17 janvier 2025

Duel au soleil : il y a 80 ans, il a fallu sept réalisateurs pour en venir à bout

Connaissez-vous Duel au soleil, western porté par Jennifer Jones, Joseph Cotten et Gregory Peck ? Un homme est condamné à être pendu pour avoir tué sa femme. Sa fille est confiée à un propriétaire de ranch, mais l'arrivée de la jeune femme va créer le trouble auprès des deux fils de l'éleveur. Sur le papier, une sorte de triangle amoureux westernien.

King Vidor est crédité comme seul réalisateur du film, pourtant six autres metteurs en scène se sont cassés les dents sur ce Duel au soleil produit par David O. Selznick. Mais que s'est-il passé ?

Citons d'abord les contributeurs non crédités : Otto Brower (qui était réalisateur de seconde équipe sur le film), William Dieterle (Le Portrait de Jennie), Sidney Franklin (Miss Barrett), William Cameron Menzies (directeur artistique chez United Artists), Josef von Sternberg (L'Ange bleu) et même David O. Selznick lui-même.

L'ouvrage de David Thomson Showman : The Life of David O. Selznick raconte que le tournage commence fin février 1945 avec un scénario non terminé, de gros moyens et une équipe de travail gigantesque. Sauf qu'à Tucson, où se tourne une partie du film, l'hiver traîne encore, empêchant de suivre l'agenda prévu. Lorsque le premier coup de manivelle est donné, en un mois, seules 52 des 170 pages que compte le script... qui est d'ailleurs passé à 199 pages !

En juin, l'équipe accuse déjà un retard de 75 jours. Le budget explose. Le scénario aussi, dépassant les 200 pages, Selznick validant des réécritures quotidiennes auprès d'une quinzaine de scénaristes qui resteront inconnus, car non crédités. La pression augmentant sur ses épaules, King Vidor jette l'éponge au mois de juin.

William Dieterle est engagé en remplacement. Pendant ce temps, Selznick travaille au scénario avec Joseph von Sternberg, qui avait iconisé Marlene Dietrich dans L'Ange bleu, et lui demande conseil afin de faire de même avec Jennifer Jones à l'écran. Sternberg et les autres metteurs en scène précités se succèderont derrière la caméra au fil du temps pour tenter de boucler le film. Il le sera... en septembre 1946 ! Soit un an et demi après son lancement.

L'avant-première est organisée à Los Angeles le 30 décembre 1946. Après un tournage aussi lent et un budget aussi conséquent, David O. Selznick a besoin d'un énorme succès au box-office pour rentrer dans ses frais. Il obtient le soutien du public, qui se déplace massivement pour voir le film, attiré par les rumeurs de scènes sexy avec Jennifer Jones et le passage de la censure, qui vaut à "Duel in the Sun" le sobriquet de "Lust in the Dust" (Luxure dans la poussière).

Duel au soleil rapporte finalement 20 millions de dollars de l'époque, pour un budget tout compris estimé entre 6,4 et 8 millions de dollars. Un succès porté par deux nominations à l'Oscar pour Jennifer Jones et Lillian Gish.

Taylor Swift invite ses millions de fans à donner aux associations aidant les victimes des incendies de Los Angeles

Taylor Swift s’est jointe aux célébrités ayant fait part de leur tristesse et de leurs actions à l’égard des sinistrés des incendies de Los Angeles, qui persistent la région depuis la semaine dernière. La chanteuse a partagé dans ses Stories Instagram un message de sensibilisation à l’adresse de ses fans.

« Les incendies en Californie ont dévasté beaucoup de familles, et les histoires qui en résultent sont bouleversantes. Tant de souffrances, de pertes et de destructions », a-t-elle déploré dans son message en noir et blanc. « Alors que de nombreuses personnes traversent l’une des périodes les plus difficiles de leur vie, un grand nombre d’associations et de groupes extraordinaires s’unissent pour aider ces communautés à se reconstruire ».

La star de 35 ans a ensuite invité ses plus de 282 millions de followers sur Instagram à participer à l’élan de solidarité envers les personnes affectées par les feux s’ils le pouvaient. Soucieuse de les orienter dans cette manœuvre, Taylor Swift a déroulé la liste des groupes qu’elle avait approchés. « Voici les associations à qui j’ai fait des dons, si vous souhaitez et êtes capable de faire un don, n’hésitez pas », a-t-elle indiqué, avant de nommer 11 groupes parmi lesquels figurent des organisations humanitaires œuvrant pour les urgences, pompiers, l’éducation, la musique et l’environnement.

Les incendies dans la région californienne ont détruit à ce stade plus de 12.000 bâtiments et véhicules, et déjà fait 27 morts depuis le 7 janvier. Des dizaines de milliers de familles sont encore soumises aux ordres d’évacuation le temps que les pompiers sécurisent la zone de leurs habitations, selon le Los Angeles County. Plusieurs stars ont perdu leur maison, comme Paris Hilton, Jamie Lee Curtis, Mel Gibson, Laeticia Hallyday et Patrick Bruel.

De nombreuses autres célébrités ont fait preuve de solidarité en se joignant aux volontaires auprès des premiers intervenants, comme le rappeur The Game ou la star des Foo Fighters Dave Grohl, ou encore à avoir mis la main à la poche pour les communautés dans le besoin, à l’instar de Beyoncé ou Jennifer Lopez. Un grand concert de charité a aussi été organisé pour la semaine prochaine avec des dizaines de grands noms de la scène américaine qui ont rapidement répondu à l’appel l’organisation Fire Aid.

Isabella Rossellini pleure David Lynch : "Je l'aimais tellement"

Il lui a offert ses plus beaux rôles. Et ensemble, ils ont partagé un bout de leur vie devant et derrière la caméra. Isabella Rossellini a rendu un touchant hommage à David Lynch, décédé jeudi à l’âge de 78 ans.

L’actrice italienne a été révélée à Hollywood en 1986 avec Blue Velvet. Elle a ensuite entretenu une relation d’environ cinq ans avec le réalisateur. Et aujourd'hui, elle poste cette photo d’eux ensemble avec ce simple message d'amour: "Je l’aimais tellement. Merci pour tous vos gentils messages."

Selon la légende, Lynch et Rossellini se sont rencontrés pour la première fois lors des auditions de Blue Velvet. Il lui aurait dit : "Hé, tu sais, tu pourrais être la fille d’Ingrid Bergman !" Sans savoir que c'était le cas. Elle a finalement été choisie pour incarner Dorothy Vallens.

Après Blue Velvet, Isabella Rossellini est apparue dans Sailor et Lula en 1990, Palme d’or au Festival de Cannes. Leur dernière collaboration, juste avant leur rupture à la ville.

Décès de Joan Plowright, veuve de Laurence Olivier et grande dame du théâtre et du cinéma, à 95 ans

L'actrice britannique Joan Plowright, grande dame du théâtre et du cinéma aux deux Golden Globes e, est décédée jeudi à l'âge de 95 ans, a annoncé vendredi sa famille. « Elle s'est éteinte paisiblement (...) entourée de ses proches », ont indiqué ceux-ci dans un communiqué. « Sa brillante carrière restera dans les mémoires de nombreuses personnes et ses enfants, Richard, Tamsin et Julie-Kate, leurs familles, ainsi que ses nombreux amis la chériront toujours », ont-ils ajouté.

Née en 1929 dans le nord de l'Angleterre, Joan Plowright a été l'une des comédiennes les plus populaires de sa génération. Veuve de Laurence Olivier, avec qui elle a eu deux filles et un fils en trente ans de vie commune, sa carrière commence sur les planches dans les années 1950. Elle connaît ses premiers succès avec Les Chaises d'Eugène Ionesco ou encore La Paix du dimanche du Britannique John Osborne. 

Le succès l'accompagne également au cinéma. Son interprétation dans le biopic Staline ainsi que dans la comédie Avril enchanté lui valent deux Golden Globes. L'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle lui échappe de peu en 1993, là encore pour son rôle dans Avril enchanté, comédie romantique réalisée en 1991 par Mike Newell, à qui l’on doit notamment Quatre mariages et un enterrement ou Donnie Brasco. 

En 2001, elle publie son autobiographie, And That's Not All: The Memoirs of Joan Plowright. Le grand public se souvient d’elle en tant que « Nanny » dans Les 101 dalmatiens ou dans le rôle de Tante Lucinda dans Les Chroniques de Spiderwick, le tout dernier long métrage, en 2008, de la comédienne qui a mis fin à sa carrière en 2014 après avoir perdu la vue.

Stephen King demande à ce que les Oscars 2025 soient annulés en raison des incendies

Malgré les incendies qui continuent de ravager la région de Los Angeles, détruisant des centaines de maisons et faisant 25 morts, la 97e cérémonie des Oscars devrait bien avoir lieu début mars, comme prévu. L'Academy a a adapté ses règles et son calendrier, pour permettre aux votants d'avoir plus de temps pour choisir les nommés. Mais Stephen King, lui, ne votera pas. L'écrivain, dont les livres ont souvent été adaptés avec succès au cinéma, souhaite que l'événement soit purement et simplement annulé. Il écrit sur ses réseaux :

"Je ne vote pas pour les Oscars cette année. Parce qu'à mon avis, ils devraient les annuler. Pas de faste avec Los Angeles en feu."

Un appel qui fait beaucoup réagir des membres de l'industrie, et qui trouve un écho auprès de Jean Smart, lauréate des Golden Globes cette année, qui estime de son côté, sur son compte Instagram, qu’Hollywood devait au moins renoncer à la diffusion des Oscars à la télévision :

"Avec tout le respect que je leur dois, pendant la saison des célébrations à Hollywood, j’espère que toutes les chaînes qui diffuseront les prochaines cérémonies de récompenses envisageront sérieusement de NE PAS les diffuser et de faire don des revenus qu’elles auraient générés aux victimes des incendies et aux pompiers."

Le réalisateur Jeannot Szwarc est mort à l'âge de 85 ans

Il aura eu une carrière hors-normes. Jeannot Szwarc, réalisateur français installé à Hollywood depuis les années 1960, est décédé ce mercredi. Il avait 85 ans.

Jane Seymour, qui a joué Elise McKenna dans Quelque part dans le temps (en 1980), a confirmé la nouvelle sur ses réseaux :

"Aujourd’hui, nous disons au revoir à un véritable visionnaire. Jeannot Szwarc n’était pas seulement un réalisateur brillant, mais une âme gentille et généreuse. Il nous a offert de nombreuses histoires intemporelles, dont Quelque part dans le temps, un film qui a changé ma vie pour toujours. Que sa mémoire soit une bénédiction et que son art vive dans nos cœurs".

Né à Paris, Jeannot Szwarc a grandi en Argentine et a entrepris de brillantes études avant de se lancer dans la réalisation. Il fait d'abord HEC, puis part à Harvard, où il décroche un master en sciences-politique. Mais dans les années 1960, il se prend de passion pour la caméra et commence à diriger pour la télévision. Il filme d'abord Raymond Burr dans L'Homme de fer et se fait une place dans les studios, comme réalisateur de série, s'offrant même son épisode de Columbo avec Martin Sheen en vedette (en 1973).

Son premier film, Extrême Close-up (1973), ne recontre pas un grand succès, mais Univeral lui confie la suite des Dents de la mer, toujours avec Roy Scheider (1978), qui totalisera 208 millions de dollars dans le monde. Dans la foulée, il dirige Quelque part dans le temps (1980), réunissant Christopher Reeve et Jane Seymour dans ce grand film fantastique romantique. Puis il dirige Helen Slater et Faye Dunaway dans Supergirl (1984), le film dérivé du Superman (de Christopher Reeve).

Dans les années 1990, Jeannot Szwarc, retrouve la France. Il dirige trois comédies dont La Vengeance d'une blonde (1994), portée par Christian Clavier et Marie-Anne Chazel. Le film totalisé plus de 2 millions d'entrées et Szwarc enchaîne avec Hercule et Sherlock (1996), porté par le duo Christophe Lambert et Richard Anconina. Là encore, c'est un succès avec près d'1 million de spectateurs. Le réalisateur enchaîne avec Les Sœurs Soleil. Mais cette fois, Marie-Anne Chazel et Clémentine Célarié font moins de 300 000 entrées. C'est la fin de la carrière française de Jeannot Szwarc.

Il repart alors à Hollywood et s'investit à nouveau dans le petit écran. Prenant en marche le train du boom des séries télé, il dirige JAG, Ally McBeal, Les Experts, Fringe, Smallville, Heroes et surtout Grey's Anatomy, dans les années 2010, dont il a réalisé une quinzaine d'épisodes. Et c'est avec un épisode de la saison 14, joliment intitulé "La Fin d'un rêve" (2018) qu'il avait fini sa carrière.

Elephant Man, la monstrueuse parade de Lynch

« Dans dix ans, Des gens comme les autres sera au mieux une réponse au Trivial Pursuit. Alors qu' Elephant Man restera un film à voir. », lance Mel Brooks après la cérémonie des Oscars de 1981 qui a vu le long-métrage de Robert Redford coiffer au poteau celui de son jeune poulain. Près de 40 ans plus tard, on ne peut évidemment pas lui donner tort, sachant, qu’outre Elephant Man, il y avait également dans la course au titre : Tess de Polanski et Raging Bull de Scorsese. Qu’importe, David Lynch, à peine sorti des recoins sombres de son petit hangar où il manipulait à sa guise des créatures cauchemardesques (Eraserhead…), s’est ainsi retrouvé en costard à tailler le bout de gras avec les huiles hollywoodiennes.

Car Elephant Man est certes un film étrange et personnel mais fabriqué dans un moule mainstream (distribué par la Paramount aux Etats-Unis, la Columbia en Angleterre) et chapeauté par Mel Brooks dont la folie et les extravagances artistiques savent rester au service d’une logique industrielle. Brooksfilms produit donc Elephant Man puis plus tard La mouche de Cronenberg permettant aussi au canadien d’affirmer sa singularité au plus grand nombre.

David Lynch a 34 ans quand il tutoie les lauriers des Oscars. Dans le livre d’entretiens avec Chris Rodley (Cahiers du cinéma), le cinéaste se souvient avec détachement et amusement de cette soirée où sur la scène il est présenté comme « un jeune metteur en scène britannique », lui le petit gars du Montana. « Je savais que ça n’avait rien à voir avec moi. Je faisais la même chose qu’avant. C’est là qu’on réalise que ce qui arrive à un film ne dépend absolument pas de soi. »

Elephant Man raconte un peu cette histoire-là, celle d’une créature étrange exhibée à la bonne société victorienne qui en fera une sorte de trophée avec toute la condescendance des privilégiés. Les « malformations » de Lynch surgissent, elles, dès les premières minutes du film avec ce portrait en médaillon d’une belle jeune femme (une Laura Palmer avant l’heure ?) sur lequel se superpose des images floues d’éléphants en furie remplissant l’écran de leurs barrissements affolés.

Ce monde, c’est l’inconscient du héros donc du film en son entier. Ces éclairs de lucidité heurtés apparaîtront à plusieurs endroits. Lors de projections tests, les pontes de la Paramount voulaient supprimer tout ça au nom d’une linéarité souveraine. Mel Brooks tel le Docteur Treves (Anthony Hopkins) réussira à faire taire les sceptiques. Plus de quarante ans plus tard, de telles largesses semblent impensables dans un monde marvelisé où les monstres ont été depuis longtemps domestiqués.

Elephant Man est un film charnière dans l’histoire du cinéma, de ces œuvres qui tiennent à la fois compte d’un héritage et envoient les signaux du futur. Lynch regarde Tod Browning et Friedrich W. Murnau tout en montrant la voie aux frères Quay, à Tim Burton ou Guillermo del Toro. Elephant Man est ainsi enveloppé d’un noir et blanc magnétique et intemporel signé du génial chef op et réalisateur britannique Freddie Francis.

L’hommage dans la dernière partie à La monstrueuse parade est particulièrement émouvante. Lors d’une nuit de pleine lune, les Freaks du cirque libèrent John Merrick de son tortionnaire et lui offrent une liberté dont on se demande s’il saura quoi en faire. Après Elephant Man, Lynch va encore grossir et se voir offrir des ponts d’or. Ce sera la superproduction Dune sur laquelle il va se fracasser. A la fin d’Elephant Man, du haut de sa loge, Merrick se lève devant un parterre de bourgeois qui l’applaudissent à tout rompre. Il se retrouve aussitôt, seul dans sa chambre où il meurt soulagé de ses blessures.

Lynch, lui, va retourner dans son hangar jouer en secret avec ses nouveaux monstres (Blue Velvet puis Twin Peaks…) Pour les 40 ans du film, en 2020, Studiocanal proposait une nouvelle copie entièrement restaurée image et son. Sublime, forcément sublime.    

Une nouvelle bande-annonce terrifiante pour The Monkey, adapté de Stephen King

L'année 2025 sera riche en Stephen King. Il y aura le remake de Running Man d'Edgar Wright, il y aura The Life of Chuck par Mike Flanagan et aussi The Long Walk par Francis Lawrence. Et ça commencera par The Monkey, adaptation signée Osgood Perkins (réalisateur de Longlegs) basée sur une nouvelle du maître de l'horreur. 

Au casting, on retrouvera Theo James, star de The Gentlemen (la série Netflix) et Elijah Wood (star du Seigneur des Anneaux).

Dans le film, on suivra les frères jumeaux Bill et Hall (qui seront tous deux interprétés par James), qui trouveront le vieux jouet en argent de leur père dans le grenier de la maison de leur enfance. "Mais alors qu'une vague de morts horribles débute, les frères décident de jeter le singe et de continuer leur vie, s’éloignant au fil des ans. Puis les morts mystérieuses recommencent et les frères doivent se réunir pour trouver un moyen de détruire le singe pour de bon..."

The Monkey sera réalisé par Osgood Perkins, à qui l'on doit récemment Longlegs, avec Nicolas Cage. Tatiana Maslany (She-Hulk) sera aussi au casting. James Wan, créateur de l'univers Conjuring et co-créateur des franchises Saw et Insidious, sera producteur.

The Monkey sortira en salles le 19 février 2025.

Naomi Watts écrit avoir le “coeur brisé” suite au décès de David Lynch

C’est au début des années 2000 qu’on découvre à l’écran Naomi Watts dans le personnage de Betty Elms, une jeune femme rêvant d’être actrice, aux côtés de l'envoûtante Laura Harring, interprétant une amnésique. Encore aujourd’hui, Mulholland Drive de David Lynch figure parmi les grands classiques du cinéma, laissant derrière lui un voile mystérieux dont peu ont la clé. 

Suite au décès de celui qui a su la révéler, l’actrice britannique s’est exprimée par un post Instagram bouleversant : “Mon cœur est brisé”, écrit-elle. “Le monde ne sera plus pareil sans lui”.  Elle revient notamment sur sa rencontre avec Lynch : “Je me suis assise devant un homme curieux, rayonnant de lumière, me prononçant des mots d'une autre époque, me faisant rire et me mettant à l'aise. Comment a-t-il pu me « voir » alors que j’étais si bien cachée et que je m’étais moi-même perdue ?!”. 

En 2017, lorsque David Lynch décide de réaliser la troisième saison de Twin Peaks, intitulée The Return, il refera appel à ses talents pour interpréter Jane-E Jones, la femme de Dougie (réincarné en Dale Cooper).   

Décédé hier à l’âge de 78 ans, le maître du rêve laisse un impact considérable sur les personnes qui ont eu la chance de croiser son chemin. “Je n'arrive tout simplement pas à croire qu'il soit parti. Je suis en morceaux mais éternellement reconnaissante pour notre amitié”, conclut Naomi Watts en signant par le surnom affectif que lui donnait le réalisateur, “buttercup”. 

Steven Spielberg rend hommage à David Lynch, le "visionnaire"

Steven Spielberg lui aura offert son dernier geste de cinéma. Dans The Fabelmans, film autobiographique où il racontait son enfance et comment il était tombé amoureux du 7e art, Spielby était allé sortir David Lynch de sa retraite pour incarner John Ford dans une scène rendue encore plus mythique par la disparition du réalisateur de Mulholland Drive. 

Après avoir tenté de contacter Lynch via son agent, sans succès, Spielberg était passé par Laura Dern, qui a travaillé avec les deux cinéastes (sur Jurassic Park et Sailor et Lula) et l’a convaincu de faire le test. 

 "Au départ, je ne voulais pas le faire", racontait Lynch, qui avait donc finalement accepté, quelques mois après la sortie du film. "Je suis certain que John Ford avait des tas de conseils à donner à de jeunes réalisateurs. Steven a choisi cet exemple de la ligne d'horizon. Pour lequel il avait raison. Filmer la ligne d'horizon au milieu, c'est chiant comme la pluie."

Aujourd’hui, David Lynch n’est plus parmi pour nous. Et Spielberg n’a pas tardé à publier un communiqué (via Variety) pour rendre hommage à l’immense réalisateur, dont on a appris le décès ce jeudi à l’âge de 78 ans. 

"J’adorais les films de David. Blue Velvet, Mulholland Drive et Elephant Man l’ont défini comme rêveur singulier et visionnaire qui réalisait des films qui semblaient être faits à la main. J’ai pu faire la connaissance de David quand il a joué John Ford dans The Fabelmans. Voici qu’un de mes héros, David Lynch, jouait un des mes héros. C’était surréaliste et ça ressemblait à une scène tirée d’un film de David. Son style si original et unique va manquer au monde. Ses films ont déjà passé l’épreuve du temps, et ils continueront à le faire." 

David Lynch laisse un grand vide, et comme Spielberg la rédaction de Première est inconsolable.