09 mars 2026

Cyril Féraud avoue être obsédé par son jouet fétiche de "60 cm de haut"

Quand il fait courir les candidats de La Carte aux trésors au-dessus des paysages français, personne ne soupçonne vraiment ce qui l’attend une fois les caméras coupées. Chez lui, près de Paris, Cyril Féraud retrouve un univers bien plus ludique qu’un simple salon d’animateur télé, autour d’un surprenant jouet géant de 60 centimètres de haut.

Car derrière l’image du bosseur qui enchaîne Slam, Tout le monde veut prendre sa place ou 100% Logique, se cache un collectionneur assumé de Playmobil géants. "J'ai une collection d'une trentaine de Playmobil de plus de 60 centimètres de haut. J'ai découvert leur existence dans un magasin de jouets, depuis j'en chine dans des brocantes, sur Internet", a confié l’animateur, avant d’ajouter : "J'aime leur côté régressif et amusant". Une passion qui prend beaucoup plus de place qu’on ne l’imagine.

Lorsqu’il quitte les studios, l’animateur rejoint sa maison à la campagne, non loin de la capitale, pensée comme une bulle de verdure et de calme. Dans chaque pièce ou presque, un personnage de plastique de plus de 60 centimètres de haut l’attend : chevalier, pirate ou policier, posé sur un buffet, au détour d’un couloir ou près d’une bibliothèque.

Pour lui, ces géants colorés ne sont pas des jouets mais une vraie mise en scène. Il l’a reconnu sans détour : "Je passe mon temps à les chasser partout, à les échanger, comme un collectionneur". Il traque la moindre figurine rare en brocante ou sur Internet, presque comme s’il préparait une nouvelle énigme de La Carte aux trésors dans les allées des vide-greniers.

Dans cette maison peuplée de soldats et d’explorateurs en plastique, Cyril Féraud revendique complètement ce retour à l’enfance. "J'en ai dans toutes les pièces de ma maison. Quand je rentre le soir, fatigué, je suis heureux d'être accueilli par ces personnages souriants et colorés. Gamin, je jouais déjà à l'animateur télé avec mes Playmobil !", confie-t-il. Les figures souriantes forment une petite foule rassurante qui l’accueille après les journées de tournage.

Ce goût pour les figurines XXL correspond à son caractère très sensible, qu’il décrit volontiers. L’animateur explique aimer ce côté un peu régressif et amusant, comme un clin d’œil à ses propres jeux d’enfant avant les vrais plateaux télé. Ces géants multicolores deviennent alors un décor, mais aussi un repère chaleureux dans une vie rythmée par les directs, les audiences et la pression du petit écran.

Ce rapport très tendre à ses jouets n’est pas anodin chez cet homme qui se définit comme une véritable éponge émotionnelle. "Chacun gère la pression à sa façon. Certains ont besoin de crier sur les autres, mais ce n'est pas ma manière de fonctionner. Et ça tombe bien, car je suis une éponge ! Si je vois une personne malheureuse en face de moi, cela m'affecte énormément", explique-t-il. Alors, quand il ne pilote pas un hélicoptère dans La Carte aux trésors, sa propre chasse au trésor se joue dans les brocantes, à traquer la prochaine figurine géante qui viendra garder son salon.

Chouchou des mamies, Cyril Féraud assume cette particularité physique

A 39 ans, Cyril Féraud fait partie des visages les plus familiers de France Télévisions, avec un atout que les téléspectateurs connaissent par coeur, son sourire aux dents blanches, presque devenu une signature. Pendant des années, ce détail physique a tant fait parler que les rumeurs de blanchiment dentaire se sont accumulées, sans qu'il réponde à chaque fois.

Ces derniers mois, l'animateur de 100% Logique, ex-présentateur de Slam a pourtant accepté de revenir franchement sur ce sourire qui intrigue, du plateau de Fort Boyard aux réseaux sociaux. Il a expliqué que ses dents avaient changé avec le temps et surtout avec une habitude bien précise, de quoi surprendre ceux qui le pensaient figé en Ken de la télévision.

Longtemps réduit à son physique de gendre idéal, l'animateur rappelle qu'il doit sa place avant tout à son sérieux. Il assure n'avoir jamais pris la grosse tête, garder la même envie même après une journée de tournage, et se voir surtout comme un travailleur acharné plus que comme un simple animateur au sourire très blanc.

Autre cliché qui lui colle à la peau : celui de "chouchou des mamies". Cyril Féraud explique que cette étiquette revenait à ses débuts, avant de s'effacer au fil des programmes. Aujourd'hui, il reçoit des dessins d'enfants pour Cyril Gossbo ou La Carte aux trésors et des lettres de jeunes mères, ravies de le regarder en famille, ce qu'il juge touchant.

"En fait, je bois plus de café qu’avant, donc elles sont un peu moins blanches en réalité. En même temps, ce qui est rigolo, c’est que ce gag des dents blanches et des cheveux blonds a donné naissance au personnage de Cyril Gossbo dans Fort Boyard, qui est l’émission qui m’a donné envie de faire de la télé. Donc merci de m’avoir chambré sur le côté Ken de France Télévisions avec ses dents blanches et ses cheveux blond !", raconte-t-il à TV Mag.

A 39 ans, celui que beaucoup associent à un sourire très blanc préfère en rire. Depuis plus de dix ans, il répète que ses dents sont naturelles, sans blanchiment dentaire ni facettes, un discours appuyé par le chanteur Amir, diplômé en chirurgie dentaire, qui rappelle que certains sourires sont simplement très clairs. Le café n'y change rien : cette marque de fabrique reste au centre de son personnage public.

Ce clin d’œil à ce surnom de Ken ne sort pas de nulle part. Les blagues récurrentes sur ses dents blanches et ses cheveux blonds ont fini par donner naissance à Cyril Gossbo, personnage kitsch de Fort Boyard au brushing figé et au sourire encore plus éclatant que le vrai. Une façon pour l'animateur de reprendre la main sur les moqueries et de transformer son physique en ressort comique.

In The Grey : Henry Cavill et Jake Gyllenhaal font la paire pour Guy Ritchie

Alors que Prime Video vient de lancer la série Young Sherlock, le réalisateur et producteur Guy Ritchie présente déjà un nouveau projet. La première bande-annonce de son thriller d’action In the Grey vient d’être dévoilée, et elle promet un concentré de fusillades, d’explosions et de répliques cinglantes dans la plus pure tradition du réalisateur de Snatch.

Distribué par Black Bear, le film sortira le 15 mai 2026 en Amérique du Nord (aucune date française n’a encore été annoncée). L’intrigue suit une équipe secrète d’agents d’élite chargés de neutraliser un despote impitoyable et de récupérer une fortune d’un milliard de dollars qu’il s’est appropriée. L’action repose notamment sur deux hommes de main : Bronco, un Américain bravache incarné par Jake Gyllenhaal, et Sid, un Britannique beaucoup plus méthodique joué par Henry Cavill. Tous deux sont supervisés par leur coordinatrice, interprétée par Eiza González. Ce qui commence comme un braquage impossible se transforme rapidement en guerre ouverte mêlant stratégie, tromperies et lutte pour la survie.

Le casting est complété par Kristofer Hivju, Fisher Stevens et Rosamund Pike.

Après avoir travaillé avec Jake Gyllenhaal sur The Covenant en 2023, Guy Ritchie a ensuite sorti The Ministry of Ungentlemanly Warfare en 2024 avec Henry Cavill, ainsi que Fountain of Youth l’an dernier. Mais ces films ont rencontré un succès assez limité, au point que In the Grey, tourné à l’automne 2023, a bien failli ne jamais voir le jour.

En revanche, le cinéaste connaît actuellement plus de réussite à la télévision. Young Sherlock a réalisé un bon démarrage sur Prime Video, tandis que la saison 2 de The Gentlemen est déjà tournée et attend sa date de sortie sur Netflix. Une deuxième saison de MobLand est également en préparation pour Paramount+.

Le Chanteur de jazz : Martin Scorsese déteste l'un des films les plus importants de l'Histoire du cinéma

Rares sont ceux qui vénèrent et apprécient l’art cinématographique autant que Martin Scorsese. Il est donc d’autant plus surprenant qu’il déteste le film le plus important jamais réalisé.

En plus d’être l’un des plus grands réalisateurs de tous les temps, le cinéaste oscarisé est également un fervent défenseur et un ardent partisan de la préservation du patrimoine cinématographique. Sa célèbre Film Foundation a restauré ou préservé des centaines de films menacés de disparition, et il est aussi attaché au passé du cinéma qu’à son avenir.

Pourtant, malgré sa passion pour le cinéma depuis l’enfance, sa maîtrise du médium acquise grâce à une série de chefs-d’œuvre intemporels et sa connaissance pointue des générations passées du cinéma, Martin Scorsese refuse de s’extasier devant le film le plus révolutionnaire jamais réalisé, celui qui a littéralement tout changé.

En octobre 1927, la sortie du Chanteur de jazz d’Alan Crosland a bouleversé le monde du cinéma. Les spectateurs ont assisté à un moment historique : Al Jolson inaugurait l’ère du parlant. Utilisant pour la première fois la musique, le chant et les dialogues synchronisés dans un long-métrage, ce film a marqué un tournant décisif, ouvrant la voie au cinéma tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Et son aversion pour le film n’est pas une exagération : le réalisateur iconique et auteur acclamé a en effet passé la majeure partie de sa vie à penser que c’était, en réalité, un navet. Et s’il est capable de comprendre l’importance de ce film pour la profession qui est la sienne depuis six décennies, cela ne signifie pas pour autant qu’il l’apprécie.

Lors d’une ancienne conversation avec le journaliste Richard Schickel (via Far Out Magazine), le sujet fut d’ailleurs abordé, et le réalisateur de Taxi Driver n’a pas mâché ses mots : “Je déteste Le Chanteur de jazz.”

Schickel acquiesça, le qualifiant de “film épouvantable”, et Scorsese renchérit : “C’est affreux”, déclara-t-il. “Mais mes parents l’adoraient. Ils l’adoraient parce qu’ils s’identifiaient à la famille, à la rupture avec la tradition. Mon père avait le sentiment que nous perdions la tradition familiale, la famille sicilienne. Et voilà que les Juifs, qui vivaient à proximité, restaient fidèles à leurs traditions.”

Finalement, le jeune Marty était le seul membre de la famille Scorsese à ne pas supporter Le Chanteur de jazz. Son père, Charles, s’identifiait en effet sans hésiter au Cantor Rabinowitz, interprété par Warner Oland, qui aurait largement préféré que son fils, Jakie, abandonne ses rêves de gloire dans la musique pour suivre les traces de sa famille à l’église locale.

En dépit de son indéniable importance historique, Le Chanteur de jazz reste donc, pour Martin Scorsese, un film qu’il ne peut apprécier sur le plan artistique. Cette contradiction illustre parfaitement que la valeur d’un film ne se mesure pas seulement à son impact sur l’industrie ou à sa place dans l’histoire, mais aussi à la perception intime et personnelle de chaque spectateur. Pour Scorsese, l’histoire du cinéma est autant une affaire de passion que de subjectivité, rappelant que même des travaux considérés comme des chefs-d’œuvre peuvent susciter des sentiments mitigés chez les plus grands connaisseurs.

Demain et demain et demain : l'un des meilleurs romans de ces 30 dernières années sera adapté au cinéma avec Daisy Edgar-Jones en tête d'affiche

Cinq ans après avoir remporté l'Oscar du meilleur scénario adapté pour CODA (remake US de La Famille Bélier), la réalisatrice Siân Heder s'apprête à adapter au cinéma le roman à succès de Gabrielle Zevin, "Demain, et demain, et demain", pour Paramount Pictures.

Publié en 2022 et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le monde, le roman, traduit dans une quarantaine de langues, a été désigné comme l'un des 100 meilleurs livres du XXIe siècle par le New York Times et comme l'un des meilleurs romans des 30 dernières années par le Los Angeles Times.

Demain, et demain, et demain raconte l’histoire sur plusieurs décennies de deux amis, Sadie Green et Sam Masur, qui se retrouvent à 25 ans pour créer un jeu vidéo. Leur première création, Ichigo, est un véritable succès. Du jour au lendemain, ils deviennent des stars. Mais le succès n’empêche pas le piège de l’ambition et de la jalousie de se refermer sur eux…

Siân Heder coécrit le scénario avec l’autrice du best-seller. Variety rapporte que Daisy Edgar‑Jones tiendra le rôle féminin principal de cette adaptation. On ignore encore qui prêtera ses traits à Sam.

Remarquée grâce à la série Normal People, la comédienne britannique a déjà joué en 2022 dans une adaptation de roman à succès : Là où chantent les écrevisses, d'après l'œuvre de Delia Owens. Elle a également été l'héroïne de la suite de Twisters en 2024.

Il y a 41 ans, Lino Ventura défendait Jean Gabin dans une émission de télévision

En 1985, lors d’une apparition à la télévision suisse, Lino Ventura a montré toute l’intensité de son franc-parler et de sa loyauté en défendant la mémoire de Jean Gabin contre des critiques injustes.

Invité de l’émission Gros plan, Ventura découvre un extrait lu par Claudette, co-présentatrice de l’émission, tiré d’un article de 1959 signé François Truffaut dans la revue Arts. Ce dernier n’était alors qu’un jeune critique et écrivait à propos de Jean Gabin et Gérard Philipe : “Ce sont des artistes trop dangereux qui décident du scénario ou le rectifient s’il ne leur plaît pas. Ils influencent la mise en scène, exigent des gros plans. Ils n’hésitent pas à sacrifier l’intérêt du film à ce qu’ils appellent leur standing et portent selon moi la responsabilité de nombreux échecs.”

À cette lecture, Lino Ventura n’a pu contenir son indignation.

“C’est faux, c’est ignoble. Pour écrire ce que ce monsieur vient d’écrire, c’est qu’il ne connaissait pas Gabin et qu’il n’a jamais travaillé avec Gabin. [Ce] que vous venez de lire ‘Il exigeait des gros plans’ (...) Je ne comprends pas qu’on écrive des choses comme ça, aussi injustes, aussi bêtes.”

L’échange se poursuit lorsque Christian Defaye, l’autre présentateur, souligne que les grandes stars sont souvent attentives aux scénarios des films dans lesquels elles jouent. Ventura clarifie alors sa position avec une franchise toute personnelle.

“Bien sûr, mais je n’exige rien du tout. Je donne mon point de vue. Par exemple, je sais que je ne peux pas supporter [les directives] : ‘À ce moment-là, tu prends le verre et tu bois’, non, si je ne le sens pas, il faut que je le dise, je sais que je ne serai pas bon. Mais ce n’est pas une exigence, chacun peut donner son point de vue, on se rallie au point de vue du metteur en scène. Chacun apporte son petit grain de sable dans l’histoire.”

Lino Ventura et Jean Gabin avaient partagé l’écran à six reprises, de 1954 avec Touchez pas au grisbi (disponible en VOD), où Ventura n’était qu’un petit truand, à 1969 avec Le Clan des Siciliens (disponible sur Disney+).

Au-delà du cinéma, leur amitié s’était profondément enracinée, fondée sur des valeurs communes et une vision partagée de la vie. La disparition de Gabin en novembre 1976 a profondément marqué Ventura, qui s’éteindra 11 ans plus tard, le 22 octobre 1987.

Doux Jésus : Marilou Berry a pris un gros risque en tournant cette scène

Le 27 février dernier, Canal+ a proposé pour la première fois à la télévision le film Doux Jésus, réalisé par Frédéric Quiring et sorti en 2025, mettant en vedette Marilou Berry et Isabelle Nanty. La comédienne s’est remémorée un moment de tournage qui aurait pu tourner au drame.

Dans ce long-métrage, Marilou Berry interprète Sœur Lucie, une religieuse qui décide de quitter son couvent pour retrouver son amour de jeunesse. Habituée à la rigueur du couvent et à l’autorité de Mère Henriette (jouée par Isabelle Nanty), elle se retrouve confrontée à un monde plein de surprises et de tentations.

Lors du tournage, une scène particulièrement marquante a donné des sueurs froides à l’actrice. “Nous avons tourné dans une fosse aquatique”, s’est-elle souvenue (via Télé-Loisirs). “À deux ou trois mètres de profondeur dans cette fosse qui en fait vingt, on a déjà l’impression d’être dans les abysses. Marc Ruchmann [son partenaire de jeu, NDLR] était supposé me sauver et j’étais censée être lestée pour ne pas flotter ni ne remonter trop vite.”

Mais la première tentative de saut de Marilou Berry ne se passe pas comme prévu : “La première fois que j’ai sauté, j’ai coulé comme un plomb ! Marc n’a même pas eu le temps de venir me récupérer ! J’avais les yeux fermés et je sentais mes oreilles commencer à cliquer. J’ai ouvert les yeux et j’ai vu que j’étais à moins dix mètres”, raconte-t-elle, en ajoutant avec humour : “On m’avait trop lestée… Heureusement, monsieur Aquaman était là pour me sauver !”

Si Marilou Berry brille à l’écran, elle reste également très active sur les planches. Depuis le 25 février et jusqu’au 26 avril 2026, elle partage l’affiche la pièce Ça, c’est l’amour avec Josiane Balasko, au théâtre des Bouffes Parisiens. Malgré leur complicité, les deux femmes avaient attendu longtemps avant de travailler ensemble. Aujourd’hui, elles sont inséparables.

Marilou Berry jongle donc avec plaisir entre scène et cinéma, offrant au public des performances pleines d’émotion et d’humour, tout en se souvenant avec amusement des séquences les plus périlleuses de sa carrière.

Doux Jésus est à redécouvrir en streaming sur Canal+.

La chanteuse Rihanna échappe de peu à des tirs à son domicile de Los Angeles

La maison de la chanteuse Rihanna à Los Angeles a été touchée par des balles après qu'une femme a ouvert le feu sur la propriété, alors que la star se trouvait à l'intérieur, ont rapporté dimanche plusieurs médias.

L'assaillante présumée a tiré environ dix coups de feu après 13H00 (20H00 GMT) dimanche, depuis un véhicule garé en face de la demeure située dans le quartier de Beverly Hills, a rapporté le Los Angeles Times, citant la police. 

Au moins une balle a transpercé un mur de la maison, où Rihanna vit avec son conjoint A$AP Rocky et leurs trois enfants, a assuré la chaîne d'information locale KTLA.

La police soupçonne une femme d'une trentaine d'années, qui aurait pris la fuite avant d'être arrêtée. Son arme a été saisie lors de l'arrestation, a précisé KTLA. 

Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer ses motivations. La chanteuse et femme d'affaires n'a pas commenté ces informations.

08 mars 2026

Häxan : sorti il y a 104 ans, cet extraordinaire film, d'une audace et d'une inventivité inouïes, est à voir au moins une fois dans sa vie

Durant les premières années du muet, la créativité des cinéastes danois et suédois influença profondément le cinéma européen et même américain, et constitua une véritable école d'une grande richesse, malheureusement largement oubliée aujourd'hui. Peu se souviennent, ou savent, que la firme danoise Nordisk Films Compagni, fondée en 1906 par Ole Olsen, un ancien manoeuvre sans-le-sou devenu camelot puis propriétaire de salles de cinéma, est la plus ancienne compagnie de production cinématographique.

De cette âge héroïque du cinéma, beaucoup de ces réalisateurs danois sont tombés dans l'oubli. Deux noms, en revanche, ont eu l'assurance de passer à la postérité. Carl Theodor Dreyer, le plus connu des deux, qui signera les célèbres Vampyr, la Passion de Jeanne d'Arc et Jour de colère.

L'autre, c'est Benjamin Christensen, qui tournera en Suède en 1922 un extraordinaire film, très documenté, d'une originalité folle et d'avant-garde : Haxan, la Sorcellerie à travers les âges. Une oeuvre devenue culte, qui offre au spectateur médusé une reconstitution de l’histoire de la sorcellerie et de l’Inquisition, vue sous l’angle d’une psychanalyse encore balbutiante à l'époque de la sortie du film.

Alors que Murnau définissait l'horreur narrative à travers de puissants effets visuels expressionnistes dans son Nosferatu sorti d'ailleurs la même année, Benjamin Christensen a innové dans le genre de l'horreur, créant l'un des films les plus étranges qui soit, dont l'atmosphère inquiétante, les images saisissantes et l'expérimentation restent encore aujourd'hui d'actualité.

Présenté à la manière d'une conférence en sept chapitres, Häxan balaye l'Histoire, de l'Antiquité à la période contemporaine du film. La sorcellerie est représentée avec soin par des illustrations tirées d'ouvrages médiévaux et des reconstitutions filmiques.

Du sabbat des sorcières (avec un diable incarné par nul autre que le réalisateur !) aux épouvantables interrogatoires menés par l'Inquisition, les illustrations prennent vie dans des visions spectrales oniriques et inquiétantes, utilisant tous les effets spéciaux disponibles à l'époque, entre surimpressions, maquettes, jump cuts, stop motion, maquillages et prothèses.

Brassant avec une intelligence confondante les genres, les tons et les registres, d'une modernité folle, Häxan est aussi un manifeste féministe, réhabilitant toutes ces femmes victimes du patriarcat et majoritairement victime des persécutions de l'Inquisition.

La sortie du film posa d'énormes problèmes. Dans presque tous les pays où il a été diffusé, de l'Europe aux États-Unis, Häxan a été fortement censuré pour son contenu, en particulier ses représentations réalistes de la violence et de la torture, ainsi que ses images ouvertement blasphématoires, notamment la profanation de la croix et les scènes de sorcières embrassant les fesses du diable.

Le détenteur des droits de l'époque n'ayant pas renouvelé ses droits d'auteur, l'oeuvre est alors tombée dans le domaine public, ce qui a malheureusement permis à certains de se livrer à des montages et caviardages en règle largement diffusés au fil des décennies.

En 1968, un montage d'1h16 (soit plus court de 8min que l'original) réalisé par le réalisateur britannique et expert en films d'horreur Anthony Balch, en collaboration avec le musicien de jazz Daniel Humair et intégrant une nouvelle voix off enregistrée par l'auteur William Burroughs, fut proposé. Ce montage, l'un des premiers exemples de film remixé, a été distribué par la Metro Pictures Corporation aux États-Unis, et connu un large succès dans les cinémas grindhouse.

Il n'est guère surprenant que, ayant lui-même un imaginaire foisonnant, Häxan fasse partie des films préférés de Guillermo del Toro, comme il l'avait confié à l'éditeur américain Criterion en 2010 :

"[Ce film est de la] Terreur pure et poésie pure, mais toutes deux issues de traditions médiévales distinctes. Häxan est l'équivalent cinématographique d'une gravure infernale de Bruegel ou d'un tableau de Bosch. C'est un témoignage étrangement excitant du péché et de la perversité, aussi rempli de terreur que de désir et de conviction athée, et une condamnation de la superstition qui est morbide dans son amour pour son sujet".

Il faut rendre grâce à l'éditeur Potemkine, pour avoir enfin sorti en 2021 (c'est dire si l'attente fut longue...) cet extraordinaire film dans une somptueuse édition, qui propose trois versions du film, dont celle narrée par William S. Burroughs évoquée plus haut. Le tirage ayant été limité à 1666 exemplaires (vous noterez évidemment le clin d'oeil dans ce chiffre...), trouver cette édition désormais épuisée est devenue compliqué... Bonne chasse !

French Connection : en 1975 la suite a reçu un accueil glacial aux Etats-Unis

Sorti en 1971, French Connection de William Friedkin est un classique absolu du cinéma américain. Gene Hackman livre une extraordinaire composition sous les traits du flic irascible et brutal Jimmy Doyle, dit "Popeye". Un personnage pas forcément sympathique d'ailleurs, et qui ne cherche pas à l'être. Un rôle difficile pour l'acteur, qui abhorrait la violence.

Il ne fut d'ailleurs pas le premier choix du réalisateur, mais celui du dernier recours, et Friedkin a reconnu avoir dû pousser parfois le comédien dans ses retranchements pour qu'il accepte enfin de donner le meilleur de lui-même.

Non seulement le comédien s'exécutera avec brio, mais il prendra encore plus de plaisir à incarner et approfondir le même personnage dans l'excellente suite, French Connection II, toujours très sous-estimée d'ailleurs par rapport au modèle original, qui a laissé une empreinte indélébile dans le genre policier.

Passer après le film de Friedkin relevait de la gageure. Et pourtant. Si le premier volet reste effectivement intouchable, French Connection II mérite pourtant une très sérieuse (re)découverte. Sortie en 1975 et réalisée par un solide artisan, John Frankenheimer, cette suite se déroule quatre ans après le premier film.

Popeye Doyle est toujours furieux d'avoir échoué à capturer Alain Charnier (Fernando Rey), le baron de la drogue qui s'est échappé des États-Unis à la fin du premier film. Au début de French Connection II, Doyle arrive en France, où il sème immédiatement le trouble et se lance à la poursuite de Charnier. Mais, étant en France et faisant équipe avec un policier français pragmatique (excellent Bernard Fresson), il va aussi devoir se plier à certaines règles...

Si Frankenheimer a conservé certains éléments du style visuel de Friedkin (l'utilisation du zoom notamment et certaines techniques de montage), il fait une oeuvre personnelle, transposant cette fois-ci le cadre de son intrigue à Marseille et non plus New York. Certains esprits chagrins ont d'ailleurs trouvé qu'avec cette transposition, le film était moins cinégénique comparé aux images de Big Apple du premier film. Le fait est que c'est surtout différent. Pas moins bien. Différent.

Toujours est-il que si French Connection fut un triomphe dans les salles américaines, sa suite a en revanche reçu un accueil glacial au pays de l'oncle Sam, comme le racontait Frankenheimer dans un entretien en 1975 (via DepressedBergman).

"Les critiques anglais l'ont aimé. Les critiques français l'ont adoré, c'était un énorme succès à Paris. Le film ne va pas vraiment faire un flop à l'échelle mondiale, mais ce fut un désastre aux États-Unis. Oh, nous avons reçu d'excellentes critiques à Paris. J'étais là-bas. J'appréhendais la sortie du film après la façon dont il avait été massacré dans ce pays [aux USA]. Un critique m'a appelé et je me suis dit : "Oh non". Et il m'a dit : "J'adore, j'adore. Je veux venir vous interviewer".

Je n'arrivais pas à y croire, et puis ça a continué encore et encore. Nous avons reçu des critiques élogieuses. Mais Fox [Twentieth Century-Fox] s'en fichait. Ça aurait pu être la Cinquième Symphonie de Beethoven, ils auraient pu me porter en triomphe sur les Champs-Élysées dans une parade avec des confettis. Ils s'en seraient fichés. [...] C'était tout simplement un désastre".

French Connection II ne ramassera qu'un peu plus de 12 millions de dollars au box office américain. Très loin des 51 millions du premier opus sur le territoire. En France, il fera un peu plus de 759.000 entrées, à comparer aux 2,15 millions de spectateurs du film de Friedkin.

Une des meilleures suites jamais réalisées, French Connection II est disponible en VOD et DVD / Blu-ray.