15 juin 2020

Spike Lee prend la défense de Woody Allen... et se ravise

De passage sur les ondes de la radio new-yorkaise WOR 710 vendredi dernier pour la promotion de son nouveau film Da 5 Bloods (disponible sur Netflix), le cinéaste Spike Lee s'est exprimé au sujet de Woody Allen en prenant sa défense face à la culture de l'annulation.

Soupçonné d'agressions sexuelles sur sa fille adoptive Dylan Farrow depuis plusieurs années, ce dernier s'est en effet vu désavouer par de nombreuses personnalités hollywoodiennes en parallèle du mouvement #MeToo, et ses mémoires (qui ont finalement été publiées en France) ont failli ne pas sortir. 

"Je voudrais simplement dire que Woody Allen est un très grand metteur en scène", a ainsi déclaré Spike Lee, "et cette histoire d'annulation ne le concerne pas uniquement. Je pense que lorsque nous regarderons en arrière, nous verrons que - à moins de tuer quelqu'un - je ne sais si on peut simplement l'effacer comme s'il n'avait jamais existé."

"Woody est un de mes amis, un fan des Knicks comme moi, et je sais qu'il traverse cela en ce moment", a ajouté le cinéaste. 

Le lendemain de sa déclaration, suivie par de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, Spike Lee a publié un message d'excuse sur Twitter en revenant sur ses propos :

"Je m'excuse sincèrement. Mes mots étaient faux. Je ne tolère pas, et ne tolèrerai jamais le harcèlement sexuel, les agressions ou la violence. Un tel traitement cause des dégâts qui ne peuvent pas être minimisés. - Sincèrement, Spike Lee." 

13 Reasons Why : 6 fois où la série Netflix a fait polémique

Malgré deux premières saisons de qualité, et deux suivantes tout sauf réussies, 13 Reasons Why aura eu le mérite de traiter de sujets forts, souvent tabous, comme peu d'autres séries ado avant elle avaient osé le faire. Mais cela ne s'est pas fait sans maladresses, qui ont inéxorablement conduit à de nombreuses polémiques. Retour sur ces fois où elle a enflammé le web, à tort ou à raison. ATTENTION SPOILERS !

Dès la saison 1, de nombreuses voix s'élèvent quant à la scène clé du suicide de l'héroïne, Hannah Baker, montrée de manière particulièrement frontale dans le dernier épisode. On y voit Katherine Langford s’ôter la vie en se coupant les veines dans son bain. Aux Etats-Unis, des organisations, telles que la Fondation pour la Prévention du Suicide, se sont appuyées sur des études pour dire "que le nombre de suicides augmentaient lorsque l’histoire décrit de manière explicite la méthode, utilise des images crues et spectaculaires […] ou rend la mort attirante". Selon eux,  une telle scène à l’écran ne peut que donner envie aux jeunes mal dans leur peau de reproduire ce geste plutôt que de les en dissuader.

L’un des scénaristes de la série, Nic Sheff, avait choisi de se défendre et de répondre précisément à ces critiques dans une lettre ouverte publiée sur Vanity Fair. "Ces controverses m’ont vraiment étonné. Dès le début, j’étais certain que nous devions décrire son suicide avec le plus de détails possibles. Je me suis même battu pour ça, en prenant pour exemple ma propre tentative. […] C’était pour moi l’occasion rêvée de montrer comment se déroule un suicide, de mettre fin au mythe de la mort tranquille, de mettre les spectateurs face à la réalité, quand vous décidez de sauter d’un bâtiment en feu pour vivre quelque chose de bien pire. […] La chose la plus irresponsable pour moi, aurait été de ne pas montrer du tout sa mort. Aux alcooliques anonymes, on appelle ça "rejouer la scène" : il s’agit de les encourager à revivre dans les détails les événements qui se sont déroulés après leur rechute. C’est pareil avec le suicide. Rejouer la scène, c’est se rendre compte que le suicide n’est pas un soulagement, c’est les cris, l’agonie et l’horreur. […] Donc je soutiens à 100% ce que nous avons fait. Je sais que c’est le bon choix, parce que ma vie a été sauvée lorsque j’ai compris toute l’horreur du suicide".

Pour tenter de répondre à cette polémique, Netflix a fait le choix d’ajouter au début du premier épisode un carton d’avertissement pour informer ses abonnés des sujets sensibles qu’elle aborde. Parallèlement, les deux avertissements existants, aux épisodes 9 (qui contient une scène de viol) et 13 sont modifiés pour être plus explicites. Une mention au site 13ReasonsWhy.info qui recense, pays par pays, l’organisme officiel chargé de lutter contre le harcèlement scolaire, est ajoutée.

Deux ans plus tard, la plateforme se décide à éditer la scène controverséee. Dans un communiqué, Netflix a ainsi déclaré : "Nous avons compris que 13 Reasons Why avait encouragé de nombreuses jeunes personnes à parler de problèmes complexes comme la dépression ou le suicide et à demander de l'aide, souvent pour la première fois. Alors que nous allons préparer le lancement de la saison 3, nous avons pris conscience du débat que la série générait. Sur les conseils d'experts médicaux, dont Christine Moutier, médecin en cheffe de la Fondation Américaine de la Prévention du Suicide, nous avons décidé avec le créateur Brian Yorkey et les producteurs d'éditer la scène dans laquelle Hannah met fin à ses jours dans la première saison."

En saison 2, 13 Reasons Why suscite à nouveau des réactions fortes après une scène du final (décidément !) où le personnage de Tyler se fait agresser sexuellement par des membres de l'équipe de foot. Une scène violente au cours de laquelle Monty lui enfonce un manche à balais dans l'anus. Face à la dureté de ce passage, certains fans ont manifesté leur colère sur les réseaux sociaux. Ce n'est pas tant la scène en elle-même qui fait alors polémique mais le fait qu'elle arrive comme un cheveu sur la soupe, comme si elle avait été imaginée pour choquer plus que pour raconter quelque chose. 

Brian Yorkey a tenu à répondre à cette critique en expliquant que "des athlètes ou sportifs de lycée commettent trop souvent des horreurs comparables à celle que nous montrons dans cette scène. Il faut dénoncer plus souvent ces crimes, car oui des hommes violent d'autres hommes aussi". Ce traumatisme encore très tabou est rarement évoqué dans la fiction. ll ajoute dans un entretien accordé à Vulture : "Aussi intense que soit la scène, et aussi fortes que soient les réactions, elle ne se rapproche même pas de la souffrance éprouvée par les personnes qui traversent réellement ces choses. Quand nous disons que quelque chose est "dégoûtant" ou difficile à regarder, cela signifie souvent que nous y attachons de la honte. Nous préférerions ne pas être confrontés à cela. C'est pourquoi ces types d'agressions sont sous-déclarés. C'est pourquoi les victimes ont du mal à demander de l'aide. Nous pensons qu’il vaut mieux en parler plutôt que de rester dans le silence." 

En saison 3, la série prendra le temps d'explorer le sujet plus en profondeur et réussit ainsi à faire oublier les critiques. 

Durant toute la saison 2, Tyler se rapproche de Cyrus (Bryce Cass), un adolescent plutôt perturbé qui cherche à se venger des élèves populaires. Les deux amis se poussent mutuellement à exprimer leur haine en faisant preuve de plus en plus de violence. Des scènes montrent les deux garçons en train de s’amuser avec des armes à feu, notamment dans la séquence au stand de tir dans l’épisode 6. En parallèle de cette réalité, la série montre le cheminement psychologique qui pousse Tyler au passage à l’acte. Dans le dernier épisode de la saison 2, son retour à Liberty après un stage pour apprendre à contrôler sa violence le fait basculer. Ses amis prennent leurs distances avec lui et le viol dont il est victime le pousse à bout.

Sans excuser le personnage, cette scène permet de comprendre les tragiques conséquences du harcèlement. La fin de l'épisode surprend en ne mettant pas en images une scène de tuerie, comme on aurait pu l’imaginer, mais Clay tentant de raisonner Tyler avec des mots forts, qui font écho à ceux qu’il n’a pas eu la force dire à Hannah : « Je ne veux pas que tu meures. Si tu crois que c’est la solution, si tu crois vraiment que ça changera les choses, que ce sera pas une putain de tragédie que les adultes oublient au bout d'une semaine, si tu crois vraiment que tout s’arrangera, alors vas-y. » Une réaction qui est loin de faire l'unanimité. 

En effet, on accuse les scénaristes de ne pas avoir montré, à travers Clay, l'exemple de la bonne façon de réagir face à une telle menace, qui est un sujet de société aux Etats-Unis d'une extrême gravité. Il aurait fallu que Clay et ses amis se cachent et appellent la police et non pas qu'ils tentent de le raisonner. Car ce qui marche dans la série n'aurait probablement pas du tout fonctionné dans la vraie vie. On pourrait aussi arguer qu'une polémique encore plus grande aurait pu naître s'ils avaient fait le choix que Tyler passe à l'acte, créant un problème similaire à celui du suicide d'Hannah... 

Jay Asher, l'auteur du roman qui a servi de base à la série Netflix, est accusé de harcèlements sexuels en février 2018. Ironique alors que c'est l'un de ses sujets principaux. Après que ces allégations aient été rendues publiques, l'organisation de scénaristes dont l'Américain de 42 ans faisait partie, la Society of Children’s Book Writers, annonce son exclusion. Une exclusion qui datait en fait de l'année d'avant. Asher, de son côté, indique alors qu'il a quitté la Society of Children’s Book Writers de son plein gré, et qu'il se sent "sacrifié". "C'est très effrayant lorsque vous savez que les gens ne vous croiront pas une fois que vous ouvrez la bouche", déclare-t-il au micro de BuzzFeed News. 

Selon lui, ses relations avec ses accusatrices dont l'identité n'a pas été révélée, étaent consenties et il se dit être la victime de harcèlement de leur part, et que cela le suit depuis une décennie. Quelques jours plus tard, Netflix annonce que Asher ne sera plus impliqué dans les futures saisons de la série.

Si les scénaristes et producteurs de la série n'en sont pas responsables, force est de constater que 13 Reasons Why éveille chez certains jeunes spectateurs des comportements totalement contraires au message anti-harcèlement véhiculé. Dès la saison 1, Justin Prentice, l'interprète de Bryce, le violeur d'Hannah, est harcelé sur les réseaux sociaux. En saison 2, l’acteur Timothy Granaderos, l’interprète de Monty, subit les foudres de certains abonnés comme le révèle le site PopBuzz, qui liste quelques commentaires visibles sous ses posts Instagram, tels que "Je vais te tuer" ("I will fuckin kill you") ou "Tu dois mourir, même si tu étais en train de jouer la comédie. Pauvre Tyler" ("you have to die, even if you were acting motherfucker, poor tyler").

Heureusement, le jeune homme a pu compter sur le soutien des autres acteurs de la série, à commencer par Devin Druid, qui incarne Tyler, mais aussi Prentice passé par là qui lance le hashtag #TimIsNotMonty (Tim n’est pas Monty), qui a été repris des centaines de fois sur Instagram. 

La saison 3 décriée pour sa qualité est notamment marquée par l'arrivée d'une nouvelle narratrice : la jeune Ani, interprétée par l'actrice Grace Saif. Une recrue avec laquelle certains fans se sont montrés particulièrement virulents, la harcelant et la critiquant violemment sur les réseaux sociaux. Suite à ce cyber-harcèlement, l'actrice rend privé son compte Twitter et retire toutes ses photos de son compte Instagram. Elle reçoit le soutien de ses camarades de jeu, notamment Anne Winters (qui incarne Chloé dans la série). Timothy Granaderos déclare quant à lui : "Que vous souteniez ou non, que vous aimiez ou non un personnage dans notre fiction, s'il vous plait, rappelez-vous que derrière, il y a un acteur ou une actrice talentueuse chargée de donner vie à ce scénario. L'un des grands thèmes de notre série est de prendre soin les uns des autres."

Catastrophique à tous points de vue, la saison finale de 13 Reasons Why n'a pas échappé aux critiques et est encore accusée de nombreuses maladresses, en plus d'être très éloignée de l'esprit original de la série. Le traitement de la maladie mentale de Clay, vraiment pas conforme à la réalité tant les scénaristes vont loin, est un sérieux motif d'insatisfaction. Mais c'est le dernier épisode, à nouveau, qui en a fait bondir plus d'un. C'est autour du personnage de Justin (Brandon Flynn) que la colère se cristalise. 

Tuer l'un des chouchous des fans, qui avait déjà beaucoup souffert, était audacieux.  Ancien accro à l’héroïne, Justin avait effectué un passage dans un centre de désintoxication avant de faire une rechute. Alors qu’il tombe malade et pense avoir une grippe ou un mauvais rhume, le jeune homme fait un malaise en plein bal de promo. Le verdict des médecins tombe alors : Justin a contracté le VIH et est atteint du sida. Son état se dégrade très rapidement, malgré des soins intensifs, et le jeune homme finit par succomber à la maladie. 

Décrit comme "gênant" et "potentiellement traumatisant", ce twist de fin aurait pu être "l’occasion de souligner que le VIH et le sida n’étaient plus signes d’une condamnation à mort au XXIème siècle", comme le souligne certains Twittos. " Ils envoient un mauvais message. Il va en centre de désintoxication, il trouve une nouvelle famille et il meurt d’une maladie après s’être remis sur pied ? Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer en quoi cette intrigue est saine pour des personnes qui traversent ce genre de situation ?". 

De plus, la vitesse avec laquelle il succombe ne réflète pas la réalité de la maladie aujourd'hui. Le magazine Têtu explique : "La phase de latence, soit la période nécessaire entre l’infection par le VIH et un diagnostic de sida, peut durer entre 10 et 15 ans en moyenne. Ce laps de temps peut être prolongé par la prise d’un traitement antirétroviral, conçu pour ralentir l’évolution du virus chez les personnes séropositives, et leur permettre de vivre aussi longtemps que les autres." Ce qui se passe avec Justin relève donc du non-sens scientifique vu son âge. 

Alien : Sigourney Weaver ne veut plus jouer Ripley

A l'heure où nous écrivons ces lignes, l'avenir de la saga Alien est très flou. Ridley Scott parle de multiplier les suites à Alien: Covenant sans qu'aucune n'entre en production, peut-être à cause du rachat de la Fox par Disney, qui a mis en pause la majorité des projets du studio. Du reste, Covenant et Prometheus n'ont pas toujours résonné auprès du public comme de la critique. Récemment interrogée sur l'éventuel retour de son personnage mythique de Ripley dans la franchise Alien, Sigourney Weaver a déclaré laconiquement à Empire :

"Je ne sais pas. Ridley est partie dans une direction différente. Peut-être Ripley en a-t-elle fini. Elle mérite de se reposer."

L'actrice a confirmé que l'offre lui a été faite plusieurs fois de revenir dans la franchise Alien, mais elle a toujours refusé de le faire. Il y a un an et demi, Walter Hill lui a encore écrit un traitement de 50 pages pour une cinquième aventure de Ripley, que Weaver a de nouveau décliné. Quant au projet de Neil Blomkamp, longtemps espéré par les fans, il n'a finalement jamais abouti malgré un lobbying intensif de la part du réalisateur.

Avant le confinement, Ridley Scott était en plein tournage de The Last Duel, écrit et interprété par Matt Damon et Ben Affleck (avec Nicole Holofcener des Faussaires de Manhattan). Sigourney Weaver sera à nouveau dans nos salles en avril 2021 avec S.O.S. fantômes: L'héritage et tourne les suites d'Avatar sous la direction de James Cameron.

ADN, Wakanim, Crunchyroll : quels animés voir du 15 au 22 juin

Prison School (Wakanim, ADN)

Prison School nous emmène au sein du lycée Hachimitsu, réputé pour être un des plus sévères du pays. Jusqu'à cette année, il était réservé aux filles, mais les garçons y sont désormais autorisés. Seulement, comme c'est l'année-test, ils ne sont que cinq dans tout l'établissement ! Kiyoshi est l'un d'eux. Il est particulièrement timide mais cherche à discuter avec des filles. Dès le premier jour, il fait connaissance avec Chiyo car la jeune fille est amatrice de sumo, tout comme lui. Mais à peine ont-ils lié amitié que ses quatre camarades garçons décident d'aller espionner les filles aux bains ! Kiyoshi acceptera-il de les accompagner, au risque de perdre la confiance de son amie ? Attention, cet anime est réservé à un public averti ! Son humour ravageur n'a d'égal que sa violence, assez crue. Prison School se révèle toutefois d'une redoutable efficacité. Si la série joue de son côté ecchi avec certains personnages féminins très sexualisées, c'est pour mieux servir l'humour qui consiste surtout à punir les jeunes hommes de leur perversité, un peu à la manière d'un Nicky Larson.

Seiren (ADN)

Dans Seiren, nous suivons Kamita Shouichi, un jeune lycéen qui a peur de grandir. Un jour, sa professeur principale le convoque pour parler de ses plans de carrières. En chemin, Shouichi va rencontrer différentes jeunes filles qui vont le mener vers un futur inconnu. Cet animé "school life" réjouissant nous conte le parcours initiatique d'un étudiant particulièrement touchant dans sa personnalité. Dans le même style que Amagami SS, la série est découpée en trois arcs de quatre épisodes qui se focalisent sur chacune des héroïnes, Hikari Tsuneki, Tōru Miyamae et Kyouko Touno. Très bien écrit, l'anime est magnifié par un design des personnages très fin et détaillé ; pas étonnant quand on sait que le character designer, Naoto Hosoda, a travaillé comme animateur avec le maestro Makoto Shinkai sur 5cm par seconde et Garden of Words. Les relations entrre Shouichi et les différentes filles qu'il rencontre sont émouvantes et toujours pertinentes, au service d'un récit qui fait du bien à l'âme. Seiren est une belle pépite romantique qui se déguste comme un petit bonbon acidulé.

The Ones Within (ADN)

Streamer populaire de sa génération, le jeune Iride Akatsuki voit sa vie basculer lorsqu'il est kidnappé et forcé de participer à un jeu sinistre : atteindre les 100 millions de vue en relevant divers défis ou mourir. Les studios SILVER LINKS signe un coup de maître avec l'adaptation de Naka no Hito Genom [Jikkyouchuu] (rebaptisé "The Ones Within" en anglais), à l'heure où la tendance du streaming ne cesse d'augmenter. Cette oeuvre unique de l'auteur japonais Osara reprend les bases du survival game et les adapte au contexte actuel d'internet, là où les steamers sont toujours plus nombreux et avec en tête, cette consécration professionnelle que représente le million de vues. Si sa thématique et son antagoniste à tête d'animal n'est pas sans rappeler l'anime Danganronpa, classique du genre sorti en 2013, The Ones Within parvient tout de même à se démarquer par son originalité. En plus de personnages attachants et de beaux graphismes, l'histoire alterne subtilement entre l'angoisse propre au survival, et une bonne dose d'humour, pourtant rarement utilisé dans ce genre d’anime. Ce mélange atypique fait toute la particularité de l'ambiance de la série et permet une immersion totale dans le jeu. Avec une intrigue qui se dévoile habilement au fur et à mesure des épisodes, vous êtes certains de rester accrochés jusqu'à la fin.

Woodpecker Detective's Office (Crunchyroll)

C'est vingt ans après sa parution, que le roman policier de Kei Li se voit finalement adapté en série d'animation par les studios Linden Films. On y suit les aventures de Takuboku Ishikawa, brillant poète, à l'ouverture de son agence de détectives privés : le Woodpecker. Accompagné de son ami Kyosuke Kindaichi, il enquête sur l'étrange apparition de fantômes dans la tour Asakusa Juunikai. Transposée à la fin de l'ère Meiji, cette histoire évolue dans un Japon aux prémices de son occidentalisation et de sa modernisation. Fort de cette base historique que les scénaristes ont tenu à respecter, la série peut se vanter de son apport culturel et historique, discrètement glissé au coeur des différentes enquêtes. Les héros, eux-même nommés et représentés d'après de véritables auteurs de l’époque, apprivoisent Tokyo et ses mystères au fil des épisodes, à un rythme parfait. Ajouté à cela, des dessins et une colorisation efficace, et l'anime a l’avantage d’avoir une ambiance aussi intrigante qu’apaisante. À découvrir que vous soyez amateurs d'enquêtes, de poésie, d'histoire ou simplement curieux.

Je la vois déjà en haut de l'affiche (Wakanim)

Rebaptisé en français selon une célèbre chanson de Charles Aznavour, Je la vois déjà en haut de l'affiche ("Oshi ga Budōkan Ittekuretara Shinu" d’après son titre d'origine) est un manga comique signé par Hirao Auri. Si l'annonce de son adaptation en anime pour début 2020, n'a donné l'impression que d'une énième série sur les idols, l'histoire se différencie par l'originalité de son point de vue : celui des fans. On y découvre alors le quotidien d’Eripiyo, Kusama et Motoi, passionnés d’un groupe peu connu, "ChamJam". Bien décidés à faire valoir le talent de leurs stars préférées, ces trois adolescents vont tout entreprendre pour les propulser sur le devant de la scène et leur permettre de se produire au Budokan, une grande salle de spectacle de Tokyo. La série aborde efficacement toute la difficulté de se faire une place dans le monde de la musique lorsque l'on est débutant, et le soutien sans faille d'une communauté envers ses artistes favoris. L'histoire nous offre ainsi l'occasion de découvrir toute l'importance de la pop japonaise dans la culture du pays. Mais au-delà de cet aspect informatif, l'humour et les graphismes aux couleurs pastel donnent le ton léger et agréable de cet anime.

Star Wars : la série animée Clone Wars n’aura pas de suite

A ceux qui espéraient que le grand retour cette année de Clone Wars sur Disney+ permettrait à la série d’animation Star Wars de se poursuivre, tenez-le pour dit : aucune suite, spin-off ou épisode spécial ne verront le jour, ce de manière officielle et définitive. Interrogé par le site spécialisé The Nerdist, le créateur du programme Dave Filoni – aujourd’hui à l’oeuvre sur la série live-action The Mandalorian – a confirmé que le final de la septième saison de Clone Wars était l’ultime épisode du show, et qu’il lui tardait de se consacrer désormais à d’autres projets.

"Nous sommes vraiment reconnaissants d’avoir pu finir la série. Mais je pense que créativement parlant, il arrive un moment où l’on veut aller de l’avant. Il y a toujours un moment où l’on étend les histoires à un tel point que l’on ne voit plus la fin arriver. Je ne veux pas ressentir cela. Je veux que l’on ressente que tout cela avait un sens et que cela a été mené à son terme, donc partons à la recherche de quelque chose de nouveau et d’excitant."

Il convient néanmoins de rappeler que plusieurs héros de Clone Wars, à commencer par la Jedi Ahsoka Tano, apparaîtront dans la seconde saison de The Mandalorian à retrouver en exclusivité en octobre prochain sur la plate-forme Disney Plus.

14 juin 2020

La Momie sur TF1 Séries Films : pourquoi Brendan Fraser a-t-il disparu des écrans ?

À la fin des années 90, Brendan Fraser devient une superstar mondiale grâce au triomphe de La Momie. Il enchaîne les succès avec Endiablé, Le Retour de la Momie puis Collision. Soucieux de réaliser lui-même ses cascades, il n'hésite pas à payer de sa personne, manquant de s'étrangler sur le tournage de La Momie où se brûlant gravement la main sur celui de Voyage au centre de la Terre en 2007. "J'étais entouré de bandages, de glace et de compresses de randonnée car elles sont petites et légères et tiennent sous les vêtements. Je me construisais un exosquelette tous les jours", confie l'acteur.

Pour tenir le coup, Fraser subit également de la chirurgie, notamment une laminectomie, procédure permettant de supprimer une ou plusieurs lames vertébrales. Puis c'est une lombaire qui ne tenait plus et il a fallu le réopérer. L'un de ses genoux a dû être partiellement remplacé et ses cordes vocales ont lâché. L'acteur a passé énormément de temps dans les hôpitaux pendant sept ans, payant ce qu'il décrit comme sa volonté de "beaucoup trop forcer, au point que cela devienne destructeur". L'autre raison de son état selon lui ? Son rythme de travail : "J'avais l'impression de travailler encore et toujours et de réparer des trucs que j'avais déjà réparé mais qui se faisaient détruire encore et encore pour le plaisir de tous".

En plus de ses ennuis de santé, Brendan Fraser a dû également passer par une longue phase de reconstruction après une agression sexuelle. Dans une longue interview à GQ en 2018, le comédien trouve enfin le courage de libérer sa parole. Durant l'été 2003, fragilisé par sa santé, Fraser se rend au Beverly Hills Hotel pour un dîner organisé par la Hollywood Foreign Press Association (HFPA). C'est cette organisation qui s'occupe notamment des célèbres Golden Globes. Sur le chemin du retour, il est appelé par Philip Berk, ancien président de la HFPA qui, selon la version de Berk dans son auto-biographie, lui pince les fesses. La version de Fraser est toute autre :

"Sa main gauche s'est approchée, a attrapé ma fesse et l'un de ses doigts a touché mon anus. Et il a commencé à le bouger". A ce moment, Fraser s'est "senti mal. Je me sentais comme un petit enfant. J'avais comme une boule dans la gorge. J'avais l'impression que j'allais pleurer". Depuis, l'acteur et ses représentants ont demandé des excuses à Berk, qui nie la version de Fraser. L'ex-président de la HFPA a cependant écrit une lettre au comédien affirmant : "Si j'ai fait quelque chose qui a dérangé M. Fraser, ce n'était pas intentionnel et je m'en excuse".

Brendan Fraser a trouvé la force de parler grâce à l'avènement du mouvement #MeToo : "Je connais Rose McGowan, Ashley Judd et Mira Sorvino, j'ai travaillé avec elles. Je ne leur ai pas parlé depuis des années mais ce sont mes amies. J'ai suivi leur merveilleux mouvement et ces gens capables de dire ce que je n'avais pas eu le courage de dire". Même depuis qu'il s'est exprimé à ce sujet et qu'il a raconté son histoire, Fraser se dit toujours "effrayé". Son état d'esprit a mis du temps à changer. Il commente : "Est-ce que je sens que j'avais besoin d'en parler ? Absolument. Est-ce que j'ai voulu le faire beaucoup de fois ? Absolument. Est-ce que j'y ai renoncé ? Absolument."

Après cette agression sexuelle, Brendan Fraser sombre dans une longue dépression qui s'accentue sur le tournage des Looney Tunes passent à l'action de Joe Dante. Dans cette comédie, l'acteur donne la réplique à des personnages de dessins animés et joue un cascadeur, doublure de Brendan Fraser. Il en viendra même à croiser le vrai Brendan Fraser à la fin du film. Dans cette scène, le comédien est donc dédoublé à l'écran et se frappe lui-même. "Je crois qu'à cette époque je voulais me tabasser moi-même avant que quelqu'un d'autre ne le fasse", révèle-t-il.

Fraser n'étant plus que l'ombre de lui-même, l'industrie hollywoodienne commence à l'oublier : "Le téléphone professionnel a cessé de sonner et j'ai commencé à me demander pourquoi. Cela tient à de nombreuses raisons, mais [ce qui s'est passé avec Berk] est-elle l'une d'entre elles ? Je crois que oui." Sa dépression a aussi été liée à la pression du métier d'acteur à Hollywood. "Je ne suis pas réservé ou quoi, mais j'ai senti que je ne pouvais plus faire partie de ce monde du cinéma. Je ne m'y sentais plus à ma place". En 2010, il tourne aux cotés d'Harrison Ford dans Mesures exceptionnelles avant de définitivement se détourner d'Hollywood. L'échec de La Momie 3 n'a pas arrangé les choses et l'artiste est remplacé par Dwayne Johnson dans Voyage au centre de la Terre 2.

Fraser ne tournera plus que des films indépendants jusqu'à son come-back dans la série Trust, dans laquelle il se fait à nouveau remarquer. Le comédien va beaucoup mieux et semble reprendre du plaisir à jouer la comédie, comme on peut notamment le voir dans Doom Patrol. Il y incarne le super-héros Robotman alias Clifford Steele. "Vous pouvez parfois penser que vous n'êtes pas à la hauteur, que vous avez échoué. C'est faux. C'est une nouvelle époque, une nouvelle ère, et des changements positifs vont découler des témoignages sur les agressions sexuelles. Je suis optimiste et je garde espoir". Désormais installé à Bedford (New York), l'ex-George de la Jungle se détend en faisant du tir à l'arc et en s'occupant d'un cheval qu'il a recueilli sur le tournage de la série historique Texas Rising en 2015.

47 Ronin sur TFX : pourquoi ce film d'action est-il le plus gros échec commercial de Keanu Reeves ?

Avant de revenir sur le devant de la scène avec John Wick, Keanu Reeves est à l'affiche en 2014 de 47 Ronins, qui s'inspire d'une vieille légende nippone, elle-même basé sur un fait réel. Le film raconte comment 47 samouraïs errants jurent de venger l'assassinat de leur maître par un perfide seigneur de guerre.

Avec un budget estimé entre 175 et 200 millions de dollars, 47 Ronin, qui mêle arts martiaux et fantastique, devait être l'un des succès cinématographiques de 2014. Mais les résultats au box-office sont catastrophiques : seuls 38 millions de dollars de recettes sont récoltés sur le territoire américain, sur un total de 151 millions de dollars dans le monde. Même au Japon, où le sujet et le casting auraient pu séduire les spectateurs, c'est un échec. Variety précise à l'époque qu'il s'agit du plus mauvais démarrage pour un film ayant coûté plus de 150 millions de dollars.

La réalisation de 47 Ronin est confiée à un novice, Carl Rinsch. Il s'agit de son premier et dernier long-métrage. Au-delà de son manque d'expérience, encore plus handicapant sur une grosse machine comme celle-là, on raconte que la production est tendue car Rinsch souhaite faire un pur film de samouraïs, tandis qu'Universal veut un objet plus mainstream et grand public. Cette incompatibilité s'ajoute à un tournage chaotique : le script est sans cesse réécrit, jusque durant le tournage, réduisant par exemple le personnage important de Kapitan à une courte apparition silencieuse.

Bien que mettant en scène une histoire et des personnages japonais, 47 Ronin est une production américaine. Afin de rendre le film plus authentique, on décide d'entourer Keanu Reeves d'acteurs japonais, dont Hiroyuki Sanada, Tadanobu Asano et Rinko Kikuchi. Certains, ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare, sont contraints de prononcer leur texte phonétiquement avant d'être doublés. Enfin, il est décidé au dernier moment de tourner en 3D stéréoscopique, ce qui ralentit la production en plus de plomber le budget. Une gestation compliquée qui crée un bouche-à-oreille négatif autour de 47 Ronin avant même sa sortie.

Un coup dur pour Keanu Reeves, qui, un mois plus tôt aux États-Unis, n'a pas non plus rencontré le succès avec Man Of Tai Chi, sa première et unique réalisation. Également consacré aux arts martiaux, ce long-métrage n'a rapporté que 5,4 millions de dollars, pour 25 millions de dollars de budget. Heureusement pour le comédien, le carton de John Wick relancera sa carrière moins d'un an plus tard.

Bande-annonce de T’as pécho, avec Ramzy Bedia

Arthur, 15 ans, a un coup de foudre pour Ouassima, qui ne le regarde même pas… Alors que lui n’a jamais pécho, elle sort avec Matt, le beau gosse du collège. Pour s’approcher d’elle, Arthur rassemble une bande de losers célibataires et lui propose de leur donner des cours de péchotage, à 10 euros la leçon. Dans les vestiaires de la piscine, débute alors un long apprentissage intime et collectif sur "les filles et l’amour : mode d’emploi".

Pour son premier long-métrage, Adeline Picault - scénariste à la télévision et au cinéma - nous propose une comédie adolescente et dans l’ère du temps, autour d’un groupe de lycéens marginaux. Si sur le papier, T’as pécho ne propose rien d’original, le long-métrage compte sur une distribution plutôt sympathique composée de jeunes talents prometteurs (Paul Kircher, Inès d'Assomption, Sophie-Marie Larrouy, Renely Alfred…) et d’acteurs confirmés comme Ramzy Bedia, Vincent MaCaigne et Moussa Mansaly pour nous faire rire. Le teaser nous dévoile d’ailleurs quelques gags.

Si les cours seront déjà fini d’ici là, T’as pécho vous donne rendez-vous sur les bancs de l’école et les sièges rouges du cinéma dès le 29 juillet.

Tom Cruise : de quel trouble neurologique souffre l'acteur ?

Comme Johnny Hallyday, Jean Dujardin ou encore Stéphane Plaza, Tom Cruise souffre de dyspraxie. Il s'agit d'un trouble d'apprentissage caractérisé par une mauvaise coordination des gestes et des problèmes d'orientation dans l'espace. Il existe plusieurs types de dyspraxie comme la dyspraxie visuo-spatiale ou la dyspraxie verbale. Comme l'a expliqué le meilleur agent immobilier français en mai 2020, la communication entre le cerveau et le corps ne se fait pas toujours très bien. Au quotidien, les personnes qui souffrent de ce trouble neurologique peuvent rencontrer des problèmes au quotidien comme "la maladresse, faire ses lacets, s'organiser, ranger, se repérer dans le temps".

En revanche, cette "maladie" donne à ceux qui y sont touchés une grande créativité. Les scientifiques assurent d'ailleurs que ces personnes doivent privilégier les métiers où le relationnel est au centre de tout. Autant dire que Tom Cruise a donc tapé dans le mille. En tant qu'acteur, il passe son temps à échanger avec d'autres comédiens, des réalisateurs ou des producteurs. Finalement, la dyspraxie l'a peut-être aidée à trouver sa voie et devenir un acteur connu et reconnu par tous. Aujourd'hui, son talent n'est plus à prouver.

"Les handicaps sont une forme de singularité qui met toujours en valeur tant d'autres qualités insoupçonnées ! Être différent signifie simplement que vous êtes assez courageux pour être vous-même", avait déclaré Stéphane Plaza en espérant faire changer le regard des gens sur le handicap. En effet, peu importe dont quoi souffre une personne, elle peut toujours en tirer un bénéfice et être plus performante dans un autre domaine même si ce n'est pas commun. Autant dire que ce soit l'acteur américain ou l'agent immobilier français, ils ont tous les deux prouvé que leur handicap ne les empêche pas de faire ce qu'ils aiment.

Emmanuelle Béart : pour quelle raison l'actrice a-t-elle été arrêtée en 1996 ?

Emmanuelle Béart est une femme au grand coeur. Et celui qui a eu la chance de le conquérir, c'est Frédéric Chaudler. Depuis 2011, les amoureux filent le parfait amour. "Être amoureuse à 50 ans, personnellement je le vis mieux. Avec ce corps qui se relâche un peu, enfin. Ça se relâche et je profite de ce relâchement", avait indiqué l'actrice à propos de cette relation. Ainsi, après des années d'amour, ils ont décidé de se dire "oui" le 21 septembre 2018, à Paris à la mairie du 6e arrondissement. Le lendemain, ils ont scellé leur union lors d'une cérémonie religieuse qui s'est déroulée à Gassin, près de Saint-Tropez. Pour officier ce mariage religieux, Emmanuelle Béart n'a pas choisi n'importe quel prêtre.

En effet, elle a choisi Monseigneur Gaillot. C'est avec lui que la comédienne était venue en aide à des sans-papiers installés à l'église Saint-Bernard, dans XVIIIe arrondissement de Paris en août 1986. A l'époque, cette affaire avait fait grand bruit alors que des policiers avaient forcé les portes de l'église pour déloger les deux-cent-dix Sénégalais, Maliens et Mauritaniens. Emmanuelle Béart avait d'ailleurs été arrêtée et conduite à la gendarmerie alors que la loi interdit ce genre de pratique. Il semblerait donc qu'elle soit restée très proche du prêtre avec qui elle avait tenté de régulariser la situation de tous ces sans-papiers.

La comédienne, connue pour avoir joué dans Manon des sources, Les Destinées sentimentales, 8 Femmes, ou encore Les Témoins, était sur le plateau de C à vous, vendredi 12 juin 2020. Elle a notamment évoqué son père, Guy Béart, qui était un auteur-compositeur-interprète."Il n'était pas formaté mon père. Il débordait, il sortait du cadre, confie Emmanuelle Béart, face à Anne-Elisabeth Lemoine et aux chroniqueurs de l'émission, qui boivent ses paroles. Je ne rêvais que d'une chose, c'est qu'il soit normal, qu'il soit comme tous les autres, qu'il prenne un micro..."