Chanteur populaire depuis plus de trente ans, Patrick Bruel se retrouve à nouveau au coeur d'accusations graves. Une enquête publiée par Mediapart rassemble les récits de femmes qui disent avoir subi de sa part des comportements sexuels imposés. L'image du chanteur adoré des foules se heurte ici à des témoignages très différents.
Selon cette enquête, huit femmes issues des secteurs de la musique, du théâtre, du cinéma et du tennis accusent l'artiste de violences sexuelles pour des faits qui se seraient déroulés entre 1992 et 2019. L'une d'elles dit avoir été mineure, et deux ont saisi la justice, l'une pour viol, l'autre pour tentative de viol. Toutes décrivent un climat de peur et de silence autour de la star.
Les huit femmes citées décrivent des situations variées : loges de théâtre, festivals à l'étranger, coulisses de concerts ou milieu du sport. Elles évoquent des attouchements, des baisers imposés, des propositions insistantes, parfois des agressions plus graves.
Daniela Elstner, aujourd'hui directrice générale d'Unifrance, affirme avoir été victime en 1997, lors d'un festival à Acapulco, d'une tentative de viol et d'une agression sexuelle. Elle a déposé plainte le 12 mars 2026 : "Aujourd'hui, je suis prête à parler, et je dépose une plainte que j'aurais dû déposer il y a trente ans", a-t-elle confié à Public. Pour elle, "ce que je veux, c’est que cette fois on entende, et qu’on ne puisse plus dire qu’on ne savait pas".
Au-delà de ce témoignage, la justice enquête déjà sur une autre plainte, déposée le 30 septembre 2024 pour viol présumé à Dinard en 2012, confiée au parquet de Saint-Malo. Ces procédures s'ajoutent aux signalements plus anciens de masseuses qui, en 2019, avaient dénoncé des faits d'agression, de harcèlement ou d'exhibition sexuelle dans plusieurs villes où le chanteur était en tournée.
En 2020, ces premières enquêtes, ouvertes après les plaintes de masseuses, ont été classées sans suite. "en l'absence d'élément permettant de caractériser une infraction pénale", a indiqué une source proche du dossier citée par l'Agence France-Presse. Ce classement n'a pas empêché la naissance de nouveaux récits, certains d'abord anonymes, via des courriels adressés aux parquets ou des témoignages relayés dans la sphère #MusicToo.
L'artiste conteste ces récits et réfute toute "violence" ou "contrainte". Il a nié les faits dénoncés, qualifiant les accusations de mensonges. Lors des premières affaires, il déclarait : "Tant que je n'ai pas eu accès au dossier, tant que je n'ai pas vu un juge, je ne peux pas m'exprimer", avait-il expliqué dans Paris Match, tout en redoutant que "toute prise de parole n’entraîne de nouvelles accusations".

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