Figure des années yé-yé, Sylvie Vartan a fait chanter plusieurs générations tout en menant une vie aux frontières floues. Née en Europe de l’Est, star en France, installée depuis longtemps ailleurs, elle partage son quotidien entre trois pays. Une question revient pourtant, lequel appelle-t-elle vraiment son pays.
Derrière les tubes comme La plus belle pour aller danser, il y a l’histoire d’une enfant née en Bulgarie, arrivée à Paris à 8 ans, puis d’une femme qui vit aujourd’hui entre un appartement parisien et une maison à Beverly Hills, près de Los Angeles. Avec le temps, la chanteuse a accepté de raconter comment elle se situe dans ce labyrinthe intime.
Enfant en Bulgarie, elle grandit dans une famille bousculée par l’histoire avant de s’exiler vers la France. À son arrivée à Paris, elle doit apprendre une nouvelle langue et un nouveau quotidien. Ces débuts difficiles forgent déjà ce que l’on nommerait aujourd’hui le multiculturalisme.
Cet arrachement, puis l’ancrage en France, marquent durablement la jeune fille devenue star. Quand elle fête ses 80 ans le 15 août 2024, plus de soixante ans de carrière ont été construits ici. Tournées, enregistrements et amis restent liés à cette capitale où elle garde un pied malgré une vie de famille surtout installée aux États-Unis avec son mari Tony Scotti.
En 2017, elle résume ce tiraillement en une phrase : "Je crois que mon cœur et mes émotions sont bulgares et hongroises. Mon pays c’est la France c’est là où sont mes amis, mon travail c’est la réalisation de mes rêves. L’Amérique c’est toujours le rêve c’est là où j’ai appris énormément. C’est un grand privilège de pouvoir vivre dans deux, trois cultures différentes parce que comme un buvard on prend ce qu’il y a de mieux. La France m’a tout donné. C’est grâce à ce pays que j’ai accompli mes rêves, et merci à la Bulgarie aussi car elle m’a fait qui je suis", a expliqué Sylvie Vartan dans un entretien pour Télé Star puis Public Sénat.
Derrière cette tirade, la hiérarchie est claire. Le cœur et les émotions restent tournés vers l’Est, mais le pays qu’elle revendique est la France, là où tout s’est joué pour sa carrière et sa vie d’adulte. Les États-Unis gardent la place du rêve et de l’apprentissage, sans devenir pour autant son pays officiel.








