01 mars 2026

Paramount devrait racheter Warner avant la fin de l’été

Paramount a mis 110 milliards de dollars sur la table. Et plus encore.

Pour être sûr de boucler au plus vite le rachat de Warner Bros. Discovery, le groupe est visiblement prêt à prendre de très gros risques financiers.

Paramount Skydance s’est fixé un objectif ambitieux : conclure le deal avant la fin de l'été. Plus exactement, d'ici la fin du troisième trimestre 2026, autrement dit avant que l’été ne s’achève.

Dans un communiqué publié vendredi, David Ellison, président et PDG de Paramount Skydance, a déclaré : "Depuis le tout début, notre poursuite de Warner Bros. Discovery a été guidée par un objectif clair : honorer l’héritage de deux entreprises emblématiques tout en accélérant notre vision de construire une société de médias et de divertissement de nouvelle génération. En réunissant ces studios de classe mondiale, nos plateformes de streaming complémentaires et les talents extraordinaires qui les soutiennent, nous créerons encore plus de valeur pour les publics, les partenaires et les actionnaires et nous ne pourrions pas être plus enthousiastes pour ce qui nous attend."

Pourquoi aller vite ?

Parce que pour arracher Warner, Paramount a dû aller rallonger sa mise. Quand Warner a choisi de casser son accord précédent avec Netflix, une clause contractuelle prévoyait une indemnité de rupture colossale : 2,8 milliards de dollars d'indemnités pour le géant du streaming. Et qui a payé la note ? C’est Paramount qui a accepté de régler l’addition pour Warner dans le cadre de son deal. Un geste qui en dit long sur la détermination de David Ellison : Warner devait tomber dans son escarcelle, quoi qu’il en coûte.

Et la pression ne s’arrête pas là.

L’accord signé prévoit aussi que si la transaction n’est pas finalisée d’ici fin septembre 2026, des frais supplémentaires commenceront à s’accumuler. Une “ticking fee” dans le jargon financier. En clair, chaque mois de retard risque de faire augmenter le prix de vente final.

Dans les coulisses, cela signifie que les validations réglementaires devront avancer vite, que les autorités administratives ne s'opposeront pas au projet et que les actionnaires suivront afin que le financement soit verrouillé sans faux pas. Le pari est risqué. Paramount n’absorbe pas un acteur secondaire : il rachète un groupe plus gros que lui, déjà lesté d’une dette héritée de la fusion avec Discovery. L’intégration nécessitera des milliards d’économies et une discipline financière de fer.

Astro Boy bientôt adapté en live-action

Le célèbre manga Astro, le petit robot, créé par Osamu Tezuka dans les années 1950, va connaître une nouvelle vie au cinéma.

Jason Reitman, réalisateur de Juno ou plus récemment de Ghostbusters: Afterlife, qui a ressuscité la saga SOS Fantômes au cinéma, s’associe à Gil Kenan pour développer un film live-action Astro Boy destiné à toute la famille.

Le projet pour Sony Pictures est encore en phase de développement précoce, précise l'insider Jeff Sneider de The InSneider.

Aucun réalisateur n’a été officiellement confirmé pour le moment. Reitman pourrait finir par diriger le film, mais pour l’instant le studio recherche des scénaristes capables de transformer l’univers d’Astro Boy en un long-métrage accessible à un large public.

Rappelons qu'Astro Boy a déjà connu plusieurs adaptations, dont le film d’animation sorti en 2009 par Imagi Animation Studios et Summit Entertainment, avec les voix de Freddie Highmore et Nicolas Cage.

Aucun calendrier de production ni date de sortie n’a encore été annoncé.

Dave Grohl et les Foo Fighters sont loin d’avoir fait le deuil de Taylor Hawkins

Dave Grohl s’est récemment confié sur la difficulté de poursuivre l’aventure Foo Fighters après la mort de Taylor Hawkins. Dans une interview accordée à Zane Lowe pour Apple Music, le leader du groupe a évoqué pour la première fois en détail les coulisses du remplacement de leur batteur emblématique, décédé brutalement en mars 2022 à l’âge de 50 ans.

« Continuer après Taylor a été vraiment compliqué, pas seulement pour nous, mais pour n’importe quel batteur qui viendra enfiler ses bottes », a déclaré dans l’émission le leader des Foo Fighters.

« Au-delà d’être un batteur incroyable, c’était un être humain incroyable. C’était notre frère, notre meilleur ami », a-t-il ajouté. « On se réveille le matin et tout le monde s’envoie des textos pour dire combien il nous manque. Le monde n’est plus le même sans lui, mais on le sent encore très présent. »

Cette interview était aussi l’occasion d’annoncer Your Favorite Toy, le douzième album des Foo Fighters dont la sortie est attendue le 24 avril prochain.

Dave Grohl est aussi revenu sur le départ du batteur Josh Freese en 2025, remplacé par Ilan Rubin (ex-Nine Inch Nails). « Josh a dit lui-même que notre musique ne résonnait pas vraiment en lui, et c’est important », a expliqué celui qui, rappelons-le, reste d’abord et avant tout l’inoubliable batteur de Nirvana.

X : Cardi B refuse d’être mêlée au scandale des bots de Nicki Minaj

Cardi B a été entraînée malgré elle dans le scandale des bots de Nicki Minaj. Un proche de Donald Trump, Alex Bruesewitz, a suggéré sur X que la rappeuse de Bodak Yellow serait liée à Cyabra, une société israélienne qui vient de publier une étude affirmant qu’environ 33 % des comptes ayant interagi avec les posts politiques publiés par Nicki Minaj sur X l’automne dernier étaient probablement faux.

Ce rapport, relayé par Politico, décrit une armée coordonnée de plus de 18.000 profils pro‑MAGA ayant amplifié les prises de position conservatrices de Nicki Minaj. Comme on pouvait s’y attendre, Cardi B n’a pas tardé à sortir les griffes !

« Tu m’as impliquée dans quelque chose qui n’a rien à voir avec moi, donc on va parler des faits », a‑t‑elle écrit à l’intention d’Alex Bruesewitz, avant de le menacer de poursuites, pour enfin le traiter de « sale chien mouillé ». Dans le même tweet, Cardi B assure n’avoir « rien à voir » avec l’étude en question et rappelle que Cyabra travaille avec de nombreux clients, investisseurs, marques grand public et autres responsables politiques sans qu’elle ne contrôle les placements de ses agents.

Cardi B, qui est en guerre ouverte avec Nicki Minaj depuis des années, refuse d’être utilisée pour alimenter les théories complotistes autour de ce rapport. Elle dénonce des accusations « diffamatoires » et rappelle qu’elle a déjà poursuivi en justice des personnes ayant porté atteinte à sa réputation. Surtout, elle insiste sur un point : qu’on la laisse en dehors des querelles entre « Barbz », pro‑Trump et autres chasseurs de bots !

Madonna invitée surprise au défilé femme Dolce et Gabbana

Une invitée surprise, arrivée avec trois quarts d’heure de retard. Madonna a assisté samedi, à Milan, au défilé femme Dolce & Gabbana automne et hiver 2026-2027.

Elle a rejoint sa place à côté de la papesse de la mode Anna Wintour, vêtue d’une courte robe noire façon corset sous une veste noire, de lunettes sombres et de gants turquoise.

Madonna, qui collabore avec D & G depuis les années 1990, est la vedette de la campagne de la marque pour son parfum « The One », au côté de l’acteur Alberto Guerra, lui aussi présent au défilé.

La dernière collection du duo de créateurs s’inspire de l’idée d’identité, selon la note de présentation du show, et se construit autour de « la Sicile comme émotion, le noir comme force, la dentelle comme intimité, la couture comme autorité ».

Des pans croisés à double boutonnage apparaissaient sur des manteaux noirs très structurés, inspirés du vestiaire masculin, des trenchs et des costumes à rayures, mais placés dans le dos du vêtement.

Les créateurs ont largement misé sur la dentelle noire et l’organza de soie transparente, laissant entrevoir généreusement la peau malgré des jupes coupées au niveau des mollets, parfois à ourlets flous.

Une atmosphère lingerie imprégnait la collection, qu’il s’agisse de robes mini à manches longues, de jupes fluides, de tops transparents ou de bralettes portées sous d’autres silhouettes en dentelle.

John Davidson est « mortifié » après sa crise de Tourette lors de la cérémonie des BAFTA à Londres

John Davidson, militant écossais atteint du syndrome de la Tourette, s’est dit « profondément mortifié » face aux retombées de ses crises involontaires lors de la cérémonie des BAFTA cette année. Invité en tant que producteur exécutif de I Swear, un film inspiré de sa propre vie et nommé dans cinq catégories, John Davidson a été entendu en train de prononcer des obscénités à plusieurs reprises durant la remise de prix, notamment des insultes racistes au moment où les acteurs Michael B. Jordan et Delroy Lindo étaient sur scène pour remettre un trophée.

John Davidson a ensuite choisi de quitter la salle, conscient de la gêne causée par ses tics, alors que le comédien qui l’incarne à l’écran, Robert Aramayo, a été sacré meilleure acteur de l’année.

Dans un communiqué relayé par Variety, il a tenu à rappeler que ses tics vocaux sont totalement involontaires et « ne reflètent en rien ses convictions personnelles ». Il a salué l’annonce faite au public avant la cérémonie par le présentateur Alan Cumming, qui avait prévenu l’audience de sa condition. « J’ai été touché par les applaudissements qui ont suivi et je me suis senti accueilli et compris », a-t-il précisé.

Les BAFTA et la BBC ont présenté des excuses, cette dernière étant critiquée pour avoir laissé la séquence contenant les insultes racistes accessible en ligne pendant quinze heures avant de la retirer. Le film I Swear (« je jure », en français, mais traduit pour l’affiche en VF par Plus fort que moi), qui sort en France le 1er avril, a néanmoins remporté deux prix lors de la soirée.

John Davidson, décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique pour son engagement en faveur de la sensibilisation au syndrome de la Tourette, a réaffirmé sa mission : « J’ai passé ma vie à promouvoir l’empathie et la compréhension, et je continuerai ».

Le soir où Liza Minnelli s’est presque fait éjecter de scène par sa mère Judy Garland

La reine de Broadway Liza Minnelli raconte dans ses mémoires que sa mère Judy Garland a voulu la faire éjecter de la scène lors de leur premier duo au London Palladium en 1965. Dans son autobiographie à paraître, Kids, Wait Till You Hear This !, dont People publie les bonnes feuilles, la star de Cabaret, qui avait alors tout juste 18 ans, décrit la manière dont la fierté maternelle s’était muée en jalousie d’artiste au fil de sa prestation.

« Après ma première chanson, je l’ai entendue crier : "Super, mon bébé ! Vas-y !" Après la deuxième, un autre "Super !", mais moins fort. À la troisième chanson, disons simplement qu’elle perdait en enthousiasme », se souvient Liza Minnelli.

Puis la situation a basculé : « Je l’ai entendue murmurer à notre producteur Harold Davison : "Harold, vire-la moi de cette foutue scène !" Alors j’ai continué à chanter sous les applaudissements pendant que Mama fulminait. »

Pour Liza Minnelli, cet instant a marqué un tournant. « J’avais commencé la soirée en étant la fille de ma mère. J’étais désormais sur scène avec Judy Garland », écrit-elle plus loin.

La star de 79 ans revient également dans ses mémoires sur son rôle d’aide-soignante auprès de sa mère dès l’adolescence, rappelant les nuits passées à appeler des médecins pour renouveler des ordonnances. Tout en devenant très jeune une icône du 7e art avec Le Magicien d’Oz (1939), Judy Garland a traversé beaucoup de drames personnels et est décédée d’une overdose accidentelle en 1969, à l’âge de 47 ans.

Halle Berry ne simule plus aucun orgasme et fait passer son plaisir « en premier »

 Il y a belle lurette que Halle Berry ne simule plus aucun orgasme et elle aimerait que toutes les femmes en fassent autant. En effet, pour l’actrice de 59 ans, il est grand temps que les femmes cessent de faire passer le plaisir masculin avant le leur, comme elle l’a souligné au micro du podcast Sex With Emily.

« Il fallait en arriver là pour qu’il se sente bien de nous avoir fait jouir. Il fallait dire qu’on y était arrivées pour qu’il se sente bien. Mais ça fait quoi ? Ça met ses besoins avant les nôtres », a-t-elle expliqué à l’animatrice Emily Morse.

« Je jouis en premier, comme lui jouit en premier pour lui-même. On mérite tous les deux une expérience mutuellement agréable, où on peut se retourner et s’endormir parce qu’on se sent bien », ajoute-t-elle. « Pas un qui ronfle et l’autre qui fixe le plafond en se demandant "Mais qu’est-ce que je fous là ?" »

Récemment fiancée au musicien Van Hunt après six ans de relation, Halle Berry assure avoir enfin trouvé l’équilibre dans sa vie amoureuse, après trois divorces et un célibat volontaire de quatre ans. « C’est la première fois de ma vie que je suis tombée follement amoureuse avant d’avoir couché avec quelqu’un », avait-elle confié à Marie Claire en 2024.

1 chance sur 2 : il y a 28 ans, ce film d'action réunissant Alain Delon et Jean-Paul Belmondo a été un échec retentissant au box-office

Sortie en 1998, Une chance sur deux a été la dernière collaboration à l’écran des deux géants Jean-Paul Belmondo et Alain Delon. Pourtant, pour le réalisateur Patrice Leconte, ce film reste un souvenir doux-amer  : “C’était une fausse bonne idée à laquelle j’ai cru.” En effet, la comédie d’action n’a pas trouvé son public, marquant un véritable échec au box-office et le chant du cygne du duo mythique.

Comme l’a rappelé BFMTV, tout débute en 1994, lorsque le producteur Christian Fechner contacte Patrice Leconte. Après leurs succès des années 1980, notamment Les Spécialistes, Fechner souhaite reformer le duo Belmondo-Delon, absent du grand écran depuis Borsalino (1970). “C’est un film de producteur”, précise Hervé Truffaut, collaborateur historique de Fechner.

Leconte accepte et le scénario initial, confié à Bruno Tardon, est rapidement remanié par le réalisateur et Fechner : “Il nous a proposé une histoire qu’on a trouvée pas mal, mais on pensait qu’on pouvait trouver mieux. Le scénario original était très différent de ce qu’est devenu le film.” L’intrigue suit Alice, une jeune délinquante, qui part sur la Côte d’Azur pour découvrir lequel des deux hommes que sa mère a aimés est son père, rappelant quelque peu Les Compères (1983) de Francis Veber.

Patrice Leconte se souvient d’ailleurs : “Quand tout a été terminé, j’ai reçu un coup de fil de Francis Veber qui m’a dit : ‘Vous savez, je ne vous fais pas un procès, mais je voulais juste vous demander si vous aviez pensé à mon film Les Compères quand vous avez écrit votre film?’. Très sincèrement, on n’y avait jamais pensé.”

Belmondo et Delon, attachés à la qualité du scénario, font confiance à Leconte. Le premier avait apprécié Les Spécialistes, et le second avait adoré Ridicule, qu’il considérait “comme un petit chef-d’œuvre”. Avec Patrick Dewolf, Leconte peaufine les dialogues, plaçant les deux icônes en rivaux, avec une touche d’autodérision : “On voulait que ce soit moderne, drôle, qu’il y ait une part d’autodérision, que ce ne soit pas un film mâchoires serrées, maxillaires immobiles : que ce soit un film léger.”

Les stars, rassurées, se montrent collaboratives : “Pas un mot de dialogue n’a été rajouté. Ils n’ont fait aucune remarque. Je n’ai reçu ni critique ni contestation pour le scénario. Ça leur a plu. On a tourné.” Leconte ajoute quelques clins d’œil, comme celui à Borsalino, sur fond de musique de Claude Bolling.

Pour incarner Alice, c’est Vanessa Paradis qui est choisie : “Ça me plaisait qu’il y ait une autre génération. Avoir une personne acidulée comme Vanessa entre eux, je trouvais ça précieux et intéressant pour l’imagination.” Les stars bénéficient d’un traitement luxueux  : garde du corps, chauffeur, maquilleuse et coiffeur. Le tournage se déroule sous haute sécurité, notamment pour protéger la discothèque du Grisy Apples, première scène filmée.

Le budget, estimé à 150 millions de francs (33 millions d’euros), permet au réalisateur de viser “une lumière de film américain”, a confié le chef opérateur Steven Poster. Sur la Côte d’Azur, Belmondo et Delon, complices mais en légère compétition, prennent Paradis sous leur aile : “C’était deux vieux galopins contents de faire du cinéma ensemble”, raconte Leconte.

Jean-Paul Belmondo, fidèle à sa réputation, réalise lui-même de nombreuses cascades, y compris suspendu à un hélicoptère : “C’est la dernière fois de ma vie que je fais ça, alors laissez-moi y aller !” Alain Delon, plus distant, se déplace en hélicoptère et s’isole parfois dans sa caravane. Le tournage dure dix semaines, ponctué de scènes légères, comme celle où les deux héros dévorent des Big Mac chez McDonald’s.

La sortie, le 25 mars 1998, bénéficie d’une campagne massive : “Fechner pensait vraiment que ce film serait comme un bulldozer.” Mais les critiques sont mitigées. Le Figaro loue “l’élégance” de cet “hommage ludique et courtois au cinéma populaire”, tandis que Le Monde juge qu’il “ressemble à un spectacle de vieux clowns pétomanes”. Les spectateurs boudent le film : seulement 16 682 entrées à Paris le premier jour, et une première semaine totalisant 430 015 spectateurs.

Au final, le film atteindra 1 056 810 entrées, très loin du seuil de rentabilité. Leconte confiera : “J’ai eu le sentiment d’une gifle monumentale. Quand vous battez le tambour, et qu’à l’arrivée personne ne vient, vous avez l’air d’un con.”

Ce flop marque la fin de la carrière cinématographique du duo. Jean-Paul Belmondo, décédé en 2001, réduira ses apparitions à l’écran, tandis qu’Alain Delon, décédé en 2024, annoncera vouloir se retirer : “Je crois que j’ai tout dit au cinéma. Je n’ai plus envie de dire des choses.” Patrice Leconte, lui, rebondira rapidement avec La fille sur le pont, qui connaîtra un joli succès.

Quand La Vie est belle de Frank Capra était dans le viseur du FBI

Totem cinématographique de Noël depuis des décennies diffusé chaque année ou presque aux Etats-Unis, La Vie est belle de Frank Capra est sans doute l'oeuvre qui incarne et célèbre le plus cet esprit de Noël, au point de figurer d'ailleurs parmi les films préférés des Américains. En 1990, le film fit d'ailleurs son entrée au sein de la prestigieuse Bibliothèque du Congrès américain, eut égard à sa place patrimoniale.

"Je pense que c'est probablement le film le plus fort que j'ai réalisé", avait déclaré Capra à un journaliste de la BBC. "Je pense que c'est mon film préféré, car il résume tout ce que j'ai essayé de dire dans tous mes autres films". Dans une bien cruelle ironie pourtant, le film fut un désastre financier absolu, au point d'emporter sa société de production.

De manière étrange, le film passa sous le radar du... FBI. Un agent non identifié du bureau, qui avait vu le film, trouva dans l'oeuvre un "courant sous-jacent malveillant", dans une note écrite (et consultable ici), décortiqué par un universitaire, John A. Noakes.

Le FBI, alors sous la coupe de son tout puissant patron Edgar J. Hoover, faisait la chasse aux infiltrations, réelles ou supposées, d'idéaux communistes au sein de l'industrie du cinéma, depuis le mois d'août 1942. Et qui durera seize années...

Une analyse plus approfondie a conclu que "les responsables de la réalisation du film La Vie est belle ont utilisé deux astuces couramment employées par les communistes pour introduire de la propagande dans le film".

Ces "astuces" consistaient apparemment à dénigrer "les valeurs ou les institutions jugées particulièrement américaines", incarné à l'écran par le banquier sans scrupule, M. Potter. Et à glorifier "les valeurs ou les institutions jugées particulièrement anti-américaines ou pro-communistes", mises en exergue, selon le rapport du FBI, par le contexte de dépression économique utilisé dans le film, ainsi que la crise existentielle traversée par le héros incarné par James Stewart.

En lieu de quoi le FBI considérait tout ceci comme une "tentative subtile d'amplifier les problèmes de ce qu'on appelle "l'homme ordinaire" dans la société". L'agence nota qu'au moins un critique estimait que le film "dénigrait délibérément" la classe supérieure et "tentait de montrer que les personnes riches étaient des personnages méchants et méprisables".

En pleine Guerre Froide, la peur rouge, dans un climat paranoïaque, tournait à plein régime. Elle atteindra son point culminant durant la période du Maccarthysme. Etrangement, malgré ces observations du FBI, la sinistre Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants (connue sous l'acronyme HUAC), qui faisait la chasse aux sorcières à Hollywood, fit le choix de ne pas convoquer les scénaristes et le réalisateur du film. La Vie est belle a ainsi continué à être projeté sans entrave.