au film, parallèlement à la production d'un thriller colossal, Manhunter, de Michael Mann, qui sort la même année. Pour Lynch, les conditions sont risquées mais intéressantes : un budget serré de six millions de dollars et le final cut...

Exactement ce qu'il faut au réalisateur pour donner libre cours à son génie créateur en convoquant tous les ingrédients de ses chefs-d'œuvre futurs – des héros chastes happés par un arrière-monde putride, le sens de l'insolite, le goût du difforme, les décors baroques, les rideaux oniriques, la somptueuse photographie de Frederick Elmes et la musique inquiétante du maître Angelo Badalamenti.

Blue Velvet marque un tournant dans la carrière de Lynch, qui fut nominé à l'Oscar du meilleur réalisateur en 1987. C'est assurément la matrice formelle de ses plus beaux cauchemars. Le film n'a pas pris une ride et dégage toujours une même force hypnotique. En deçà de la charge sexuelle qui a tant défrayé la chronique lors de sa sortie, engendrant une réception critique mitigée aux Etats-Unis, coule pour la première fois de manière aussi évidente la matière noire de son cinéma : l'appel du Mal, cet obscur objet du désir, tapi derrière l'ordre apparent d'une Amérique propre sur elle, heureuse et immuable comme un paradis pavillonnaire sous le règne du président-acteur Ronald Reagan.

La lecture rétrospective du scénario définitif de Blue Velvet est émouvante. Plan, scène, réplique, tout est parfaitement pensé, préparé, écrit. Pour mémoire : de retour au bercail à Lumberton, un patelin de Caroline du Nord, après l'accident cardio-vasculaire de son père, Jeffrey Beaumont, un étudiant BCBG, découvre une oreille humaine dans un champ alors qu'il revient d'une visite à l'hôpital.

Comme il est honnête et que cela semble tout à fait logique, il apporte gentiment sa découverte à la police et confie l'organe contenu dans un simple sac en papier à l'inspecteur John Williams, qui le constate à son tour avec beaucoup d'à-propos : oui, il s'agit bien d'une oreille humaine... Un soir, Jeffrey lui rend visite puis fait la rencontre dans les ténèbres de la nuit d'une jolie blonde vêtue de rose, Sandy, la fille de l'inspecteur. Elle crée le contact. C'est bien lui qui a trouvé l'oreille ?

Elle-même a entendu son père citer le nom d'une chanteuse peut-être en lien avec l'affaire, Dorothy Vallens... L'enquête parallèle est lancée par ce couple virginal né dans la nuit. Il y avait la tête dans Eraserhead, il y aura l'oreille dans Blue Velvet : un organe sectionné qui va servir de conduit, auditif et visuel, entre le monde apparent et le monde caché, entre le monde visible et le monde noir de la cruauté humaine.

L'appendice ainsi autonomisé et littéralement monstrueux est un motif décadent. Une bizarrerie fin-de-siècle qui surgit de manière incongrue dans un cadre champêtre, sous un ciel éternellement bleu. Un fragment monstrueux – peut-être le plus célèbre de l'histoire du cinéma avec le phallus de L'Empire des sens –, qui nous invite à pénétrer l'orifice d'un monde étrange – a very strange world. 

Les personnages de ce conte cruel sont incarnés par des acteurs qui ne sont pas des premiers choix. De l'échec ou plus précisément du déplacement des intentions premières de Lynch s'opère une sorte de petit miracle. Dans le rôle de Jeffrey Beaumont, l'inspecteur sans mandat à peine sorti de la puberté, s'impose Kyle MacLachlan à la place de Val Kilmer, ce qui n'allait pas de soi après la déception de Dune. Il est parfait dans la catégorie gentil garçon inoffensif, sorte d'idéal du moi de Lynch en premier communiant à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, et nous déboussole lorsqu'il se met à son tour à tabasser la chanteuse Dorothy Vallens qui l'en supplie.

Elle, c'est Isabella Rossellini, la fille de – Roberto Rossellini et Ingrid Bergman – qui accepte le rôle après le refus de Hanna Schygulla. À l'époque, on la voit uniquement dans le mannequinat et des publicités pour les cosmétiques. Lynch offre à sa carrière une révolution à 180 degrés en la magnifiant en femme fatale brune, chanteuse mélancolique au corps marqué sous l'emprise du cinglé qui a kidnappé son fils et son mari, lui zappant une oreille au passage.

Comment oublier Dorothy chantant « Blue Velvet » dans l'ambiance jazzy du slow club ? « She wore blue velvet / Bluer than velvet was the night / Softer than satin was the light / From the stars…»  Comment oublier Dorothy chez elle, tantôt matée par Jeffrey, tantôt battue par le psychopathe Frank dans son appartement-décor, véritable « hall de gare », soumise à la loi des hommes ? Comment oublier Dorothy surgissant nue du jardin de Jeffrey – la réminiscence fictionnée d'un épisode réel de la vie de Lynch enfant – alors que celui-ci se fait embrouiller par le petit ami de Sandy ?

Le monde de la pub ne pardonnera pas ce rôle à Isabella Rossellini. Sois belle et tais-toi. Sois belle et ne chante pas. Sois belle et ne dis pas : frappe-moi encore. Son contrepoint blond s'appelle Laura Dern. Une parfaite inconnue qui incarnera le rôle de Sandy Williams, la fille de l'inspecteur aux airs de majorette vierge, et qui n'est même pas un deuxième choix, n'arrivant qu'après une cascade de refus. Bonne pioche, elle est sublime d'innocence sucrée, romantique et ingénue jusqu'au nunuche. Au terme d'une enquête lugubre, elle rétablira délicieusement l'ordre des choses : « Je te pardonne Jeffrey, je t'aime. »

Quant à la bête humaine du film, elle s'appelle Dennis Hopper, le magnifique Dennis de Easy Rider, ici en homme mûr gavé d'adrénaline et de lubricité. Lui, alors au fond du trou, a foncé sur le rôle dont personne ne voulait. Il est ici divin et réunit en lui tous les affreux de la Création – le satyre, le toxico, le meurtrier, la petite frappe de province, le fils indigne flairant en pleurnichant la chatte-à-maman, le maniaque pansexuel. « J'ai envie de baiser tout ce qui bouge », nous confie-t-il avec franchise lors d'une nuit de folie dans le cabaret de son pote dégénéré Ben (Dean Stockwell).

Ah, qu'on l'aime ce ménage à quatre ! Les comédiens recevront tous des prix pour leur extraordinaire partition (Dennis Hopper, nominé aux Golden Globes pour le meilleur second rôle et primé par la National Society of Film Critics, Isabella Rossellini, Independent Spirit Award de la meilleure actrice aux côtés de Laura Dern, nominée). Sauf, curieusement, Kyle MacLachlan.

Ce qui unit souterrainement ces personnages, c'est qu'ils sont tous fondamentalement voyeurs. Pour Jeffrey, qui mène l'enquête, c'est évident. Il en fait l'aveu le plus simplement du monde à Dorothy Vallens qui l'a découvert planqué dans son placard : « J'ai pris votre clé. Je voulais vous regarder, c'est tout. » Sandy, assise dans le cabriolet rouge à sellerie blanche de son futur boyfriend, avant qu'il ne visite pour une deuxième fois l'appartement de Dorothy, le lui fait également remarquer : « Je ne sais pas si tu es un détective ou un pervers - C'est à toi de le découvrir », lui répond le joli brun sous forme de défi, en l'occurrence une invitation à le regarder agir.

Mais Sandy n'est pas en reste. Si ses yeux ne traînent pas, ses oreilles sont actives. Tout d'abord, elle écoute ce que peut bien dire son père dans son bureau situé à l'étage en dessous de sa chambre. Ensuite, plus subtilement, elle passe son temps à jouir des récits que Jeffrey lui fait des avancées de sa trouble enquête, quitte à le déplorer. « Je n'aurais jamais dû t'en parler. »

Mais si elle ne lui en avait pas parlé, il n'y aurait pas eu d'histoire, donc pas de jouissance, donc pas de récit de la maltraitance dont Dorothy est l'objet. La chanteuse appartient quant à elle à la catégorie des masochistes, voyeuse d'elle-même et de son propre malheur, scrutatrice du désir de son jeune sauveur : « Tu veux faire des trucs vicieux ? »

Davantage qu'une drogue, ce mal lui a été inoculé par Frank, qui lui aurait tendance à contempler Maman. Tout d'abord au cabaret, les larmes aux yeux, essuyés par une étoffe bleue bien sûr. Puis au domicile de Dorothy, où il lui inflige des sévices tout en ordonnant qu'elle ne le regarde pas, sous peine de réprimandes violentes. On le verra ainsi, pathétique et fou à quelques centimètres du sexe de Dorothy, criant « maman » et inhalant névrotiquement son aide respiratoire en quête d'une régression radicale, « bébé veut du velours bleu ». 

Dans cet univers SM, chaque personnage se définit par rapport à son propre désir de violence, ou à sa propre intuition de la violence. Chacun a ainsi sa phrase récurrente, sa propre autodéfinition. Dorothy, désespérée, qui aimerait peut-être qu'on la tue mais qui ne peut pas mourir tant que son mari et son fils sont en vie, n'a qu'un mot à la bouche : « Frappe-moi ! » Frank attend d'être envahi par des forces obscures pour libérer sa rage : « ça y est, c'est la nuit ». Jeffrey découvre un autre monde, au cœur du nôtre : « C'est un monde étrange. » Sandy exprime une conscience naïve de la réalité du Mal : « J'ai fait un rêve. (…) Dans mon rêve, il y avait notre monde, et ce monde était sombre car il n'y avait pas de rouge-gorge. »

La scène du désir inavouable, de l'essence violente et cruelle de la libido humaine, est le salon de Dorothy. C'est là que se distribuent les plus beaux coups sur le visage et le corps de la chanteuse au bout du rouleau, que Lynch met en scène sans avoir peur d'en affronter la fragile et bouleversante nudité.

En 1986, Blue Velvet est un ovni, à la fois prolongement et rupture totale avec le film noir classique, dont il reprend le principe de l'intrigue parallèle et de l'ordre caché des choses. Film qui mélange romantisme et décadentisme en activant la force du sentiment et de la sensation – le générique du film s'ouvre ainsi en mode fétichiste sur une pièce de velours bleu en mouvement, sur fond de musique de film noir des années 40 – Blue Velvet a aussi retenu les leçons du cinéma d'Hitchcock, notamment celles de Psychose.

La charge psychique est ici totale, qui tend à minorer le prestige de l'action au profit de l'appréhension et de l'angoisse. Toute la palette chromatique de Lynch tend vers un assombrissement du monde. Un univers où grouillent les insectes, où les orifices sont sales comme le conduit de l'oreille sectionnée. Mais si le monde est autre, c'est aussi parce que les personnages se découvrent autres, à l'image de Jeffrey-le-pur se surprenant à frapper Dorothy. 

Lynch a également tiré les leçons de l'échec des premières moutures du scénario. Pour pallier l'écueil d'un film excessivement dérangeant, voire désagréable, il introduit des éléments comiques qui contrebalancent l'horreur et nous réjouissent comme des enfants admirant un camion rouge de pompiers américains. Ainsi, la constitution de couples cocasses et parodiques – les deux salariés noirs aveugles de la quincaillerie familiale et les deux tantes blondes – qui font baisser la pression et équilibrent les couples maléfiques du film – Dorothy et Frank, et aussi, de manière inattendue... Jeffrey et Frank. Lors de la scène où le psychopathe kidnappe le fouineur pour une virée violente en voiture, Frank ne lui dit-il pas, après l'avoir embrassé sur la bouche avec du rouge à lèvres devant sa bande de copains hilares : « T'es comme moi. » 

La bande-son de Blue Velvet est un chef-d'œuvre. C'est le cœur des personnages, le pouls même du récit. Elle fait également date parce qu'elle signe la première collaboration entre Angelo Badalamenti et David Lynch – Badalamenti que l'on voit fugitivement vêtu d'une veste bleue accompagner Dorothy Vallens au piano au Slow Club.

À l'époque, Lynch est fasciné par la musique du Russe Dmitri Chostakovitch (1906-1975), dont l'expressivité cinématographique, par son intensité mélodramatique, du subtil au quasi grotesque, du bizarre au grandiose hérité du romantisme de Gustav Mahler, entre en résonance avec son projet de film néo-noir. Badalamenti et ses nappes de synthé se voit alors prié de « faire russe » – entendre étrange, lancinant et puissant quand il le faut. L'anecdote est connue : David Lynch fait installer sur le tournage des enceintes qui diffusent en boucle la 15e symphonie du maître russe, histoire d'ambiancer les séances de travail....

L'attention portée à la musique est une autre manière de saisir l'esthétique de Lynch. Le thème principal de Badalamenti est magnifique, en parfaite osmose avec le genre noir. Comme un classique instantané. Lynch et Badalamenti : ces deux-là se sont trouvés. De nouveau le plaisir de l'oreille... qui se démultiplie tout au long du film grâce à l'utilisation du répertoire populaire américain.

Outre la chanson-titre « Blue Velvet » créée en 1950 par Bernie Wayne et Lee Morris et reprise par Bobby Vinton en 1963, le film voit le retour triomphal du crooner maudit Roy Orbison avec son hit « In Dreams ». Sa ritournelle fait mouche et devient le hit fantasmatique de Ben, le copain de Frank, qui se met en scène en play-back dans le cabaret où il retient prisonnier le mari et le fils de Dorothy Vallens : « A candy-colored clown they call the sandman / Tiptoes to my room every night / Just to sprinkle stardust and to whisper / Go to sleep, everything is alright. » Images inoubliables d'un show dégénéré où l'évocation du « clown caramel » n'est qu'une répétition générale avant le déferlement du Mal.

Leland Palmer, le père de Laura dans Twin Peaks dansant seul dans son salon, n'est pas loin. C'est le son immémorial de l'Amérique blanche – the good old days –, mais ce n'est plus qu'un un vernis sur la noirceur du réel. Son plus beau simulacre.

Le Mal est la grande question posée par Blue Velvet. Il affecte chaque personnage, circule comme une maladie, et s'inscrit subtilement dans un système mythologique et symbolique très vaste. Son approche par Lynch nous bouleverse car elle prend appui sur la profonde bonté des personnages principaux.

Eux (nous) ne sont que le résultat d'une déchéance et peuvent succomber à la Tentation maléfique : dans ce montage crypto-religieux, n'est-ce pas la jolie Sandy qui déclenche chez Jeffrey le désir de voir et de goûter au Mal en lui lâchant le nom de la chanteuse Dorothy Vallens, entendu dans la bouche de son père ?

Elle est Eve, il est un peu Adam. La scène centrale dans la voiture entre Sandy et Jeffrey nous éclaire. Au son des orgues, Jeffrey, les larmes aux yeux, s'étonne : « Pourquoi y a-t-il des gens comme Frank ? Pourquoi y a-t-il tant de problèmes dans ce monde ? »

La voiture est naturellement garée... devant une église. Comme une déclaration d'amour occulte où Sandy fait part de son rêve d'un monde déchu, sombre car sans rouge-gorge. L'oiseau est à sa manière le symbole du film. Son chant en ouvre discrètement l'espace sonore, en une sorte de félicité mensongère. Il l'achèvera.

Dernière scène du film : un rouge-gorge apparaît sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Il est magnifique et tient un insecte dans son bec avec une indifférente cruauté. Il est la Vérité du monde, une révélation. Sandy le constate en regardant amoureusement Jeffrey : « It's a strange world, isn’t it ? » 

David Lynch célébré par Kyle MacLachlan : "Il a changé ma vie"

Il y a quarante-deux ans, David Lynch, réalisateur de génie, choisissait Kyle MacLachlan pour jouer dans Dune, son unique film à gros budget. Un choix qui a changé la vie de l’acteur, comme il l’a confié dans un émouvant message publié jeudi sur Instagram, pour saluer la mémoire du réalisateur disparu.

"Pour des raisons qui dépassent mon entendement, David Lynch m’a sorti de l’obscurité pour jouer dans son premier et dernier film à gros budget", écrit MacLachlan dans son hommage. "Il a clairement vu quelque chose en moi que même moi je ne reconnaissais pas. Je dois toute ma carrière, et ma vie en fait, à sa vision."

L’acteur se souvient avec admiration de l’homme derrière la caméra : "Ce que j’ai vu en lui, c’est un homme énigmatique et intuitif, avec un océan créatif qui jaillissait en lui. Il était en contact avec quelque chose que nous autres aimerions pouvoir atteindre."

Leur collaboration ne s’est pas arrêtée là. Après Dune, leur "amitié a prospéré" sur les tournages de Blue Velvet et de Twin Peaks. "J’ai toujours trouvé qu’il était la personne la plus authentiquement vivante que j’aie jamais rencontrée", poursuit l'acteur de 65 ans. "David était en phase avec l’univers et avec sa propre imagination à un niveau proche de la meilleure version de l’humain !"

MacLachlan souligne que Lynch avait une approche unique de la vie et de l’art parce qu'il "ne s’intéressait pas aux réponses, car il comprenait que les questions sont le moteur qui fait de nous ce que nous sommes. Elles sont notre souffle."

En conclusion de son message, Kyle MacLachlan confie son chagrin face à la perte de cet ami si précieux : "Alors que le monde a perdu un artiste remarquable, j’ai perdu un ami cher, qui a imaginé un avenir pour moi et m’a permis de voyager dans des mondes que je n’aurais jamais pu concevoir par moi-même. Il me manquera plus que les limites de ma langue ne peuvent le dire, plus que ce que mon cœur ne peut le supporter. Mon monde s'est rempli parce que je l’ai connu et il est plus vide maintenant qu’il est parti. David, je reste à jamais changé et je serai toujours ton Kale. Merci pour tout."

Lost Highway, l’essence des 90’s selon David Lynch

Un film qui résumerait à lui tout seul l’esthétique des années 90 ? Voyons voir… Il y aurait Matrix, bien sûr, cette vaste régurgitation de tous les sous-courants de la pop culture fin de siècle. Pulp Fiction, évidemment, ses gangsters qui parlaient de hamburgers et de massages de pieds et propulsèrent le cinéma dans son ère « méta ». Et puis Fight Club, sans conteste, dernier râle de la génération X, s’achevant sur l’image prophétique de l’effondrement des Twin Towers. A côté de ces trois mastodontes générationnels, tapi dans l’ombre, se cache Lost Highway – moins applaudi, certes, mais compilant génialement tous les motifs, tics et marottes du cinéma de cette décennie. Le film de David Lynch « cochait toutes les cases » (comme on ne disait pas dans les années 90). Ce choc rétinien indélébile millésimé 1997 a pourtant souffert, quelques années plus tard, de la comparaison avec Mulholland Drive (2001), qui poussait ses innovations stylistiques (récit coupé en deux, relecture monstrueuse du film noir hollywoodien…) à un degré de perfection absolue, faisant rétrospectivement apparaître son prédécesseur comme un simple brouillon du chef-d’œuvre à venir. Aujourd’hui, pourtant, il s’impose comme une somme, le seul Lynch à combiner les deux faces de l’inspiration de son auteur : le glamour vénéneux d’un côté (la veine Blue Velvet-Mulholland Drive), la brutalité post-industrielle de l’autre (l’axe Eraserhead-Inland Empire). Un film lynchien total, donc, mais pas autarcique pour autant. Car si Lost Highway condensait les obsessions de son auteur, il était aussi l’œuvre d’une époque. 

Schizophrène ? Barry Gifford, auteur du roman Sailor et Lula (adapté par David Lynch en 1990) et co-scénariste de Lost Highway, n’aimait pas qu’on emploie ce terme pour désigner le héros du film, Fred Madison (Bill Pullman). Ce  saxophoniste free-jazz assassine par jalousie sa femme Renée (Patricia Arquette) avant de partir dans une « fugue dissociative » qui lui fera prendre le visage et l’identité d’un jeune garagiste nommé Pete Dayton (Balthazar Getty). "C'est sur un type qui est littéralement, physiquement, écartelé par un changement de personnalité", précisait l’écrivain dans Libération en mars 1996. L’idée avait germé dans l’esprit de David Lynch alors que, circa 1993-94, il passait des heures devant la télé, scotché, comme le reste du monde, par la retransmission du procès d’O.J. Simpson. "J’ai entendu dire qu’après avoir été libéré, il était allé jouer au golf, expliqua Lynch. Et je me suis dit : « Voilà quelqu’un qui sait compartimenter. Il assassine brutalement deux personnes et il va golfer en souriant ». C’est la fugue dissociative : quand tu prends mentalement distance avec toi-même pour ne pas devenir fou". Du Patrick Bateman d’American Psycho (Bret Easton Ellis, 1991) au Narrateur de Fight Club (David Fincher, 1999), la décennie 90 fut traversée par une cohorte de héros divisés, « splittés », écartelés. « Fendus comme une bûche », disait Lynch. Et tous surplombés, donc, par l’ombre d’O.J. Simpson, idole déchue devenue l’incarnation de la part sombre de l’homo americanus. 

51 minutes après le début, Lost Highway se brise en deux, un acteur en remplace un autre, la brune devient blonde, et le film commence à s’enrouler sur lui-même comme un ruban de Möbius. Lynch rejoue Vertigo sur un mode strident et cauchemardesque. A vrai dire, avant même qu’il s’en empare, l’idée d’une cassure dans le récit était déjà dans l’air. Lost Highway est encore en tournage quand sort dans les salles américaines Chungking Express de Wong Kar-wai, lui aussi scindé au milieu. Et en 1997 sort The Blackout d’Abel Ferrara, autre film fracassé en deux. Mais c’est la version lynchienne qui retourne le plus le cerveau, et s’imposera comme une matrice esthétique majeure. L’intéressé lui-même poussera la logique vers l’incandescence totale dans Mulholland Drive, avant que s’engouffrent dans la brèche Apichatpong Weerasethakul (Tropical Malady), Quentin Tarantino (Boulevard de la Mort), Miguel Gomez (Tabou) ou, encore très récemment, Trey Edward Schults (Waves). L’autoroute théorique la plus encombrée du 21e siècle a donc été ouverte en 1997. 

Au cinéma, chaque décennie a ses genres dominants. Sa couleur. Celle des années 90 est le noir. Du Silence des Agneaux de Jonathan Demme au Memento de Christopher Nolan, le film policier (et ses dérivés) est alors réinventé de fond en comble. David Fincher fixe la grammaire moderne du film de serial-killer (Seven), Curtis Hanson ressuscite le classicisme hollywoodien en adaptant Ellroy (L.A. Confidential), le jeune Tarantino repeint les murs en rouge sang (Reservoir Dogs), Michael Mann sort l’artillerie lourde (Heat)… Sans parler de John Dahl, Kathryn Bigelow, des frères Coen, et pour rester en Amérique. David Lynch, lui, se demande jusqu’où il peut pousser le genre. Aux avant-postes de cette nouvelle vague dès 1987 (Blue Velvet), il va encore plus loin avec Lost Highway. Les clichés sont là – cigarettes, femme fatale, Cadillac, grossium mafieux haut en couleur (le Mr Eddy joué par Robert Loggia) – mais éclairés d’une lumière nouvelle, plus effrayante. Avec son chef opérateur Peter Deming, Lynch travaille littéralement à réinventer la couleur noire –  "nous avions mis au point toute une gradation dans l’obscurité", expliquera le directeur de la photo. Le corridor dans lequel s’enfonce Fred Madison avant d’en ressortir déterminé à tuer Renée est sans doute l’un des noirs plus impénétrables jamais filmés. A quel moment le film noir devient-il un film d’épouvante ? S. Craig Zahler, réalisateur des traumatisants Bone Tomahawk et Traîné sur le bitume, ne parle pas de Lost Highway comme d’un thriller, mais comme l’un des cinq plus grands films d’horreur de tous les temps. Ça se défend.

« Qu’est-ce que c’est ? », demande Fred à Renée alors qu’elle inspecte le contenu de l’enveloppe kraft qu’un inconnu a déposé sur les marches de leur maison. « Une cassette vidéo », répond la belle brune en peignoir satiné. Pour les millenials qui découvrent aujourd’hui Lost Highway, la précision a son importance : oui, ces gros trucs noirs s’appelaient des cassettes (ou VHS) et, oui, c’est comme ça qu’on regardait les films à la maison dans les années 90. Si Lost Highway accuse son âge, c’est bien dans l’exhibition de ces machins antédiluviens. Ou, pire, de l’énorme caméscope dont se saisit l’Homme-Mystère (le clown spectral joué par Robert Blake) pour terrifier Bill Pullman dans le climax du film. Tout Lost Highway est fléché par des gadgets électroniques (interphones intimidants, téléphones menaçants…) filmés comme des vecteurs du Mal, des agents de la peur et du chaos. A la suite de David Cronenberg dans Videodrome, Lynch poursuit une réflexion sur l’image vidéo comme symbole de perversion, de décadence et de corruption. Après Lost Highway, les VHS maléfiques seront les stars du Ring de Hideo Nakata. Puis du Caché de Michael Haneke, en 2005, où un couple bourgeois est également terrorisé par des K7 livrées anonymement à son domicile. Même si, entre temps, tout le monde était passé au DVD.

Comme tous les films de David Lynch, Lost Highway s’écoute autant qu’il se regarde. Grésillement des ampoules, silence interminable entre deux répliques, tiens, écoutons cette araignée qui se promène au plafond… Au-delà du sound design du film, ahurissant, la B.O. st un instantané fulgurant de la manière dont sonnait la décennie 90. Lynch y compile tout ce que le rock d’alors avait de plus mutant, méchant, vicieux et terminal, dans une playlist au croisement du metal, du post-punk et de l’indus. Trent Reznor (qui n’était pas encore le compositeur officiel des films de David Fincher), Marylin Manson, les Smashing Pumpkins, les terrifiants Allemands de Rammstein, les nappes electro-lounge de Barry Adamson… Le tout sous le patronage de David Bowie, avant-gardiste en chef dont le « I’m deranged » électrise le générique mythique – ligne jaune discontinue nous sautant au visage, bitume avalé à toute allure dans la Vallée de la Mort. Même la rengaine rétro, This Magic Moment, est choisie dans sa version la plus récente, celle enregistrée par Lou Reed en 1995. Uniquement des morceaux qui viennent juste de sortir, comme pour mieux saisir l’énergie d’une époque. 

David Lynch sort Lost Highway début 1997, six mois après Crash, de David Cronenberg : c’est un moment « critique » essentiel pour ces deux ex-freaks des années 80. Venus du bis, du fantastique, de l’underground, les deux David se sont métamorphosés au cours des nineties en auteurs adorés par l’intelligentsia et le Festival de Cannes, figures de proue d’une nouvelle cinéphilie qui permet désormais de citer dans la même phrase Resnais et Carpenter, Bergman et Argento. Avec Lost Highway, Lynch crée sa mythologie définitive, celle de l’artiste chic et zarbi à la crinière exubérante, attrapant les idées qui tournoient autour de lui comme les volutes de sa cigarette. On l’a oublié aujourd’hui, mais, à ce moment-là, le cinéaste-plasticien revient de loin. Après avoir commencé la décennie sur les chapeaux de roue, avec une Palme d’or (pour Sailor et Lula) et un show télé révolutionnaire (Twin Peaks), il a envoyé deux séries dans le décor (On the Air et Hotel Room) et s’est fait massacrer par la critique pour Twin peaks, Fire walk with me, le film prequel de la série. Avec Lost Highway, il trouve enfin le chemin de sa maison. Les intérieurs design des Madison sont d’ailleurs tournés à domicile, dans sa résidence d’Hollywood. Une villa des hauteurs dont il n’est plus jamais redescendu.

Netflix : nouveautés du 17 au 23 janvier

L’incontournable de la semaine

The Night Agent saison 2 (23 janvier) : Inspiré du roman de Matthew Quirk, The Night Agent a été LE succès surprise de Netflix en 2023, en devenant la série la plus vue par les abonnés cette année-là avec 98 millions de vues.

On y suit un agent du FBI subalterne (Gabriel Basso) travaillant dans les sous-sols de la Maison-Blanche est chargé d'un téléphone qui ne sonne jamais… jusqu'à une nuit qui va tout changer. Soudain, projeté dans un complot haletant et dangereux, il va grimper jusqu'aux plus hautes sphères, jusqu'au Bureau ovale.

Deux ans après, Peter Sutherland est de retour avec une nouvelle mission à haut risque. En traquant un agent de la CIA accusé d'avoir divulgué des secrets, il se retrouve dans le viseur d'un trafiquant d'informations et d'un criminel de guerre impitoyables…

Dix nouveaux épisodes haletants vous attendent jeudi prochain.

Le vendredi 17 janvier

Back in Action : Alors qu’ils ont démissionné depuis longtemps de la CIA pour fonder une famille, Emily et Matt sont rattrapés malgré eux par l’espionnage lorsque leur couverture est démasquée… Avec Cameron Diaz et Jamie Foxx.

Le samedi 18 janvier

Les Trolls 3 (catalogue) : Après deux films à se tourner autour pour finalement tomber dans les bras l’un de l’autre, Poppy et Branch sont officiellement en couple (#broppy)! Alors qu’ils n’ont plus de secrets l’un pour l’autre, Poppy fait une découverte incroyable relative au passé de Branch…

Le mercredi 22 janvier

La vie est un long fleuve tranquille (catalogue) : Dans une petite ville du nord de la France, deux familles nombreuses, les Le Quesnoy et les Groseille, d'origines bien différentes, n'auraient jamais dû se rencontrer…

Le Bonheur Est Dans Le Pré (catalogue) : "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite, le bonheur est dans le pré, cours-y vite il va filer." C'est ce que s'empresse de faire le héros du film d'Etienne Chatiliez après avoir échappé à la mort, aux employées de son usine de matériel pour W.C. et à ses emmerdeuses de femme et fille.

Le jeudi 23 janvier

The Sentinel (catalogue) : Il y a vingt ans, Pete Garrison, agent des services secrets américains, a sauvé la vie d'un Président. Aimé et respecté de ses collègues, il est à présent chargé de la protection rapprochée de la Première Dame. Sa vie bascule lorsqu'un collègue et ami est assassiné avant d'avoir pu lui transmettre des informations de la plus haute importance...

C’est déjà disponible

A l’aube de l’Amérique : Vous aimez les westerns sombres et violents ? Alors foncez voir cette nouveauté qui cartonne actuellement sur la plateforme et qui nous emmène dans l'Amérique de 1857. Fuyant leur passé, une mère et son fils font de nouvelles rencontres et affrontent les étendues hostiles du Far West américain, où règnent liberté et cruauté.

16 janvier 2025

Décès du réalisateur David Lynch à 78 ans

David Lynch, réalisateur mythique de Mulholland Drive, Twin Peaks, Elephant Man, Une Histoire vraie ou Blue Velvet, nous a quittés à l’âge de 78 ans. Ses proches ont annoncé la triste nouvelle dans un communiqué relayé sur la page Facebook du metteur en scène. "C’est avec grand regret que nous, sa famille, annonçons le décès de l’homme et de l’artiste David Lynch", ont-ils déclaré.

De nos jours, aucun réalisateur ne ressemble à David Lynch. Son premier long métrage, Eraserhead, un surprenant cauchemar en noir et blanc, est devenu un classique de l'épouvante. C'est grâce à ce film que Mel Brooks décide de lui confier la réalisation de Elephant Man (1981). Egalement tourné en noir et blanc, l'histoire de John Merrick remporte pas moins de 8 nominations aux Oscars et lance définitivement la carrière de Lynch.

Il laisse passer l'opportunité de diriger Le Retour du Jedi, préférant miser sur Dune, une autre aventure de science-fiction qui, bien sûr, est loin de connaître le même engouement que le troisième volet de la saga Star Wars. Vient Blue Velvet dont l'excès de sexe et de violence choque certains, alors que d'autres crient déjà au génie. En 1990, Sailor et Lula remporte la Palme d'or au Festival de Cannes. Avec Twin Peaks, une série télévisée, Lynch devient un véritable phénomène de la culture pop. La transposition au cinéma ne se fait pas attendre.

Après cinq ans d'absence, il revient derrière la caméra pour Lost Highway, avant d'offrir un film dans la droite lignée de l'esprit humaniste d'Elephant Man, Une histoire vraie. En 2001, Mulholland Drive renoue avec l'étrange et précipite dans les coulisses d'un Hollywood inquiétant. Il obtient également sa troisième nomination à l'Oscar du Meilleur réalisateur, mais la statuette lui échappe encore.

Pour ce film, Lynch est récompensé du prix de la mise en scène au festival de Cannes, une récompense qu'il partage avec Joel Coen (The Barber : l'homme qui n'était pas là). Après quelques courts et moyens métrages, dont Rabbits réalisé en 2002, il tourne Inland Empire en 2006, et retrouve à cette occasion son actrice fétiche Laura Dern.

Il s'agira de son dernier long métrage sorti au cinéma.

En 2017, il tourne 18 épisodes d'une nouvelle saison de Twin Peaks à l'ambiance fidèle à la série d'origine, et dont les deux premiers épisodes sont présentés au Festival de Cannes. Trois ans plus tard, il reçoit un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Ne cessant jamais de filmer de très courtes vidéos sur des sujets très variés, documentaires ou moments de vie, Lynch poursuit sa volonté de s'éloigner des plateaux pour se consacrer notamment à la peinture. En 2022, il accepte cependant de jouer un John Ford plus vrai que nature dans The Fabelmans de Steven Spielberg, qui marque sa dernière présence sur un grand écran, devant comme derrière la caméra.

Un géant en saluant un autre, en lui confiant le rôle d'une figure incontournable du 7ème Art.

The Game s’est porté volontaire auprès des secours agissant en marge des incendies de Los Angeles

The Game a rejoint les rangs des volontaires aidant les premiers intervenants à combattre les flammes et accompagner les sinistrés des incendies ravageant plusieurs zones du comté de Los Angeles depuis le 7 janvier. Le rappeur, de son vrai nom Jayceon Terrell Taylor, a relayé ces moments « importants » sur son compte Instagram.

« Mon équipe et moi-même sommes aux côtés des courageux hommes et femmes qui luttent contre les incendies, jour après jour, pour leur rendre la vie un peu plus facile », a-t-il expliqué dans la légende d’une vidéo où il s’adresse également à sa communauté.

Le natif de Compton, en banlieue de Los Angeles, a ensuite remercié les pompiers et secouristes, avant d’adresser un message de soutien aux victimes du brasier.

Dans un autre post, l’artiste a dévoilé les images des actions diverses des secouristes et volontaires sur le terrain. En légende, The Game décrit ses journées bien remplies et partage un message d’espoir avec les résidents de sa ville meurtrie : « Los Angeles est une ville extraordinaire et ensemble, nous allons la reconstruire, petit à petit. Je ne vous remercierai jamais assez d’être venus de tout le pays pour aider nos pompiers et d’avoir risqué votre vie pour nous ».

À ce stade, les incendies dans la région, nourris par des vents persistants, ont détruit plus de 12.000 bâtiments, entraîné l’évacuation de centaines de milliers de résidents et coûté la vie à 25 personnes, selon le Los Angeles medical examiner. The Game ne s’est toutefois pas arrêté à l’aide humanitaire : le rappeur a aussi accompagné des refuges dans l’assistance aux animaux rescapés des feux et séparés de leur famille.

« J’ai débuté le cinquième jour avec une mission de sauvetage d’animaux », a-t-il expliqué dans la légende d’une publication montrant des animaux de compagnie rescapés et des images de ses patrouilles près de demeures calcinées. « C’est un miracle que certains de ces animaux aient survécu aux incendies, vu les conséquences de ce qu’il s’est passé ici. Nous avons apporté de la nourriture et de l’eau dans l’espoir qu’ils fassent suffisamment confiance à l’équipe pour les emmener dans un refuge proche où, espérons-le, la plupart d’entre eux retrouveront leur propriétaire. »

Arthur obtient l’ouverture d’une enquête après la diffusion d’une vidéo l’accusant de comportements sexistes

Arthur est dans la tourmente depuis la publication par L’effrontée, un média féministe luxembourgeois, d’une vidéo de quatre minutes qui assure par ce biais démontrer un comportement déplacé du présentateur pendant le jeu A prendre ou à laisser sur TF1 dans les années 2000. On y voit notamment le présentateur embrasser une candidate par surprise ou faire mine d’en séduire une autre, qui peine visiblement à supporter ses remarques susurrées à l’oreille.

Le clip est rapidement devenu viral et Arthur a été accusé de tenter de faire mettre certaines preuves sous le tapis, quand d’autres invoquent surtout des questions de droits télévisés.

Depuis fin décembre, l’animateur affirme que le cyberharcèlement à son encontre a redoublé et il a décidé de porter plainte. Son avocate, Jade Dousselin, a dénoncé, selon Le Parisien, un « cyberharcèlement calomnieux, organisé pour atteindre l’image et la sécurité ». Une plainte qui a entraîné l’ouverture d’une enquête par le Pôle national de la lutte contre la haine en ligne (PNLH) pour injures publiques aggravées « par un motif discriminatoire en lien avec la religion », comme le rapporte la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP).

Arthur aurait aussi porté plainte pour atteinte à la représentation de la personne par montage vidéo, attaqué au civil pour demander à X de retirer certaines vidéos et de faciliter l’identification des détenteurs de comptes litigieux, et assigné le groupe Meta qui héberge Facebook et Instagram notamment.

Celui qui fête trente ans de télé avait justifié auprès du Parisien son comportement sur la chaîne par les codes d’une autre époque et l’obligation de meubler un jeu qui était « plus long que ce qu’il aurait dû être ». En attendant l’audience prévue le 18 février, la sécurité d’Arthur, déjà mise en place depuis l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, a été renforcée.

Meghan Markle et le prince Harry réagissent à l’arrêt du fact-checking de Meta et taclent Mark Zuckerberg

Meta a fait volte-face sur son système de contrôle et vérification des faits (fact-checking) sur ses plateformes, et du côté du prince Harry et de Meghan Markle, la pilule a du mal à passer. Le couple a adressé un message à ce sujet sur le site de sa fondation Archewell, condamnant une décision qui, à l’inverse d’éviter toute forme de « censure » comme l’a justifié le propriétaire de Meta, Mark Zuckerberg, la semaine dernière, portera « atteinte à la liberté d’expression ».

« Contrairement à ce qu’affirme l’entreprise, le fait d’autoriser davantage de violence et de normaliser les discours de haine ne fait qu’étouffer la parole et l’expression, au lieu de les encourager », ont-ils écrit. Sans directement nommer le PDG de Meta, le duc et la duchesse de Sussex ont ensuite dénoncé sans langue de bois le manque de responsabilités de Mark Zuckerberg et de son entreprise envers leurs « centaines de millions d’utilisateurs dans le monde » sur les réseaux Instagram, Facebook et Threads.

« Dans un environnement d’information déjà confus et, dans de nombreux cas, intentionnellement perturbateur, Meta a montré que ses paroles et ses engagements n’ont que très peu de sens et d’intégrité. En annonçant ces changements, sans doute en réponse à des vents politiques, elle abandonne une fois de plus la sécurité publique au profit du gain, du chaos et du contrôle », peut-on lire à quelques jours de l’investiture à la présidence de Donald Trump, soutenu par le PDG de X, Elon Musk, qui a lui-même retiré toute forme de fact-checking à l’ancien Twitter après l’avoir racheté en 2022.

De la même manière, le couple redoute les discours toxiques pouvant émerger en toute liberté des plateformes, et déplore l’« abandon des engagements en matière de diversité et d’équité ». « Les récentes décisions de Meta vont directement à l’encontre de sa prétendue mission de "tisser des liens entre les humains" et donnent la priorité à ceux qui utilisent les plateformes pour répandre la haine, les mensonges et la division au détriment de tous les autres », ont-ils tranché. « La conception des plateformes, dictée par les politiques internes, détermine directement notre expérience en ligne. Ignorer cela revient à mettre sciemment tout le monde en danger et à contribuer à une crise mondiale de la santé mentale ».

Le couple a conclu son message en partageant les noms et liens Internet des associations prônant la sécurité en ligne, en particulier des jeunes, et la santé mentale. Des sujets au centre des engagements des parents d’Archie, cinq ans, et Lilibet, trois ans, « depuis cinq ans », époque à l’époque durant laquelle ils ont quitté la monarchie britannique et le Royaume-Uni pour s’installer en Californie.

Saif Ali Khan, star de Bollywood, poignardé lors d’une intrusion à son domicile

La star de Bollywood Saif Ali Khan a été attaquée à son domicile, dans un quartier chic de la ville indienne de Mumbai.

L’acteur de Devara Part 1, qui était il y a quelques semaines à l’affiche en France, se serait battu pendant la nuit de jeudi avec un intrus qui cherchait probablement, d’après les représentants du comédien, à le cambrioler. Saif Ali Khan a alors été poignardé à plusieurs reprises, et le Dr Nitin Dange, de l’hôpital Lilavati, a constaté que l’acteur « a subi une blessure majeure à la moelle épinière thoracique en raison d’un couteau logé dans la colonne vertébrale ».

Le médecin précise qu’« une intervention chirurgicale a été pratiquée pour retirer le couteau et réparer la fuite de liquide céphalo-rachidien. Deux autres blessures profondes à la main gauche et une autre au cou ont été soignées par l’équipe de chirurgie plastique », a-t-il ajouté selon la BBC.

Les représentants de Saif Ali Khan sont cependant rassurants. L’acteur « est sorti de l’opération et est hors de danger. Il est actuellement en convalescence et les médecins surveillent ses progrès ». Maintenant, à charge pour la police de déterminer les causes de cette intrusion et les circonstances de l’accident.

Saif Ali Khan, 54 ans, est issu d’une famille d’anciens nawabs, c’est-à-dire de souverains ou d’aristocrates, qui ont régné sur Pataudi, un petit État princier situé à la périphérie de Delhi. Sa femme, Kareena Kapoor Khan, est également une star de Bollywood. Singham Again, son dernier film, est sorti au mois de novembre. Selon le média indien Onmanorama, elle était rentrée d’une soirée 45 minutes seulement avant l’attaque. La publication ajoute que trois personnes sont actuellement interrogées et que Saif Ali Khan aurait tenté de protéger sa famille alors qu’il n’était pas armé. Le couple a deux enfants de quatre et huit ans.

Until Dawn : la bande-annonce est là !

"Pourriez-vous tenir jusqu'à l'aube ?" La bande-annonce de Until Dawn, le nouveau film d'épouvante de David F. Sandberg, déjà à l'œuvre sur Dans le noir, Annabelle 2 et les films Shazam, vient d'être dévoilée.

Adapté du jeu vidéo d'action-aventure de type survival horror, sorti en 2015 sur PlayStation 4, ce titre est assez atypique puisqu'il ressemble davantage à un film interactif, dans lequel le joueur doit faire des choix selon les événements se déroulant à l'écran.

Développé par Supermassive Games et édité par Sony Computer Entertainment, Until Dawn brasse de nombreuses références au slasher et à l'horreur, comme Scream, Souviens-toi... l'été dernier, Evil Dead ou encore Vendredi 13 et Saw. Voir ce jeu, devenu une franchise vidéoludique, être adapté en long-métrage est donc une suite logique

Cependant, la bande-annonce dévoilée ce jour annonce quelque chose d'entièrement différent du jeu avec de nouveaux personnages et une histoire inédite.

Dans le jeu, un groupe d'amis se retrouve pris au piège dans les montagnes de Blackwood Pines, et est traqué par un tueur. Ici, il est question de surnaturel et de boucle temporelle puisque les protagonistes sont assassinés de différentes manières puis ressuscitent jusqu'à ce qu'ils parviennent à trouver un moyen de survivre ensemble à cette nuit sanglante. Une bande-annonce plus proche du slasher à concept Happy Birthdead que du jeu vidéo original.

Côté casting, Until Dawn est porté par Ella Rubin, Michael Cimino, Ji-young Yoo, Odessa A'zion, Maia Mitchell et Belmont Cameli. Rami Malek et Hayden Panettiere, qui ont participé au jeu, ne figurent pas dans le long métrage. Seul Peter Stormare est de retour, mais au lieu d'incarner le Dr Hill, un psychiatre qui brise le quatrième mur, il endosse ici le rôle du propriétaire d'une station service...

Until Dawn - La nuit sans fin sort dans nos salles obscures le 23 avril 2025. L'année s'annonce riche en adaptations de jeux vidéo, avec la deuxième saison de The Last of Us sur Max en avril, et les sorties en salles de Minecraft (2 avril), Mortal Kombat 2 le 22 octobre, Five Nights at Freddy's 2 (3 décembre), sans oublier Return to Silent Hill dans le courant de l'année.

Notons que Playstation et Sony prévoient de poursuivre l'adaptation de leurs jeux sur grand écran avec les adaptations ciné en prises de vues réelles des jeux vidéo à succès "Horizon : Zero Dawn" et "Helldivers".