28 octobre 2025

Terrifer : pourquoi les producteurs sont-ils attaqués en justice par Catherine Corcoran

Tourné en 2016 et sorti en 2018 aux Etats-Unis, le film d’horreur Terrifier, suivant les meurtres d’un clown sadique, n’a fait parler de lui en France qu’au moment de la sortie de sa suite encore plus gore, en janvier 2023, qui a provoqué malaises et vomissements chez certains spectateurs.

Suite au succès de ce Terrifier 2, un troisième film a été tourné, qui a lui aussi soulevé les estomacs à sa sortie en octobre 2024, faisant définitivement devenir la saga l'une des plus en vue du cinéma d'horreur. Un quatrième film doit d’ailleurs conclure la série de meurtres tous plus atroces les uns que les autres perpétrés par le terrible Art.

Variety nous apprend cependant aujourd’hui que les sociétés de production de la franchise, Dark Age Cinema et Fuzz on the Lens Productions, ainsi que le producteur Phil Falcone et le réalisateur Damien Leone, sont visés par une plainte déposée dimanche devant la cour fédérale de Californie par l’actrice Catherine Corcoran, qui jouait l’une des victimes du clown tueur dans le premier film.

La comédienne accuse la production du film de ne pas avoir respecté son contrat et d’avoir distribué des scènes sexuellement explicites sans son consentement. C'est notamment la scène de torture et de mort de son personnage, qui est l’une des plus traumatisantes de Terrifier, qui est visée : on y voit Dawn pendue par les pieds torse nue, massacrée par Art.

Une séquence pour laquelle Catherine Corcoran aurait été, selon la plainte, pendue par les chevilles "plus de 10 heures à des températures inférieures à zéro". Tandis que la couverture qu’on lui donnait pour se couvrir entre les prises "est devenue si saturée de faux sang qu’elle ne prodiguait plus aucune chaleur avec le temps".

Après ce tournage de nuit, elle serait tombée malade et aurait été diagnostiquée d’un œdème crânien et des lésions du tympan. De plus, l’actrice n’aurait jamais donné "son consentement écrit" pour tourner cette scène nue, ce qui est pourtant exigé par le Syndicat des acteurs. Elle aurait insisté pour tourner en sous-vêtement mais n'aurait pas obtenu gain de cause.

La plainte ne concerne pas uniquement ce tournage cauchemardesque pour l’interprète de Dawn, mais également des promesses qui lui auraient été faites. Elle aurait en effet accepté de tourner Terrifier à un "taux journalier extrêmement bas", à condition qu’elle toucherait un pourcentage sur les bénéfices du film et ses potentielles suites.

La plainte assure aussi que les producteurs auraient "accepté par écrit d'accorder à Corcoran une part de 1% de toutes les ventes nettes générées par les produits dérivés liés à Terrifier". Cependant, et alors même que la saga a explosé en popularité depuis 2022 et rapporté plus de 105 millions de dollars au box-office mondiale, la comédienne affirme qu’au fil des années ses royalties "sont devenues de plus en plus sporadiques et ont diminué jusqu'à atteindre des montants sans commune mesure".

Catherine Corcoran n’aurait plus été payée depuis juillet 2024 et n’aurait reçu que 1 816,35 dollars jusqu'à cette date, "sans aucune explication quant à la raison pour laquelle les redevances ont cessé d'être versées ni quant à la destination des paiements restants".

Selon les avocats de Catherine Corcoran, il s’agit ainsi de "l'histoire bien trop courante de producteurs de films à petit budget qui profitent d'une jeune actrice par le biais de la fraude, du harcèlement sexuel et, finalement, de la trahison". Les accusés n’ont pas encore réagi à la plainte.

27 octobre 2025

Channel 4 dupe ses téléspectateurs avec une présentatrice générée par intelligence artificielle

Une présentatrice de journal télévisé qui n’existe pas, c’est le coup de force réalisé par Channel 4 lundi dernier (20 octobre) dans le cadre d’un documentaire intitulé Will AI Take My Job ? (L’IA va-t-elle me prendre mon boulot ?). Pendant une heure, les téléspectateurs britanniques ont suivi un reportage sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail, sans se douter que la journaliste à l’écran, Aisha Gaban, était elle-même une création numérique. Ce n’est qu’à la fin de l’émission que la révélation a été faite.

« L’IA va toucher tout le monde dans les années à venir. Peut-être même les présentateurs télé comme moi. Parce que je ne suis pas réelle », a déclaré la présentatrice virtuelle dans le programme. « Je n’existe pas. Mon image et ma voix ont été générées par IA. »

Cette IA a été développée par Seraphinne Vallora en collaboration avec Kalel Productions. Le réalisme était tel que certains détails, comme les rides au moment de parler, ont surpris les équipes de production. Louisa Compton, responsable de l’information chez Channel 4, a néanmoins tenu à préciser que ce petit numéro n’était pas destiné à ouvrir la porte à l’installation de cette pratique. « Notre priorité reste de pratiquer un journalisme vérifié et fiable, quelque chose dont l’IA n’est pas capable », a-t-elle affirmé dans un communiqué relayé par Variety.

Le documentaire de Channel 4 s’inscrit dans un débat croissant sur l’usage de l’IA dans les médias et les risques de désinformation qui vont avec. En effet, cette enquête menée par la chaîne britannique révèle que 76 % des dirigeants britanniques ont déjà introduit l’IA dans des tâches autrefois réalisées par des humains.

On ajoutera que, bien malheureusement, si ce « coup médiatique » vise à alerter sur la facilité avec laquelle le public peut être trompé par cette technologie, il pourrait aussi venir nourrir les rêves d’automatisation de firmes toujours à l’affût de nouvelles coupes dans leurs budgets. Rappelons que si une IA ne prend ni vacances ni congés maladie, ne réclame pas d’augmentation et ne fait, pour l’instant, l’objet d’aucune fiche de paye, elle n’est pas à l’abri d’une panne du système, pouvant provoquer une paralysie d’ampleur comme on a encore pu le voir en ce début de semaine. L’usage de l’IA peut également rapidement devenir une catastrophe pour la planète. Par ailleurs, personne ne peut prédire non plus le comportement et l’évolution des IA génératives qui pourraient également devenir aussi aimables qu’un Terminator de Skynet, comme met en garde le patron d’OpenIA (ChatGPT), Sam Altman, depuis plusieurs années déjà, en réclamant une réglementation stricte pour éviter notamment, comme le relayait CNN cet été, une perte de contrôle de l’humain sur la machine.

Bruce Springsteen rappelle que la dépression est loin d’être un mal nouveau

Bruce Springsteen s’est confié sur ses problèmes de santé mentale à l’occasion de la sortie de Deliver Me From Nowhere, film qui explore la période difficile qu’il a vécue pendant l’enregistrement de son album de 1982 Nebraska. Invité du Breakfast Show de BBC Radio 2, le chanteur de 75 ans a rappelé qu’à son époque, si on parlait moins de dépression, ça n’était parce que moins de gens étaient touchés mais plutôt parce que le sujet était totalement tabou.

« Dans les années 1950 et 1960, personne ne savait rien sur ce sujet. Les gens devaient simplement endurer leurs souffrances », a expliqué Bruce Springsteen au micro de la radio britannique.

Le rockeur parle en connaissance de cause, puisque plusieurs membres de sa famille, dont son père et certaines de ses tantes et cousins, souffraient de problèmes de santé mentale. « Personne n’obtenait la moindre aide. Il n’y avait ni médicaments, ni soutien psychologique. Les gens étaient vraiment livrés à eux-mêmes », a-t-il ajouté.

Le Boss a reconnu avoir eu la chance de bénéficier du soutien de son manager Jon Landau lors de sa première dépression, que le film relate avec justesse. « J’ignorais totalement ce qui m’arrivait », a confié Bruce Springsteen, qui a longtemps ressenti une profonde gêne à l’idée de consulter un psychiatre.

« Pendant des années, je me déguisais presque avant d’entrer dans le cabinet. Je portais une casquette de baseball et des lunettes, je regardais partout autour de moi et je me faufilais le plus vite possible », a raconté Bruce Springsteen, ajoutant au passage avoir grandi dans un environnement où demander ce type d’aide était perçu comme humiliant. Fort heureusement les mentalités ont depuis énormément évolué même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour la reconnaissance et la prise en charge des personnes atteintes de troubles dépressifs.

Dakota Johnson va réaliser son premier long-métrage

Dakota Johnson s’apprête à passer derrière la caméra pour son premier long-métrage. A Tree Is Blue, c’est le titre de ce film dont le tournage doit débuter le mois prochain à Los Angeles selon le comme le révèle le Hollywood Reporter. Côté casting, Charli XCX et Jessica Alba seraient en négociations pour rejoindre l’aventure, tandis que la scénariste Vanessa Burghardt devrait également écoper d’un rôle.

Les détails de l’intrigue n’ont pas encore été dévoilés pour ce projet entièrement financé par la société de production Rivulet Entertainment. Dakota Johnson n’en est pas totalement à son coup d’essai, puisqu’elle a déjà fait ses armes en réalisant un court-métrage intitulé Loser Baby, présenté au Festival international du film de Toronto l’année dernière.

Vanessa Burghardt, qui signe ici son premier scénario, avait partagé l’affiche avec Dakota Johnson dans Cha Cha Real Smooth. Jessica Alba vient quant à elle de produire et jouer dans le film d’action Trigger Warning pour Netflix, et s’apprête à tourner aux côtés d’Anthony Hopkins et Al Pacino dans Maserati : The Brothers.

De son côté, Charli XCX enchaîne les projets cinématographiques depuis le triomphe musical de Brat. La chanteuse britannique, récompensée aux Grammy Awards, produit et joue actuellement dans The Moment pour A24, et a décroché plusieurs autres rôles dans d’autres productions.

Keira Knightley raconte comment les paparazzi l’insultaient devant chez elle pour la faire réagir

Keira Knightley a livré un témoignage glaçant sur le harcèlement qu’elle a subi de la part des paparazzi au pic de sa carrière. Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Times, l’actrice de 39 ans a révélé avoir « perdu la tête » durant cette période sombre, avant de fuir Hollywood pour voyager incognito à travers l’Europe.

Les photographes ne reculaient devant rien pour obtenir leurs clichés. Certains louaient des appartements en face de chez Keira Knightley et utilisaient des téléobjectifs pour scruter l’intérieur de son domicile. Mais le pire restait leurs provocations verbales. « C’était surtout à coup de "grosse pute". Parfois "salope" », a relaté Keira Knightley dans le journal, précisant que les insultes redoublaient lorsqu’elle était accompagnée de son petit ami, de son frère ou de son père.

Selon elle, l’objectif était clair : provoquer une réaction violente pour pouvoir ensuite intenter des poursuites judiciaires tout en obtenant un cliché juteux à la vente.

Keira Knightley a également dénoncé les méthodes extrêmes de certains photographes qui n’hésitaient pas à provoquer des sorties de route en voiture pour obtenir des images sensationnelles. « Quand Britney (Spears) s’est rasé la tête, ils se sont dit : "Super, on peut les pousser à faire un truc complètement dingue" », a ajouté Keira Knightley.

Face à cette violence, la comédienne a tout plaqué avec le soutien de sa famille. « Un jour, je leur ai dit : "J’arrête." Et ma famille m’a soutenue. Ils m’ont dit : "Barre-toi, tout simplement" », a-t-elle raconté. Elle a alors sillonné l’Europe en train pour en visiter les nombreux musées, adoptant une apparence négligée et évitant tout contact visuel pour passer inaperçue. Une fuite salvatrice qui, avec le recul, était la seule bonne décision à prendre.

Bruce Springsteen soutient le mouvement No Kings contre Donald Trump aux États-Unis

Bruce Springsteen a encore de l’espoir pour « l’Amérique de nos plus grands idéaux ». Tout comme Robert de Niro quelques jours avant lui, le « Boss » a exprimé son soutien au mouvement No Kings outre-Atlantique. Lancé en juin dernier, No Kings réunit des associations et a pour ambition d’organiser des manifestations à travers les États-Unis pour « faire pression » contre la politique de Donald Trump, en particulier de récentes mesures de son administration aux niveaux fédérale et migratoire.

Les dernières manifestations du 18 octobre ont rassemblé des millions de participants dans plusieurs États, auxquels le président américain a notamment répondu sur son réseau Truth Social avec une vidéo générée par l’intelligence artificielle où on le voit porter une couronne et piloter un avion de chasse déversant un liquide marron sur les manifestants. Ainsi, pour Bruce Springsteen, il ne fait aucun doute que c’est « le chaos total aux États-Unis ». Mais le musicien de 76 ans est fier du message de « No Kings », qu’il a récemment défendu au festival de cinéma AFI de Los Angeles en marge d’une projection de son biopic, Springsteen : Deliver Me From Nowhere, comme l’a rapporté NME.

« Pendant 250 ans, partout dans le monde, malgré toutes nos erreurs, les États-Unis sont restés un symbole de liberté, de démocratie, d’espoir et d’indépendance », a-t-il souligné, guitare à la main. « J’ai passé 50 ans à voyager, presque en tant qu’ambassadeur musical des États-Unis, et j’ai pu constater de mes propres yeux tout l’amour et l’admiration que les gens du monde entier portent à l’Amérique de nos plus grands idéaux. Malgré les terribles dommages que les États-Unis ont récemment subis, ce pays et ces idéaux méritent encore qu’on se batte pour eux », a-t-il poursuivi avant d’« envoyer une prière » à « notre unité » et « No Kings ».

Bruce Springsteen et Donald Trump se sont déjà échangé quelques prises de bec ces derniers mois, l’un critiquant ouvertement l’élu lors de concerts et d’évènements, l’autre ripostant avec des attaques en ligne sur la carrière et l’intégrité du musicien. Le chanteur de Born in the USA, un fervent soutien démocrate, a notamment dénoncé lors d’un concert à Manchester en mai l’administration « corrompue, incompétente et traître » de Donald Trump. Le président américain lui a répondu en le traitant de « connard » et d’artiste « surcoté ». Il a annoncé par la suite vouloir lancer une « enquête majeure » sur des « paiements » qu’aurait effectués son ancienne rivale démocrate à la présidence, Kamala Harris, pour obtenir le soutien de célébrités comme Bruce Springsteen.

Radiohead reste soudé malgré des avis divergents sur le boycott d’Israël

Le groupe Radiohead a vécu personnellement les divisions qui ont fait l’actualité, en dehors d’Israël et des Territoires palestiniens, depuis l’attaque terroriste du Hamas contre l’Etat hébreu le 7 octobre 2023. En cause, les pressions reçues, notamment par le mouvement de soutien à la Palestine, Boycott, Divestment and Sanctions (BDS), pour qu’ils se « désolidarisent de Jonny » Greenwood, leur guitariste.

Son tort ? Le musicien a grandi dans une famille de confession juive, est marié à l’artiste israélienne Sharona Katan et travaille avec des artistes, en dehors de Radiohead, dont certains se trouvent être de religion juive. L’une de ses collaborations s’est récemment retrouvée la cible d’un appel au boycott fructueux : les concerts prévus entre Jonny Greenwood et le musicien israélien Dudu Tassa, qui a joué pour l’IDF en novembre 2023 afin « d’apporter un peu de réconfort » aux soldats qui « défendent ma famille », à Londres et Bristol ont été annulés.

« La seule chose dont j’ai honte, c’est d’avoir entraîné Thom (Yorke, le leader de Radiohead) et les autres dans ce bordel, mais je n’ai pas honte de travailler avec des musiciens arabes et juifs. Je ne peux pas m’excuser de cela. La gauche cherche des traîtres, la droite des convertis et c’est déprimant de constater que nous sommes ce qu’ils peuvent trouver de plus proche », a déclaré Jonny Greenwood dans le Sunday Times.

Le musicien confie également avoir « passé beaucoup de temps » en Israël avec sa famille et avoir participé, là-bas, à des manifestations anti-gouvernementales.

« Je ne peux pas simplement dire "Je ne fais pas de musique avec vous, bande d’enfoirés, à cause du gouvernement ". Ça n’a aucun sens pour moi. Je n’ai aucune loyauté ni respect envers leur gouvernement, mais j’ai les deux envers les artistes qui sont nés là-bas », ajoute-t-il.

L’idée d’un boycott d’Israël est en revanche une évidence, au regard de la réponse du gouvernement de Benyamin Netanyahou à l’attaque du 7-Octobre, pour Thom Yorke. Ce dernier est par ailleurs la cible, depuis 2017, du mouvement BDS, appuyé par Roger Waters, qui l’accuse de rester silencieux face à la colonisation des Territoires palestiniens par l’Etat hébreu. « Je ne voudrais pas être à moins de 8.000 km du régime Netanyahou. Mais Jonny a des racines là-bas. Je comprends donc », a-t-il répondu alors que Radiohead a annoncé une série de concerts en Europe et au Royaume-Uni.

Sa loyauté envers Jonny Greenwood a valu à Thom Yorke plusieurs désagréments. Il raconte ainsi s’être fait cracher dessus, encore récemment, dans la rue par une personne qui lui a crié dessus « Free Palestine » et lui a déclaré qu’il était de « son devoir » de se désolidariser de son guitariste. Thom Yorke l’assure, on ne le verra pas s’insulter en public avec Jonny Greenwood.

« Les vrais criminels, qui devraient comparaître devant la CPI (Cour pénale internationale), se moquent de nous qui nous disputons en public et sur les réseaux sociaux, tandis qu’eux continuent à agir en toute impunité, assassinant des gens », lance-t-il.

Même s’il respecte la décision du chanteur de ne pas se produire en Israël, Jonny Greenwood émet un « désaccord en toute politesse » et s’en explique. « Le gouvernement est plus à même d’utiliser un boycott pour dire "Ils nous détestent tous, donc nous devrions faire exactement ce que nous voulons". Ce qui est bien plus dangereux », a-t-il ajouté.

Philip Selway, le batteur de Radiohead, résume où ils se situent tous, malgré les pressions extérieures et les désaccords internes : l’artistique passe en premier. « Ils veulent que nous prenions nos distances avec Jonny, mais cela signifierait la fin du groupe. Jonny a des principes très forts. Mais c’est étrange d’être ostracisés par des artistes avec lesquels nous nous sentions généralement assez proches », a-t-il déclaré.

Mort de Björn Andrésen à 70 ans

Tadzio n'est plus. L'acteur suédois Björn Andrésen, révélé à l'âge de 15 ans par Luchino Visconti dans son chef-d'oeuvre Mort à Venise, sous les traits de l'adolescent diaphane et androgyne qui obsédait Dirk Bogarde, est décédé à l'âge de 70 ans. Les causes de son décès ne sont pas connues.

Qualifié par le maître italien de "plus beau garçon du monde", cette étiquette est restée collée à la peau de Björn Andrésen, à son grand désespoir, et racontera plus tard à quel point son expérience négative avec Visconti a profondément affecté le reste de sa vie et sa carrière.

Orphelin de mère -elle se suicidera alors qu'il avait 10 ans- Björn Andrésen sera élevé par sa grand-mère, qui le poussera plus tard à se lancer dans une carrière de mannequin et d'acteur, "parce qu'elle voulait une célébrité dans la famille" dira des années plus tard l'intéressé.

En 1970, Luchino Visconti parcourait l'Europe à la recherche de celui qui pourrait incarner Tadzio, dans l'adaptation de la nouvelle de Thomas Mann, Mort à Venise. Il fut hypnotisé par la beauté de Björn Andrésen. À la sortie du film, présenté au Festival de Cannes ( et auréolé de la Palme d'or), Björn Andrésen devient une star. Au Japon, il fut quasi instantanément élevé au rang d'icône.

Une mise sur orbite bien trop violente en vérité pour lui, d'autant que Visconti, homosexuel, n'hésites pas à l'emmener dans une boîte de nuit gay, alors qu'il n'a que 16 ans. "Je savais que je ne pouvais pas réagir. Cela aurait été un suicide social. Mais ce fut la première d'une longue série de rencontres de ce genre" dira plus tard Andrésen.

Loin des plateaux de tournages, Andrésen aspirait surtout à une carrière musicale, et devint un pianiste et musicien accompli. Il continua quand même à tourner, apparaissant dans plus de 30 films et séries télévisées, principalement tournés en Suède. Une carrière à l'écran sans grande conviction de sa part d'ailleurs, d'où émerge par exemple un petit rôle dans le formidable film Midsommar d'Ari Aster.

En 2021, il avait fait l'objet d'un remarquable documentaire, L'ange blond de Visconti - Björn Andrésen, de l'éphèbe à l'acteur, réalisé par Kristina Lindström et Kristian Petri. L'occasion pour lui de balayer une carrière qu'il jugeait "chaotique" : "Ma carrière est l'une des rares à avoir commencé au sommet absolu, puis à avoir progressivement décliné. C'était une expérience solitaire" disait-il.

La série Ça - Bienvenue à Derry arrive ce lundi

Maintenant que les coulrophobes du monde entier sont partis se coucher, il est enfin temps de découvrir Ça : Bienvenue à Derry, adaptation (très) libre de l’univers du maître incontesté de l’horreur Stephen King. Et on ne va pas vous cacher que c’est avec une certaine méfiance qu’on a lancé les premiers épisodes, tant les adaptations de King sont devenues monnaie courante, et pour des résultats… souvent assez moyens.

Bienvenue à Derry se déroule en 1962, soit 27 ans avant les événements de Ça : Chapitre Un. La série nous plonge dans l'histoire terrifiante de la ville hantée par Grippe-Sou, en s'inspirant des « interludes » du roman original de Stephen King – ces flashbacks inquiétants et tragédies historiques sur lesquels le personnage de Mike Hanlon fera des recherches à l'âge adulte.

L’angle choisi pour nous plonger dans cette nouvelle histoire de la ville devrait vous rappeler quelque chose. Celle d’un groupe de jeunes collégiens aux prises avec des forces “cosmiques” dans une petite ville où se trouve également une base militaire… tout ça fait évidemment penser à la série créée par Matt et Ross Duffer : Strangers Things. Et on pense que c’est le but.

En effet, difficile d’imaginer qu’HBO ne cherche pas à récupérer le marché juteux de “la série d’horreur nostalgique”, alors même que Strangers Things va se terminer dans deux petits mois. Les ponts entre les deux séries sont ainsi évidents dès le départ, a ceci près que Bienvenue à Derry assume ouvertement une démarche horrifique beaucoup (beaucoup) plus prononcée. Pour résumer, et sans rien spoiler, Bienvenue à Derry c’est Strangers Things version non censurée déconseillée aux moins de 18 ans…

On a vraiment hâte que vous découvriez les premiers épisodes et que vous veniez nous en parler sur Allociné ! Ça : Bienvenue à Derry est disponible sur HBO Max, avec un épisode chaque lundi.

Pas de saispn 3 pour Sophie Cross

Mauvaise nouvelle pour les téléspectateurs qui attendaient des épisodes inédits de Sophie Cross. La troisième saison de la série télévisée, qui se faisait désirer depuis novembre 2023, date de diffusion de la saison 2, ne verra pas le jour.

Deux ans après le final choquant de la saison 2, et alors que France 3 déclarait à l’époque que “l’écriture de la saison 3 est actuellement en développement”, c’est finalement Thomas Jouannet qui coupe court à tout espoir au détour d’une interview accordée à nos confrères de Télé 7 jours (n°3413). En effet, le comédien, qu’on a récemment vu au générique des saisons 2 de Mademoiselle Holmes et Brigade du fleuve, a évoqué ses projets : “Sophie Cross, la série policière dont je partageais l'affiche avec Alexia Barlier, sur France 3, n'est hélas pas reconduite”.

Une annonce qui peut surprendre au vu des audiences réalisées par le programme sur France 3. Après une première saison qui avait été suivie par 3,94 millions de téléspectateurs, “soit 20,1 % de part d'audience, un record pour la fiction” souligne Puremédias, la saison 2 avait séduit en moyenne 3,6 millions de téléspectateurs, permettant à la chaîne de se classer en tête des audiences les soirs de diffusion des épisodes.

Pour rappel, Sophie Cross suit une brillante avocate (Alexia Barlier) confrontée à la disparition de son fils de cinq ans, Arthur, alors qu’ils profitent d’une belle journée d’été dans les dunes de la mer du Nord. Les jours, les semaines, puis les années passent et le petit garçon reste introuvable. L’enquête, menée par son père (Thomas Jouannet), est dans une impasse. Qu’a-t-il bien pu arriver à Arthur ?

Pourquoi une telle décision de la part de France 3 ? La difficulté à coordonner les équipes issues à la fois de France, de Belgique et d’Allemagne – Sophie Cross est une coproduction européenne – a dû peser dans la balance. Ainsi, le tournage de la saison 2 n’avait pu débuter qu’en septembre 2022, soit un an après la diffusion de la première salve d’épisodes. Il avait donc fallu attendre deux ans entre les saisons 1 et 2.

Malgré cette annulation, Thomas Jouannet, lui, a un emploi du temps chargé. La troisième saison de Mademoiselle Holmes est en préparation, et l’acteur sera au casting d’Allez ma fille, le premier long-métrage de sa fille Chloé Jouannet en tant que réalisatrice.