15 novembre 2025

Dix ans après, la suite de La Famille Bélier est en développement

Avec près de 7,5 millions d’entrées, La Famille Bélier se hisse à la 34e places des plus grands succès de l'histoire du cinéma français. Véritable phénomène populaire, le film d’Eric Lartigau, sorti fin 2014, avait également été récompensé aux César, avec le prix du meilleur espoir féminin pour Louane. Et son remake américain, Coda, avait lui décroché l’Oscar du meilleur film et du meilleur scénario adapté en 2022. 

Plus de dix ans plus tard, on apprend qu’une suite est développée par Jerico Films & TV, la société d’Éric Jehelmann et Philippe Rousselet. Dans les colonnes du Film Français, Jehelmann explique :  

"Pendant dix ans, nous n’avions pas très envie de donner une suite à ce film, puisqu’il était bouclé. Mais à force d’en discuter avec Victoria Bedos, sa scénariste, nous avons trouvé, je crois, une très bonne idée. C’est un projet qu’elle coécrit avec Louis Pénicaut, comme ce fut le cas pour La plus belle pour aller danser. Nous le développons avec Studiocanal. Avec un tel film culte, générationnel, on ne peut pas décevoir. Et nous sommes condamnés à veiller à ce que ce projet ne soit pas une simple suite. Il faut donc un très bon script pour pouvoir convaincre toute cette famille de revenir".

La Famille Bélier raconte la vie d’une adolescente (Louane) fille de parents sourds (Karin Viard et François Damiens). On ne sait rien à ce stade de l’intrigue, ni du retour d’Eric Lartigau à la réalisation ou des stars du film au casting. 

En parallèle à son succès, La Famille Bélier avait fait l’objet d’une polémique à cause de l’absence d’acteurs sourds et d’une mauvaise utilisation de la langue des signes. Son remake américain avait lui fait appel à des comédiens sourds, dont Troy Kotsur qui avait remporté l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. 

14 novembre 2025

Morgan Freeman se dresse contre l'utilisation de l'IA qui reproduit sa voix

À 88 ans, Morgan Freeman aime toujours autant son métier d'acteur et n'est pas prêt de raccrocher. Il est, depuis mercredi, à l'affiche du troisième volet de la franchise Insaisissables. Dans une interview accordée au Guardian, la star américaine s'est étendue sur les travers actuelles de l'industrie hollywoodienne concernant l'intelligence artificielle.

Alors que Matthew McConaughey et Michael Caine ont récemment signé un contrat avec ElevenLabs pour autoriser la reproduction de leurs voix, l'acteur de Seven et des Évadés ne compte pas se laisser faire. "Mes avocats sont très, très occupés", lance-t-il.

"Je suis un peu énervé, vous savez. Je suis comme n'importe quel autre acteur : ne m'imitez pas avec de la contrefaçon, poursuit-il. Je n'apprécie pas ça et je suis payé pour faire ce genre de choses, alors si vous le faites sans moi, vous me volez."

En juin 2024, Morgan Freeman avait déjà été alerté par ses fans suite à des publicités qui utilisaient sa voix de façon illégale. Sur X, la star avait tenu a remercier ses admirateurs :

"Merci à mes incroyables fans pour leur vigilance et leur soutien qui m’ont permis de dénoncer l’utilisation non autorisée d’une voix d’IA m’imitant. Votre engagement contribue à préserver l’authenticité et l’intégrité. Je vous en suis reconnaissant."

Lorsque le journal The Guardian s'interroge sur une possible retraite, l'acteur - qui compte plus d'une centaine de films dans sa carrière - répond sans détour :

"Parfois, l’idée de la retraite me traverse l’esprit, mais dès que mon agent m’annonce qu’il y a un poste, que quelqu’un me veut ou qu’on m’a fait une offre, tout se résume à la même question : combien allez-vous payer, où allons-nous tourner ?"

"L’appétit est toujours là. Je reconnais qu’il a un peu diminué. Mais pas suffisamment pour que cela change grand-chose", conclut-il.

Kill Bill : 22 ans après la sortie du film, Quentin Tarantino va enfin dévoiler sa version longue

Si on ignore encore quel sera l'ultime film de Quentin Tarantino après l'abandon de The Movie Critic, le réalisateur - qui n'a rien mis en scène depuis Once Upon a Time… in Hollywood en 2019 - s'apprête pourtant à revenir au cinéma.

Le 5 décembre prochain, Lionsgate sortira en effet dans les salles américaines Kill Bill: The Whole Bloody Affair, qui regroupera Kill Bill : Volume 1 & Volume 2 et comportera entre 18 et 33 minutes de nouvelles images dont 7 minutes supplémentaires de séquence animée. La durée totale, révélée ce jour, sera de 4h41 avec une entracte de quinze minutes.

Vingt-deux ans après la sortie originale des films - projetés en salles avec six mois d’écart - les spectateurs pourront ainsi découvrir la version imaginée par Quentin Tarantino dès l’écriture. Dans un communiqué relayé par Variety au début du mois d’octobre, le cinéaste précisait que le film serait projeté en 70 mm et 35 mm.

"Je l’ai écrit et réalisé comme un seul film, et je suis très heureux d’offrir aux fans la possibilité de le voir comme tel", expliquait-il, avant d’ajouter : " Le meilleur endroit pour voir The Whole Bloody Affair, c’est dans une salle de cinéma, en 70 mm ou en 35 mm, avec tout le sang et les tripes projetés en majesté sur grand écran !"

Outre les séquences supplémentaires, The Whole Bloody Affair supprimera le cliffhanger de fin du premier volet ainsi que le résumé introductif de Kill Bill : Volume 2, réunissant les deux films en une seule histoire cohérente.

Kill Bill avait été écrit et tourné dès le départ comme un film unique, mais a été divisé en deux parties lors du montage afin de s’adapter aux salles. Le premier opus durait 1h52, tandis que le second atteignait 2h15.

Tarantino a toujours considéré Kill Bill comme un seul et même film : il avait d’ailleurs présenté sa version longue en avant-première au Festival de Cannes en 2006. Dès 2008, le cinéaste exprimait déjà sa volonté de sortir The Whole Bloody Affair en une seule partie au cinéma, mais le projet est resté dans les cartons jusqu’à aujourd’hui.

Au total, les deux films ont rapporté 333 millions de dollars au box-office international et ont été des succès critiques et publics, décrochant respectivement les notes spectateurs moyennes de 4,2 et 4,1 étoiles sur 5 sur AlloCiné. A date on ignore encore si cette version sortira dans les salles françaises.

Pour mémoire, Kill Bill suit La Mariée (Uma Thurman), une ancienne tueuse à gages laissée pour morte le jour de son mariage par son mentor Bill (David Carradine) et les membres de son escadron d’élite : Vernita Green (Vivica A. Fox), O-Ren Ishii (Lucy Liu), Elle Driver (Daryl Hannah) et Budd (Michael Madsen). Après quatre ans de coma, elle se réveille et entreprend une vengeance méthodique et sanglante contre chacun d’eux.

Lady Gaga se confie sur l'après tournage de A Star Is Born

Immense succès public et critique, de nombreuses nominations dans les plus prestigieuses cérémonies de récompenses et un Oscar de la Meilleure chanson originale à la clé pour le tube Shallow… L’expérience A Star is Born semblait avoir été un rêve pour Lady Gaga. Pourtant, l’artiste vient de révéler dans un entretien avec Rolling Stone qu'elle était en grande détresse psychologique à ce moment de sa vie.

Quatrième remake du film Une étoile est née de 1937, le long-métrage mis en scène par Bradley Cooper raconte l’histoire d’amour entre une star de country sur le déclin campée par le réalisateur lui-même et une chanteuse prometteuse jouée par l’interprète de Bad Romance. Plus le succès de la jeune femme grandit, plus son compagnon s’enfonce dans l’alcool et la drogue.

Très puissant, A Star is Born traduit parfaitement la complexité émotionnelle de l’addiction et des maladies psychologiques. Mais ce que le public ne savait pas jusqu’à aujourd’hui, c’était que la star du film elle-même souffrait de troubles mentaux au moment du tournage.

Lady Gaga a ainsi confié avoir tourné le film sous lithium, un traitement notamment utilisé chez les personnes souffrant de trouble bipolaire et reconnu comme l’un des meilleurs stabilisateurs d’humeur. Malheureusement, son état ne s’est pas amélioré les mois qui ont suivi le tournage, puisque directement après avoir mis en boîte A Star is Born entre avril et août 2017, elle s’est lancée dans une tournée pour la promotion de son album Joanne, qu’elle n’a pas pu finir.

En effet, la star explique avoir vécu une crise psychotique lors de cette tournée, et se souvient parfaitement du moment où elle a réalisé qu’elle ne pouvait plus continuer comme ça. "Il y a eu un jour où ma sœur m'a dit : ‘Je ne reconnais plus ma sœur’. Et j'ai annulé la tournée. Un jour, je suis allée à l'hôpital pour recevoir des soins psychiatriques. J'avais besoin de faire une pause. Je ne pouvais plus rien faire…", a-t-elle raconté à Rolling Stones. Avant d’ajouter :

"Je me suis complètement effondrée. C'était vraiment effrayant. Il y a une période où je ne pensais pas pouvoir m'en sortir…"

"Je me sens vraiment chanceuse d'être en vie. Je sais que cela peut sembler dramatique, mais nous savons comment cela peut finir", a continué Lady Gaga, ce qui fait notamment écho au final tragique de A Star is Born.

Aujourd’hui, l’actrice et chanteuse se considère comme "une personne entière, en bonne santé". Ce qu'elle affirme devoir à son fiancé, l’entrepreneur Michael Polansky, qui l’a aidée à remonter la pente, indiquant : "Être amoureuse de quelqu'un qui s'intéresse à ma vraie personnalité a fait une énorme différence."

13 novembre 2025

Kylie Jenner raconte sa première expérience au cinéma dans The Moment, de Charli XCX

Après un passage par la musique, Kylie Jenner s’est essayée au cinéma pour le prochain film de Charli XCX, The Moment, basé sur une « idée originale » de la chanteuse et cinéaste en herbe. L’histoire « suit une pop star montante à travers la célébrité et la pression de l’industrie tout en se préparant pour ses débuts en tournée », selon Deadline. La star de téléréalité et femme d’affaires y incarne son propre rôle.

Dans le podcast Khloé in Wonder Land de sa demi-sœur, Khloé Kardashian, la fondatrice de Kylie Cosmetics a fait part de ses appréhensions au début de l’aventure. « C’est évidemment très important », a-t-elle avoué, selon People. « Oh mon Dieu. Pour le film de Charli qui va sortir, j’étais… Khloé, j’ai eu tellement peur pendant des jours à l’idée de le faire. J’avais un tout petit rôle. Je veux dire, j’avais beaucoup de répliques, mais j’avais tellement peur. »

L’arrivée du tournage a aussi coïncidé avec un moment difficile pour Kylie Jenner, qui venait d’apprendre le décès de son ami de longue date et coiffeur, Jesus Guerrero. « Je me suis engagée, puis je me suis dit : "Je suis dans une situation difficile et je ne sais pas si, dans un mois, je serai en mesure de le faire" », s’est-elle rappelée.

La jeune femme est donc restée en contact avec le réalisateur Aiden Zamiri. « Je lui ai dit : "Je souhaite vraiment le faire. J’espère que ça ira mieux. Donnez-moi juste une chance. Je vais me reprendre en main". » Kylie Jenner a aussi pu compter sur le soutien de sa demi-sœur Kim Kardashian, elle-même à l’affiche de la série dramatique All’s fair. « À un moment donné, j’ai appelé Kim et je lui ai dit : "Je sais que tu es très prise par ton métier d’actrice en ce moment, mais j’ai juste besoin d’un peu d’encouragement et de quelques conseils" », a-t-elle expliqué. « Je lui ai lu les répliques telles que je les prononcerais, et elle m’a répondu : "Tu les dis parfaitement. Tu vas y arriver. C’est très facile". »

Et si Kylie Jenner a dû affronter le trac, aujourd’hui, la jeune mère n’hésiterait pas à se lancer dans d’autres projets en ce sens. « Je le ferais si c’était la bonne chose à faire et le bon rôle », a-t-elle assuré, avant de conclure : « J’avais très peur de le faire et j’étais très fière de moi quand je l’ai fait ». Et une actrice de plus dans la famille ?

Aya Nakamura révèle en quoi son premier mariage à 20 ans a été bénéfique pour sa carrière

Aya Nakamura a connu une ascension fulgurante. L’artiste née au Mali a commencé à se faire connaître en 2015. À 20 ans à peine, elle est tombée enceinte de sa première fille, Aïcha, au grand dam des managers. « Pour eux, c’était chaud quoi. Ils m’ont demandé clairement, soit je voulais être chanteuse soit je voulais être maman », a-t-elle confié dans le podcast OuiHustle.

« J’ai mon premier manager, après signature, qui se barre avec 50.000 euros, moi je venais d’accoucher », a-t-elle affirmé. Mais pour la chanteuse de Djadja, « il n’y avait pas de choix à faire », et leurs chemins se sont séparés « petit à petit ». Heureusement, Aya Nakamura a pu compter sur une certaine stabilité. « J’étais mariée à 20 ans » a-t-elle confié.

« À l’époque, mon mari, il m’assumait, donc mon argent c’était mon argent, j’avais vingt ans. Je n’avais pas la contrainte de payer mon loyer […] je m’occupais juste de mon rêve », s’est-elle rappelée. Assez vite, l’artiste a touché son rêve du doigt, alors que sa relation, elle, s’est émaillée au fur et à mesure. « Il m’a connue bien avant la célébrité, donc il n’a pas forcément vu de changements », a-t-elle expliqué. « C’était plus au niveau du timing, je ne donnais plus autant de temps ».

« Je n’étais plus trop à la maison, je n’avais pas forcément les mêmes envies, il m’a connue à 19 ans, entre 19 et 23 ans, tu n’as pas la même mentalité », a aussi justifié la maman d’Aïcha, neuf ans, dont l’identité du père n’a jamais été révélée, et d’Ava, trois ans, qu’elle a eue avec son ex-producteur Vladimir Boudnikoff. Il faut dire que le jeu en valait la chandelle pour la chanteuse de Pookie, qui se trouve parmi les artistes francophones les plus écoutés à l’étranger et est parvenue à remplir le Stade de France sur deux dates l’an prochain après un passage très remarqué à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris l’an dernier !

Un frisson dans la nuit : Clint Eastwood n’a pu réaliser son premier film qu’en se pliant à cette condition très spécifique

Réaliser son premier film n'est jamais chose aisée, même lorsqu'on s'appelle Clint Eastwood et qu'on est déjà une star de cinéma. En témoigne le récit des débuts de metteur en scène de l'interprète de l'Homme sans nom tel qu'il les évoquait dans le talk show britannique Parkinson en 2003 (via SlashFilm) :

"J'ai commencé la réalisation en 1970, et la seule façon dont je pouvais mettre en scène Un frisson dans la nuit était en jouant dedans. Donc je m'étais dit que si je faisais ça 2-3 films, je pourrais passer à 100% derrière la caméra. Mais évidemment, une chose en entrainant une autre, 33 ans après, je fais toujours les deux."

A l'époque, Clint Eastwood est un acteur connu grâce à la trilogie des dollars de Sergio Leone, quelques succès sur le sol américain comme Quand les aigles attaquent et De l'or pour les braves mais aussi quelques échecs comme Sierra Torride ou Les Proies. C'est pour cela que le studio Universal, avec lequel il travaillait le plus à l'époque, était réticent à lui autoriser de tourner son premier film sans en parallèle tenter de miser sur sa popularité en tant qu'acteur.

Un frisson dans la nuit est un thriller dans lequel Clint incarne Dave Garver, programmateur de disques à la radio, à qui une auditrice réclame toujours la chanson "Misty". Un soir, il rencontre une jeune femme, Evelyn (Jessica Walter) qui lui avoue être l'auditrice en question et passe la nuit avec elle. Mais au fur et à mesure que leur liaison avance, Evelyn se montre de plus en plus toxique...

Mis en scène pour moins d'un million de dollars, le film en rapporte cinq fois plus, permettant à Eastwood de convaincre Universal qu'il est plus que capable de drainer le public dans les salles en tant que réalisateur.

En 1973, il tentera avec Breezy de mettre en scène un film dans lequel il n'apparaît pas. Ce sera un échec cuisant qui ne lui fera pas réitérer l'expérience avant Bird (1988), lui aussi une plantade au box-office, tout comme Minuit dans le jardin du bien et du mal, autre tentative. Il lui faudra attendre Mystic River en 2003 pour enfin montrer qu'un de ses longs métrages de réalisateur peut être un carton au box-office sans qu'il ne soit au générique.

Il continuera cependant d'alterner la casquette de réalisateur avec celle d'acteur-réalisateur tout au long des vingt années suivantes.

Pourquoi Détective Conan est-il un personnage mythique de la pop culture ?

Détective Conan, personnage culte créé par Gosho Aoyama en 1994, est de retour au cinéma avec La Mémoire retrouvée, en salles le 12 novembre. Le récit nous emmène à Tokyo, où Conan assiste impuissant à l’assassinat d’un ancien collègue de Kogorô.

Déterminé à venger son ami en débusquant le meurtrier, ce dernier remonte une piste qui le conduit aux montagnes enneigées de Nagano. Sur place, il fera équipe avec Kansuke Yamato qui a lui-même été gravement blessé lors d’une avalanche 10 mois plus tôt. Or ses souvenirs perdus pourraient bien fournir la clef pour résoudre l’enquête.

Pour célébrer le retour du célèbre détective sur grand écran, on vous propose un focus sur le personnage et son impact sur la pop culture. Pourquoi est-il aussi marquant ?

Le manga original, publié depuis janvier 1994, compte à ce jour 98 volumes. Au total, plus de 230 millions d'exemplaires ont été vendus dans le monde. Un véritable phénomène !

L'œuvre créée par Gosho Aoyama a été adaptée en série animée dès 1996. À ce jour, plus de 1000 épisodes ont été réalisés. Il existe également 27 films d'animation mettant en scène le petit détective.

Shinichi, 17 ans, est un footballeur hors pair ainsi qu’un fan invétéré de Sherlock Holmes. Son père est l’auteur de best-sellers Yusaku Kudô et sa mère l’ancienne actrice Yukiko Kudô. Tous deux lui ont légué l’excellent esprit de déduction qui lui a d’ores et déjà permis de résoudre un grand nombre d’affaires de meurtre.

Depuis qu’il a été rajeuni par le poison que lui ont administré deux hommes en noir, Shinichi s’est mis en quête de leur organisation criminelle. Pour passer incognito, il s’est forgé une nouvelle identité en tant que Conan Edogawa, et habite désormais chez son amie Ran. Pour éviter d’éveiller les soupçons, Conan fréquente l’école primaire comme tous les enfants de son âge.

Avec ses camarades de classe Ayumi, Genta et Mitsuhiko, il fonde le club des Petits Detectives. Afin de ne pas mettre ses proches en danger, Shinichi se donne beaucoup de mal pour dissimuler sa véritable identité à son entourage.

Seuls quelques confidents triés sur le volet, tels que le professeur Agasa, sont au courant de son étrange rajeunissement. Malgré sa fâcheuse situation, Shinichi continue de résoudre tous les crimes perpétrés dans son entourage et c’est peu dire qu’il a du pain sur la planche.

Détective Conan compile de nombreuses références, de Sherlock Holmes à Arsène Lupin en passant par Agathe Christie, Hercule Poirot ou Jules Maigret. Le prénom du héros lui-même est un clin d'oeil à l'auteur de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle.

Son nom, Edogawa, vient du maître de la littérature policière japonaise, Ranpo Edogawa. À noter que le commissaire Juzo Megure est une référence à notre Jules Maigret national. Quant au professeur Agasa, il possède un patronyme inspiré par Agatha Christie.

Par ailleurs, le restaurant où ce dernier aime manger se nomme le "Colombo", rappelant un certain policier bien connu des fans de polar.

Pour Pierre-William Fregonese, auteur du livre L’énigme Détective Conan (paru aux éditions Pix’n Love), Conan "est avant tout une œuvre chorale indescriptible, surprenante et originale, qui fonctionne à merveille depuis des décennies."

Pour l'écrivain, si l'œuvre a eu un tel succès, c'est grâce à "des dizaines de personnages attachants et uniques en leur genre accompagnent tour à tour l’habile Conan Edogawa pour résoudre des enquêtes plus complexes les unes que les autres, et comprendre des mécanismes fous. Des histoires touchantes, des histoires sanglantes, des histoires drôles."

Selon l'auteur, Détective Conan, sous son apparence légère, "propose pourtant une vraie réflexion sur la société, ses dérives et ses non-dits. Contrairement à de nombreux classiques du genre policier, Gosho Aoyama s’intéresse autant au mobile, à sa déconstruction, puis à l’ultime repentance qu’aux stratagèmes meurtriers.

Au moment de la phase de la résolution finale, qui n’a rien à envier aux grandes heures d’un Sherlock Holmes ou d’un Hercule Poirot, les criminels se rendent souvent compte que leur mobile n’était pas bon, suffisant ou même avéré.

Nous entrons dans les failles de la psychologie humaine, celle qui pousse à l’irréparable ; la rédemption est toujours en suspens dans cette œuvre profondément humaine."

En effet, Détective Conan est un vrai phénomène international. Il s'agit du 5ème manga le plus vendu au monde avec 230 millions d’exemplaires. Le volume 97 a même surpassé le hit Demon Slayer en 2019.

"Il est présent dans la vie des Japonais, toutes tranches d’âge confondues. L’œuvre est entrée dans la culture visuelle de l’Archipel, et connaît un succès dans de nombreux pays d’Asie et d’Europe.

Si Détective Conan est un monument au Japon, c’est aussi une série à succès en France, le pays du commissaire Jules Maigret, et du gentleman-cambrioleur Arsène Lupin. Finalement Détective Conan, c’est plus qu’un simple manga policier, c’est surtout une grande famille", conclut Pierre-William Fregonese.

L'ampleur du phénomène ne s'arrête évidemment pas au manga. Tous les films sortis au Japon figurent au Top 3 annuel du box-office domestique ! Autre chiffre remarquable : les films Conan sont présents 8 fois dans le Top 50 des animés les plus rentables à travers le monde, surpassant notamment One Piece (4 fois) ou Dragon Ball (3 fois).

Le film Attack the Block va-t-il enfin avoir une suite ?

Si l'on a tendance à employer le mot "culte" pour tout et n'importe quoi, et souvent à tort, il s'applique tout à fait pour un film comme Attack the Block, dans la mesure où le terme désigne, selon sa définition "quelque chose qui suscite l'enthousiasme d'un public, généralement restreint". Sorti en 2011 dans les salles mondiales (dont la France, où il est passé en catimini), le premier long métrage réalisé par Joe Cornish n'est pas le plus connu des films de science-fiction récents auprès du grand public, mais il possède son petit groupe d'adorateurs.

Grâce à la rencontre, improbable sur le papier mais explosive à l'écran, entre les films d'invasion extra-terrestre et de banlieue (comme un croisement entre La Guerre des mondes et La Haine), sa bande-son électro signée Basement Jaxx, ou son casting dans lequel Nick Frost faisait office de vétéran aux côtés du futur Docteur Jodie Whittaker ou d'un talent brut, alors inconnu mais appelé à s'envoler vers la galaxie lointaine, très lointaine, de Star Wars : John Boyega.

Une pépite, une vraie, écrite et réalisée par Joe Cornish, complice d'Edgar Wright avec qui il avait notamment co-signé le scénario du Tintin de Steven Spielberg, et qui pourrait connaître une suite. Pour qui suit de près l'actualité du projet, cette possibilité flotte dans l'air depuis mai 2021, avec l'annonce des retours du metteur en scène et de John Boyega. Mais cette fois-ci semble être la bonne, même si l'information en vient pas de l'un des principaux intéressés.

Lors d'une sessions de questions-réponses à laquelle il s'est prêté sur Reddit, en vue de la sortie imminente de son Running Man, Edgar Wright a en effet été interrogé sur le statut de... Attack the Block 2 : "Ce n'est pas mon film", a d'abord précisé celui qui s'y connaît aussi en film devenu culte avec Scott Pilgrim. "Mais Joe a écrit une suite et espère la tourner l'an prochain." Sans en dire plus, mais c'est déjà pas mal, car cela acte que le projet est bien avancé, même si nous ne savons toujours pas de quelle manière les héros seront confrontés à une nouvelle menace venue d'ailleurs.

Mais cela vous laisse un peu de temps pour découvrir Attack the Block, actuellement disponible en France sur HBO Max, histoire de savoir pourquoi le film de science-fiction est autant aimé, et faire partie de celles et ceux qui trépigneront lorsque sa suite arrivera enfin dans nos salles.

Guillermo del Toro raconte son rapport très spécial à Frankenstein

Il fait partie de ces réalisateurs qui nous ont offert certains des monstres les plus mémorables de l'histoire du cinéma. Guillermo del Toro est fasciné par le macabre depuis son plus jeune âge. Dès ses deux ans, il est hypnotisé par un épisode de la série Au-delà du réel.

"J'avais tellement peur que j'ai commencé à rêver de monstres de manière lucide", raconte le réalisateur mexicain à Radio Times. "Je me réveillais dans ma chambre et il y avait des créatures qui n'étaient pas réelles... Je leur proposais de devenir leur ami s'ils me laissaient sortir du lit pour aller aux toilettes."

Au cours de son enfance au Mexique et de sa carrière de trois décennies à Hollywood, Del Toro a finalement fait la paix avec ces monstres. Aujourd'hui, le réalisateur s'attaque au plus grand monstre de tous les temps : la Créature au cœur du roman Frankenstein de Mary Shelley, publié en 1818, dans une adaptation fascinante pour Netflix, et portée par Oscar Isaac et Jacob Elordi.

Le petit Guillermo del Toro a 11 ans quant il lit pour la première fois une version traduite en espagnol du roman de Shelley. Un livre qu'il a déniché dans un supermarché et qu'il possède encore aujourd'hui. Mais sa passion commence quatre ans plus tôt lorsqu'il voit le monstre inquiétant incarné par Boris Karloff dans le Frankenstein de James Whale, le film culte de 1931. "J'ai été pris d'une sorte de frénésie de joie", raconte-t-il à Radio Times au moment où il présente son Frankenstein au Festival du film de Venise.

Aujourd'hui âgé de 61 ans, il rêve de réaliser ce film depuis le début de sa carrière, voire depuis plus longtemps encore. "Je voulais faire ce film avant même d'avoir une caméra, avant même de savoir ce qu'était une caméra", explique-t-il.

"Il y a quelques figures marquantes de mon enfance qui occupent une place importante. L'Étrange créature du lac noir, le Fantôme de l'Opéra, le Dr Frankenstein, le Bossu, Pinocchio. Ce sont en quelque sorte mes références sacrées. Parce que je m'identifie à eux. Je m'identifie au Bossu. Je m'identifie au Fantôme. Je m'identifie à la Créature de Frankenstein. On prend des morceaux de soi dans le monde et on crée un composite."

Toute sa vie, il a collectionné des souvenirs liés à Frankenstein, notamment une sculpture grandeur nature de Karloff réalisée par Mike Hill, le créateur de la créature qui a travaillé sur Frankenstein.

Del Toro, marié depuis 2021 à la critique et scénariste américaine Kim Morgan, les expose tous chez lui. "J'appelle cet espace le salon", dit-il en riant. "Quand vous allez dans une maison catholique, vous voyez des Vierges Marie. Vous voyez des crucifixions sur les murs. C'est la même chose chez moi, mais avec des monstres." Une réaction à son éducation catholique stricte, peut-être.