09 mars 2026

Le Chanteur de jazz : Martin Scorsese déteste l'un des films les plus importants de l'Histoire du cinéma

Rares sont ceux qui vénèrent et apprécient l’art cinématographique autant que Martin Scorsese. Il est donc d’autant plus surprenant qu’il déteste le film le plus important jamais réalisé.

En plus d’être l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps, le cinéaste oscarisé est également un fervent défenseur et un ardent partisan de la préservation du patrimoine cinématographique. Sa célèbre Film Foundation a restauré ou préservé des centaines de films menacés de disparition, et il est aussi attaché au passé du cinéma qu’à son avenir.

Pourtant, malgré sa passion pour le cinéma depuis l’enfance, sa maîtrise du médium acquise grâce à une série de chefs-d’œuvre intemporels et sa connaissance pointue des générations passées du cinéma, Martin Scorsese refuse de s’extasier devant le film le plus révolutionnaire jamais réalisé, celui qui a littéralement tout changé.

En octobre 1927, la sortie du Chanteur de jazz d’Alan Crosland a bouleversé le monde du cinéma. Les spectateurs ont assisté à un moment historique : Al Jolson inaugurait l’ère du parlant. Utilisant pour la première fois la musique, le chant et les dialogues synchronisés dans un long-métrage, ce film a marqué un tournant décisif, ouvrant la voie au cinéma tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Et son aversion pour le film n’est pas une exagération : le réalisateur iconique et auteur acclamé a en effet passé la majeure partie de sa vie à penser que c’était, en réalité, un navet. Et s’il est capable de comprendre l’importance de ce film pour la profession qui est la sienne depuis six décennies, cela ne signifie pas pour autant qu’il l’apprécie.

Lors d’une ancienne conversation avec le journaliste Richard Schickel (via Far Out Magazine), le sujet fut d’ailleurs abordé, et le réalisateur de Taxi Driver n’a pas mâché ses mots : “Je déteste Le Chanteur de jazz.”

Schickel acquiesça, le qualifiant de “film épouvantable”, et Scorsese renchérit : “C’est affreux”, déclara-t-il. “Mais mes parents l’adoraient. Ils l’adoraient parce qu’ils s’identifiaient à la famille, à la rupture avec la tradition. Mon père avait le sentiment que nous perdions la tradition familiale, la famille sicilienne. Et voilà que les Juifs, qui vivaient à proximité, restaient fidèles à leurs traditions.”

Finalement, le jeune Marty était le seul membre de la famille Scorsese à ne pas supporter Le Chanteur de jazz. Son père, Charles, s’identifiait en effet sans hésiter au Cantor Rabinowitz, interprété par Warner Oland, qui aurait largement préféré que son fils, Jakie, abandonne ses rêves de gloire dans la musique pour suivre les traces de sa famille à l’église locale.

En dépit de son indéniable importance historique, Le Chanteur de jazz reste donc, pour Martin Scorsese, un film qu’il ne peut apprécier sur le plan artistique. Cette contradiction illustre parfaitement que la valeur d’un film ne se mesure pas seulement à son impact sur l’industrie ou à sa place dans l’histoire, mais aussi à la perception intime et personnelle de chaque spectateur. Pour Scorsese, l’histoire du cinéma est autant une affaire de passion que de subjectivité, rappelant que même des travaux considérés comme des chefs-d’œuvre peuvent susciter des sentiments mitigés chez les plus grands connaisseurs.

Demain et demain et demain : l'un des meilleurs romans de ces 30 dernières années sera adapté au cinéma avec Daisy Edgar-Jones en tête d'affiche

Cinq ans après avoir remporté l'Oscar du meilleur scénario adapté pour CODA (remake US de La Famille Bélier), la réalisatrice Siân Heder s'apprête à adapter au cinéma le roman à succès de Gabrielle Zevin, "Demain, et demain, et demain", pour Paramount Pictures.

Publié en 2022 et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le monde, le roman, traduit dans une quarantaine de langues, a été désigné comme l'un des 100 meilleurs livres du XXIe siècle par le New York Times et comme l'un des meilleurs romans des 30 dernières années par le Los Angeles Times.

Demain, et demain, et demain raconte l’histoire sur plusieurs décennies de deux amis, Sadie Green et Sam Masur, qui se retrouvent à 25 ans pour créer un jeu vidéo. Leur première création, Ichigo, est un véritable succès. Du jour au lendemain, ils deviennent des stars. Mais le succès n’empêche pas le piège de l’ambition et de la jalousie de se refermer sur eux…

Siân Heder coécrit le scénario avec l’autrice du best-seller. Variety rapporte que Daisy Edgar‑Jones tiendra le rôle féminin principal de cette adaptation. On ignore encore qui prêtera ses traits à Sam.

Remarquée grâce à la série Normal People, la comédienne britannique a déjà joué en 2022 dans une adaptation de roman à succès : Là où chantent les écrevisses, d'après l'œuvre de Delia Owens. Elle a également été l'héroïne de la suite de Twisters en 2024.

Il y a 41 ans, Lino Ventura défendait Jean Gabin dans une émission de télévision

En 1985, lors d’une apparition à la télévision suisse, Lino Ventura a montré toute l’intensité de son franc-parler et de sa loyauté en défendant la mémoire de Jean Gabin contre des critiques injustes.

Invité de l’émission Gros plan, Ventura découvre un extrait lu par Claudette, co-présentatrice de l’émission, tiré d’un article de 1959 signé François Truffaut dans la revue Arts. Ce dernier n’était alors qu’un jeune critique et écrivait à propos de Jean Gabin et Gérard Philipe : “Ce sont des artistes trop dangereux qui décident du scénario ou le rectifient s’il ne leur plaît pas. Ils influencent la mise en scène, exigent des gros plans. Ils n’hésitent pas à sacrifier l’intérêt du film à ce qu’ils appellent leur standing et portent selon moi la responsabilité de nombreux échecs.”

À cette lecture, Lino Ventura n’a pu contenir son indignation.

“C’est faux, c’est ignoble. Pour écrire ce que ce monsieur vient d’écrire, c’est qu’il ne connaissait pas Gabin et qu’il n’a jamais travaillé avec Gabin. [Ce] que vous venez de lire ‘Il exigeait des gros plans’ (...) Je ne comprends pas qu’on écrive des choses comme ça, aussi injustes, aussi bêtes.”

L’échange se poursuit lorsque Christian Defaye, l’autre présentateur, souligne que les grandes stars sont souvent attentives aux scénarios des films dans lesquels elles jouent. Ventura clarifie alors sa position avec une franchise toute personnelle.

“Bien sûr, mais je n’exige rien du tout. Je donne mon point de vue. Par exemple, je sais que je ne peux pas supporter [les directives] : ‘À ce moment-là, tu prends le verre et tu bois’, non, si je ne le sens pas, il faut que je le dise, je sais que je ne serai pas bon. Mais ce n’est pas une exigence, chacun peut donner son point de vue, on se rallie au point de vue du metteur en scène. Chacun apporte son petit grain de sable dans l’histoire.”

Lino Ventura et Jean Gabin avaient partagé l’écran à six reprises, de 1954 avec Touchez pas au grisbi (disponible en VOD), où Ventura n’était qu’un petit truand, à 1969 avec Le Clan des Siciliens (disponible sur Disney+).

Au-delà du cinéma, leur amitié s’était profondément enracinée, fondée sur des valeurs communes et une vision partagée de la vie. La disparition de Gabin en novembre 1976 a profondément marqué Ventura, qui s’éteindra 11 ans plus tard, le 22 octobre 1987.

Doux Jésus : Marilou Berry a pris un gros risque en tournant cette scène

Le 27 février dernier, Canal+ a proposé pour la première fois à la télévision le film Doux Jésus, réalisé par Frédéric Quiring et sorti en 2025, mettant en vedette Marilou Berry et Isabelle Nanty. La comédienne s’est remémorée un moment de tournage qui aurait pu tourner au drame.

Dans ce long-métrage, Marilou Berry interprète Sœur Lucie, une religieuse qui décide de quitter son couvent pour retrouver son amour de jeunesse. Habituée à la rigueur du couvent et à l’autorité de Mère Henriette (jouée par Isabelle Nanty), elle se retrouve confrontée à un monde plein de surprises et de tentations.

Lors du tournage, une scène particulièrement marquante a donné des sueurs froides à l’actrice. “Nous avons tourné dans une fosse aquatique”, s’est-elle souvenue (via Télé-Loisirs). “À deux ou trois mètres de profondeur dans cette fosse qui en fait vingt, on a déjà l’impression d’être dans les abysses. Marc Ruchmann [son partenaire de jeu, NDLR] était supposé me sauver et j’étais censée être lestée pour ne pas flotter ni ne remonter trop vite.”

Mais la première tentative de saut de Marilou Berry ne se passe pas comme prévu : “La première fois que j’ai sauté, j’ai coulé comme un plomb ! Marc n’a même pas eu le temps de venir me récupérer ! J’avais les yeux fermés et je sentais mes oreilles commencer à cliquer. J’ai ouvert les yeux et j’ai vu que j’étais à moins dix mètres”, raconte-t-elle, en ajoutant avec humour : “On m’avait trop lestée… Heureusement, monsieur Aquaman était là pour me sauver !”

Si Marilou Berry brille à l’écran, elle reste également très active sur les planches. Depuis le 25 février et jusqu’au 26 avril 2026, elle partage l’affiche la pièce Ça, c’est l’amour avec Josiane Balasko, au théâtre des Bouffes Parisiens. Malgré leur complicité, les deux femmes avaient attendu longtemps avant de travailler ensemble. Aujourd’hui, elles sont inséparables.

Marilou Berry jongle donc avec plaisir entre scène et cinéma, offrant au public des performances pleines d’émotion et d’humour, tout en se souvenant avec amusement des séquences les plus périlleuses de sa carrière.

Doux Jésus est à redécouvrir en streaming sur Canal+.

La chanteuse Rihanna échappe de peu à des tirs à son domicile de Los Angeles

La maison de la chanteuse Rihanna à Los Angeles a été touchée par des balles après qu'une femme a ouvert le feu sur la propriété, alors que la star se trouvait à l'intérieur, ont rapporté dimanche plusieurs médias.

L'assaillante présumée a tiré environ dix coups de feu après 13H00 (20H00 GMT) dimanche, depuis un véhicule garé en face de la demeure située dans le quartier de Beverly Hills, a rapporté le Los Angeles Times, citant la police. 

Au moins une balle a transpercé un mur de la maison, où Rihanna vit avec son conjoint A$AP Rocky et leurs trois enfants, a assuré la chaîne d'information locale KTLA.

La police soupçonne une femme d'une trentaine d'années, qui aurait pris la fuite avant d'être arrêtée. Son arme a été saisie lors de l'arrestation, a précisé KTLA. 

Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer ses motivations. La chanteuse et femme d'affaires n'a pas commenté ces informations.

08 mars 2026

Häxan : sorti il y a 104 ans, cet extraordinaire film, d'une audace et d'une inventivité inouïes, est à voir au moins une fois dans sa vie

Durant les premières années du muet, la créativité des cinéastes danois et suédois influença profondément le cinéma européen et même américain, et constitua une véritable école d'une grande richesse, malheureusement largement oubliée aujourd'hui. Peu se souviennent, ou savent, que la firme danoise Nordisk Films Compagni, fondée en 1906 par Ole Olsen, un ancien manoeuvre sans-le-sou devenu camelot puis propriétaire de salles de cinéma, est la plus ancienne compagnie de production cinématographique.

De cette âge héroïque du cinéma, beaucoup de ces réalisateurs danois sont tombés dans l'oubli. Deux noms, en revanche, ont eu l'assurance de passer à la postérité. Carl Theodor Dreyer, le plus connu des deux, qui signera les célèbres Vampyr, la Passion de Jeanne d'Arc et Jour de colère.

L'autre, c'est Benjamin Christensen, qui tournera en Suède en 1922 un extraordinaire film, très documenté, d'une originalité folle et d'avant-garde : Haxan, la Sorcellerie à travers les âges. Une oeuvre devenue culte, qui offre au spectateur médusé une reconstitution de l’histoire de la sorcellerie et de l’Inquisition, vue sous l’angle d’une psychanalyse encore balbutiante à l'époque de la sortie du film.

Alors que Murnau définissait l'horreur narrative à travers de puissants effets visuels expressionnistes dans son Nosferatu sorti d'ailleurs la même année, Benjamin Christensen a innové dans le genre de l'horreur, créant l'un des films les plus étranges qui soit, dont l'atmosphère inquiétante, les images saisissantes et l'expérimentation restent encore aujourd'hui d'actualité.

Présenté à la manière d'une conférence en sept chapitres, Häxan balaye l'Histoire, de l'Antiquité à la période contemporaine du film. La sorcellerie est représentée avec soin par des illustrations tirées d'ouvrages médiévaux et des reconstitutions filmiques.

Du sabbat des sorcières (avec un diable incarné par nul autre que le réalisateur !) aux épouvantables interrogatoires menés par l'Inquisition, les illustrations prennent vie dans des visions spectrales oniriques et inquiétantes, utilisant tous les effets spéciaux disponibles à l'époque, entre surimpressions, maquettes, jump cuts, stop motion, maquillages et prothèses.

Brassant avec une intelligence confondante les genres, les tons et les registres, d'une modernité folle, Häxan est aussi un manifeste féministe, réhabilitant toutes ces femmes victimes du patriarcat et majoritairement victime des persécutions de l'Inquisition.

La sortie du film posa d'énormes problèmes. Dans presque tous les pays où il a été diffusé, de l'Europe aux États-Unis, Häxan a été fortement censuré pour son contenu, en particulier ses représentations réalistes de la violence et de la torture, ainsi que ses images ouvertement blasphématoires, notamment la profanation de la croix et les scènes de sorcières embrassant les fesses du diable.

Le détenteur des droits de l'époque n'ayant pas renouvelé ses droits d'auteur, l'oeuvre est alors tombée dans le domaine public, ce qui a malheureusement permis à certains de se livrer à des montages et caviardages en règle largement diffusés au fil des décennies.

En 1968, un montage d'1h16 (soit plus court de 8min que l'original) réalisé par le réalisateur britannique et expert en films d'horreur Anthony Balch, en collaboration avec le musicien de jazz Daniel Humair et intégrant une nouvelle voix off enregistrée par l'auteur William Burroughs, fut proposé. Ce montage, l'un des premiers exemples de film remixé, a été distribué par la Metro Pictures Corporation aux États-Unis, et connu un large succès dans les cinémas grindhouse.

Il n'est guère surprenant que, ayant lui-même un imaginaire foisonnant, Häxan fasse partie des films préférés de Guillermo del Toro, comme il l'avait confié à l'éditeur américain Criterion en 2010 :

"[Ce film est de la] Terreur pure et poésie pure, mais toutes deux issues de traditions médiévales distinctes. Häxan est l'équivalent cinématographique d'une gravure infernale de Bruegel ou d'un tableau de Bosch. C'est un témoignage étrangement excitant du péché et de la perversité, aussi rempli de terreur que de désir et de conviction athée, et une condamnation de la superstition qui est morbide dans son amour pour son sujet".

Il faut rendre grâce à l'éditeur Potemkine, pour avoir enfin sorti en 2021 (c'est dire si l'attente fut longue...) cet extraordinaire film dans une somptueuse édition, qui propose trois versions du film, dont celle narrée par William S. Burroughs évoquée plus haut. Le tirage ayant été limité à 1666 exemplaires (vous noterez évidemment le clin d'oeil dans ce chiffre...), trouver cette édition désormais épuisée est devenue compliqué... Bonne chasse !

French Connection : en 1975 la suite a reçu un accueil glacial aux Etats-Unis

Sorti en 1971, French Connection de William Friedkin est un classique absolu du cinéma américain. Gene Hackman livre une extraordinaire composition sous les traits du flic irascible et brutal Jimmy Doyle, dit "Popeye". Un personnage pas forcément sympathique d'ailleurs, et qui ne cherche pas à l'être. Un rôle difficile pour l'acteur, qui abhorrait la violence.

Il ne fut d'ailleurs pas le premier choix du réalisateur, mais celui du dernier recours, et Friedkin a reconnu avoir dû pousser parfois le comédien dans ses retranchements pour qu'il accepte enfin de donner le meilleur de lui-même.

Non seulement le comédien s'exécutera avec brio, mais il prendra encore plus de plaisir à incarner et approfondir le même personnage dans l'excellente suite, French Connection II, toujours très sous-estimée d'ailleurs par rapport au modèle original, qui a laissé une empreinte indélébile dans le genre policier.

Passer après le film de Friedkin relevait de la gageure. Et pourtant. Si le premier volet reste effectivement intouchable, French Connection II mérite pourtant une très sérieuse (re)découverte. Sortie en 1975 et réalisée par un solide artisan, John Frankenheimer, cette suite se déroule quatre ans après le premier film.

Popeye Doyle est toujours furieux d'avoir échoué à capturer Alain Charnier (Fernando Rey), le baron de la drogue qui s'est échappé des États-Unis à la fin du premier film. Au début de French Connection II, Doyle arrive en France, où il sème immédiatement le trouble et se lance à la poursuite de Charnier. Mais, étant en France et faisant équipe avec un policier français pragmatique (excellent Bernard Fresson), il va aussi devoir se plier à certaines règles...

Si Frankenheimer a conservé certains éléments du style visuel de Friedkin (l'utilisation du zoom notamment et certaines techniques de montage), il fait une oeuvre personnelle, transposant cette fois-ci le cadre de son intrigue à Marseille et non plus New York. Certains esprits chagrins ont d'ailleurs trouvé qu'avec cette transposition, le film était moins cinégénique comparé aux images de Big Apple du premier film. Le fait est que c'est surtout différent. Pas moins bien. Différent.

Toujours est-il que si French Connection fut un triomphe dans les salles américaines, sa suite a en revanche reçu un accueil glacial au pays de l'oncle Sam, comme le racontait Frankenheimer dans un entretien en 1975 (via DepressedBergman).

"Les critiques anglais l'ont aimé. Les critiques français l'ont adoré, c'était un énorme succès à Paris. Le film ne va pas vraiment faire un flop à l'échelle mondiale, mais ce fut un désastre aux États-Unis. Oh, nous avons reçu d'excellentes critiques à Paris. J'étais là-bas. J'appréhendais la sortie du film après la façon dont il avait été massacré dans ce pays [aux USA]. Un critique m'a appelé et je me suis dit : "Oh non". Et il m'a dit : "J'adore, j'adore. Je veux venir vous interviewer".

Je n'arrivais pas à y croire, et puis ça a continué encore et encore. Nous avons reçu des critiques élogieuses. Mais Fox [Twentieth Century-Fox] s'en fichait. Ça aurait pu être la Cinquième Symphonie de Beethoven, ils auraient pu me porter en triomphe sur les Champs-Élysées dans une parade avec des confettis. Ils s'en seraient fichés. [...] C'était tout simplement un désastre".

French Connection II ne ramassera qu'un peu plus de 12 millions de dollars au box office américain. Très loin des 51 millions du premier opus sur le territoire. En France, il fera un peu plus de 759.000 entrées, à comparer aux 2,15 millions de spectateurs du film de Friedkin.

Une des meilleures suites jamais réalisées, French Connection II est disponible en VOD et DVD / Blu-ray.

07 mars 2026

On l'oublie souvent mais Tom Hanks joue deux personnages dans Forrest Gump

Peu de spectateurs le remarquent, mais Tom Hanks interprète en réalité deux personnages dans Forrest Gump, et le second est à l’extrême opposé du héros que l’on connaît tous. Il s’agit de Nathan Bedford Forrest, une figure historique controversée qui a réellement existé.

On oublie souvent que l’acteur joue ce double rôle. Le personnage de Nathan Bedford Forrest apparaît dans un flashback qui explique l’origine du nom de Forrest. “[Sa mère] dit que nous étions liés à lui d’une certaine manière”, raconte Forrest Gump. Ce lien familial justifie le choix narratif de faire incarner les deux hommes par Tom Hanks. Mais là où Forrest est doux et attachant, Nathan Bedford Forrest représente l’inverse total : un suprémaciste blanc et lieutenant général confédéré pendant la guerre de Sécession. Il fut aussi marchand d’esclaves et devint le premier “Premier Grand Sorcier” du Ku Klux Klan, un poste qu’il occupa un an avant de se distancier publiquement du groupe et de soutenir la cause des Noirs en Amérique.

Eddy W. Davidson, dans Nathan Bedford Forrest: In Search of the Enigma, précise que le général “s’est porté volontaire pour aider à exterminer les hommes responsables de la violence continue” exercée par le clan en 1874. Ces détails illustrent à quel point Nathan Bedford Forrest est un personnage complexe et controversé. Le film, lui, se limite à une scène de 40 secondes, présentant Tom Hanks en tenue du Ku Klux Klan, capuche sur la tête, superposé à des images tirées de Naissance d’une nation (1915) de D.W. Griffith. La réplique finale du flashback, “Maman a dit que la partie Forrest est pour me rappeler que parfois nous faisons tous des choses qui sont très bien, mais qui n’ont aucun sens”, résume cette dualité tout en atténuant l’inconfort de cette association.

Le roman de Winston Groom, publié en 1986, consacre quant à lui plusieurs pages à cet ancêtre et détaille davantage la vie de Nathan Bedford Forrest. Mais pour Robert Zemeckis, inclure tous ces éléments aurait détourné l’attention du spectateur de l’histoire principale de Forrest. Pourtant, cette présence subtile du second personnage enrichit la profondeur narrative du film et rappelle le talent de Tom Hanks, capable d’incarner deux figures radicalement opposées.

Malgré les doutes initiaux autour du projet, Forrest Gump est aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma et a remporté l’Oscar du meilleur film en 1995, face à Pulp Fiction. Le film offre un voyage à travers les années 1960 et 1970, ponctué de rencontres avec de véritables personnages historiques, tout en soulignant subtilement l’héritage complexe du second rôle de Hanks.

Forrest Gump est disponible à revoir sur Paramount+ ou en VOD.

06 mars 2026

Jason Chicandier sidéré, Patrick Sébastien tombe le bas face à lui

Pendant des années, le samedi soir de France 2 rimait avec paillettes et blagues potaches menées par Patrick Sébastien. Aujourd’hui, ce n’est plus avec Le Plus Grand Cabaret du monde que son nom ressort, mais avec des séquences grivoises qui tournent en boucle sur YouTube. La plus commentée reste celle où il tombe le bas devant l’humoriste Jason Chicandier.

Ancien animateur star du PAF, chanteur entre comptines festives et ode à la débauche, auteur du livre Vitriol Menthe, il revendique depuis longtemps une sexualité libre. Il fréquente les clubs libertins, a signé la biographie de Diane Dubois alias Denise Lascène et joue avec sa réputation d’éternel fêtard. Jusqu’à nourrir une légende autour de son fameux “service 3 pièces”.

Pendant de longues saisons sur France 2, Patrick Sébastien a présenté des émissions grand public comme Le Grand Bluff ou Le Plus Grand Cabaret du monde, avec une ligne claire : faire rire les familles. Il chantait ses refrains de comptoir, multipliait les imitations, révélait des duos comme Shirley et Dino. En parallèle, il tournait des fictions et publiait des livres.

Son versant libertin a pris de l’ampleur avec Vitriol Menthe, biographie romancée de Diane Dubois, alias Denise Lascène, figure du X devenue patronne de clubs libertins. Dans ce livre, il raconte aussi ses propres escapades. L’animateur évoque cette sexualité en interview, tout en s’affichant aujourd’hui sur les plateaux comme un tonton boomer qui fustige le wokisme et les minorités LGBTQIA+.

Depuis des années, une rumeur court sur la taille supposée disproportionnée de son sexe, alimentée par ses sorties dans les clubs libertins. Un groupe de rap français underground, Ténébreuse Musique, lui a même consacré une chanson intitulée Patrick, centrée sur ce mythe. La culture pop s’est emparée de son prétendu “service 3 pièces”, entre fascination amusée et blague graveleuse.

Dans l’émission YouTube Lard de vivre de Jason Chicandier, tournée autour d’un repas arrosé, la séquence dérape. "Je te l’ai promis… J’ai un truc à te montrer…", lance Patrick Sébastien à Chicandier, dans une vidéo reprise par Melty. Il enchaîne : "Un truc que je fais des fois pour des copains [...] Mais il faut pas qu’on me voit, ferme tes yeux [...] Je vais t’imiter Gainsbourg avec ma bite !". Le youtubeur explose de rire : "Elle est loin la piste aux étoiles.", balance Chicandier. Pendant que l’animateur baisse son pantalon hors champ, le malaise grandit. "C’est lunaire !", hurle l’humoriste, avant que Patrick Sébastien ne relance : "T’es prêt ? Tu peux ouvrir les yeux. Franchement, c’est lui ?". Face au spectacle, Chicandier conclut : "Putain, c’est pas une légende urbaine !".

Eurovision 2026 : Monroe officialisée, découvrez son clip "Regarde" qui représentera la France

Monroe va-t-elle permettre à la France de remporter l'Eurovision ? La jeune cantatrice révélée par l'émission Prodiges a été officialisée par France Télévisions ce vendredi 6 mars. Annoncée en début de semaine par CGTV, Le Parisien et 20 minutes, l'adolescente a bel et bien été choisie pour représenter la France au concours qui se tiendra en Autriche en mai prochain. Elle est la candidate française la plus jeune depuis 1989, et va ainsi tenter de rivaliser avec Louane, Slimane, Amir et Barbara Pravi, qui ont brillé avant elle.

Ce vendredi, à 18 heures, France Télé a mis fin au suspense et a dévoilé sur toutes les plateformes la chanson que Monroe défendra. Elle interprètera sur la scène de la Wiener Stadthalle (Vienne) le clip Regarde, une ode à l'amour mêlant pop et lyrique. Une chanson qui rappelle forcément les deux dernières tenantes du titre, qu'avaient chantées avec brio Nemo pour la Suisse et JJ pour l'Autriche.

Dans le clip, une scénographie audacieux permet à Monroe d'alterner entre lyrique et pop. La jeune chanteuse vacille dans les rues de Paris, et se retrouve dans un entrepôt, où elle danse aux côtés d'une troupe. Pour l'heure, difficile de savoir si cette scénographie sera choisie par Alexandra Redde-Amiel. Le final, en apothéose, promet un joli moment. Les bookmakers semblent avoir apprécié, puisque Monroe ne fait que monter dans leurs pronostics, et se rapproche du top 3 !

S'il paraît compliqué pour Monroe d'égaler le carton de Barbara Pravi, la chanteuse peut toutefois espérer faire mieux que Louane. L'an dernier, avec une chanson dédiée à sa Maman, la chanteuse avait déçu en se classant seulement 7e. Elle était pourtant la favorite des bookmakers. Un an plus tôt, Slimane avait cartonné avec sa chanson Mon amour, qui l'avait classé 4e. Dix ans après le succès d'Amir, Monroe va-t-elle ainsi permettre à la France de briller ? Réponse le 16 mai prochain !