Figure emblématique des cuisines télévisées, Philippe Etchebest a bâti son image sur le travail acharné, la voix grave et les coups de gueule. À 59 ans, le juré de Top Chef et patron de plusieurs restaurants bordelais se trouve pourtant à un tournant. Lui qui enchaîne services, tournages et gestion d’entreprise commence à regarder la suite de sa carrière avec un œil différent.
Dans une interview accordée à Konbini, le chef doublement étoilé à Bordeaux a confié qu’il pensait déjà à son avenir, et même à sa retraite. Aux côtés de son épouse et associée Dominique, avec qui il gère quatre établissements et élève leur fils Oscar-Louis, il dit vouloir profiter davantage de ce qu’il a construit.
Car la carrière de Philippe Etchebest est à son zénith. Présent dans Top Chef depuis la saison 6, il mène aussi Objectif Top Chef et Cauchemar en cuisine sur M6. À Bordeaux, il dirige Maison Nouvelle, sacrée doublement étoilée au guide Michelin 2025, La Table d’Hôte, une étoile, la brasserie Le Quatrième Mur et le comptoir à ravioles Signature.
En coulisses, le Bordelais se voit désormais comme un véritable chef d’entreprise, et non plus seulement comme un cuisinier derrière le piano. Il raconte que son métier a beaucoup évolué, l’obligeant à changer régulièrement sa manière de penser et de travailler. Cette trajectoire l’a nourri, mais elle doit, dit-il, l’amener un jour à laisser la place et à transmettre à d’autres.
Philippe Etchebest ne veut pas s’épuiser jusqu’au bout derrière les fourneaux ou sur les plateaux. Il le dit clairement : "Ce n'est pas ce dont j'ai envie, je veux aussi à un moment donné profiter de tout ce que j'ai fait". Le chef souhaite pouvoir savourer du temps avec Dominique et leur fils Oscar-Louis, loin du rythme qui a guidé toute sa vie.
Son discours reste pourtant ancré dans la valeur travail. "Si j'en suis là aujourd'hui, c'est juste parce que j'ai bossé", insiste-t-il, regrettant que certains "ne défendent pas la valeur travail". Et d’ajouter : "J'encourage tout le monde à avoir la capacité à travailler, faire des efforts, à se faire plaisir et à avoir la satisfaction d'avoir réussi parce qu'ils ont travaillé. C'est la plus belle récompense qu'on puisse avoir". Travailler, oui, mais pas sacrifier toute sa fin de vie.
Pour préparer la suite, le chef mise sur ses équipes. "J'ai des collaborateurs précieux à qui j'ai envie de transmettre ça et qui prendront le relais à un moment donné", a-t-il confié à Konbini. Il envisage donc une sortie en douceur, en confiant progressivement ses restaurants et ses responsabilités.

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