03 août 2025

Cette fan a été victime d'une arnaque : il se faisait passer pour Leonardo DiCaprio

Victime d'une arnaque, cette fan néerlandaise de DiCaprio a subi un naufrage personnel digne du Titanic. Âgée de 45 ans, l'infortunée raconte avoir été contactée par l'acteur hollywoodien sur Internet. Bien qu'elle ne soit pas spécialement fan de l'acteur des Infiltrés, la star la séduit au cours d'échanges où il la séduit par une cour assidue de plus en plus intime. Au fil des messages, il lui révèle être malheureux en couple avec sa compagne de l'époque, la mannequin Camila Morrone, qu'il accuse de maltraitance, tout en lui promettant un travail au sein de la Leonardo DiCaprio Foundation, ainsi que des trajets en jet. Un vrai prince charmant...Quoique.

La jeune femme se voit demander de l’argent pour financer des cartes-cadeaux à destination d'orphelins au Nigeria. L'habitante de Rotterdam finit par lui envoyer ainsi 5000€...Soit la totalité de ses économies. Obsédée par cette relation épistolaire, la victime finit par s'isoler et ne plus voir ses proches : une conséquence caractéristique du "love bombing", cette technique de prédation consistant à bombarder une personne vulnérable de preuves d'amour pour mieux la contrôler. Quand elle réalise qu'elle a affaire à un escroc, le choc est terrible : "J’ai même envoyé deux nudes qu’il a ensuite menacé de diffuser", a révélé celle qui a appris que ses données personnelles étaient désormais en vente sur le dark web.

Comme dans l'affaire d'Anne et son idylle avec Brad Pitt qui lui a coûté une fortune et sa réputation, Caroline Van Eck a subi la double peine. Traitée de demeurée et de folle, elle a eu le courage de rendre son histoire publique son histoire pour alerter d’autres victimes potentielles.

Clint Eastwood a imposé sa loi sur Dans la ligne de mire

En 1993, après le triomphe retentissant d’Impitoyable qui lui avait valu plusieurs Oscars majeurs, Clint Eastwood s’est lancé dans un projet radicalement différent, bien qu’en gardant cette touche sombre qui le caractérise : Dans la ligne de mire. Le thriller signé Wolfgang Petersen a connu un énorme succès, en grande partie grâce à la détermination d’Eastwood à préserver la conclusion telle qu’elle avait été pensée au départ.

Dans ce film, Clint Eastwood incarne Frank Horrigan, un agent secret américain proche de la retraite, hanté par le fait qu’il n’ait pas pu sauver John F. Kennedy en 1963. Trente ans plus tard, il se voit confier la mission de protéger le président en exercice lors de sa campagne de réélection.

Derrière les coulisses, le tournage n’a pas été sans tensions. Le studio Columbia voulait absolument que la fin soit modifiée pour intégrer une scène finale spectaculaire, avec une explosion qui n’était pas prévue dans le scénario original de Jeff Maguire. Mais Eastwood, fort de son succès après Impitoyable, a alors fait valoir ses droits : il a ainsi fermement insisté pour que le scénario reste intact. Il a même soutenu Maguire face à la pression du studio, lui assurant qu’il n’aurait plus à subir ces contraintes : “Tu n’auras plus de soucis avec eux”, lui a-t-il alors dit. Grâce à cette influence, la fin n’a pas changé.

Le résultat ? Un franc succès au box-office avec 176 millions de dollars de recettes dans le monde. Une anecdote marquante sur le plateau : le réalisateur Wolfgang Petersen avait demandé à John Malkovich, qui joue l’assassin, de surprendre Eastwood par de l’improvisation, ce qui a donné naissance à des scènes mémorables, comme celle où Malkovich met le canon du revolver dans sa bouche.

Plus qu’un simple thriller, Dans la ligne de mire présente une nouvelle fois Clint Eastwood dans le rôle d’un homme tourmenté par son passé, thème qui semble lui réussir. Avec le film, il a également démontré qu’une vision artistique ferme peut triompher face aux pressions commerciales.

02 août 2025

Patton : c’est l’un des plus grands films de guerre de tous les temps… Mais Francis Ford Coppola en a été viré

Considéré comme l’un des dix films de guerre essentiels à voir au moins une fois dans sa vie, Patton continue de briller plus d’un demi-siècle après sa sortie et reste un incontournable du genre.

En effet, en 1970, le public découvrait sur grand écran le film de guerre porté par une performance magistrale de George C. Scott, qui y incarnait son rôle le plus marquant, un rôle qui lui a valu un Oscar. Pour l’anecdote, dans un geste à la fois ironique et fidèle à ses principes, il refusa d’ailleurs le prix, estimant que la compétition entre acteurs était déplacée. Le producteur Frank McCarthy finira par accepter la statuette en son nom, avant de la retourner à l’Académie le lendemain, respectant ainsi la volonté de l’acteur.

Avec Patton, Franklin J. Schaffner, réalisateur à la carrière brève mais marquante, signait son deuxième grand succès après La Planète des singes (1968), où il dépeignait un général hors du commun, le seul parmi les Alliés à vraiment faire trembler les forces nazies.

L’intensité du film est parfaitement ressentie dès son ouverture, avec le discours mémorable du général Patton, incarné par Scott, une tirade à la fois virulente et passionnée qu’on ne peut s’empêcher de citer.

“Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n’en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu’il arrive. C'est pour ça que les Américains n’ont jamais perdu une guerre. Et c’est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l’idée de perdre est intolérable aux Américains. [...] Entre nous, je vous assure, j’ai vraiment pitié de ces enfants de putain contre qui on va se battre. C’est vrai, je trouve ça triste ! On ne va pas se contenter de leur tirer dessus à ces petits cons ! On va aussi leur faire sortir les tripes et les boyaux du ventre, et ça vous servira à graisser les chenilles de vos tanks ! Il faut qu’on leur montre ce qu’on vaut à ces salopards de Boches ! Pas de pitié !”

Ce passage, qui est en fait un long monologue, ne rappellera peut-être pas grand-chose aux spectateurs lambda, mais pour les passionnés de cinéma, il reste gravé comme l’une des scènes les plus marquantes qui fut une idée brillante venue de Francis Ford Coppola, qui co-signa également le scénario.

En effet, au-delà de l’interprétation impressionnante, ce qui rend Patton si captivant, c’est aussi la finesse de son scénario. Francis Ford Coppola nous avait confié ses souvenirs autour de cette expérience, notamment la raison pour laquelle la Fox l’avait finalement exclu du projet. Alors que Burt Lancaster était pressenti pour le rôle principal, le studio trouvait le scénario, et surtout le début du film, “trop étrange“, ce qui marqua la fin de son implication sur Patton.

Pourtant, ironie du sort, des années plus tard, le film a été réalisé avec son scénario et sa scène d’ouverture pour laquelle il a été remercié, une séquence qui a donc été largement louée...

Patton reste une œuvre qui ne se démode pas et dont la richesse continue d’émerveiller témoignant de son statut de classique intemporel du cinéma de guerre.

John Wayne a fait ses premiers pas à l'écran il y a presque 100 ans, avant de devenir l'une des plus grandes légendes du cinéma

Récompensé par un Oscar du Meilleur acteur en 1970 pour Cent dollars pour un shérif, celui que l'on surnomme "le Duke" compte indéniablement parmi les légendes qui ont forgé l'Histoire d'Hollywood.

Absolument indissociable du genre qui lui a apporté la gloire - le western - John Wayne doit ses longs métrages les plus célèbres à deux cinéastes incontournables : John Ford (avec des films comme La Chevauchée fantastique, La Prisonnière du désert ou L'Homme qui tua Liberty Valance) et Howard Hawks (avec La Rivière Rouge, Rio Bravo ou El Dorado).

Mais avant de devenir l'une des stars les plus renommées du cinéma, il y a pratiquement 100 ans, John Wayne a lui aussi été obligé de gravir patiemment les premiers échelons de la grande échelle qui allait le mener vers les sommets hollywoodiens.

Alors qu'il était âgé d'environ 21 ans, c'est en effet dans la comédie dramatique et sportive Tom, champion du stade (en version originale, Brown of Harvard), qu'il a foulé son tout premier plateau de tournage en incarnant un jeune joueur de football américain. Un sport qu'il pratiquait d'ailleurs en-dehors des studios, son imposante carrière lui ayant permis de décrocher une bourse sportive à l'université du Sud de la Californie.

Cette première apparition dans Tom, champion du stade marque le début d'une longue série de petits rôles non crédités pour John Wayne, qui oeuvrait également à Hollywood en tant qu'accessoiriste et cascadeur, et qui portait encore le nom de Duke Morrison. C'est le célèbre réalisateur Raoul Walsh qui, en 1930, offrit au jeune homme le rôle qui allait lancer véritablement sa carrière (et qui devait initialement être confié à Gary Cooper) dans La Piste des géants.

Afin de mieux coller avec l'atmosphère western du film, il laissa de côté son patronyme et hérita d'un nom qu'il conserverait tout au long de sa carrière : John Wayne.

Emilia Clarke garde un très mauvais souvenir de Terminator Genisys

Le cinquième opus de la saga Terminator, Terminator Genisys, a été majoritairement mal accueilli, aussi bien par la critique que par les fans. Beaucoup ont jugé qu’Emilia Clarke n’était pas le meilleur choix pour incarner Sarah Connor, estimant qu’elle avait sans doute obtenu ce rôle principalement en raison de sa notoriété acquise grâce à son rôle emblématique dans la série à succès de HBO, Game of Thrones.

De son côté, Emilia Clarke elle-même a clairement indiqué qu’elle n’avait pas apprécié le tournage du film et qu’elle était même ravie que le film ait rencontré un succès mitigé au box-office, ce qui lui a évité de devoir reprendre le rôle dans de nouveaux Terminator. Dans un entretien avec Vanity Fair en 2018, l’actrice a en effet révélé que “personne ne s’était amusé” à tourner le film, ajoutant qu’elle était “soulagée” que le projet n’ait pas rapporté suffisamment d’argent pour permettre à Paramount de produire une suite directe.

Pour rappel, dans ce volet, le leader de la résistance John Connor (Jason Clarke) envoie le sergent Kyle Reese (Jai Courtney) dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor (Emilia Clarke) et préserver l’avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé.

La production du film a été chaotique. Pourtant, comme le rappelle Den of Geek, Genisys semblait avoir des atouts : l’acquisition d’un réalisateur récurrent de Game of Thrones, Alan Taylor, le retour de la star emblématique Arnold Schwarzenegger, l’approbation publique du créateur de la franchise, James Cameron, et des projets ambitieux de modification de la chronologie destinés à maintenir la franchise à jour – tout en vantant une classification PG-13, loin d’être celle de Terminator, mais susceptible d’attirer un public plus large. Cependant, tout cela n’a pas vraiment trouvé d’écho. Emilia Clarke a d’ailleurs déclaré avoir vu Alan Taylor se faire “dévorer et mâcher” par le film : “Ce n’était pas le réalisateur dont je me souvenais. Il ne s’est pas amusé. Personne ne s’est amusé.”

La nouvelle de ce tournage difficile s’est même répandue. Emilia Clarke a raconté que l’équipe du célèbre et désastreux reboot Les Quatre Fantastiques, réalisé par Josh Trank, en tournage à proximité, avait même fait faire des vestes sur lesquelles on pouvait lire : “Au moins, nous ne sommes pas dans Terminator”. “Juste pour vous résumer [la situation]”, a-t-elle déclaré en riant.

Le long-métrage, autrefois prometteur, mettait tout de même en avant l’idée passionnante de la Mère des Dragons héritant du rôle de la Mère du Futur, Sarah Connor, un rôle incarné par Linda Hamilton dans les deux premiers Terminator et, par coïncidence, par Lena Headey, sa co-star et rivale à l’écran dans Game of Thrones, dans la série Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor (2008-2009) diffusée sur Fox. Bien qu’Emilia Clarke y ait interprété une version de Sarah plus audacieuse et indépendante, issue d’une chronologie alternative, le rôle tel qu’il a été conçu ne lui a pas permis d’aller plus loin et de convaincre les fans. 

Même si l’allemand est sa langue maternelle, Arnold Schwarzenegger n’a pas eu le droit de doubler son propre personnage dans la saga Terminator

Cela peut sembler surprenant, mais malgré le fait qu’Arnold Schwarzenegger parle couramment allemand, sa langue maternelle, il n’a pas été autorisé à prêter sa propre voix au Terminator dans les versions germanophones du célèbre film de James Cameron. Et la raison est inattendue : son accent jugé trop “campagnard”.

Originaire du petit village de Thal en Autriche, Schwarzenegger parle un allemand teinté de sonorités régionales. Lorsqu’est venu le moment de doubler la saga Terminator pour le public allemand, on aurait pu croire qu’il serait le choix le plus naturel pour incarner lui-même le T-800, ce robot devenu légendaire. Mais les producteurs ont pris une autre direction.

En effet, son accent autrichien, typique des régions rurales, ne correspondait pas à l’image qu’on voulait donner d’un robot du futur. En Autriche et en Allemagne, certains dialectes sont fortement marqués et peuvent donner une impression “provinciale” ou peu sophistiquée à l’oreille du grand public. L’idée qu’un cyborg ultra-avancé venu du futur s’exprime comme un habitant d’un petit village a donc été jugée inappropriée.

C’est finalement Thomas Danneberg, célèbre doubleur allemand, qui a prêté sa voix à Schwarzenegger dans Terminator. Il a non seulement interprété le T-800 avec gravité et autorité, mais est aussi devenu la voix allemande attitrée d’Arnold dans de nombreux autres films culte comme Predator, Total Recall ou True Lies. Danneberg a ainsi accompagné la carrière de l’acteur pendant des décennies, jusqu’à Terminator Genisys en 2015.

Une ironie du sort, donc, pour celui qui a incarné l’un des personnages les plus iconiques du cinéma : il n’aura jamais eu l’occasion d’entendre son personnage parler sa langue d’origine à l’écran avec sa propre voix.

Dynastie : le mot "gay" a été traduit différemment, car l'homosexualité était encore taboue

Débutée dans l'ombre de Dallas, la série Dynastie a, elle aussi, marqué l'Histoire du petit écran. Durant huit ans, de 1981 à 1989, le temps de 220 épisodes et neuf saisons, les téléspectateurs se passionneront pour la vie de la riche et puissante famille Carrington, à Denver dans l'État du Colorado aux États-Unis.

Si l'on évoque plus haut Dallas, autre série culte, c'est parce que Dynastie résume elle aussi le style et le contenu des soap operas américains des années 1980; des programmes dans lesquels les personnages principaux riches et puissants sont confrontés à des personnages extérieurs tout aussi riches et puissants ou qui cherchent à le devenir par tous les moyens.

Toutefois, Dynastie a su se démarquer de sa rivale diffusée sur CBS, au moins sur sa première saison. La série créée par Esther et Richard Shapiro réussissait en effet à brasser plutôt large, comme aborder les tensions entre les classes sociales, l'inégalité entre les sexes, l'impact de l'instabilité au Moyen-Orient sur les prix du pétrole américain, et même l'homosexualité. En clair, elle s'affranchissait des conventions du genre.

Steven Carrington, le fils prodigue incarné par l'acteur Al Corley, est connu pour avoir été un des tous premiers personnages ouvertement gay dans une série américaine. Bien qu'étant identifié comme homosexuel, il avait des relations avec des hommes et des femmes dans la série. A la fin de la première saison, il faisait son coming out auprès de son père.

Si dans la version originale le dialogue qu'il a avec son père est sans ambigüité, l'échange sera totalement différent dans la version française.

01 août 2025

Gérard Lanvin ne savait pas dans quoi il mettait les pieds lorsqu'il a accepté le premier rôle de ce film il y a 21 ans

Catastrophe commerciale et critique, l'adaptation au cinéma de la célèbre série de romans policiers San Antonio avait rassemblé moins de 300 000 spectateurs en salles pour un budget colossal à sa sortie en 2004.

Gratifié d'une note particulièrement salée de 1 étoile sur 5 par les spectateurs d'AlloCiné (contre une moyenne de 2,3 pour la presse), cette comédie policière qui n'est pas vraiment restée dans les annales du cinéma français pour les meilleures raisons est le résultat d'une production particulièrement houleuse.

Celui qui en parle sans doute avec le plus de franchise, c'est Gérard Lanvin, qui interprétait le rôle-titre du film aux côtés de Gérard Depardieu.

"On est venu me chercher en dernière limite", expliquait-il ainsi à notre micro en 2007, trois ans après la sortie de San Antonio.

"Le producteur était suffisamment malin pour mettre Gérard Depardieu et Jean-Pierre Castaldi ensemble dans San Antonio, c'est-à-dire pour faire San Antonio et Bérurier, ce qui est quand même aberrant puisque ce sont des gabarits à l'identique. Tout Paris a fait les castings, moi je n'étais même pas au courant que San Antonio allait se tourner, on est venu me chercher trois semaines avant."

"C'est un truc qui tournait depuis trois ans en préparation. Ils ont viré tout le monde, pour me prendre moi, au dernier moment", confiait-il déjà en 2005 sur le plateau de Daphné Roulier, expliquant qu'il avait accepté par esprit de solidarité, sans prendre le temps de lire le scénario, et motivé par l'envie de jouer aux côtés de Depardieu.

"Claude Berri est devenu paniqué en 10 jours. On a tout changé, et le metteur en scène [aussi]. J'aurais pu, sur contrat, dire que j'arrêtais tout. Mais j'ai de l'honneur. Je continue à jouer San Antonio même dans des dispositions différentes. Parce que [dans] l'esprit du film, tout a changé du jour au lendemain."

Et de conclure en déclarant à Daphné Roulier : "Si c'était à refaire, j'éviterais de le refaire, bien évidemment."

A notre micro, Gérard Lanvin avait également tenu à défendre le réalisateur de San Antonio, Frédéric Auburtin, "sur qui tout le monde a gerbé" alors qu'il avait hérité du projet sans même avoir le temps de préparer le film.

"On s'est fait massacrer par des gens comme Karmitz qui ont ouvert leur gueule pour nous ch*** dessus, des gens comme (...) Chabrol. Il nous a gerbé dessus (...)", poursuit-il.

"Nous, on a essayé de faire quelque chose. C'est un film de distraction, et ça ne méritait pas autant de haine de la part des gens du système. On a sauvé simplement Claude Berri et une perte d'argent colossale en finalisant ce film et en essayant de le rentabiliser au minimum. Ça mérite le respect, et pas autant de haine. Je suis resté scié d'autant de méchanceté pour rien. En même temps, on est dans un système qui n'est pas gentil, donc il faut s'y faire."

Paul Verhoeven egrette d'avoir signé Hollow Man

Après le désastre critique et commercial de son film Showgirls, qui a tué la carrière d'Elizabeth Berkley, Paul Verhoeven signe deux ans plus tard, en 1998, Starship Troopers. C'est peu dire qu'au moment de sa sortie, l’ironie mordante et féroce du film, son discours satirique et anti-militariste, ne furent pas détectés par tous ses spectateurs, même professionnels.

Parmi la critique, certains évoquèrent même un film fascisant, sans relever le traitement appliqué par Paul Verhoeven à son sujet (et sans se souvenir de son tempérament de cinéaste...). Le New York Times parla même d'un film "dérangé et horrible"...

La sanction fut d'autant plus lourde que, doté d'un budget de production de 105 millions de dollars, soit le plus important dont ait jamais disposé le cinéaste, Starship Troopers n'en rapporta que 54 millions sur le territoire américain, et à peine 121 millions au box office mondial.

Echaudé par ces deux douloureux échecs successifs, Verhoeven a besoin d'un succès commercial. Lorsque Sony Pictures lui propose quelques jours après l’abandon du projet qu'il développait sur le fameux illusionniste Harry Houdini de tourner un autre script, intitulé Hollow Man : L’Homme sans ombre, le réalisateur accepte pour des raisons pragmatiques. Il n’a pas de "projet de rêve" en vue, et celui-ci lui permettra au moins de travailler à nouveau.

Cette nouvelle variation autour de L'homme invisible sera donc un pur film de commande; mais le cinéaste n'est pas plus enthousiaste que cela, comme il l'a confié au Volkskrant Magazine dans un entretien publié en septembre 1999.

"Je ne fais pas du tout le film que je voudrais faire. Cela me semble clair. Je fais les films que je peux faire. Hollow Man a pour sujet l’homme invisible. On m’a demandé de réaliser ce projet […]. Nous essayons d’en tirer le meilleur, mais on ne peut pas dire que je me réveille la nuit dans mon lit en m’écriant : "Waouh !"

Loué par certains critiques pour la qualité de ses effets spéciaux qui vaudront d'ailleurs au film une citation à l'Oscar, Hollow Man est en revanche pas mal égratigné sur son scénario. "Malgré une richesse d’effets spéciaux et la direction de Paul Verhoeven – M. Au-dessus-du-lot en personne –, ce film reste étonnamment terne" écrivait le Los Angeles Times. Le Boston Globe lâchait quant à lui ce commentaire peu amène : "S’il n’y avait eu la télévision par câble et le circuit vidéo, Hollow Man serait resté invisible".

Le film récoltera un peu plus de 190 millions de dollars au box office international; pas exactement un triomphe au regard des 95 millions de dollars de budget. Des résultats extrêmement mitigés qui seront toutefois largement contrebalancés par l'énorme succès du film sur le circuit locatif et achat en DVD ainsi que les diffusions TV, qui rapportera plus de 150 millions de dollars à Sony.

Reste que Hollow Man a été une expérience artistique frustrante pour Verhoeven, lâchant ces considérations au micro du Hollywood Reporter en avril 2013. "Après Hollow Man, j'ai décidé que c'était le premier film que j'avais réalisé et que je n'aurais pas dû faire. Il a rapporté de l'argent, etc., mais ce n'est vraiment plus moi.

Je pense que beaucoup d'autres personnes auraient pu le faire. Je ne pense pas que beaucoup de gens auraient pu réaliser Robocop de cette manière, ni Starship Troopers. Mais pour Hollow Man, je pense qu'il y avait peut-être 20 réalisateurs à Hollywood qui auraient pu le faire. Je me suis senti déprimé après 2002".

Hollow Man sera le dernier film de la période américaine de Paul Verhoeven, qui reviendra dans son pays natal pour y signer un très grand film en 2006, Black Book.

Luc Besson a appris à écrire des histoires d'une manière totalement improbable

Luc Besson est actuellement sous les feux de l'actualité avec la sortie en salles de son 21e long métrage en tant que réalisateur, Dracula, libre adaptation de l'oeuvre de Bram Stoker. Une nouvelle histoire racontée par le cinéaste, donc, pour le grand écran.

Mais d'ailleurs, comment Luc Besson (qui n'a plus jamais parlé avec un comédien après que celui-ci ait travaillé sur un de ses films culte) a-t-il appris à écrire des histoires pour le cinéma ? Cette question toute simple, nos confrères de Legend lui ont posé il y a deux mois, et la réponse du réalisateur est pour le moins étonnante !

"J'écrivais depuis le départ, depuis l'âge de 13 ans. Et j'écrivais en cachette, parce que je faisais énormément de fautes d'orthographe. Du coup, dès que je faisais lire quelque chose, tout le monde se foutait de ma gueule, ma mère y compris", raconte Besson. "Elle me disait "Oh, là, là, tu fais tellement de fautes !" Et moi, je lui disais "Oui, mais l'histoire "? Et elle me répondait "Oh non, trop de fautes !" Ça m'a frustré, donc j'écrivais un peu en cachette."

"Après, il y a un scénariste, Alain Le Henry, qui a accepté de travailler sur une histoire, donc j'ai appris beaucoup de choses avec lui", poursuit le cinéaste (Le Henry qui participera plus tard à l'écriture de Subway, ndlr). "Et puis après, je suis allé au CNC, le Centre National de la Cinématographie. Je suis tombé sur un jeune garçon qui était assez sympa à qui j'ai demandé "Vous avez pas des scripts pour que je voie comment c'est écrit ?" Parce que j'avais jamais lu de script."

"Il m'a dit "Quand on dépose l'avance sur recettes, il faut 20 exemplaires. Généralement, on en garde un, et les 19 autres, on les jette. Tu devrais aller derrière, dans les poubelles, parce qu'il y a plein de scripts", se rappelle Besson. "Donc, je suis allé dans les poubelles du CNC et j'ai récupéré une vingtaine de scripts qui n'avaient pas eu l'avance. C'était peut-être pas les meilleurs, mais en tout cas, c'est comme ça que j'ai appris "Séquence, intérieur, jour"... Comment les choses se plaçaient..."