23 novembre 2025

De Nuremberg à Nuremberg : il y a 37 ans, ce chef-d'oeuvre a bien failli ne jamais sortir

S'il diffère naturellement par sa forme des oeuvres fictionnelles, le champ émotionnel ouvert par le documentaire peut être d'une puissance absolument dévastatrice. Parce qu'il aborde des sujets touchant parfois à l'intime, des questions qui nous heurtent profondément et nous interrogent sur notre rapport au monde et sa perception. Nous tend aussi parfois le miroir d'un passé que la conscience et la mémoire collective a pris soin d'enterrer.

Par sa durée, son intensité, son échelle planétaire, l'ampleur terrifiante de ses destructions, sa dimension génocidaire et industrielle de ses crimes de masse, la Seconde Guerre mondiale a toujours constitué un terreau fertile pour le cinéma de fiction, qui n'en finit pas de puiser abondamment dedans.

Le constat est le même pour son approche documentaire : il existe une quantité industrielle d'oeuvres ayant pour sujet le conflit le plus meurtrier de l'Histoire de l'Humanité, avec ses 80 millions de morts.

Dans la galerie des oeuvres sommes, particulièrement mémorables en la matière, figure un chef-d'oeuvre absolu sorti il y a 36 ans : De Nuremberg à Nuremberg, réalisé par Frédéric Rossif et Philippe Meyer.

Deux ans de travail à l'écriture et au montage pour accoucher d'un monumental documentaire fleuve de 4h en deux parties, qui balaye l'histoire de l'Europe entre le congrès du parti hitlérien à Nuremberg en 1935, baptisé "Triomphe de la volonté", et le procès des criminels de guerre dans cette même ville symbole, de novembre 1945 à août 1946.

Tout en décrivant l'enchaînement des faits, Rossif et Meyer remontent aux causes, à la génèse des fascismes, au rôle du communisme stalinien, pour dresser un tableau terriblement lucide, poignant et effrayant de la première moitié du XXe siècle. Celle que l'immense historien britannique Eric Hobsbawm avait qualifié comme étant "l'âge des extrêmes".

"Ce film a été fait par deux générations : celle qui a connu cette époque, comme Frédéric Rossif, qui s'était engagé dans la Légion étrangère durant la guerre. Et par moi qui suit de la génération d'après. Une génération de 14 ans, qui s'est toujours demandé ce qu'elle aurait fait durant cette période" racontait Philippe Meyer, dans un entretien vidéo, Ecrire de Nuremberg à Nuremberg, mené en 2003 à l'occasion de la parution en DVD du film aux éditions Montparnasse. "Evidemment, on ne le sait jamais, parce qu'on ne sait absolument pas si on a le courage physique ou moral de faire les choses".

Rossif, grand spécialiste du montage à qui l'on devait le déjà remarquable Mourir à Madrid en 1963 qui évoquait la guerre d'Espagne, voulait transmettre cette tragédie qui l'avait personnellement affecté puisqu'une partie de sa famille en était morte.

"Mais il ne voulait pas la transmettre n'importe comment. [...] Il était trop facile de faire un film d'indignation, 40 ans après. Ni de faire un film où on faisait la morale à tout le monde, ce qui aurait été obscène. On s'est tout de suite mis d'accord sur le fait qu'il fallait aussi montrer des destins individuels, et pas seulement la macro Histoire. Nous voulions faire un film à la fois très ambitieux, mais aussi avec une large audience".

De là une impitoyable sélection d'images d'archives, parfois rares, qui se téléscopent grâce à un fabuleux montage de Rossif, en symbiose absolue avec les commentaires écrits et dits par Philippe Meyer lui-même, d'une extraordinaire intelligence, jamais manipulateurs. Et puissamment soutenus par la musique de Vangélis. Pour livrer, in fine, un résultat proprement foudroyant.

"Frédéric était un virtuose du montage, avec une idée maîtresse : on ne prend pas la place de celui qui nous regarde. On ne lui dit pas ce qu'il doit ressentir. On l'informe. Donc cela supposait, au niveau de l'écriture, le moins d'adjectifs et d'adverbes possible".

S'il fut prévu un temps qu'un acteur dise le texte, Meyer changea rapidement d'avis. "Je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas donner ça à un comédien, parce qu'il ne pourrait pas s'empêcher de jouer le texte" expliquait-il.

Si le documentaire Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls a marqué l'Histoire en provoquant à l'époque de sa sortie un séisme, en brisant l'image faussement unanime d'une France entièrement résistante durant l'Occupation, De Nuremberg à Nuremberg a su, lui aussi, contribuer au débat publique sur cette sombre période de l'Histoire. Le documentaire est d'ailleurs devenu un des éléments pédagogiques majeurs de l'enseignement de l'Histoire du XXe siècle dans les lycées.

Ce chef-d'oeuvre a pourtant bien failli passer à la trappe. Diffusé en novembre 1989 sur Antenne 2 dans l'émission Les Dossiers de l'écran, le documentaire était en réalité prêt depuis deux ans. "Il est resté dans les placards de la chaîne pour différentes raisons" expliquait Meyer, "qui étaient qu'il ne fallait pas diviser les français. En raison aussi de la campagne présidentielle de 1988, dans laquelle il y avait un candidat d'extrême-droite, et qu'on aurait pu accuser la chaîne d'orienter le vote avec la diffusion du film".

Et Meyer de conclure sur ces mots qui résonnent encore aujourd'hui, à l'heure où l'on commémore justement les 80 ans de l'ouverture des procès historiques de Nuremberg : "le dernier argument opposé, qui a d'ailleurs, lui, failli aboutir au retrait de la diffusion du film : "le nazisme, non merci, ca n'intéresse plus personne".

Envie de découvrir De Nuremberg à Nuremberg ? Il est encore disponible en DVD.

22 novembre 2025

Furcy né libre : bande-annonce du drame historique d’Abd Al Malik

Présenté au dernier Festival d’Angoulême, Furcy né libre est librement adapté du livre L'affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui. Abd Al Malik (Qu’Allah bénisse la France) porte à l’écran cette figure historique méconnue sur un scénario signé Etienne Comar (Des hommes et des dieux).

Synopsis : Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l'esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l'aide d'un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits. 

 "Cette histoire  signifie quelque chose de fondamental aujourd'hui, au XXIe siècle... par rapport aux temps que l'on traverse en France et dans le monde", explique Ab Al Malik dans le dossier du presse du film. 

"Ça parle de nous, toutes et tous. C'est l'histoire de l'esclavagisme, mais pour moi Furcy est davantage un film sur son abolition. Et la réalité est que je m'adresse aux humains que nous sommes. Aimé Césaire disait : 'Noir comme un département de l'humanité'. Et moi, je pars du fait que je suis noir et que c'est mon histoire, comme on peut partir du fait qu'on est femme, comme on peut partir de fait qu’on vient de tel milieu socio-culturel favorisé ou défavorisé, etc... La réalité, c’est que je parle de toutes et à tous."

Furcy né libre est porté par un casting impressionnant, avec Makita Samba (Les Olympiades) dans le rôle-titre, Romain Duris, Ana Girardot et Vincent Macaigne. Il sortira au cinéma le 14 janvier 2026.

Hurricane Carter : il y a 25 ans, Denzel Washington a rejeté l'Académie des Oscars après sa défaite

Il fut un temps où Denzel Washington participait activement à la vie de l’Académie des Oscars. Mais au tournant des années 2000, une expérience amère lui a fait prendre ses distances, au point de ne plus vouloir voter pour ses pairs.

À l’époque, l’acteur est déjà auréolé d’un Oscar du Meilleur second rôle pour Glory (1990). En 2000, il revient dans la course, cette fois dans la catégorie reine : le Meilleur acteur. Son interprétation du boxeur Rubin “Hurricane” Carter, accusé à tort d’un triple meurtre dans le biopic Hurricane Carter, l’oppose alors à Richard Farnsworth, Russell Crowe, Sean Penn et Kevin Spacey, favori pour American Beauty.

Lorsque le nom de Kevin Spacey est finalement annoncé, Denzel Washington vit la scène comme une humiliation silencieuse. Il raconte en 2024, dans les pages de Variety, que ce moment l’a marqué bien au-delà de la simple déception d’un prix perdu. Il se souvient s’être retourné dans la salle et avoir eu l’impression que tous les regards convergeaient vers lui – même s’il reconnaît avec le recul que ce sentiment était sans doute amplifié par l’émotion du moment.

Voici ses propos : “Aux Oscars, ils ont appelé Kevin Spacey pour American Beauty. J’ai le souvenir de me retourner et de le regarder, et personne ne se levait excepté les gens autour de lui. Tout le monde me regardait. Peut-être n’était-ce pas le cas, peut-être que c’est la façon dont je l’ai perçu. Peut-être que j’ai imaginé que tous les regards étaient sur moi, car pourquoi tout le monde me regarderait ? À y repenser, je ne pense pas que c’était le cas.”

Cette frustration se transforme alors en lassitude, puis en rejet de la cérémonie. Pendant plusieurs années, c’est sa femme, Pauletta, qui continue à regarder les films en lice. Lui, au contraire, s’en détourne complètement : “J’ai traversé une période où [ma femme] Pauletta regardait tous les films à Oscars – je lui ai dit que je m’en fichais. Eh : ‘Ils m’ignorent ? Je les ignore.’ Vous votez. Vous les regardez. Je ne regarde pas ça. J’ai abandonné. Je suis devenu amer.”

Il avoue même être rentré chez lui ce soir-là en cherchant du réconfort dans l’alcool, tout en refusant l’idée qu’il en voulait à Spacey personnellement : “Cette nuit-là, je suis certain que je suis rentré chez moi et que j’ai bu. Je ne veux pas donner l’impression que j’étais en mode : ‘Il a gagné mon Oscar’, ou quelque chose du genre. Ce n’était pas ça.”

Sans s’attarder sur la victoire de Kevin Spacey – dont le nom sera plus tard éclaboussé par plusieurs accusations d’agressions sexuelles, soldées par deux acquittements à New York et Londres – Denzel Washington préfère, dit-il, “laisser cela entre Spacey et Dieu”.

“Vous savez, on parlait en ville de ce qui se passait de ce côté de la rue, et c’est entre Dieu et [Kevin Spacey]. Je n’ai rien à voir avec ça. Je prie pour lui. C’est entre lui et son créateur.”

Ironie du sort : deux ans après cette fameuse défaite, Denzel Washington remportera finalement son deuxième Oscar, cette fois pour son rôle dans Training Day, et se rendra bien sur scène pour le récupérer. Et malgré sa relation compliquée avec l’Académie, celle-ci lui accordera encore plusieurs nominations au cours de la décennie suivante, notamment pour Flight, Fences, L’Affaire Roman J. et The Tragedy of Macbeth.

1 dollar : c'est ce qu'a été payé Quentin Tarantino pour réaliser une scène de

Sorti au début des années 2000, Sin City a en quelque sorte préfiguré l’engouement des studios hollywoodiens pour les adaptations de comic books. Pourtant, le roman graphique de Frank Miller ne se range pas du tout dans le genre des super-héros, mais tire au contraire son inspiration des films noirs et des romans pulp américains des années 30.

Présenté en grandes pompes au Festival de Cannes 2005, Sin City met en scène un parterre de superstars, telles que Bruce Willis, Jessica Alba ou encore Benicio Del Toro. Le film a également permis de remettre sur le devant de la scène Mickey Rourke, après des années d’errance, plus vrai que nature dans le rôle de la brute au grand cœur Marv.

Pas moins de trois réalisateurs sont crédités au générique du film. Robert Rodriguez, grand fan du roman graphique au point d’avoir réussi à convaincre Frank Miller de réaliser le film à ses côtés, mais également Quentin Tarantino. Alors au sommet de sa gloire grâce au succès rencontré par les deux volets de Kill Bill, ce dernier n’a toutefois mis en scène qu’une seule séquence du film.

Sin City adapte trois tomes du comics, dont les histoires s’entrecroisent au fil du récit : Sin City, Le Grand Carnage et Cet enfant de salaud. La scène réalisée par Quentin Tarantino se situe dans la deuxième histoire. Cette conversation en huis clos dans une voiture ne figure pas dans la BD, et a donc permis au cinéaste de faire parler sa créativité.

Sujet d’une hallucination, Dwight McCarthy (Clive Owen) entame une conversation avec le corps sans vie Jackie Boy (Benicio Del Toro), un flic corrompu et abattu par le gang de prostituées qui règne sur l’un des quartiers de la vieille ville. Son cadavre doit disparaître à tout prix pour éviter que la police ne s’empare de l’affaire.

Pour le tournage de cette séquence, Quentin Tarantino n’a été payé qu’un dollar symbolique. Ce n’est évidemment pas l’appât du gain qui l’a convaincu de participer au projet, puisqu’il s’agissait pour lui de renvoyer l’ascenseur à son ami Robert Rodriguez. Ce dernier avait en effet accepté de composer plusieurs musiques pour Kill Bill volume 2, moyennant là aussi un salaire d’un dollar.

Les deux amis réalisateurs ont ainsi pu se rendre mutuellement service, et cet échange de bons procédés a ensuite permis à un autre projet de voir le jour : Grindhouse, un double long métrage horrifique co-réalisé ensemble, avec la participation d’autres amis cinéastes.

Le film Sin City co-réalisé par Robert Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino ne sera plus disponible sur Netflix à partir du 30 novembre prochain.

Casino : Sharon Stone a refusé de passer l'audition

"Quand on aime quelqu'un, il faut lui faire confiance. Y'a pas d'autres façons de faire. Il faut lui donner la clé de tout ce qui est à toi. Sinon, où est l'intérêt ? Et pendant un temps, j'ai cru que cet amour là, je l'avais..."

La réflexion de Sam "Ace" Rothstein au tout début de Casino résonne encore largement dans notre mémoire cinéphilique, près de 30 ans après sa sortie en salle en France. Casino, une oeuvre hypnotique, flamboyante, que beaucoup considèrent, à juste titre, comme l'acmé de l'immense carrière de Martin Scorsese.

En France, près de 1,6 million de spectateurs se laisseront séduire par l'ascension et la chute toute aussi spectaculaire et tragique des personnages de l'oeuvre de Scorsese. Avec une mention toute particulière pour la sublime Ginger Mc Kenna, virtuose de l'arnaque sombrant dans la déchéance, extraordinairement incarnée par Sharon Stone, qui trouvera ici rien de moins que le rôle de sa vie. Une performance saluée comme il se doit par un Golden Globe de la Meilleure actrice, et une citation à l'Oscar de la Meilleure actrice, qui reste à ce jour la seule pour la comédienne.

Treize ans après la sortie du film, l'intéressée en parlait encore avec une vive émotion, dans une interview accordée au journal The Guardian. "Je ne rajeunis pas. Mais vous savez, cela n'aurait pas pu arriver à un meilleur moment" se souvenait-elle dans l'entretien, à propos du formidable accueil critique du film, et de sa composition.

Scorsese ne tarira pas d'éloges la concernant. Il dira d'ailleurs dans le New York Times qu'il l'avait castée pour sa présence, irradiante de charisme : "vous pouvez vraiment croire qu'elle est l'arnaqueuse la plus respectée de Las Vegas".

Pourtant, la comédienne racontait en 2024, dans le podcast Fly on the Wall mené par les acteurs Dana Carvey et David Spade, qu'elle avait refusé initialement de passer les auditions pour le rôle. "Ils ont vu [NDR : Martin Scorsese et Robert de Niro] toutes les danseuses de Las Vegas, ils ont vu des tonnes et des tonnes d'actrices, et quand le projet de Casino est sorti, je me suis dit : "Je ne vais pas faire la queue avec les danseuses, et je ne vais pas faire la queue avec les 3000 autres actrices".

Sharon Stone et Martin Scorsese ont joué au chat et à la souris, en quelque sorte. Dans le commentaire audio du Blu-ray du film, la comédienne explique que ses deux premières auditions furent successivement annulées par le cinéaste. Légitimement contrariée, Stone pensa alors que Scorsese n'avait finalement aucun intérêt pour son audition.

Lorsqu'il la contacta pour tenter une troisième fois l'audition, elle opposa une fin de non recevoir, et sortit dîner au restaurant avec un ami. Marty a fini par la retrouver, et se pointa au restaurant pour lui demander de passer l'essai. Belle persévérance.

"Je me sentais au bon endroit, au bon moment" expliquait la comédienne dans son entretien accordé au Guardian. "J'ai longtemps pensé que les gens ne savaient au fond pas quoi faire de moi. Je ressemblais à une poupée Barbie, et j'avais cette voix dans ma tête comme si j'avais passé ma vie dans un bar, en bredouillant des choses qui n'avaient aucun sens. Et finalement je me suis retrouvée avec Bob et Marty, qui me lâchaient "Vas-y, donnes tout ce que tu as, laisse-la sortir [NDR : son personnage de Ginger] de toi, c'est ça qu'on veut voir, voyons ce que tu peux faire !"

Avoir pu jouer dans Casino ? "C'est profondément gratifiant, pour deux raisons. La première, parce que je regarde le film et je réalise... C'est réel ! Je pouvais vraiment le faire. Je me suis battue pour pouvoir tourner avec les personnes de mes rêves. Battue pour pouvoir tourner avec le seul acteur avec qui j'espérais tourner un jour dans ma carrière, c'était un sommet pour moi... Et puis Marty... Et puis il y a cette tape dans le dos de vos pairs, qui est toujours gratifiante. Vous savez, vous n'en avez pas beaucoup des compliments de la sorte". Qu'elle se rassure. Presque 30 ans après, sa composition reste toujours aussi inoubliable.

Comment Glen Powell a été choisi pour être le nouveau Running Man

N'allons pas trop vite en besogne en désignant Glen Powell comme le nouvel Arnold Schwarzenegger, quand bien même la tentation serait grande dans la mesure où le Hangman de Top Gun Maverick a désormais deux points commun avec l'ex-Terminator : onze ans après avoir été, comme lui, au casting d'Expendables 3, l'acteur vu récemment dans Twisters est aujourd'hui la vedette de la nouvelle adaptation de Running Man. La seconde après celle portée par Schwarzy en 1987, qui brillait plus à cause de ses tenues en lycra que sa fidélité envers le roman original de Stephen King.

Dans la peau de Ben Richards, ouvrier qui devient le participant d'un jeu télévisé dans lequel il faut survivre pendant un mois, afin de sauver sa fille malade grâce au milliard de dollars promis au vainqueur, Glen Powell court, tombe, se relève, prend des coups, en donne... Les obstacles dressés par Edgar Wright sur son chemin sont nombreux, et l'acteur a dû en surmonter un, de taille, avant de pouvoir se lancer dans l'aventure : convaincre Stephen King en personne, qui a validé le choix de l'interprète principal de cette nouvelle version ciné de son roman publié en 1982.

"Edgar et moi étions d'accord sur ce point : le livre n'avait pas vraiment été adapté au cinéma", nous raconte le comédien. "Il y avait le film de 1987 avec Arnold Schwarzenegger, mais lui-même avait reconnu que, pour des raisons pratiques notamment, ils n'avaient pas pu l'adapter convenablement. Pour des questions de budget, il fallait que l'intrigue reste confinée entre les quatre murs d'un studio, alors que notre film se déroule dehors, dans le monde réel. Ce qui est une idée très complexe, quand le monde entier vous pourchasse (rires) Ça change l'équation de ce que vous devez filmer."

"Je ne sais pas vraiment ce que Stephen a vu en moi, en-dehors du fait que Ben devait ressembler à un monsieur tout-le-monde, car c'était très important pour lui. Le Ben Richards qu'il a créé doit incarner les luttes de tout le monde : il veut protéger sa famille alors qu'un pouvoir oppressif cherche à rabaisser les gens. Pour ce qui est d'Edgar, il était important de ne pas avoir un héros d'action, quelqu'un qui serait d'emblée prédisposé à gagner et rester en vie." "Il était primordial pour moi que le héros ait l'air d'être quelqu'un que vous pourriez connaître, pour que l'on puisse s'identifier à lui", confirme le réalisateur et co-scénariste.

"Parfois, dans les films d'action, vous vous retrouvez avec des personnages, ou même des acteurs, qui sont énormes, et ça les établit comme des super-héros dès le début du film. Là il fallait avoir en tête que Ben Richards est un gars qui vient de la rue. Un type comme les autres, un père sans emploi. Je pensais que Glen saurait incarner cette facette de Ben, et ainsi rendre le récit plus excitant."

"J'espère être au début de ma carrière, dans le sens où vous ne m'avez jamais vu faire autant de choses de ce genre", reprend Glen Powell en souriant. "Donc ça peut permettre au public de ne pas pouvoir déterminer à l'avance si Ben va pouvoir survivre ou non. Ça a dû jouer, tout comme mon sens du déguisement qu'il y avait dans Hit Man et que l'on retrouve un peu chez Ben Richards." Si le succès est au rendez-vous pour ce Running Man, nul doute que le statut de l'acteur va changer, à tel point que c'est lui que l'on comparera à Arnold Schwarzenegger dans un futur plus ou moins proche, au moment de choisir le héros d'un nouveau film d'action.

21 novembre 2025

Olivier Lejeune gravement malade, il tire sa révérence la mort dans l’âme

Cela fait plus de 50 ans qu'Olivier Lejeune monte sur scène. C'est au début des années 1970 qu'il se fait connaître en tant que chansonnier, aux côtés de Patrick Green. Le duo a rencontré un grand succès discographique, avec plus de deux millions d'exemplaires, grâce à leur sketch Pot pour rire, Monsieur le Président.

Depuis, le comédien a multiplié les projets et les apparitions sur scène. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin... Et certains drames nous frappent sans qu'on s'y attende. Alors qu’il était en pleine tournée avec la pièce Monsieur Chasse de Feydeau, Olivier Lejeune a dû se retirer après seulement trois représentations.

Il était aussi attendu à Paris, en 2026, pour la pièce 60 jours de prison de Sacha Guitry. Mais son état de santé en a décidé autrement. L'acteur de 74 ans souffre d'un cancer du larynx et doit subir une trachéotomie totale début décembre, rapporte l'AFP.

"Pour moi, la scène, c'est définitivement terminé (…) Le ciel me tombe sur la tête, tout s'écroule. Obligé de tout annuler", a-t-il déclaré dans une publication Facebook, le cœur brisé. Celui qui a été formé au Centre dramatique de la rue Blanche, à Paris, doit faire ses adieux à la scène, à sa carrière, mais surtout à sa passion.

"Il était une voix — la mienne — qui m'a donné tellement de bonheur (théâtre, télé, cinéma, cabarets, one-man-show, masterclass, radios) que je n'imaginais pas qu'un jour elle me lâcherait", a-t-il ajouté, avant d'évoquer les "dommages collatéraux d'une radiothérapie en 2018".

Récemment, lorsqu'il était sur scène, le père d'Émilie ne pouvait pas performer sans un micro-cravate. C'est ce qui permettait de "garantir au public une écoute confortable". Un petit coup de pouce dont il avait déjà bénéficié cet été, lors des représentations de sa pièce Tout bascule au Théâtre Dejazet, à Paris. "Je vais tenter de compenser ce vide abyssal en écrivant (pièces, séries, longs métrages) (...) Une nouvelle carrière commence. Mais j'aurais tant adoré continuer la précédente !", a-t-il conclu.

Charlie et la chocolaterie (1971) est le film préféré de Salma Hayek

Une nuit en enfer, Wild Wild West, Frida, Bandidas ou, plus récemment, le Marvel Les Éternels... Sur plus de trois décennies, Salma Hayek s'est forgée une belle filmographie, s'imposant comme une figure majeure dans le paysage hollywoodien. Intéressant, donc, de savoir quel est le film préféré de la comédienne.

Interrogée par Cindy Pearlman dans le cadre de son ouvrage You Gotta See This, Salma Hayek révèle que son long métrage préféré est le premier Charlie et la chocolaterie, sorti en salles en 1971. Adapté de l'oeuvre de Roald Dahl, ce divertissement familial pas comme les autres raconte l'histoire de Charlie (Peter Ostrum, comédien à la carrière éphémère), un garçon issu d'une famille pauvre qui participe à un concours organisé par l'inquiétant Willy Wonka (Gene Wilder), le propriétaire de la fabrique de chocolat de la ville. Celui qui découvrira l'un des cinq tickets d'or cachés par ce dernier gagnera une vie de sucreries.

"J'adore le premier film Charlie et la chocolaterie. C'est le film qui m'a donné envie de faire du cinéma", déclare Salma Hayek. "Petite fille, je me souviens être assise en train de le regarder en m'imaginant que je pouvais gagner un ticket d'or et me rendre dans ce monde où absolument tout était possible ! Ça m'a fait réaliser que dans une rivière, il n'y avait pas forcément besoin d'eau, mais qu'il pouvait y couler un délicieux chocolat fondant. (...) Tout ce dont vous aviez besoin, c'était votre propre imagination."

"En regardant Charlie et la Chocolaterie, j'ai réalisé que tout était possible avec le cinéma", poursuit Salma Hayek. "J'étais une petite fille à Mexico quand j'ai réalisé ça. (...) "Voilà ce qu'un bon film peut faire pour vous : vous faire croire que tout est possible."

Clint Eastwood révèle quels sont les deux rôles qu'il préfère dans sa carrière

De L'Homme sans nom à l'inspecteur Harry en passant par Bronco Billy, Robert Kincaid, Walt Kowalski et Bill Munny, la carrière de Clint Eastwood ne manque pas de rôles culte. Mais quels sont les rôles dont l'acteur-réalisateur oscarisé est le plus fier ?

Dans l'ouvrage Conversations with Clint: Paul Nelson's Lost Interviews with Clint Eastwood, l'interprète de l'Homme sans nom était interrogé sur cette question, et voici sa réponse :

"Je pense que L'Inspecteur Harry et Josey Wales doivent être mes deux meilleures performances. Josey Wales est peut-être celle où je donne tout ce que j'ai. Pour ce genre de personnage, je dis beaucoup d'un homme en en disant le minimum. (...) La représentation d'un homme et son évolution au fil du temps, à travers ses rencontres avec d'autres personnes, sont montrées sans avoir à s'arrêter pour faire des scènes explicatives."

Même chose pour son rôle dans "Dirty Harry" : "Harry [Callahan] est [pensé] de la même façon, même s'il y a quelques scènes dont celle avec la femme de son collègue qui démissionne, qui sont un peu explicatives, mais pas trop. Elles abordent sa vie, puis s'en détournent."

Clint Eastwood conclut :

"Le plus important dans un art visuel ou une forme de communication comme le cinéma, peu importe comment on l'appelle, c'est de raconter sans insulter le public en lui disant : 'Bon, je vais vous lire une histoire pour vous endormir' ou 'Je vais vous lire des bandes dessinées à la radio'. Il faut raconter visuellement. Ils sont venus voir quelque chose de visuel et c'est ce qu'ils devraient avoir."

Des deux films cités, L'inspecteur Harry de Don Siegel (1971) est celui qui a le plus fait polémique à l'époque de sa sortie, le personnage étant jugé comme un "vigilante" qui applique sa propre justice à coups de 357 Magnum. Eastwood passera sa vie à décrire à quel point il est personnellement éloigné de ce policier à la gâchette facile.

Quant au western Josey Wales, hors-la-loi (1976), il lui a valu de passer devant la guilde des cinéastes américains pour avoir assuré la mise en scène à la place du réalisateur initialement choisi. Cela conduira à la création d'une "clause Eastwood" et à l'édiction de nouvelles règles pour les tournages aux Etats-Unis, afin qu'un tel "putsch" ne se reproduise pas. 

Timothée Chalamet se cache-t-il derrière le rappeur masqué EsDeeKid ?

Mais qui se cache derrière le masque d’EsDeeKid, ce jeune rappeur britannique qui cartonne outre-Manche sans jamais avoir dévoilé son identité ? Pour certains fans, il ne fait aucun doute qu’il s’agit de… Timothée Chalamet ! Ces spéculations vont bon train sur les réseaux sociaux, où EsDeeKid laisse seulement apercevoir ses yeux sur son compte Instagram qui compte plus de 412.000 abonnés. Pour de nombreux internautes, il aurait exactement le même regard que la star de Dune.

Une utilisatrice de TikTok, KJ. Freeman, a été l’une des premières à défendre cette hypothèse, expliquant son raisonnement dans une vidéo ayant déjà été vue plus d’un million de fois sur le réseau social chinois.

« Je n’ai pas de preuve réelle là-dessus », a-t-elle prévenu, avant de rappeler une apparition récente de l’acteur dans le public d’un concert londonien du rappeur Fakemink, avec qui EsDeeKid a collaboré cette année pour le tube LV Sandals. « C’est un acteur très célèbre », a-t-elle souligné. « Il est très occupé […] pourquoi prendrait-il le temps d’aller à un concert comme celui-là ? »

De plus, Timothée Chalamet a déjà manifesté son intérêt pour le rap par le passé, notamment dans une vidéo de ses années lycée où on le voit se mettre en scène sous le pseudonyme « Timmy Tim ». Plus récemment, l’acteur de Wonka a fait une apparition dans un clip de rap humoristique pour un épisode de Saturday Night Live diffusé en 2021.

Quant à l’accent d’EsDeeKid, qui serait originaire de Liverpool, KJ. Freeman a souligné qu’il était « dans l’ADN » de Timothée Chalamet de « faire ce genre de chose », autrement dit, d’adopter un accent du nord de l’Angleterre pour tromper le public.

Le magazine Rolling Stone a lui aussi étudié la question, sans pouvoir trancher définitivement. Aucun des deux artistes n’a commenté cette rumeur pour l’instant. EsDeeKid a en tout cas annoncé quelques concerts pour le début de l’année 2026. Il sera alors temps de comparer leurs emplois du temps, si le rappeur persiste à garder son masque en public…