20 janvier 2022

Teaser de Jumeaux mais pas trop, avec Ahmed Sylla et Bertrand Usclat

6 ans après L'Ascension, co-écrit avec le réalisateur Ludovic Bernard, Olivier Ducray retrouve Ahmed Sylla pour la comédie Jumeaux mais pas trop, qu'il co-réalise avec Wilfried Méance.

Ahmed Sylla partage l'affiche de ce long-métrage avec Bertrand Usclat, connu pour ses vidéos humoristiques "Broute". Les deux comédiens incarnent des jumeaux qui découvrent l'existence l'un de l'autre à l'âge de 33 ans.

Mais la surprise est d’autant plus grande que l’un est blanc, l’autre noir ! Mais leur couleur de peau est loin d’être la seule chose qui les différencie. En faisant connaissance, aucun des deux n’a l’impression d’avoir tiré le gros lot…

Le pitch n'est pas sans rappeler le film de 1988, Jumeaux d'Ivan Reitman avec Arnold Schwarzenegger et Danny DeVito dans les rôles des frères.

Les humoristes Ahmed Sylla et Bertrand Usclat partagent l'affiche avec Pauline Clément, Gérard Jugnot et Nicolas Marié. Medi Sadoun figure également au casting comme on peut le voir dans le premier teaser dévoilé ce jour. 

Jumeaux mais pas trop est présenté ce jeudi en compétition au Festival de l'Alpe d'Huez, et sortira prochainement dans nos salles.

L'Emprise du vice sur Netflix : pourquoi le thriller érotique avec Alyssa Milano fait polémique ?

Avec un titre raccoleur, une ambiance Cinquante nuances de Grey et un séduisant duo d'acteurs (Alyssa Milano et Sam Page, L'Emprise du vice a vite su conquérir le public de Netflix. Ce thriller érotique adapté du roman La Messagerie Rose (Brazen Virtue, en VO) de Nora Roberts raconte comment une autrice de polars à succès va enquêter sur le meurtre de sa soeur.

Au cours de son investigation, elle découvre que sa soeur menait une double vie et était en réalité une cam girl. Par la même occasion, la romancière se rapproche de son voisin, le charmant policier Ed, qui enquête avec elle.

Si le film réalisé par Monika Mitchell semble être populaire sur Netflix, les fans de Nora Roberts, dont les romans à l’eau de rose et les thrillers psychologiques cartonnent, ne portent pas Alyssa Milano dans leur coeur. L'actrice a en effet créé une polémique parmi les lecteurs et lectrices du roman qui ne voulaient pas d'elle pour incarner l'héroïne Grace Miller.

En cause ? Ses opinions politiques. Alyssa Milano est très engagée pour le droit des femmes et des minorités et elle a participé activement au mouvement #MeToo tout en étant une fervente critique de l'administration Trump.

Lorsque l'actrice a été annoncée au casting, certains internautes se sont déchaînés sur les réseaux sociaux en disant qu'ils ne verraient pas le film, qu'ils arrêteraient de lire les romans de Nora Roberts ou qu'ils brûleraient leurs livres.

La romancière avait alors très vite réagi et défendu Alyssa Milano face à ce torrent de haine dans un communiqué sur son propre site web :

"Je suis ravie que Mme Milano ait été choisie pour l'adaptation de Brazen Virtue pour Netflix. Dire que j'ai été stupéfaite et consternée par certains des commentaires concernant l'annonce sur ma page Facebook est un euphémisme. J'ai dit ce que j'avais à dire, je l'ai partagé publiquement et je reste campée sur mes positions ainsi que celles de Mme Milano. À ceux qui déclarent ne plus jamais lire mon travail en raison de points de vue et d'opinions politiques différents, ou parce qu'un acteur talentueux et expérimenté jouera un rôle, je peux seulement dire que c'est leur choix. Je crois que Mme Milano et moi y survivrons."

Cette polémique ne semble pas avoir entaché la mise en ligne de L'Emprise du vice sur Netflix puisque le film s'est très vite retrouvé dans le top des visionnages sur la plateforme.

Mort de Gaspard Ulliel : Martin Scorsese rend un hommage émouvant à l'acteur

Il l'avait dirigé en 2010 dans un spot publicitaire pour Chanel qui avait fait le tour du monde. Martin Scorsese a rendu un hommage émouvant à l'acteur Gaspard Ulliel, tragiquement disparu ce mercredi à l'âge de 37 ans.

"J'avais été tellement impressionné par son dévouement et son intelligence", déclare le cinéaste américain dans un communiqué transmis au site Indiewire. "Il adorait le cinéma, et je suis persuadé qu'il serait devenu un réalisateur intéressant s'il avait vécu pour réaliser son rêve."

Tourné à New York, le spot pour le parfum Bleu de Chanel, véritable court métrage, voit Gaspard Ulliel incarner une star interrogée par une meute de journalistes, dont une ancienne petite amie. Visiblement décontenancé, il déclare "Je ne serai plus celui qu'on attend que je sois" puis quitte une salle de conférence de presse dont les murs s'effondrent sous les notes du tube She Said Yeah des Rolling Stones.

Le spot réalisé par Scorsese est à retrouver ci-dessous. A noter que Gaspard Ulliel en tournera deux autres pour Chanel, cette fois devant les caméras de James Gray et Steve McQueen.

Gaspard Ulliel est mort ce mercredi à l'âge de 37 ans des suites d'un accident de ski. Sa disparition a suscité de vives réactions dans le monde du septième art.

Le film Femmes au bord de la crise de nerfs devient une série Apple avec Gina Rodriguez dans le rôle principal

Le long-métrage qui a permis à Pedro Almodóvar de se faire un nom au-delà des frontières espagnoles à la fin des années 80, Femmes au bord de la crise de nerfs, pourrait se refaire prochainement une jeunesse sur le petit écran.

The Hollywood Reporter a en effet révélé qu’Apple développe une série adaptée de cette comédie noire qui a valu au célèbre cinéaste sa première nomination aux Oscars. Ce dernier est d’ailleurs impliqué sur le projet en tant que producteur délégué.

C'est aussi le cas de l’actrice Gina Rodriguez qui tiendra en outre le rôle principal de la série, celui de la comédienne de doublage en plein trouble amoureux qui était incarnée par Carmen Maura sur grand écran. Rodriguez s’est fait connaître du public grâce à la série Jane the Virgin dont elle a tenu le rôle-titre durant 5 saisons.

Selon les sources du média américain, le projet, qui n’en est qu’à ses balbutiements, devrait se tourner dans un mélange d’anglais et d’espagnol. C’est Noelle Valdivia (Masters Of Sex, Kevin Can F**k Himself) qui sera chargée d’écrire le scénario de l’adaptation.

Sex/Life : Netflix déconseille la série aux moins de 18 ans

Alors que Netflix a annoncé que The Sandman, l’une de ses prochaines séries les plus attendues de l’année, était déconseillée aux moins de 18 ans, un autre show d’un tout autre genre de la plateforme était déjà également déconseillé aux mineurs.

C’est un fait rare mais pas inédit, Netflix a déconseillé l’une de ses futures séries les plus attendues de 2022 aux moins de 18 ans. The Sandman, adaptation de l’un des comics de Neil Gaiman, est en destiné à un public mature en raison des thématiques abordées et transposées à l’écran, telles que la drogue, le suicide et l’automutilation.

La série portée par Tom Sturridge devrait donc être fidèle au matériau d’origine, qui suivait les personnes et les lieux affectés par Morpheus, le roi des rêves, alors qu’il répare les erreurs cosmiques et humaines qu’il a commises au cours de sa vaste existence.

À noter qu’il n’y a pas beaucoup de programmes originaux déconseillés aux moins de 18 ans sur Netflix. Une autre œuvre d’un tout autre genre est également déconseillée aux mineurs : il s’agit de la série érotique Sex/Life, contenant beaucoup de nudité, de scènes de sexe et de full frontal.

Basée sur le roman 44 Chapters About 4 Men de B.B. Easton, Sex/Life raconte le quotidien morne de Billie (Sarah Shahi), une femme qui s’échappe de sa vie d’épouse rangée en écrivant dans son journal intime ses plus grands fantasmes.

Cela lui permet de se rappeler aussi de son passé torride où elle multipliait les conquêtes d’un soir mais aussi de sa relation avec Brad (Adam Demos), son ex qu’elle n’a jamais vraiment oublié et qui lui faisait passer des nuits enflammées.

Carton sur Netflix, Sex/Life s’est révélée être un plaisir coupable pour les abonné(e)s de la plateforme avec une intrigue venant émoustiller son public et des scènes assez graphiques qui correspondent à un public adulte. Le géant américain a sans surprise renouvelé la série pour une saison 2, actuellement en production.

19 janvier 2022

Gaspard Ulliel, victime d'un accident de ski, est mort à l'âge de 37 ans

L’acteur Gaspard Ulliel est décédé à l'âge de 37 ans ce mercredi 19 janvier 2021. La triste nouvelle, confirmée par son agent, a été annoncée par Le Parisien. Victime d'un grave accident de ski le mardi 18 janvier sur le domaine de la Rosière, en Savoie, le comédien, césarisé pour ses rôles dans Un long dimanche de fiançailles (2005) et Juste la fin du monde (2017), qui avait subi un important traumatisme crânien, était resté inconscient depuis son hospitalisation. D'après les informations transmises par la gendarmerie le jour du drame, le pronostic vital du comédien était engagé dès l'arrivée des secours.

Mardi 18 janvier dans l'après-midi, Gaspard Ulliel avait été transporté par hélicoptère vers le CHU de Grenoble. Selon les premiers éléments de l'enquête ouverte par le parquet d'Albertville, c'est un autre skieur qui aurait déstabilisé l'acteur et entraîné sa chute. Contacté par nos confrères de BFMTV, l'agent de l'interprète de Saint-Laurent avait alors indiqué qu'il ne "(souhaitait) pas en dire plus".

Quelques jours seulement avant l'accident mortel, Gaëlle Pietri, la mère de son fils Orso, était reste silencieuse concernant l'état de santé de celui qui était aussi mannequin. Toutefois, il y a quelques jours, la jeune femme avait posté une vidéo sur laquelle on voyait leur fils de 6 ans dévalant les pistes de ski à l'occasion de son anniversaire. Il n'était pas précisé dans le post si Gaspard Ulliel était ou non du voyage.

Discret sur les tapis rouges ces derniers mois, l'acteur, qui a tourné pour André Téchiné, Jean-Pierre Jeunet ou encore Xavier Dolan, s'apprêtait à faire son grand retour. Le 30 mars prochain, il sera à l'affiche de la nouvelle série signée Marvel, Moon Knight, qui sera disponible sur Disney+. Dans ce nouveau projet, Gaspard Ulliel, qui incarne le personnage de Anton Mogart alias Midnight Man, cotoie les acteurs Oscar Isaac et Ethan Hawke.

Neve Campbell explique pourquoi elle a tout de suite dit à son fils qu'il a été adopté

Lorsqu’elle a adopté son deuxième enfant, Neve Campbell a rapidement décidé qu’elle ne lui cacherait jamais que ses parents ne sont pas ses géniteurs biologiques. L’actrice de Scream, qui est maman de Caspian, neuf ans, et de Raynor, bientôt quatre ans, a expliqué dans le Kelly Clarkson Show pourquoi elle n’avait pas voulu mentir au cadet de ses fils.

« J’ai lu beaucoup de choses à ce sujet. Je pense qu’à une époque, nous pensions que nous devions leur cacher tout cela et le leur jeter à la figure lorsqu’ils auraient 21 ans pour que toute leur réalité s’écroule, ce qui est tout à fait logique », a-t-elle ironisé, avant de reprendre : « Les conseils que j’ai reçus étaient les suivants : avant même qu’ils ne comprennent la langue, parlez de leur mère biologique, parlez de leur histoire. Dites-leur qui ils sont. »

De fait, Neve Campbell a demandé à Cynthia, la mère biologique de son fils, de prendre des photos d’elle et d’écrire une lettre à l’enfant. Mais elle est allée beaucoup plus loin. « Elle a même créé pour lui un album entier de photos d’elle, de choses sur sa vie et de choses qu’elle aime (…) Il ressent cette relation avec elle et je pense que c’est très important, parce qu’ils vont avoir besoin de ce lien », a-t-elle ajouté.

Neve Campbell avait révélé cette adoption pour la première fois en 2018 en postant sur Instagram une photo de sa famille marchant derrière une poussette. « Il s’appelle Raynor et nous sommes follement amoureux de lui. Notre fils Caspian, âgé de six ans, est aux anges et demande tous les matins : "Je peux tenir mon bébé ? Je peux nourrir mon bébé ? Je peux jouer avec mon bébé ?" », avait-elle écrit en
légende.

Gaspard Ulliel hospitalisé après avoir été grièvement blessé dans un accident de ski en Savoie

Il serait entré en collision avec un autre skieur au croisement de deux pistes bleues, avance un porte-parole de la station de La Rosière (Savoie). Gaspard Ulliel a été grièvement blessé mardi dans un accident de ski, affirme l’AFP ce mercredi, citant la procureure d’Albertville, Anne Gaches, et confirmant une information de nos confrères de BFMTV.

L’acteur de 37 ans a été transporté par hélicoptère au CHU de Grenoble (Isère). Selon la gendarmerie, son pronostic vital était engagé mardi, mais aucun élément n’a filtré sur son état de santé ce mercredi. Le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête, confiée à la CRS Alpes.

Gaspard Ulliel a été révélé en 2003, à 19 ans, dans Les Egarés d’André Téchiné au côté d’Emmanuelle Béart. Son interprétation d’un soldat de la Première Guerre mondiale dans Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet, lui a valu le césar du meilleur espoir masculin en 2005.

Ce fils de deux stylistes a notamment incarné le célèbre couturier Yves Saint Laurent dans le biopic réalisé par Bertrand Bonello en 2014. En 2017, il a décroché le césar du meilleur acteur pour son rôle dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan. Menant également une carrière à l’international, il sera bientôt à l’affiche de la série Marvel Moon Knight, attendue sur la plateforme Disney+.

Bande-annonce de Maigret avec Gérard Depardieu

Après son apparition remarquée en éditeur excentrique dans Illusions Perdues de Xavier Giannoli, Gérard Depardieu est de retour au cinéma avec un autre film d'époque : Maigret.

Cette fois, le célèbre commissaire créé par Georges Simenon enquête sur la mort d’une jeune fille. Rien ne permet de l’identifier, personne ne semble l’avoir connue, ni se souvenir d’elle. Il rencontre une délinquante, qui ressemble étrangement à la victime, et réveille en lui le souvenir d’une autre disparition, plus ancienne et plus intime…

Après Obélix ou Cyrano, Depardieu s'attaque cette fois à une nouvelle figure populaire de la littérature européenne : le commissaire Maigret ! Le comédien arbore tous les éléments caractéristiques de ce héros : long manteau, chapeau vissé sur la tête, sans oublier sa fameuse pipe.

Patrice Leconte, réalisateur de la saga Les Bronzés, a dirigé cette nouvelle version du roman Maigret et la jeune morte, publié en 1954. Ce récit a déjà connu quatre adaptations en téléfilms de 1959 à 1973, dont une avec l'inévitable Jean Richard.

La dernière apparition au cinéma du personnage date de 1968, avec la sortie de Maigret fait mouche, coproduction italo-autricho-franco-allemande. Ce film adaptait le roman La Danseuse du Gai-Moulin, qui met Maigret (Heinz Rühmann) face au mystère entourant le meurtre d'un gardien de musée au cours du vol d'un tableau de van Gogh. 

Jules Maigret a souvent été joué au cinéma ou à la télévision. Il l'a notamment été à 54 reprises en 14 ans par Bruno Crémer dans la série et les téléfilms Maigret durant les années 90. Jean Richard s'est glissé 88 fois dans ce costume dans une série qui débuta en 1967.

Au cinéma, le personnage a été initialement représenté par Pierre Renoir dans La Nuit du carrefour (réalisé par son frère Jean Renoir en 1932), puis à trois reprises par Jean Gabin, et le Canadien Maurice Manson, Albert Préjean, Abel Tarride, Harry Baur, Charles Laughton, Michel Simon, Heinz Rühmann, Michael Gambon, Rupert Davies, Rowan Atkinson, Kees Brusse ou Gino Cervi... la liste est encore longue.

Maigret version Gérard Depardieu mènera son enquête jusqu'au bout à partir du 23 février 2022. Il sera entouré au casting par Mélanie Bernier, Jade Labeste et Aurore Clément. 

Michael Cimino - un mirage américain : un documentaire majeur sur un réalisateur visionnaire

En avril 2010, le Critique et cinéaste Jean-Baptiste Thoret prend la route avec Michael Cimino, de Los Angeles au Colorado. "Si vous voulez comprendre mes films", lui avait alors dit le réalisateur de Voyage au bout de l’enfer, "vous devez voir les paysages où ils ont été tournés". Ce road-movie oral et enregistré deviendra d’abord un profil publié dans les Cahiers du Cinéma puis un livre, Michael Cimino, les voix perdues de l’Amérique (édité chez Flammarion). Dix ans plus tard, Cimino n’est plus, mais son fantôme continue de hanter certains replis de l’espace américain.

Tourné au cours de l’hiver 2020, et monté durant l'année du début de la pandémie, Michael Cimino, un mirage américain a d'abord été diffusé il y a quelques temps dans un format de 52 min sur la chaîne Arte, sous le titre Michael Cimino : God Bless America.

Dans cette version en salle de plus de deux heures, Jean-Baptiste Thoret repart sur les traces de Michael Cimino, à la recherche de son Ouest, cette Amérique réelle et fantasmée qui a irrigué et donné la chair de ses films, des espaces grandioses du Montana où il a tourné La Porte du paradis, à la communauté de Mingo Junction, Ohio; cette petite ville sidérurgique qui a servi de décor à Voyage au bout de l’enfer. 

Michael Cimino, un mirage américain est le portrait d'un cinéaste qui reste un des très rares exemples de réalisateurs dont la carrière fut tuée net alors qu'il était en pleine ascension après ses débuts fulgurants, pour être crucifié à peine deux ans plus tard en raison de l'échec de La Porte du Paradis et sa cruelle démystification de l'Ouest américain, provoquant la faillite de la United Artists.

Encore que Thoret ne partage pas tout à fait cette analyse, comme il l'expliquait d'ailleurs dans une interview publiée dans le journal Libération dans l'édition du week-end du 15-16 janvier. Si le cinéaste avait pu brillamment se remettre en selle avec la fabuleuse Année du dragon, c'est surtout Le Sicilien, en 1987, qui actera le décès prématuré de Cimino.

Torturé, inadapté à la machine hollywoodienne, l'homme était aussi génial qu'il avait un égo surdimensionné, intransigeant et incapable de faire des compromis, artistiques ou financiers, qui auraient pu brider sa vision. Le film est d'ailleurs riche en anecdotes, racontées notamment par Oliver Stone, qui lâche : "s'il avait travaillé plus simplement, fouillé en lui-même, il se serait rendu service. Cela aurait mieux servi sa vision. [...] Il a voulu briser toutes les règles trop vite. Il aurait pu ralentir un peu et travailler plus. Je ne pense pas qu'il soit mort en ayant achevé son oeuvre, en tant qu'artiste".

Si Quentin Tarantino refuse de tomber dans le jeu des commentaires sur l'ascension et la chute du cinéaste, préférant décortiquer avec la passion qui le caractérise l'importance de l'oeuvre du cinéaste disparu, James Toback, qui écrivit notamment un scénario pour lui sur le parrain de la mafia Frank Costello, n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat. "En tant que réalisateur, on sent chez lui cette nature obsessionnelle, maniaque et fétichiste. Tout était fait comme il pensait et voulait que ce le soit. Il n'y avait pas de compromis possible".

Les propos de Toback, qui parsèment régulièrement le documentaire, sont très intéressants. Mais on peut aussi s'interroger sur sa présence peut être problématique dans le film; lui qui fut pris dans le sillage de la tempête de l'affaire Weinstein, avec plus d'une centaine de témoignages accablants le concernant, dont celui de Julianne Moore...

Ponctuant le documentaire de sa voix douce, Cimino se révèle aussi être un cinéaste du paradoxe, pestant puis se résignant contre une industrie hollywoodienne qui l'a depuis longtemps marginalisé et bridé sa créativité. Tout en louant une époque révolue, les années 30 et 40; celle où les Majors faisaient tourner sous contrats des cinéastes comme John Ford, qu'il admire profondément. Une époque où, justement, la mainmise et le contrôle des studios étaient absolus, et laissaient peu d'espace à la liberté artistique revendiquée par Cimino.

"A l'époque de John Ford, c'était plus sain de travailler continuellement, trois films par an au lieu d'un seul tous les vingts ans. Cela ne donne pas toujours des films excellents, mais c'est moins brutal que le lancement d'un film indépendant dans l'industrie cinématographique actuelle" disait Cimino à Jean-Baptiste Thoret dans leurs entretiens.

Ce dernier lui demandait alors s'il n'avait pas, au fond, le sentiment d'appartenir à une génération précédente, arrivant trop tard pour mettre en place sa vision. A la manière d'un Sam Peckinpah d'ailleurs, dont la carrière tumultueuse fut émaillée de batailles perdues car vouées à un perpétuel porte-à-faux. Un cinéaste que Cimino appréciait beaucoup. "Vous avez raison, j'aurai préféré ce rythme. Je me souviens, et je trouve cela fou, Victor Flemming a réalisé Autant en emporte le vent et Le Magicien d'Oz la même année ! Je préfère ça !"

On pourrait encore nourrir abondamment cet aspect longuement évoqué dans le documentaire, émaillé de souvenirs émus du cinéaste, qui souligne aussi que les Critiques américaines se sont surtout déchaînées sur lui plutôt que sur ses films.

C'était d'ailleurs un cinéaste encore blessé par ces attaques et les rumeurs qui courraient dans les couloirs d'Hollywood, bien des années après la sortie de ses films, que nous avions eu l'immense plaisir de longuement rencontrer en 2013, lorsque son chef-d'oeuvre absolu La Porte du Paradis était ressorti en version restaurée et intégrale.

Et c'est non sans une certaine émotion que nous avons retrouvé et entendu dans le documentaire de Jean-Baptiste Thoret certaines des considérations et introspections de Cimino, sur ses maîtres, son rapport au cinéma et à la puissance de l'image, de son cinéma.

Sur les 2h11 du documentaire, Jean-Baptiste Thoret consacre une large part -plus de 30 min-, dès l'ouverture de son film, à retourner dans la petite ville de Mingo Junction. Jadis prospère et florissante grâce à son industrie sidérurgique et ses hauts fourneaux, elle n'est désormais plus que l'ombre d'elle-même, comme une ville quasi fantôme, vidée peu à peu de ses habitants. Les hauts fourneaux, poumon économique de la région, se sont éteints depuis longtemps. 

Une victime de plus dans la longue liste des villes situées dans la Rust Belt, elle qui avait accueilli avec enthousiasme le tournage de Voyage au bout de l'enfer. La rencontre avec les habitants qui se souviennent, qui ont aussi pour certains participé, et racontent à quel point le film a su capter le coeur et l'âme de ses habitants, est quelque chose de très émouvant. Surtout lorsque l'un d'eux, figurant dans le film, raconte sa propre expérience de la guerre du Viêtnam, après une discussion autour de la légendaire scène de la roulette russe dans le film. Une des plus grandes scènes de l'Histoire du cinéma.

"Le tournage du film a changé la vie de certains" raconte l'un d'eux; "ils se sont soudain senti importants, parce qu'on avait choisi de faire ce film ici". John Savage, également présent dans le film, abonde : "ils se sentaient reflétés par le film. Ils avaient perdu des gens à la guerre. Ces petites villes sont sûrement celles où il y a eu le plus d'engagés volontaires. C'est encore vrai aujourd'hui".

Et l'on a le coeur serré. Parce que de nombreux lieux utilisés lors du tournage du film ne sont plus, ou tombent en ruine, faute d'entretien et d'argent. Une question de priorité aussi, dans une ville qui survit désormais, plus qu'elle ne vit. Et aussi parce que c'est tout un pan d'une certaine culture américaine, nostalgique et désenchantée, fière et parfois dure, qui disparait peu à peu.