Le 15 mars prochain, la 98ème cérémonie des Oscars récompensera les meilleurs films de l'année 2025. Une bataille après l'autre, Sinners, Hamnet, Frankenstein, Marty Supreme... Quelle oeuvre repartira avec la statuette la plus précieuse, celle du meilleur film ?
Parmi toutes les catégories, il y en a une qui est aussi déterminante : les meilleurs effets visuels. Deux semaines avant la cérémonie, on se pose la question suivante : quel film a remporté la première statuette dorée dans cette section ?
C'est en 1929, lors de son dîner inaugural, que l'Académie des Oscars a récompensé les effets spéciaux au cinéma pour la première fois. Elle a remis une plaque pour les "meilleurs effets d’ingénierie" au film qui venait de recevoir le tout premier Oscar du meilleur film : Wings, un drame aérien se déroulant pendant la Première Guerre mondiale.
Ensuite, en 1933, le producteur David O. Selznick, directeur des studios RKO, a demandé à l'Académie de reconnaître le travail de l’animateur Willis O'Brien pour son oeuvre révolutionnaire sur le film King Kong. Cependant, à cette époque, l’Académie ne disposait d’aucune catégorie permettant de récompenser officiellement les prouesses visuelles du long-métrage.
Il faut attendre l'année 1939 pour que les Oscars décernent un trophée spécial pour les effets visuels. Il s'agit alors d'un Oscar d'honneur, la catégorie n'étant pas encore créée officiellement. Les Gars du large, mis en scène par Henry Hathaway, remporte cette récompense honorifique, combinant les effets visuels et les effets sonores.
Ce n'est qu'à partir de 1940, durant la 12ème cérémonie, que la catégorie meilleurs effets spéciaux est officialisée. Elle sera combinée aux effets sonores jusqu'en 1964, année où les sections seront scindées en deux. Le premier Oscar des effets visuels a donc été décerné au film d'aventure La Mousson, réalisé par Clarence Brown. L'oeuvre a notamment damé le pion à des monuments comme Le Magicien d'Oz ou Autant en emporte le vent.
Cette oeuvre a représenté un projet colossal pour la 20th Century Fox. Sur les 100 jours de tournage, presque la moitié a été consacrée à filmer la pluie et les inondations artificielles, nécessitant environ 125 millions de litres d’eau. La Mousson a donc amplement mérité son Oscar des meilleurs effets visuels, remis à Fred Sersen et E.H. Hansen.
Le récit nous emmène en Inde, où nous faisons la connaissance de Tom Ransome, haut fonctionnaire au train de vie luxueux. Il navigue entre conquêtes frivoles et les souvenirs de son ancienne épouse, Lady Edwina Esketh. Mais le destin frappe lorsqu’elle rencontre le jeune et brillant médecin indien, le major Rama Safti.
Immédiatement, son coeur bascule, emporté par une passion nouvelle et dévorante. Ranchipur, pourtant paisible, est bientôt plongée dans le chaos : tremblements de terre déchirants, inondations furieuses et une peste implacable s’abattent sur la ville.
Face à la souffrance, Lady Esketh renonce à son confort bourgeois et se jette dans le combat aux côtés des malades, main dans la main avec Rama Safti, qu’elle aime d’un amour absolu. Réalisé avec sensibilité par Clarence Brown, le film critique subtilement l'arrogance coloniale, tout en offrant l'une des scènes de catastrophe les plus impressionnantes de son époque. La Mousson est disponible en Blu-ray et DVD.

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