02 mai 2020

Charlie Chaplin sur Netflix : Les Temps modernes, la satire hilarante à faire découvrir à vos enfants

• Il était une fois : Charlot est ouvrier dans une immense usine. Il resserre quotidiennement des boulons. Mais les machines, le travail à la chaîne le rendent malade, et finissent même, suite à une série d'événements, par le conduire en prison. A sa sortie, il abandonne son poste et recueille une orpheline avec qui il tente de mener une vie normale et de réaliser le rêve américain.

• Ce qu'ils vont adorer : Le personnage de Charlot, qui fonctionne aussi bien auprès des adultes que des enfants. Entre sa démarche gauche, sa maladresse ambulante et son côté frondeur, il ne manque pas une occasion de causer une catastrophe et dérégler les rouages de l'usine dans laquelle il se trouve au début, ou de la société dans son ensemble. Fort d'une précision de tous les instants et d'une capacité à surprendre et déjouer nos attentes, Charles Chaplin paraît au sommet de son art burlesque, devant comme derrière la caméra, dans ce qui marque ses adieux à son célèbre personnage de vagabond, icône du muet incompatible avec le cinéma parlant vers lequel l'acteur et réalisateur fait un pas avec ce long métrage sonore.

Comme Le Kid, également disponible sur Netflix et que nous avions évoqué il y a peu, Les Temps modernes constitue une belle porte d'entrée sur le cinéma de Charles Chaplin dont il contient quelques-unes des scènes les plus mémorables : l'ouverture sur la chaîne de montage qui défile à grande vitesse, le passage aux accents surréalistes dans les rouages de la machine, l'appareil qui aide les ouvriers à manger, le repas stupéfiant en prison, la balade en patins à roulettes dans un grand magasin, la maison qui se casse de partout ou encore cette chanson finale, concession du cinéaste au parlant, qu'il contourne avec un vrai charabia. Autant de moments hilarants, d'une drôlerie universelle, auxquels il paraît impossible de rester insensible et vers lesquels on revient avec plaisir à tout âge pour rire et retrouver son âme d'enfant en même temps.

• Ce qui peut les inquiéter : Il y a le noir et blanc, synonyme de (très) vieux film, et l'absence de paroles couplée à la nécessité de devoir lire les différents cartons. Mais rien de vraiment inquiétant, surtout que Les Temps modernes n'a pas la dureté du Kid, ni le côté mélodramatique des Lumières de la ville, et reste l'un des Chaplin les plus accessibles sur la forme. Les plus jeunes pourront, en revanche, passer à côté du fond, puisque le long métrage, réalisé en 1935, dresse le portrait d'une Amérique encore meurtrie par la terrible crise économique et financière de 1929, tout autant qu'il critique le taylorisme, le fordisme et le standardisme qui s'incarnent dans les séquences de travail à la chaîne où les patrons, confortablement installés dans leurs bureaux, cherchent toujours à obtenir plus des ouvriers à qui ils imposent des gestes répétitifs jusqu'à la folie.

Quelques notions de l'Histoire des États-Unis, que l'on apprend généralement au collège, peuvent donc être nécessaires pour pleinement apprécier ces Temps modernes. De la même façon que connaître celle du cinéma se révèle être un plus pour mieux comprendre le contexte dans lequel le film a été produit et le fait que la présence de passages parlés (ou chantés) constitue une petite révolution dans l'œuvre de son auteur, qui a longtemps résisté aux évolutions techniques de l'époque, comme Charlot paraît ici incapable de se conformer à ce que le reste de la société attend de lui. En faisant cette concession sonore, le metteur en scène touche à l'essence de son art qu'il réinventera en grande partie quelques années plus tard, avec Le Dictateur et ses opus suivants. Toutes ces choses, vous pouvez les expliquer aux enfants qui découvriront ce chef-d'œuvre, comme pour leur donner envie d'y revenir quelques années plus tard, avec des connaissances supplémentaires qui leur permettront de mieux en saisir le fond.

• Ce qu'ils vont garder au fond d'eux : De grands éclats de rire et des images indélébiles qui pourraient ne pas les quitter alors que leur cinéphilie grandira, qui vont de Charlot sur les rouages à ce même vagabond qui marche vers l'horizon avec la gamine (Paulette Goddard), et disparaît ainsi de l'univers du cinéaste. Aussi engagé que drôle, Les Temps modernes s'oppose à la déshumanisation et l'exploitation des pauvres par les riches, tout autant qu'il véhicule de belles valeurs en démontrant qu'il n'est pas nécessaire de rentrer dans la norme pour être heureux : "Courage ! Il ne faut jamais désespérer. Nous nous débrouillerons !", se disent les deux personnages dans le final émouvant, comme pour appuyer le message d'acceptation de soi qui transparaît derrière ce sommet de burlesque qui mêle le gag pur et la satire mordante, et fait partie de ces classiques qui marquent une vie de spectateur et que l'on se plaît à faire découvrir. Ne serait-ce que pour le revoir.

Les Temps modernes est visible sur Netflix, et disponible sur OCS jusqu'au 30 juin.

La saga Scream sur Netflix : y'aura-t-il un cinquième film ?

Dernière réalisation de Wes Craven, Scream 4 est désormais disponible sur la plateforme Netflix qui dispose de la franchise complète et de la série dérivée sobrement appelée Scream. Le quatrième volet vient clore une franchise horrifique culte qui a relancé la popularité du slasher dans les années 1990. Si le décès de Wes Craven en 2015 a mis la saga en pause, il faut savoir qu’un cinquième volet est en préparation. La franchise sera donc dépoussiérée au cinéma après le succès très mitigé sur le petit écran de la série dérivée, qui avait même tenté le retour de Ghostface (avec la voix originale Roger L. Jackson) pour la troisième saison.

Le cinquième volet de Scream se fera sans ses créateurs culte, Wes Craven et Kevin Williamson, mais il n’a pas été remis entre les mains d’amateurs. Ce sont les américains Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, deux spécialistes du genre qui ont récemment réalisé le très réussi Wedding Nightmare, qui seront en charge de Scream 5, dont on ne sait pas encore s'il s'agit d'une suite ou d'un reboot. Pour l’instant, aucun visage connu de la franchise n’a été confirmé même s’il serait étonnant de ne pas voir un petit retour de la célèbre Sidney Prescott (Neve Campbell), de l'incorrigible Gale Weathers (Courteney Cox) ou du shérif Dewey (David Arquette), les trois étant présents dans les quatre premiers volets de la franchise.

Le Bureau des Légendes (Canal+) : comment Jacques Audiard a-t-il appréhendé la fin de la saison 5 ?

"La mise en scène de Jacques (Audiard) rentre dans l’écriture, ça vous sautera aux yeux !" Eric Rochant, showrunner du Bureau des légendes depuis ses débuts, ne tarit pas d'éloge lorsqu'il est question d'évoquer l'arrivée du cinéaste Palme d'or (pour Dheepan) et multi-Césarisé (notamment avec Un Prophète, et plus récemment Les Frères Sisters). Car c'est le "grand événement" de cette saison 5 du Bureau des légendes : la collaboration avec le réalisateur Jacques Audiard pour mettre en scène les deux derniers épisodes du Bureau, disponible le lundi 4 mai sur Canal+, mettant un point final dans le même temps à un cycle pour la série de Canal+.

"Sachant que c’était ma dernière saison comme showrunner -non pas comme producteur-, indique Eric Rochant, (...) je voulais finir en beauté. Le meilleur moyen de le faire, c’était de demander à Jacques, et de le finir en beauté, à sa manière. Ca s’est fait miraculeusement. La meilleure façon de terminer, c’est de jeter une nouvelle lumière. La 5ème saison s’y prête, c’est le bon moment d’éclairer différemment les choses." Et d'ajouter : "pour la première fois de ma vie, je vois deux épisodes du Bureau des légendes qui me surprennent. J’ai eu une émotion rélle en les regardant."

Comment Jacques Audiard a-t-il appréhendé ce projet, et en l'occurrence sa première série? "J’ai bien sûr eu très peur, à vrai dire, lance-t-il d'emblée. Mais avec Eric Rochant, on s’est rencontré sur une méprise: je pensais que je n’écrirai pas. Commencer l’écriture avec des axes qui existent très fortement, ça a été une expérience très intéressante. Il n'y avait aucun ego d’écriture."

On n'en dira pas plus sur la teneur de ces deux épisodes pour vous réserver la surprise. Mais comme nous l'indiquions précédemment, ces épisodes confirment cette volonté de se recentrer sur l'intimité des personnages. Selon Eric Rochant, l'apport de Jacques Audiard et de son fidèle scénariste Thomas Bidegain n'y sont pas étrangers. "Ma seule option (afin de se fondre dans l'écriture de la série, Ndlr.) était de me réfugier dans l’intimité des personnages, indique Jacques Audiard. Je n’avais pas d’autres solutions". Le cinéaste souligne la liberté qu'on lui a laissé au moment de prendre les clés de la série : "je n’y croyais pas quand Eric Rochant m’a dit : "Tu sais, tu es libre !" Là, j'entendais déjà les portes de la prison se refermer avec un grand gling. (rires) J’étais complètement libre, libre dans l’écriture et des destins du personnage." Et Thomas Bidegain de compléter : "on s’est beaucoup posé la question de ce qui n’a pas été fait (dans la série)".

Si Jacques Audiard reconnait au départ avoir peur du rythme de tournage, inévitablement plus soutenu que pour un long métrage, le cinéaste explique avoir passé beaucoup de temps de préparation avec le chef opérateur.  "Les acteurs étaient possesseurs de leur personnages. Ils en savaient beaucoup plus sur leur comportement que moi. Je n’ai pas eu de fustration, au contraire."

Eric Rochant, dont ce sera donc la dernière saison à l'écriture et en tant que showrunner, explique qu'il ne pensait pas "être capable de finir les choses bien". "Si j’avais terminé moi-même, il y aurait eu quelque chose de sentimental et ça aurait parlé de moi. Or, ça n’a pas de sens. Il fallait qu'il n’y ait rien de sentimental. C’est la fin d’une époque. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. Et de conclure : "on n'écrit pas de la même manière une série qui va continuer sur sa lancée. C’était une montagne que je ne pouvais pas gravir".

01 mai 2020

Candice Renoir : France 2 ne diffusera pas la suite de la saison 8

L’épidémie du Coronavirus continue à avoir des conséquences sur les grilles des chaînes qui voient leur programmes s’appauvrir de semaine en semaine. Candice Renoir ne fait pas exception à cette règle puisque la série, dont la saison 8 est en diffusion sur France 2 depuis le 17 avril, va s’interrompre à l’issu de l’épisode 4 de ce vendredi 1er mai. La série était d’ailleurs déjà passée à un inédit par semaine dès sa deuxième semaine de diffusion afin de retarder l’inévitable. Sur les 10 épisodes que contiennent cette huitième saison, seuls quatre auront donc été mis à l'antenne.

Quant à une date de reprise, la chaîne ne s’est pas encore prononcée et attend bien sûr la fin de l’épidémie qui pourra permettre à la post-production de reprendre. Vous pourrez donc voir (ou revoir) à partir du 8 mai des rediffusions de la saison 7.

Par ailleurs, Cécile Bois, l’actrice qui incarne Candice, a annoncé fin mars sur les réseaux sociaux qu’elle était elle-même atteinte du virus. Elle a depuis rassuré ses fans sur son état de santé qui s’améliore de jour en jour. 

Pour rappel, Candice Renoir est une des séries phares de France 2 et avait rassemblé pour la saison 7 en moyenne plus de 5 millions de téléspectateurs, de quoi en faire la 10ème série française la plus suivie dans l’hexagone.

La Famille Willoughby (Netflix) : un film d'animation pas comme les autres à partir de 6 ans

Quelques mois seulement après le remarqué Klaus, nommé aux Oscars, la plateforme Netflix dévoile un nouveau film d'animation particulièrement réussi : La Famille Willoughby. Pleine d'idées, rythmée, colorée, cette aventure très originale, adaptée du livre jeunesse de l'Américaine Lois Lowry, vous fera assurément passer un joli moment en famille.

La Famille Willoughby raconte l'histoire de quatre enfants qui mijotent un plan afin de se débarrasser définitivement de parents affreusement égoïstes qui les délaissent. Il y a un peu des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire dans l'air, mais le film de Kris Pearn (Tempête de boulettes géantes 2) et Cory Evans possède son style et son univers propre. Visuellement, c'est un plaisir de chaque instant : l'ombre de Tim Burton plane parfois au-dessus de ces péripéties et des Willougbhy, personnages au look étrange, avec notamment ce drôle de style capillaire à l'apparence laineuse. L'animation est de toute beauté et, c'est à saluer, l'ensemble est follement rythmé sans aller jusqu'à provoquer l'épuisement des rétines.

Certes, le point de départ de cette fable pas comme les autres n'est pas très gai, avec ces parents très méchants qui forcent leur progéniture à tout faire pour les faire disparaître, mais tout est traité avec une grande intelligence et les bambins apprendront à trouver leur chemin au court d'un voyage initiatique déjanté et gentiment irrévérencieux. Si on est tellement emballés par leur périple, c'est aussi que la fratrie est diablement attachante : dès qu'ils pointent leur petite frimousse à l'écran, impossible de ne pas se prendre d'affection pour Tim, Jane, Barnabé et Barnabé (oui, oui, les deux jumeaux rigolos ont exactement le même prénom).

La Famille Willoughby est donc une franche réussite qui saura séduire petits et grands. Enlevée et intelligente, légèrement subversive, cette oeuvre parvient à convoquer à la fois les esprit de Tim Burton et Roald Dahl tout en proposant une patte très personnelle. Un divertissement de grande qualité, impressionnant visuellement et où le rire est dôté de neurones, ce qui n'est pas un mince exploit. A noter une version originale délectable, l'irrésistible Ricky Gervais prêtant notamment sa voix au narrateur, représenté par un désopilant chat bleu.

Si tu savais sur Netflix : C'est quo ce film ?

Ce vendredi 1er mai débarque sur Netflix le teen drama Si tu savais... On y suit Ellie (Leah Lewis), une lycéenne brillante et solitaire qui va aider Paul (Daniel Diemer), un jeune sportif maladroit, à conquérir le coeur d'une élève populaire via une relation épistolaire. Une délicate affaire pour Ellie, qui développe des sentiments pour la jeune fille.

Si ce synopsis vous est familier, ce n'est pas un hasard. Le film assume l'influence de la pièce Cyrano de Bergerac, dans laquelle l'éloquent personnage éponyme rédigeait les lettres d'amour d'un ami pour l'aider à charmer sa dulcinée dont il était également amoureux. Tout comme une pièce, Si tu savais... est divisé en plusieurs actes, séparés par des citations de grands auteurs comme Oscar Wilde. Si on y retrouve des scènes de la pièce transposées dans l'époque actuelle, la trame de l'oeuvre d'Edmond Rostand ne sert que de prétexte pour une thématique plus profonde et universelle.

Dès les premières minutes, la voix d'Ellie prévient : ceci n'est pas une histoire d'amour. Si tous les codes du genre sont respectés - l'intello invisible, le sportif un peu simplet, la belle fille populaire - Si tu savais... se distingue de la majorité des drames pour adulescents en reléguant la romance au second plan. Il y est avant tout question d'identité et d'amitié. Le personnage principal représente l'adolescence dans ce qu'elle implique de questionnements sur soi-même, sa place dans le monde qui l'entoure et son avenir.

Et sa réalisatrice en sait quelque chose. Dans une interview pour Vanity Fair parue le 28 avril, Alice Wu revient sur la découverte de son homosexualité à l'université. Pour résumer, cette révélation lui est venue alors qu'elle exécutait un exercice de faux coming out pour un cours, cachée dans... un placard. Son expérience de lesbienne sino-américaine lui a notamment inspiré sa première réalisation, Saving Face, sortie en 2004. Dans Si tu savais..., la sexualité de l'héroïne n'est jamais évoquée frontalement, ce n'est pas un sujet de souffrance ou de conflit, ce qui tranche également avec la plupart des récits qui abordent ce sujet.

"L'important dans la vie c'est de connecter avec quelqu'un qui vous aide à devenir la personne que vous devez être" déclare la cinéaste dans la même interview. C'est pour cette raison qu'elle a mis un point d'honneur à traiter la relation entre Ellie et Paul sans superficialité. Une amitié capitale pour l'un comme pour l'autre et qui sauve définitivement Si tu savais... des poncifs de la romcom.

Les séries sur Netflix du 1er au 7 mai

Le vendredi 1er mai

Hollywood : Après The Politician, Ryan Murphy revient déjà avec sa nouvelle série qui suit un groupe d'acteurs et de cinéastes en herbe du Hollywood de l'après-Deuxième Guerre mondiale prêt à tout pour percer coûte que coûte.

Presque heureux : Sebastián, animateur radio de petite renommée, tente de trouver sa voie tout en gérant ses deux enfants et sa relation avec son ex-femme, dont il est toujours amoureux.

Into the Night : Netflix lance ce vendredi sa première série belge, adaptée du roman post-apocalyptique écrit par le Polonais Jacek Dukaj. Lorsque le soleil commence soudain à tout tuer sur son chemin, les passagers d'un vol de nuit en partance de Bruxelles tentent de survivre par tous les moyens.

Le mercredi 6 mai

Workin’ Moms : Mise en ligne de la saison 4.

Le jeudi 7 mai

Scissor Seven (animé) : Roi du déguisement armé d'une paire de ciseaux, Seven propose ses services de tueur à gages bon marché. Le problème, c'est qu'il a souvent du mal à terminer le travail.

Les nouveautés sur Disney+ du 1er au 7 mai

Nouveaux épisodes des séries originales :

High School Musical : La Comédie Musicale : La Série – épisode 7

Le Monde selon Jeff Goldblum – épisode 7 : Le vélo

Star Wars – The Clone Wars (saison 7) – épisode 11

The Mandalorian – chapitre 8 : Rédemption (final)

A vous chef ! – épisode 6

Journal d'une future présidente – épisode 7

Fourchette se pose des questions : C'est quoi un leader ?

Sous les feux de la rampe – épisode 7

Mariages de rêve (saison 2) – épisode 7

Projet Héros Marvel – épisode 7

Dimanche en famille – épisode 26

Une Journée à Disney – épisode 22

Souvenirs de tournage Disney – épisodes 1 à 8

Pixar en Vrai – épisode 7 : Monstres et Cie : L'énergie du rire

À partir du lundi 4 mai :

Star Wars – The Clone Wars (saison 7) – épisode 12 (final)

Les Making-of : The Mandalorian – épisode 1 : La mise en scène

Ajouts au catalogue :

The Disney Family Singalong – émission événement

La Fiancée de Boogedy

Marvel’s Runaways – saison 1

Car SOS – saisons 1 à 6 

Dingo Joue Au Baseball

Clochette et la Créature Légendaire

Mickey et ses amis : Top Départ ! – saisons 1 et 2

Les Histoires Toc-Toc De Tic & Tac

À partir du lundi 4 mai :

Star Wars Resistance – saison 2

Dune sur Netflix : retour sur le film maudit et renié de David Lynch

En cette période de confinement collectif dû au Covid-19, le réalisateur David Lynch racontait il y a quelques jours encore sa routine quotidienne auprès du Hollywood Reporter. Evoquant les premières photos dévoilées du nouveau film Dune que prépare Denis Villeneuve, le journaliste du HR, Seth Abramovitch, lui demande ce qu'il en pense. "Ca ne m'intéresse absolument pas !" lâchait le cinéaste. Et d'enfoncer le clou : "parce que ca été une grande douleur. C'était un échec et je n'avais pas le final cut. J'ai déjà raconté ça un milliard de fois ! Ca n'était pas le film que je voulais faire. J'aime beaucoup certaines parties, mais globalement ca été un échec personnel total". 36 ans après la sortie de son film maudit et qu'il a largement renié depuis, la plaie reste visiblement encore à vif…

Ce devait être sans doute un, sinon LE film de Science-Fiction le plus ambitieux jamais réalisé dans l'Histoire du cinéma. Trop ambitieux très certainement. "Je voulais faire un film qui donnerait aux gens qui prenaient du LSD à cette époque les hallucinations qu'on a avec la drogue, mais sans hallucination. Je ne voulais pas qu'ils prennent du LSD, je voulais fabriquer les effets de la drogue et changer la mentalité du public. Je voulais créer un prophète, pour changer les jeunes esprits dans le monde entier. Pour moi, Dune serait l'arrivée d'un dieu. Un dieu artistique et cinématographique. Il ne s'agissait pas de faire juste un film. Je voulais créer un objet sacré, libre, ouvrant de nouvelles perspectives." explique avec une incroyable et émouvante sincérité le grand Jodorowsky, dans l'extraordinaire documentaire Jodorowsky's Dune, justement consacré à cette entreprise maudite.

En 1975, le producteur français Michel Seydoux propose ainsi à Alejandro Jodorowsky une adaptation très ambitieuse du roman culte de SF Dune au cinéma. Ce dernier, déjà réalisateur des films cultes El Topo et La Montagne sacrée, accepte. Il dresse alors une liste de talents -qu'il appelle d'ailleurs ses "guerriers"- qui ressemble surtout à un véritable Who's Who de collaborations artistiques à donner le tournis. Jean Giraud (Moebius), Dan O'Bannon, le futur scénariste d'Alien, Hans-Ruedi Giger, le futur créateur d'Alien, et Chris Foss, pour commencer. Des noms qui vont être de toutes les (grandes) aventures cinématographiques de SF des années 70-80 : Star Wars, Alien, Blade Runner... Le casting réunit quant à lui Mick Jagger, Orson Welles, Salvador Dali, David Carradine ou Amanda Lear, mais également le jeune fils du cinéaste, Brontis Jodorowsky. Pink Floyd et Magma acceptent de signer la musique du film.

Le producteur et Jodorowsky réunissent alors tous les Artworks, dessins préparatoires, scripts et storyboard dans une colossale Bible du projet, et donnée à toutes les Majors, afin de les convaincre de lâcher les 5 millions de dollars nécessaires pour boucler le budget du film, sur une enveloppe globale de 15 millions. Si les studios louent le caractère incontestablement novateur de ce projet, pas un ne souhaite pourtant mettre la main au porte-monnaie. La raison ? Michel Seydoux la donne lapidairement dans le film : aux yeux des Majors, "tout était génial... Sauf le metteur en scène" qui leur faisait peur, car sans doute incontrôlable.

Par leur refus, les studios ont finalement tué le projet. Ironiquement, il fut récupéré par Raffaella De Laurentiis, la fille du fameux producteur Dino De Laurentiis. L'adaptation fut ainsi d'abord confiée à Ridley Scott en 1980 mais lorsqu'il a appris le décès de son frère aîné, le réalisateur a demandé à avoir un film à tourner dans l'immédiat afin d'oublier sa tristesse. Scott s'est finalement désisté pour s'engager sur la réalisation de Blade Runner. Laurentiis s'est alors tourné vers David Lynch. Elle avait été d'ailleurs très impressionnée par Elephant Man. Lynch, qui venait de refuser Le Retour du Jedi, s'enthousiasme de la proposition de De Laurentiis qui lui assure la production de son film suivant, Blue Velvet. Le réalisateur, âgé alors de 36 ans, se voit confier un budget de 45 millions de dollars. Une grosse somme. Avec l'aide d'Eric Bergren et Christopher De Vore, il se lance dans l'écriture de Dune mais insatisfait des différentes versions, il décide de finaliser seul le scénario. Il réunit devant la caméra un casting composé de José Ferrer (Lawrence d'Arabie), Jürgen Prochnow (Das Boot), Patrick Stewart, Max von Sydow, Sean Young, le chanteur Sting et Kyle MacLachlan qui fait ses débuts à l'écran. La musique est quant à elle confiée au groupe Toto.

L'équipe s'installe au Mexique, où le tournage, éprouvant, durera un an. Un millier de personnes est confronté aux maladies, aux authentiques tempêtes de sable, à la chaleur et aux autorités locales corrompues. Pour ne rien arranger, le studio est partagé avec l'équipe de Conan le Destructeur de Richard Fleischer, autre production de De Laurentiis qui se tourne au même moment pour réduire les coûts.

Le premier montage que livre Lynch fait 4h; mais celle qui obtient ses faveurs dure près de 3h. C'est encore trop pour les producteurs, qui souhaitent raboter le montage pour le ramener à une durée plus conventionnelle; soit environ 2h. De Laurentiis père et fille procèdent donc à de nombreuses coupes, retournent même quelques scènes pour simplifier l'histoire, et ajoutent la voix off de Virginia Madsen, notamment pour ouvrir le film.

Malgré une importante campagne publicitaire mettant en avant à la fois les noms de Frank Herbert, David Lynch et Sting, Dune est un échec public et critique cuisant à sa sortie aux Etats-Unis en 1984. Si l'accueil est plus chaleureux en Europe et au Japon, le film ne rentre pas dans ses frais et la suite, sur laquelle Lynch planchait déjà, est immédiatement annulée. Il ne rapporta qu'une trentaine de millions de dollars au Box Office mondial. Autant dire une gifle cinglante...

En 1988, Dune est diffusé à la télévision américaine sous le format d'une mini-série de deux épisodes d'1h30 chacun (une version de 3h et d'une traite a d'ailleurs été disponible en DVD zone 1). Une version que David Lynch a logiquement renié, exigeant que son nom soit retiré du générique et remplacé par les noms d'Alan Smithee au poste de réalisateur et de Judas Booth à celui de scénariste (Judas pour l'apôtre de Jésus et Booth pour l'assassin d'Abraham Lincoln). Nous avions d'ailleurs largement évoqué dans un précédent papier l'histoire de ce fameux pseudonyme.

"J’aime à dire que mes films sont mes enfants et qu’il est hors de question que je les mette en rang pour choisir celui que je préfère. Je peux vous dire en revanche que l’un d’eux me cause beaucoup de souci : Dune" lâchait le cinéaste aux Inrocks dans une interview en octobre 2011. Un sentiment qui reste inchangé, malgré le poids des années...

Runaways : c'est quoi cette série Marvel à voir sur Disney+ ?

Incontournable pour les fans, grand mystère pour les autres, Marvel's Runaways est l'adaptation en série et en live des comics Les Fugitifs, créée par Brian K. Vaughan et Adrian Alphona dont la publication a démarré en 2003 chez Marvel Comics. Malgré de belles critiques, cette dernière n'a malheureusement pas réalisé un assez grand succès en librairies. Annulée puis relancée en 2005, Les Fugitifs ont fini par achever définitivement leur course sur papier en 2009. 

En 2008 déjà, Marvel avait aperçu le potentiel live de cet univers en lançant un projet de film avec Vaughan à l'écriture et Kevin Feige à la production. Mais, en octobre 2010, le studio avait finalement dévolu ses ressources et son temps, sans grande surprise, aux Avengers. Le succès confirmé, le projet Runaways avait de nouveau été relégué à une date ultérieure.

Finalement, c'est bel et bien la télévision qui a fini par reprendre l'univers à son compte avec, aux manettes, deux spécialistes, Josh Schwartz et Stephanie Savage, partenaires de création et d'écriture qui ont travaillé ensemble sur Newport Beach, The Carrie Diaries mais aussi Gossip Girl. Et ça tombe bien puisque…

Papa de Newport Beach et de Chuck, Josh Schwartz est un créateur qui maîtrise très bien l'univers de l'adolescence, notamment la découverte - parfois terrible - qu'ont les enfants du véritable visage de leurs parents. Mais, ce n'est pas tout. Schwartz sait aussi faire de l'action, écrire pour les outsiders, tout en dosant ses recettes avec de l'humour. Une combinaison parfaite pour Runaways.

Car Runaways représente, pour Marvel, une première tentative d'exploration de l'adolescence à la télévision après Spider-Man Homecoming au cinéma. Runaways raconte en effet comment six adolescents découvrent, à l'occasion d'un dîner - soit-disant de charité -  auxquels leurs parents les traînent tous les ans, que leurs géniteurs ne sont pas aussi ennuyeux que ce qu'ils semblaient être. Pire, ils sont tout bonnement membres d'une société secrète, appelée le Cercle. Les enfants découvrent la vérité lorsqu'ils assistent à une scène terrible où leurs parents sacrifient une jeune fille pour leur cause, qui a pour but ultime la destruction de l'humanité. Choqués par cette révélation, les six ados fuguent. 

Puisque leurs parents sont des super-vilains, ils décident alors de les combattre ensemble et finissent eux-même par se découvrir des super-pouvoirs, très différents les uns des autres et en lien avec ceux de leurs parents. Mais, mis à part l'action et les super-pouvoirs, l'intérêt du show réside aussi dans ses personnages. Alex, Nico, Karolina, Chase, Gert et sa soeur adoptive Molly ont en effet déjà une histoire commune. Plus jeunes, ils formaient un groupe inséparable mais leurs chemins se sont séparés juste après la mort d'Amy, la soeur de Nico, qui a eu lieu un an auparavant…

Pour interpréter tous ces personnages, la production a fait appel à de jeunes talents mais aussi à des vétérans de la télévision. Du côté des Fugitifs, le nerd et leader, Alex, est campé par Rhenzy Feliz et la sorcière Nico par Lyrica Okano. Capable de maîtriser l'énergie solaire, le personnage de Karolina est interprété par Virginia Gardner tandis que Chase, qui possède des gants de feu, est joué par Gregg Sulkin. Gertrude, de son côté, a un lien très fort avec Dentelle, un dinosaure génétiquement modifié, et est incarnée par Ariela Barer tandis que Molly, la petite dernière du groupe qui possède une force surhumaine, est jouée à l'écran par Allegra Acosta.

Pour incarner les parents du show, les méchants de l'histoire, les téléspectateurs auront le plaisir de revoir des visages qu'ils connaissent bien. James Marsters (Buffy) interprète ainsi le père de Chase et Ever Carradine, sa mère. Annie Wersching, que les fans de 24 connaissent bien, joue la mère de Karolina. De son côté, Kevin Weisman, le génie de l'informatique d'Alias et son air toujours innocent, a été choisi pour interpréter le père de Gertrude, Brigid Brannagh d'American Wives campant la mère de cette dernière. Tous deux sont aussi les parents adoptifs de Molly. Brittany Ishibashi (l'une des Ghostfacers de Supernatural !) et James Yaegashi sont, eux, les parents de Nico. Pour finir, Ryan Sands, l'un des flics secondaires de The Wire, et Angel Parker interprètent les parents d'Alex. Quant à Julian McMahon, il fait également partie de la distribution dans le rôle de Jonah.

Les Runaways vous attendent sur Disney+ à partir du 1er mai.