15 avril 2026

Mick Jagger incognito sur l'A1 : l'histoire surréaliste de son déjeuner au Courtepaille parmi les routiers

Sur une aire au bord de l’A1, entouré de routiers et de familles en route pour le nord, personne n’a prêté attention à ce client mince qui commande un steak-frites. Ce jour-là, le Courtepaille de Survilliers ressemble à n’importe quel autre restaurant d’autoroute, avec sa cheminée centrale et son parfum de grillade.

Nous sommes en 1980, l’enseigne de grillades enchaîne déjà les bons emplacements le long des nationales et des autoroutes, ce qui fera plus tard sa valeur lors de la bataille de reprise remportée par Buffalo Grill puis Napaqaro. Ce midi-là pourtant, au milieu des habitués, une rock star mondiale s’attable discrètement.

En pleine préparation de l’album Tattoo You, le manager des Rolling Stones appelle Dominic Lamblin, compagnon de route du groupe depuis des décennies : "Dominic, tu veux déjeuner aujourd'hui ? Allons dépenser de l'argent en plastique !", lui lance-t-il, raconte Dominic Lamblin, cité par En-Contact. Les musiciens cherchent alors un endroit tranquille en région parisienne pour installer leur studio mobile, loin des studios Pathé Marconi de Boulogne-Billancourt.

"Mick voudrait utiliser le studio mobile et trouver un local dans un coin tranquille à Paris ou dans une campagne environnante. Nous voilà donc partis tous les trois en quête de quiétude. Nous nous sommes rendus dans le Val d’Oise quand la faim commence à nous tarauder. Au vu de l’heure et du lieu, il ne faut pas avoir des exigences démesurées. Tout ce que je parviens à dénicher, c’est un Courtepaille d’autoroute à Survilliers.

e n’est pas exactement l’ordinaire de Mick, ni le mien non plus du reste, mais il s’en fout. Ça fait partie de ses aspects remarquables. Il a beau être la rock star numéro 1 au monde, il ne tient pas à être traité comme telle en permanence. Manger un steak-frites au milieu des routiers, ça lui va très bien. Il vit la chose avec tant de naturel que sa présence passe d’ailleurs inaperçue", confie Dominic Lamblin. La quête d’un studio en banlieue n’aboutira pas, même après une visite au château d’Hérouville : le mobile studio terminera garé près du studio HIS, à Bercy, où Start Me Up sera enregistré, sans voisins à déranger.

Née en 1961 au bord de la N6, Courtepaille s’est développée en misant sur les carrefours routiers, les sorties d’autoroute, les zones où le flux ne s’arrête jamais. Quand le tribunal de commerce d’Évry confie l’enseigne à Buffalo Grill en 2020, c’est justement pour ces emplacements "qui valent de l’or". Le restaurant de Survilliers, à deux pas de l’A1 et de Roissy, coche toutes les cases de ce maillage du réseau français.

Au début des années 1980, aucun avis en ligne pour raconter ce déjeuner de Mick Jagger. Les restaurants se contentent alors de livres d’or et de photos de clients célèbres accrochées au mur, comme au Katz’s Deli de New York, connu pour la scène de Quand Harry rencontre Sally. Aujourd’hui, la valeur d’un emplacement se mesure aussi à sa visibilité digitale, un peu comme ce stand de hot-dogs près de Central Park, loué 289 500 dollars par an, soit environ 246 000 €.

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