10 mai 2020

La Folie des grandeurs sur France 2 : le destin pornographique et tragique de Karin Schubert (la Reine)

Dans La Folie des grandeurs, elle incarne la candide Reine d'Espagne dont s'éprend le domestique joué par Yves Montand. Si pour les spectateurs français, la comédienne allemande Karin Schubert est à jamais associée à ce rôle, sa carrière a pris une toute autre direction bien moins connue du public.

En effet, après quelques rôles secondaires au cinéma, sous la direction d'Yves Boisset dans L'Attentat ou encore de Edward Dmytryk et Luciano Sacripanti dans Barbe-Bleue, l'actrice prend un virage vers le cinéma érotique, pour lequel elle devient une figure récurrente. Dans les années 70, elle enchaîne les productions de ce genre, surtout en Italie où elle tourne une vingtaine de films.

Au début des années 80, elle franchit le pas de la pornographie en acceptant d'abord de poser dans des revues italiennes. Âgée de 40 ans en 1985, elle tourne son premier film pornographique et continuera jusqu'en 1994, année de sa retraite des plateaux. Dans une interview pour Corriere della sera, elle révèle qu'elle a fait ce choix dans le but d'aider financièrement son fils toxicomane et violent.

Après plusieurs tentatives de suicide, elle est internée en hôpital psychiatrique. En 2015 paraît une biographie romancée de sa vie, Pornification de Jean-Luc Marret.

09 mai 2020

Les films sur Netflix du 8 au 14 mai


Le vendredi 8 mai

18 Cadeaux : dans ce film italien, une femme enceinte en phase terminale d'un cancer laisse à sa fille à naître 18 petits cadeaux qu'elle recevra à chaque anniversaire avant d'atteindre l'âge adulte.

La sélection Krzysztof Kieslowski : Mise en ligne de Trois couleurs : Bleu, Trois couleurs : Blanc et Trois couleurs : rouge.

La sélection David Lynch (exclusivité) : Mise en ligne d’Eraserhead, Twin Peak Fire walk with me et Lost Highway.

La sélection Xavier Dolan (exclusivité) : Mise en ligne des Amours imaginaires, Laurence Anyways et Tom à la ferme.

Le dimanche 10 mai

I Am Not Your Negro (catalogue) : Dans ce documentaire plébiscité par la critique et les spectateurs, le réalisateur Raoul Peck revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies.

Le mercredi 13 mai

The Wrong Missy : Alors que Tim croit avoir invité la candidate idéale à un séjour à Hawaï, il réalise trop tard qu'il s'agit d'une femme rencontrée lors d'un rencard cauchemardesque. Avec David Spade et Lauren Lapkus.

Le jeudi 14 mai

Mission Impossible - Protocole Fantôme (catalogue) : Dans ce 4ème opus sorti en 2011, Ethan Hunt (Tom Cruise) doit blanchir l’IMF tout en déjouant un nouvel attentat.

Hollywood sur Netflix : la station-service/maison close a bel et bien existé !

Il était le pompiste le plus célèbre d'Hollywood. Le plus sulfureux aussi. Scotty Bowers connaissait les secrets et les désirs inavoués des plus grandes stars de la ville comme personne. Employé à la station-service Richfield Oil, située au 5777 sur Hollywood Boulevard, il se servait de son lieu de travail comme d'un point de ralliement pour des clients très spéciaux. Ces derniers, des figures de l'industrie, se succédaient pour s'offrir les services de jeunes hommes, prêts à tout pour gagner de l'argent. Étonnamment, cette histoire, aussi folle qu'elle n'y paraît, n'avait jamais été transposée à l'écran jusqu'à ce que Ryan Murphy s'en saisisse. Dans sa série Netflix, Hollywood, le scénariste et réalisateur revient sur le business caché de ce proxénète, sans ne jamais citer son véritable nom.

Tout commence en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. George Albert Bowers, surnommé "Scotty", a vingt-trois ans. L'ancien Marine, qui vient de perdre son frère durant la bataille d'Iwo Jima, en 1945, tente de laisser derrière lui les traumatismes du front. Désireux de commencer une nouvelle vie, il quitte son Illinois natal pour Hollywood. À ce moment-là, la production automobile explose et les stations-service fleurissent de part et d'autre de la ville. Pour se loger, le jeune homme enchaîne les heures de travail aux pompes à essence et se charge d'accueillir les clients, de remplir leur réservoir, de nettoyer la carrosserie et de vérifier la pression des pneus.

Le premier client

Son destin bascule lorsque, pour rendre service à un ami, il se rend dans un garage voisin, situé sur Wilshire Boulevard. Une voiture de luxe s'arrête, le pompiste fait le plein, et croise le regard du conducteur, l'acteur Walter Pidgeon - apparu, entre autres, dans Les Ensorcelés et Planète Interdite. Après quelques mots échangés, la star, visiblement séduite par le charisme de l'employé, lui propose vingt dollars pour monter à bord de son véhicule et l'emmener dans sa propriété. Le jeune homme accepte et réalise, sans le savoir, sa première passe.

Les jours se succèdent et Scotty Bowers s'affaire à son poste. Après avoir laissé les coordonnées de sa station-service au bureau des anciens combattants, il reçoit la visite quotidienne de ses camarades de guerre. L'amas de jeunes hommes attire le regard de quelques curieux, qui s'arrêtent pour s'offrir de l'essence et réclamer de la compagnie. Scotty Bowers joue un rôle d'intermédiaire entre les clients et ses copains. Ces derniers, d'abord réticents, comprennent vite que ces prestations sont de belles opportunités pour se faire de l'argent facile. L'appât du gain finit par attirer d'autres soldats et les demandes affluent. Le bouche à oreille se propage, la machine se met en route, et le simple employé devient le proxénète de la Richfield Oil.

Située à quelques pas des plus grands studios de cinéma, le garage est prisé par des personnalités influentes dans le milieu : des producteurs, des costumiers, des chefs décorateur, comme le célèbre Edwin B. Willis. Dans son livre, intitulé Full Service et publié en 2013 aux éditions Hugo & Cie en France, Scotty Bowers explique que la station dans laquelle il travaillait "était devenue le centre névralgique de tous ceux qui recherchaient des aventures un peu corsées, le carrefour des rendez-vous secrets du sexe." Le succès est tel qu'une caravane, équipée de deux grands lits séparés par des rideaux, est installée à l'arrière de la station-service pour recevoir des clients sur place.

Des stars de l'écran, des hommes comme des femmes, commencent également à louer les services des anciens soldats. Scotty Bowers croise alors la route de véritables légendes, comme Cary Grant, Randolph Scott, Rock Hudson, Tyrone Power, ou encore George Cukor, l'immense réalisateur de My Fair Lady et Une étoile est née, qui organise de nombreuses soirées endiablées dans sa villa. C'est d'ailleurs au cours de ces grandes réceptions que le pompiste rencontre Katharine Hepburn et Vivien Leigh, deux actrices qui deviendront ses clientes.

Vivre caché 

Pour beaucoup, les passes de Scotty Bowers symbolisaient de véritables moments de liberté. Une chance de pouvoir être soi-même, de vivre sa sexualité sans craindre la censure des studios et les oppressions de l'époque. De nombreuses stars n'hésitaient à dépenser de l'argent pour éviter que leurs noms ne finissent sur les premières pages des magazines à scandale, comme Confidential. "La brigade des mœurs a continué à pouchasser, persécuter et harceler tous ceux et celles qui osaient franchir la ligne de ce que la société et la loi considéraient comme la normalité acceptable", raconte-t-il dans son ouvrage.

En 1950, quatre ans après le début de ses activités, il quitte les pompes à essence de la Richfield Oil et devient barman pour des événements mondains grâce à Randolph Scott. Il continue de fréquenter les grands noms de l'industrie et de jouer de ses relations pour satisfaire ses clients, et ce, pendant plus de trois décennies. Au milieu des années quatre-vingt, les passes se raréfient dès l'apparition du VIH, appelé, à cette époque, "le cancer gay". Dans le dernier chapitre de son livre, Scotty Bowers se souvient que la maladie avait "donné un coup de frein brutal à la liberté des mœurs qui réglait dans une large mesure la vie publique et privée de cette ville étincelante de tous les feux du cinéma (...)."

Bien qu'il ait été mis en doute de nombreuses fois, le récit de l'ancien pompiste a également inspiré un documentaire, intitulé Scotty and the Secret History of Hollywood, sorti en 2017. L'homme, quant à lui, s'est éteint le 13 octobre 2019, à l'âge de 96 ans, en emportant avec lui les fantasmes de la fine fleur de l'âge d'or hollywoodien.

08 mai 2020

Erin Brockovich sur M6 : quelles différences entre l'histoire vraie et le film ?

L'histoire du film Erin Brockovich débute par hasard dans un cabinet de kinésithérapie. Au cours d'une conversation anodine, le médecin évoque la vie de son amie Erin à sa patiente, la productrice exécutive Carla Santos Shamberg : "Je n'en ai pas cru mes oreilles. Cette femme, divorcée deux fois, ayant trois jeunes enfants à charge, sans ressource, sans aucun diplôme, avait réussi seule à porter ce cas devant la justice et à faire triompher le droit. J'ai vu en elle une parfaite héroïne de notre époque."

Ce statut d'héroïne, Erin Brockovich ne l'a pas usurpé. Grâce à son courage et sa ténacité, la jeune américaine, alors âgée de 33 ans, a réussi à enquêter et divulguer une affaire bien dissimulée de pollution des eaux potables, faisant des centaines de victimes. Son action leur a notamment permis l'obtention d'un dédommagement conséquent (333 millions de dollars) de la part de la société Pacific Gas and Electric Company (PG&E) de Californie.

C'est avec un souci de fidélité à l'histoire de cette apprentie avocate justicière que la scénariste Susannah Grant et le réalisateur Steven Soderbergh ont abordé le film. Un biopic porté avec force par Julia Roberts qui livre une prestation inoubliable, récompensée par l'Oscar, le Golden Globe et le BAFTA de la meilleure actrice en 2001. Et pour couronner le tout, cette adaptation a été adoubée par la principale intéressée, laquelle a affirmé sur son site internet que le film était juste à 98%. Si bien que celle-ci apparaît dans le film dans le rôle d'une serveuse prénommée Julia.

"Il ont pris peu de libertés créatives" raconte-t-elle. Et en particulier concernant l'usage intentionnel de ses charmes pour obtenir des documents. Sur ce point, elle a tenu à rétablir la vérité à l'occasion d'un déjeuner du National Press Club : "Je ne pense vraiment pas que c'était ma façon d'opérer. Je ne m'habille pas de façon à offenser quiconque. C'est juste mon style, et si mon décolleté m'a permis d'accéder à certains endroits, j'en étais ravie mais sans y prêter vraiment attention. C'est ma personnalité et je ne l'utilise pas délibérément pour obtenir ce que je veux."

Autre point de discorde autour du film : son exactitude scientifique. Un article du New York Times datant d'avril 2000 rapporte en effet le mécontentement de certains professionnels : "En science, la méthode qui mène à une conclusion est indispensable. Il est difficile pour les scientifiques d'apprécier un film qui ignore, comme si ce n'était pas pertinent, le savoir qui permet de décider si les risques perçus sont réels ou non" soulève le papier. Il est donc reproché au long-métrage de négliger l'analyse scientifique qui permet à Erin Brockovich d'affirmer que le chrome hexavalent contenu dans l'eau est responsable des maladies des consommateurs. Un oubli, conscient ou non, bien souvent systématique dans les oeuvres de fiction qui délaissent certaines veracités au profit de l'intrigue.

Les séries sur Netflix du 8 au 14 mai

Le vendredi 8 mai

The Eddy : Une série dramatique musicale proposée par le réalisateur de La La Land, Damien Chazelle, avec au casting Andre Holland, Tahar Rahim et Leïla Bekhti.

Dead To Me : mise en ligne de la saison 2. Dans cette série avec Christina Applegate et Linda Cardellini, une veuve recroquevillée sur sa douleur et une excentrique qui cache un terrible secret se lient d'une forte amitié...

Valeria : L’actrice Diana Gomez (vue dans La Casa de Papel) joue ici une écrivaine traversant une crise artistique et conjugale qui trouve refuge et soutien auprès de ses trois 

meilleures amies. D'après les romans d'Elisabet Benavent.

Le mardi 12 mai

Gotham (catalogue) : mise en ligne de la saison 5.

Le jeudi 14 mai

Blacklist (catalogue) : mise en ligne de la saison 6.

Les nouveautés sur Disney+ du 8 au 14 mai

Nouveaux épisodes des séries Originales :

High School Musical : La Comédie Musicale : La Série – épisode 8

Les Making-of : The Mandalorian – épisode 2 : L’Héritage

Le Monde selon Jeff Goldblum – épisode 8 : Les Camping-cars

A vous chef ! – épisode 7

Journal d'une future présidente – épisode 8

Fourchette se pose des questions : C'est quoi un animal de compagnie ? 

Sous les feux de la rampe – épisode 8

Mariages de rêve (saison 2) – épisode 8

Projet Héros Marvel – épisode 8

Dimanche en famille – épisode 27

Une Journée à Disney – épisode 23

Les Coulisses de Disney – épisode 5

Ajout au catalogue :

Les Gummi – saisons 1 à 6

Hollywood sur Netflix : le destin tragique de Peg Entwistle, qui s'est jetée du haut du panneau Hollywood

"J'ai peur, je suis une lâche. Je suis désolée pour tout. Si j'avais fait ça avant, cela aurait évité beaucoup de souffrance." C'est à travers cette lettre, trouvée dans un sac par la police locale, que Peg Entwistle tourne le dos à la vie. Le 16 septembre 1932, l'actrice se suicide du haut de la lettre H du célèbre panneau Hollywoodland. Elle avait vingt-quatre ans. Depuis, son histoire continue de hanter l'industrie et de passionner le plus grand nombre. Et pour cause, le créateur Ryan Murphy fait de son destin l'une des intrigues de sa nouvelle série Netflix. Dans Hollywood, un jeune scénariste afro-américain, interprété par Jeremy Pope, frappe aux portes des studios pour présenter son script : un biopic, intitulé Peg, qui s'intéresse à la carrière tragique de la comédienne. Si la série est en partie fictive, l'histoire qui entoure Peg Entwistle est bien réelle.

Née le 5 février en 1908 au pays de Galles, Peg Entwistle avait pour vrai nom Lillian Millicent Entwistle. À l'âge de deux ans, ses parents divorcent. Dans l'espoir de poursuivre sa carrière à Broadway, son père, Robert Entwistle, lui-même acteur et régisseur pour le grand Charles Frohman, déménage avec sa fille à New York, en 1912, avant de se remarier. Passionnée par le théâtre, l'enfant grandit dans les coulisses et suit les traces de son paternel. Ce dernier, un an après la mort de sa nouvelle femme, décède en 1922, fauché par une voiture qui prend la fuite.

Désormais orpheline, la jeune fille est recueillie par la famille de sa belle-mère et poursuit ses rêves sur les planches. Elle enchaîne plusieurs productions à Broadway, avant de rejoindre en 1925 la Theatre Guild de New York, pour laquelle elle jouera une dizaine de pièces. Sur scène, Peg Entwistle fait déjà son effet. Dans Le Canard Sauvage, elle joue, sans le savoir, devant Bette Davis, alors âgée de dix-sept ans. Plus tard, l'icône du grand écran déclarera que c'est en voyant Peg Entwistle lors de cette représentation que sa vocation est née.

La vie de la jeune star de Broadway prend une autre tournure lorsqu'elle épouse, en 1927, Robert Lee Keith, un acteur de dix ans son ainé. Violent et alcoolique, il traîne derrière lui une réputation sulfureuse qui entache également la carrière de sa femme. Après leur divorce en 1929, Peg Entwistle doit faire face à la Grande Dépression qui frappe de plein fouet l'industrie du théâtre. Prête à tout pour réussir, elle décide d'abandonner New York et de se tourner vers le cinéma en s'installant chez son oncle à Los Angeles.

Sur place, la compétition est rude. Peg Entwistle ne retrouve pas le même succès et doit se battre davantage pour faire sa place. Elle décroche néanmoins un contrat avec RKO Pictures, une grande société de production de l'époque. L'actrice manque le rôle principal du film Héritage aux côtés de John Barrymore - Katharine Hepburn sera choisie à sa place -, mais joue dans Treize femmes de George Archainbaud. Malheureusement, le long-métrage se voit amputé de vingt minutes à cause du code Hays (charte de censure, NDLR), qui lui reproche ses connotations homosexuelles. Le rôle de Peg Entwistle est également réduit, se résumant à quatre petites minutes de temps à l'écran.

Malgré ses efforts, la comédienne doit essuyer de nouveaux échecs : elle perd un rôle dans un film avec Billie Burke et son contrat avec RKO Pictures. Fauchée et découragée, elle quitte le domicile de son oncle un soir de septembre pour se rendre sur la colline du célèbre panneau Hollywoodland. À l'aide d'une échelle, la jeune femme grimpe sur la première lettre, laissant tomber son sac et l'une de ses chaussures. Du haut de la structure, elle saute dans le vide. Dans un article, publié le 19 septembre 1932 dans le Oakland Tribune, une information rapporte que son cadavre fut retrouvé en face de la terre "A" du panneau Hollywoodland. Son corps aurait roulé sur une distance de trente mètres avant de finir en bas de la colline. Encore aujourd'hui, certains habitants prétendent que le lieu est hanté par l'esprit de Peg Entwistle. Son seul et unique film, Treize femmes, sortira le 15 octobre 1932, un mois après sa mort.

07 mai 2020

Les Visiteurs 2 sur TF1 : pourquoi Muriel Robin était-elle malheureuse sur le tournage ?

L'intrigue des Visiteurs 2 : Les couloirs du temps reprend immédiatement après celle du premier. Godefroy de Montmirail repart au Moyen Age pour épouser la douce Frénégonde. Mais une malencontreuse erreur se produit : au lieu de Jacquouille, c'est son descendant, Jacquart, qui le suit. Son écuyer, lui, reste au XXème siècle. Godefroy, qui le soupçonne d'avoir volé des bijoux à son futur beau-père, décide alors de le chercher...

A l'occasion de la diffusion de cette suite ce soir sur TF1 (une semaine après Les Visiteurs qui avait réuni huit millions de téléspectateurs), retour sur une anecdote intéressante liée au film : Muriel Robin a remplacé Valérie Lemercier dans la peau de Béatrice de Montmirail, ce qu'elle a rapidement regretté…

Compte tenu du succès des Visiteurs, en 1993, Jean-Marie Poiré et son équipe réitèrent l'expérience cinq ans après. Si le cinéaste retrouve la majorité des acteurs du premier film, Valérie Lemercier ne veut pas reprendre son personnage. Les raisons de ce choix sont simples : la comédienne n'est pas convaincue par le scénario de cette suite, mais surtout, elle ne s'est pas bien entendue avec ses partenaires de jeu des Visiteurs (même s'ils ont reconnu la qualité de sa prestation).

La directrice de casting, Françoise Ménidrey, tente d'imposer Armelle, mais Poiré préfère lui confier le personnage de Pétronille. Muriel Robin, une autre humoriste, est alors choisie pour jouer Béatrice de Montmirail. Une expérience qui s'avère particulièrement difficile pour la comédienne :

"Dans Les Visiteurs 2, j'ai été à chier ! Une comédienne a besoin d'être désirée. Le metteur en scène ne me désirait pas. Je remplaçais quelqu'un qu'il aimait. J'ai été très malheureuse sur ce tournage et je me demande encore aujourd'hui pourquoi j'ai fait ce film !"*

Valérie Lemercier a, quant à elle, pris la défense de l'actrice quelques années après : "Beaucoup de gens ont critiqué la performance de Muriel Robin. Mais il aurait fallu tout changer, le nom du personnage, son entourage familial, ses relations, ses tics de langage... Pour qu'elle puisse se sentir complètement à l'aise. Un bon comédien éprouve toujours beaucoup de difficultés quand il essaye de se caler sur la performance d'un autre acteur. Et c'est exactement ce qu'on lui avait demandé de faire."**

Les Visiteurs 2 sort en 1998 et réalise plus de 8 millions d'entrées sur le sol français. Un score en-dessous du premier volet (13,7 millions) mais tout de même impressionnant. Les Visiteurs en Amérique et Les Visiteurs - La Révolution, sortis respectivement en 2001 et 2016, ne renouent pas avec le succès de leurs prédécesseurs, puisqu'ils terminent leur exploitation à 1,2 et 2,2 millions d'entrées en France.

Kaamelott : sortie repoussée pour le film d'Alexandre Astier

Après l'avalanche de reports des sorties cinéma causés par la fermeture des salles et le confinement, c'est aujourd'hui au tour du film Kaamelott d'annoncer son changement de date. Une nouvelle inévitable...

A l'origine prévue pour le mois d'octobre 2020, la sortie du premier volet de la trilogie avait finalement été avancée de deux mois, soit le 29 juillet, pour le plus grand bonheur des fans. Devant les récentes annonces du gouvernement concernant le maintien de la fermeture des salles de cinéma jusqu'au début de l'été, le producteur SND a communiqué la nouvelle date de sortie : le 25 novembre 2020.

Le but de la démarche étant évidemment de permettre à un maximum de spectateurs de pouvoir se déplacer et de découvrir la suite de la série culte sur grand écran : "Alexandre Astier et SND restent impatients de pouvoir présenter au public ce film tourné en 70mm et résolument conçu pour les salles de cinéma" précise le communiqué de presse. Patience donc…

Découvrez Dead To Me sur Netflix

Passée injustement inaperçue l'an dernier, la dramédie Dead To Me revient pour une saison 2 de 10 épisodes ce vendredi 8 mai sur Netflix. Dans cette série au format de 30 minutes hautement binge-watchable, une veuve recroquevillée sur sa douleur et une excentrique qui cache un terrible secret se lient d'une forte amitié... qui va vite se révèler extrêmement toxique. Vous en dire plus serait déflorer les nombreux rebondissements et les nombreuses surprises que son visionnage vous réserve. Mais vous l'aurez deviné assez vite : mensonges, chantages, scandales, trahisons, vérités et corps que l'on cache sont au programme. 

Dead To Me s'inscrit dans une tendance initiée il y a bien longtemps par Desperate Housewives, récemment remise au goût du jour avec Why Women Kill et Good Girls de manière encore plus sombre et acide, autour d'héroïnes complexes qui, à la suite de mauvaises décisions et de malheureux hasards, se retrouvent piégées dans un engrenage qui les pousse dans leurs derniers retranchements. L'aspect comédie est toutefois moins présent dans Dead To Me, qui parvient à faire sourire et rire par petites touches, à travers une réplique, décalée ou cynique, une situation ubuesque, mais qui se concentre avant tout sur l'aspect dramatique des choses. Ainsi, il y est question de deuil, de reconstruction, d'éducation et de la notion même d'amitié : jusqu'où peut-elle nous mener ? 

Pas le temps de s'ennuyer devant Dead To Me qui propose des cliffhangers à chaque fin d'épisode et qui ne recule devant aucune absurdité pour plonger encore un peu plus ses personnages dans les emmerdes. Dans les premiers épisodes, c'est la révélation du grand secret qui nous tient en haleine, mais les conséquences désastreuses sont tout aussi prenantes par la suite et la saison 2 relance les enjeux efficacement. Les pièces du puzzle s'assemblent peut-être parfois un peu trop mécaniquement, on sent les grosses ficelles d'écriture constamment, mais cela n'empêche pas l'addiction, bien au contraire. De la même manière que l'on se demande jusqu'où les héroïnes vont aller, on s'interroge sur jusqu'où les scénaristes vont eux-même oser s'aventurer ! Et on est jamais déçus...

Si la série assume d'être invraisemblable, elle tient aussi, presque paradoxalement, à garder une forme de sincérité dans les réactions de ses protagonistes, qui auraient d'ailleurs tout pour être agaçantes mais que leur vulnérabilité rend attachantes. Jen, irrascible, au bord de la crise de nerfs, prête à en découvre à tout instant, séduit par son audace, impressionne par son autorité et finalement sa capacité de résilience. C'est elle qui domine le duo face à une Judy excentrique, gaffeuse, spirituelle, souvent en roue libre et à côté de la plaque, dont on se demande même si elle ne serait pas tout simplement cinglée. Tout cela ne pouvait fonctionner qu'avec de bonnes actrices : Christina Applegate, plus dramatique que jamais, et Linda Cardelinni, plus légère qu'à l'accoutumée, délivrent des prestations réussies qui permettent d'accéder à des émotions fortes. Malgré une saison 2 un peu moins convaincante dans ses idées, Dead To Me vaut vraiment le détour.