28 octobre 2025

A House of Dynamite sur Netflix : le thriller de Kathryn Bigelow est-il réaliste ? Voici la réponse du Pentagone

C'est Bloomberg qui a mis la main dessus : une note interne tout ce qu’il y a de plus officielle du Pentagone pour répondre aux discussions de ses employés à la machine à café (véridique). Non, le film A House Of Dynamite réalisé par Kathryn Bigelow ne proposerait pas un scénario vraisemblable, et non il n’y aurait aucune raison de s’inquiéter…

Mais alors, est-ce que le film Netflix raconte vraiment n’importe quoi ? Ou bien le Pentagone essaye-t-il de dissimuler ses propres insuffisances ?

A House of Dynamite détaille la réaction de l’appareil d'État étasunien face au tir d'un missile nucléaire en direction de Chicago. Dans l’une des scènes, le secrétaire à la Défense s'indigne que le système de protection antimissile, qui a coûté 50 milliards de dollars, n'ait que 50 % de chances de détruire sa cible : “Vous êtes en train de me dire qu’on joue à pile ou face ?!”

Si la note interne du Pentagone admet que des exagérations sont compréhensibles pour créer de la dramaturgie, elle affirme cependant que les tests actuels révèlent une issue “très différente” de celle qui est dépeinte dans le film. En effet, dans une note de l’Agence de défense antimissile datée du 16 octobre, les tests effectués permettent d’affirmer que la technologie actuelle "affiche un taux de précision de 100 % lors des tests depuis plus d’une décennie".

Que répond l’équipe du film à ce procès en invraisemblance ? Dans l'émission CBS Sunday Morning du 12 octobre, Bigelow a déclaré que l'équipe de tournage n'avait pas collaboré avec l'armée par souci d'indépendance, mais avec “plusieurs conseillers techniques qui avaient travaillé au Pentagone”.

Noah Oppenheim, le scénariste du film a, quant à lui, déclaré sur MSNBC être “respectueusement en désaccord” avec la note du Pentagone. Il précise : “j'ai discuté avec de nombreux experts qui ont tous témoigné publiquement [...] Nous leur avons posé une multitude de questions. [...] Ce que nous montrons dans le film est exact.”

Face à ce débat insoluble où chacun se renvoie la balle, la meilleure conclusion est encore celle de Kathryn Bigelow, qui espère que son film lancera “certainement une conversation” sur les menaces nucléaires. 

Pourquoi Charles Bronson a-t-il été obligé de changer de nom au milieu de sa carrière ?

Il est connu que Charles Bronson était un pseudonyme cachant Charles Buchinsky, né d'un père lituanien et d'une mère américaine, et que l'acteur a décidé de changer de nom alors que sa carrière était déjà bien lancée. Et il a pris cette décision pour une bonne raison.

Invité sur le plateau de Stuart Rosenthal pour la promotion de Chasse à mort en 1981, Bronson était revenu sur ce changement radical alors qu'il avait déjà tourné 5 ans sous son vrai nom :

"La raison pour laquelle j'ai changé de nom, c'est que j'y ai été incité par deux personnes : mon ex-femme et mon agent. Pendant cette époque, McCarthy était très populaire. Il était très populaire et chassait les communistes. Le représentant de la Russie aux Etats-Unis était Vychinski, et mon nom était Buchinsky, et ça se ressemblait vraiment beaucoup."

Andreï Vychinski était le procureur général des procès de Moscou organisés par Joseph Staline durant les années 1930, et aux Etats-Unis la politique menée par McCarthy avait conduit à la formation de la House of Un American Activities Committee, qui était chargé de traquer les sympathies communistes aux USA. En 1947, ce comité avait organisé 9 auditions visant les employés de Hollywood. Bronson poursuit :

"Hollywood avait peur et ils n'engageaient pas quelqu'un qui avait pour nom Buchinsky, si vous voyez ce que je veux dire. Ils avaient peur d'être peut-être visés, placés sous le radar du McCarthysme. Donc je me suis dit : 'On s'en fout, je change mon nom'."

Ce changement de nom est survenu en cours d'année 1954, raison pour laquelle cette année-là, l'acteur est encore crédité comme Charles Buchinsky dans le western Vera Cruz de Robert Aldrich, puis apparaît pour la première fois en Charles Bronson dans un autre western, L'Aigle solitaire de Delmer Daves. Devenu une star sous ce pseudonyme, il n'en a plus jamais changé.

Le comité des activité anti-américaine conduira à l'établissement de la "Liste noire", liste des employés de Hollywood suspectés de sympathies communistes, menant à la fin de la carrière de certains ou à l'emploi de de pseudonymes par ces acteurs, auteurs et réalisateurs, afin de continuer à travailler discrètement.

La série Ça - Bienvenue à Derry a dérangé ses propres acteurs

"Vous verrez des choses parfaitement dégoûtantes.” C’est ce qu’a sobrement déclaré l’acteur Chris Chalk au micro de nos confrères de Variety, présents à l’avant-première américaine de la série. Et maintenant qu’on a vu le 1er épisode de Ça : Bienvenue à Derry on comprend mieux cet avertissement !

Créée par le duo Andy Muschietti (à la réalisation) et Barbara Muschietti (à la production), déjà à l’origine des films Ça et Ça : Chapitre 2, la nouvelle série inspirée de l’univers de Stephen King s’annonce d’ores et déjà comme le phénomène horrifique immanquable de cette fin d’année. Une proposition tellement radicale, surtout pour le petit écran, que les créateurs eux-mêmes ont pensé que la chaîne ne les laisserait pas aller au bout de leur vision.

Durant cette avant-première, la productrice Barbara Muschetti a raconté au micro de Variety qu’elle était persuadée que HBO allait finir par leur demander des comptes sur la violence de la série : “ Pendant le tournage, je me disais sans cesse : "Je vais recevoir un appel" [...] Mais nous avons continué à présenter les épisodes, et ils ont continué à les adorer. Nous avons eu beaucoup de chance d'avoir le soutien du studio.”

Mais la brutalité de la série n’a pas fait douter que sa productrice. Le co-scénariste Jason Fuchs s’est lui aussi fendu, sourire aux lèvres, d’une anecdote croustillante. Pendant l’écriture, il a purement et simplement caché à sa famille le contenu réel des scènes. Et lorsqu’ils ont découvert les épisodes : “Ils m’ont demandé : "C'est ça que tu avais en tête ?! C'est ce qui se passait quand tu martelais sur ton clavier d’ordinateur ?!"

Pire, la productrice Barbara Muschietti a carrément conseillé à l’une des actrices, Taylour Paige, de prendre son temps avant de regarder les épisodes. Pourquoi ? Et bien parce qu’elle venait récemment d’accoucher d’un petit bout’chou, et qu’une certaine scène de l’épisode 1 aurait pu être… difficile ? Celles et ceux qui ont déjà découvert la série voient tout à fait de quoi on parle.

Elle raconte : “[Barbara m’a dit] : "Tu viens d'avoir un bébé, ma chérie. Attend un peu avant de la regarder, parce que les premiers épisodes…" [...] Mais vous savez quoi ? Si on fait quelque chose, on y va à fond. [...] Et j'ai eu… un accouchement sans médicament, donc j'étais [vraiment dans la scène]. Donc oui, ça m'a un peu plus marquée… C'était bien qu'elle m'ait prévenue, parce que j'avais la nausée.”

Terrifer : pourquoi les producteurs sont-ils attaqués en justice par Catherine Corcoran

Tourné en 2016 et sorti en 2018 aux Etats-Unis, le film d’horreur Terrifier, suivant les meurtres d’un clown sadique, n’a fait parler de lui en France qu’au moment de la sortie de sa suite encore plus gore, en janvier 2023, qui a provoqué malaises et vomissements chez certains spectateurs.

Suite au succès de ce Terrifier 2, un troisième film a été tourné, qui a lui aussi soulevé les estomacs à sa sortie en octobre 2024, faisant définitivement devenir la saga l'une des plus en vue du cinéma d'horreur. Un quatrième film doit d’ailleurs conclure la série de meurtres tous plus atroces les uns que les autres perpétrés par le terrible Art.

Variety nous apprend cependant aujourd’hui que les sociétés de production de la franchise, Dark Age Cinema et Fuzz on the Lens Productions, ainsi que le producteur Phil Falcone et le réalisateur Damien Leone, sont visés par une plainte déposée dimanche devant la cour fédérale de Californie par l’actrice Catherine Corcoran, qui jouait l’une des victimes du clown tueur dans le premier film.

La comédienne accuse la production du film de ne pas avoir respecté son contrat et d’avoir distribué des scènes sexuellement explicites sans son consentement. C'est notamment la scène de torture et de mort de son personnage, qui est l’une des plus traumatisantes de Terrifier, qui est visée : on y voit Dawn pendue par les pieds torse nue, massacrée par Art.

Une séquence pour laquelle Catherine Corcoran aurait été, selon la plainte, pendue par les chevilles "plus de 10 heures à des températures inférieures à zéro". Tandis que la couverture qu’on lui donnait pour se couvrir entre les prises "est devenue si saturée de faux sang qu’elle ne prodiguait plus aucune chaleur avec le temps".

Après ce tournage de nuit, elle serait tombée malade et aurait été diagnostiquée d’un œdème crânien et des lésions du tympan. De plus, l’actrice n’aurait jamais donné "son consentement écrit" pour tourner cette scène nue, ce qui est pourtant exigé par le Syndicat des acteurs. Elle aurait insisté pour tourner en sous-vêtement mais n'aurait pas obtenu gain de cause.

La plainte ne concerne pas uniquement ce tournage cauchemardesque pour l’interprète de Dawn, mais également des promesses qui lui auraient été faites. Elle aurait en effet accepté de tourner Terrifier à un "taux journalier extrêmement bas", à condition qu’elle toucherait un pourcentage sur les bénéfices du film et ses potentielles suites.

La plainte assure aussi que les producteurs auraient "accepté par écrit d'accorder à Corcoran une part de 1% de toutes les ventes nettes générées par les produits dérivés liés à Terrifier". Cependant, et alors même que la saga a explosé en popularité depuis 2022 et rapporté plus de 105 millions de dollars au box-office mondiale, la comédienne affirme qu’au fil des années ses royalties "sont devenues de plus en plus sporadiques et ont diminué jusqu'à atteindre des montants sans commune mesure".

Catherine Corcoran n’aurait plus été payée depuis juillet 2024 et n’aurait reçu que 1 816,35 dollars jusqu'à cette date, "sans aucune explication quant à la raison pour laquelle les redevances ont cessé d'être versées ni quant à la destination des paiements restants".

Selon les avocats de Catherine Corcoran, il s’agit ainsi de "l'histoire bien trop courante de producteurs de films à petit budget qui profitent d'une jeune actrice par le biais de la fraude, du harcèlement sexuel et, finalement, de la trahison". Les accusés n’ont pas encore réagi à la plainte.

27 octobre 2025

Channel 4 dupe ses téléspectateurs avec une présentatrice générée par intelligence artificielle

Une présentatrice de journal télévisé qui n’existe pas, c’est le coup de force réalisé par Channel 4 lundi dernier (20 octobre) dans le cadre d’un documentaire intitulé Will AI Take My Job ? (L’IA va-t-elle me prendre mon boulot ?). Pendant une heure, les téléspectateurs britanniques ont suivi un reportage sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail, sans se douter que la journaliste à l’écran, Aisha Gaban, était elle-même une création numérique. Ce n’est qu’à la fin de l’émission que la révélation a été faite.

« L’IA va toucher tout le monde dans les années à venir. Peut-être même les présentateurs télé comme moi. Parce que je ne suis pas réelle », a déclaré la présentatrice virtuelle dans le programme. « Je n’existe pas. Mon image et ma voix ont été générées par IA. »

Cette IA a été développée par Seraphinne Vallora en collaboration avec Kalel Productions. Le réalisme était tel que certains détails, comme les rides au moment de parler, ont surpris les équipes de production. Louisa Compton, responsable de l’information chez Channel 4, a néanmoins tenu à préciser que ce petit numéro n’était pas destiné à ouvrir la porte à l’installation de cette pratique. « Notre priorité reste de pratiquer un journalisme vérifié et fiable, quelque chose dont l’IA n’est pas capable », a-t-elle affirmé dans un communiqué relayé par Variety.

Le documentaire de Channel 4 s’inscrit dans un débat croissant sur l’usage de l’IA dans les médias et les risques de désinformation qui vont avec. En effet, cette enquête menée par la chaîne britannique révèle que 76 % des dirigeants britanniques ont déjà introduit l’IA dans des tâches autrefois réalisées par des humains.

On ajoutera que, bien malheureusement, si ce « coup médiatique » vise à alerter sur la facilité avec laquelle le public peut être trompé par cette technologie, il pourrait aussi venir nourrir les rêves d’automatisation de firmes toujours à l’affût de nouvelles coupes dans leurs budgets. Rappelons que si une IA ne prend ni vacances ni congés maladie, ne réclame pas d’augmentation et ne fait, pour l’instant, l’objet d’aucune fiche de paye, elle n’est pas à l’abri d’une panne du système, pouvant provoquer une paralysie d’ampleur comme on a encore pu le voir en ce début de semaine. L’usage de l’IA peut également rapidement devenir une catastrophe pour la planète. Par ailleurs, personne ne peut prédire non plus le comportement et l’évolution des IA génératives qui pourraient également devenir aussi aimables qu’un Terminator de Skynet, comme met en garde le patron d’OpenIA (ChatGPT), Sam Altman, depuis plusieurs années déjà, en réclamant une réglementation stricte pour éviter notamment, comme le relayait CNN cet été, une perte de contrôle de l’humain sur la machine.

Bruce Springsteen rappelle que la dépression est loin d’être un mal nouveau

Bruce Springsteen s’est confié sur ses problèmes de santé mentale à l’occasion de la sortie de Deliver Me From Nowhere, film qui explore la période difficile qu’il a vécue pendant l’enregistrement de son album de 1982 Nebraska. Invité du Breakfast Show de BBC Radio 2, le chanteur de 75 ans a rappelé qu’à son époque, si on parlait moins de dépression, ça n’était parce que moins de gens étaient touchés mais plutôt parce que le sujet était totalement tabou.

« Dans les années 1950 et 1960, personne ne savait rien sur ce sujet. Les gens devaient simplement endurer leurs souffrances », a expliqué Bruce Springsteen au micro de la radio britannique.

Le rockeur parle en connaissance de cause, puisque plusieurs membres de sa famille, dont son père et certaines de ses tantes et cousins, souffraient de problèmes de santé mentale. « Personne n’obtenait la moindre aide. Il n’y avait ni médicaments, ni soutien psychologique. Les gens étaient vraiment livrés à eux-mêmes », a-t-il ajouté.

Le Boss a reconnu avoir eu la chance de bénéficier du soutien de son manager Jon Landau lors de sa première dépression, que le film relate avec justesse. « J’ignorais totalement ce qui m’arrivait », a confié Bruce Springsteen, qui a longtemps ressenti une profonde gêne à l’idée de consulter un psychiatre.

« Pendant des années, je me déguisais presque avant d’entrer dans le cabinet. Je portais une casquette de baseball et des lunettes, je regardais partout autour de moi et je me faufilais le plus vite possible », a raconté Bruce Springsteen, ajoutant au passage avoir grandi dans un environnement où demander ce type d’aide était perçu comme humiliant. Fort heureusement les mentalités ont depuis énormément évolué même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour la reconnaissance et la prise en charge des personnes atteintes de troubles dépressifs.

Dakota Johnson va réaliser son premier long-métrage

Dakota Johnson s’apprête à passer derrière la caméra pour son premier long-métrage. A Tree Is Blue, c’est le titre de ce film dont le tournage doit débuter le mois prochain à Los Angeles selon le comme le révèle le Hollywood Reporter. Côté casting, Charli XCX et Jessica Alba seraient en négociations pour rejoindre l’aventure, tandis que la scénariste Vanessa Burghardt devrait également écoper d’un rôle.

Les détails de l’intrigue n’ont pas encore été dévoilés pour ce projet entièrement financé par la société de production Rivulet Entertainment. Dakota Johnson n’en est pas totalement à son coup d’essai, puisqu’elle a déjà fait ses armes en réalisant un court-métrage intitulé Loser Baby, présenté au Festival international du film de Toronto l’année dernière.

Vanessa Burghardt, qui signe ici son premier scénario, avait partagé l’affiche avec Dakota Johnson dans Cha Cha Real Smooth. Jessica Alba vient quant à elle de produire et jouer dans le film d’action Trigger Warning pour Netflix, et s’apprête à tourner aux côtés d’Anthony Hopkins et Al Pacino dans Maserati : The Brothers.

De son côté, Charli XCX enchaîne les projets cinématographiques depuis le triomphe musical de Brat. La chanteuse britannique, récompensée aux Grammy Awards, produit et joue actuellement dans The Moment pour A24, et a décroché plusieurs autres rôles dans d’autres productions.

Keira Knightley raconte comment les paparazzi l’insultaient devant chez elle pour la faire réagir

Keira Knightley a livré un témoignage glaçant sur le harcèlement qu’elle a subi de la part des paparazzi au pic de sa carrière. Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Times, l’actrice de 39 ans a révélé avoir « perdu la tête » durant cette période sombre, avant de fuir Hollywood pour voyager incognito à travers l’Europe.

Les photographes ne reculaient devant rien pour obtenir leurs clichés. Certains louaient des appartements en face de chez Keira Knightley et utilisaient des téléobjectifs pour scruter l’intérieur de son domicile. Mais le pire restait leurs provocations verbales. « C’était surtout à coup de "grosse pute". Parfois "salope" », a relaté Keira Knightley dans le journal, précisant que les insultes redoublaient lorsqu’elle était accompagnée de son petit ami, de son frère ou de son père.

Selon elle, l’objectif était clair : provoquer une réaction violente pour pouvoir ensuite intenter des poursuites judiciaires tout en obtenant un cliché juteux à la vente.

Keira Knightley a également dénoncé les méthodes extrêmes de certains photographes qui n’hésitaient pas à provoquer des sorties de route en voiture pour obtenir des images sensationnelles. « Quand Britney (Spears) s’est rasé la tête, ils se sont dit : "Super, on peut les pousser à faire un truc complètement dingue" », a ajouté Keira Knightley.

Face à cette violence, la comédienne a tout plaqué avec le soutien de sa famille. « Un jour, je leur ai dit : "J’arrête." Et ma famille m’a soutenue. Ils m’ont dit : "Barre-toi, tout simplement" », a-t-elle raconté. Elle a alors sillonné l’Europe en train pour en visiter les nombreux musées, adoptant une apparence négligée et évitant tout contact visuel pour passer inaperçue. Une fuite salvatrice qui, avec le recul, était la seule bonne décision à prendre.

Bruce Springsteen soutient le mouvement No Kings contre Donald Trump aux États-Unis

Bruce Springsteen a encore de l’espoir pour « l’Amérique de nos plus grands idéaux ». Tout comme Robert de Niro quelques jours avant lui, le « Boss » a exprimé son soutien au mouvement No Kings outre-Atlantique. Lancé en juin dernier, No Kings réunit des associations et a pour ambition d’organiser des manifestations à travers les États-Unis pour « faire pression » contre la politique de Donald Trump, en particulier de récentes mesures de son administration aux niveaux fédérale et migratoire.

Les dernières manifestations du 18 octobre ont rassemblé des millions de participants dans plusieurs États, auxquels le président américain a notamment répondu sur son réseau Truth Social avec une vidéo générée par l’intelligence artificielle où on le voit porter une couronne et piloter un avion de chasse déversant un liquide marron sur les manifestants. Ainsi, pour Bruce Springsteen, il ne fait aucun doute que c’est « le chaos total aux États-Unis ». Mais le musicien de 76 ans est fier du message de « No Kings », qu’il a récemment défendu au festival de cinéma AFI de Los Angeles en marge d’une projection de son biopic, Springsteen : Deliver Me From Nowhere, comme l’a rapporté NME.

« Pendant 250 ans, partout dans le monde, malgré toutes nos erreurs, les États-Unis sont restés un symbole de liberté, de démocratie, d’espoir et d’indépendance », a-t-il souligné, guitare à la main. « J’ai passé 50 ans à voyager, presque en tant qu’ambassadeur musical des États-Unis, et j’ai pu constater de mes propres yeux tout l’amour et l’admiration que les gens du monde entier portent à l’Amérique de nos plus grands idéaux. Malgré les terribles dommages que les États-Unis ont récemment subis, ce pays et ces idéaux méritent encore qu’on se batte pour eux », a-t-il poursuivi avant d’« envoyer une prière » à « notre unité » et « No Kings ».

Bruce Springsteen et Donald Trump se sont déjà échangé quelques prises de bec ces derniers mois, l’un critiquant ouvertement l’élu lors de concerts et d’évènements, l’autre ripostant avec des attaques en ligne sur la carrière et l’intégrité du musicien. Le chanteur de Born in the USA, un fervent soutien démocrate, a notamment dénoncé lors d’un concert à Manchester en mai l’administration « corrompue, incompétente et traître » de Donald Trump. Le président américain lui a répondu en le traitant de « connard » et d’artiste « surcoté ». Il a annoncé par la suite vouloir lancer une « enquête majeure » sur des « paiements » qu’aurait effectués son ancienne rivale démocrate à la présidence, Kamala Harris, pour obtenir le soutien de célébrités comme Bruce Springsteen.

Radiohead reste soudé malgré des avis divergents sur le boycott d’Israël

Le groupe Radiohead a vécu personnellement les divisions qui ont fait l’actualité, en dehors d’Israël et des Territoires palestiniens, depuis l’attaque terroriste du Hamas contre l’Etat hébreu le 7 octobre 2023. En cause, les pressions reçues, notamment par le mouvement de soutien à la Palestine, Boycott, Divestment and Sanctions (BDS), pour qu’ils se « désolidarisent de Jonny » Greenwood, leur guitariste.

Son tort ? Le musicien a grandi dans une famille de confession juive, est marié à l’artiste israélienne Sharona Katan et travaille avec des artistes, en dehors de Radiohead, dont certains se trouvent être de religion juive. L’une de ses collaborations s’est récemment retrouvée la cible d’un appel au boycott fructueux : les concerts prévus entre Jonny Greenwood et le musicien israélien Dudu Tassa, qui a joué pour l’IDF en novembre 2023 afin « d’apporter un peu de réconfort » aux soldats qui « défendent ma famille », à Londres et Bristol ont été annulés.

« La seule chose dont j’ai honte, c’est d’avoir entraîné Thom (Yorke, le leader de Radiohead) et les autres dans ce bordel, mais je n’ai pas honte de travailler avec des musiciens arabes et juifs. Je ne peux pas m’excuser de cela. La gauche cherche des traîtres, la droite des convertis et c’est déprimant de constater que nous sommes ce qu’ils peuvent trouver de plus proche », a déclaré Jonny Greenwood dans le Sunday Times.

Le musicien confie également avoir « passé beaucoup de temps » en Israël avec sa famille et avoir participé, là-bas, à des manifestations anti-gouvernementales.

« Je ne peux pas simplement dire "Je ne fais pas de musique avec vous, bande d’enfoirés, à cause du gouvernement ". Ça n’a aucun sens pour moi. Je n’ai aucune loyauté ni respect envers leur gouvernement, mais j’ai les deux envers les artistes qui sont nés là-bas », ajoute-t-il.

L’idée d’un boycott d’Israël est en revanche une évidence, au regard de la réponse du gouvernement de Benyamin Netanyahou à l’attaque du 7-Octobre, pour Thom Yorke. Ce dernier est par ailleurs la cible, depuis 2017, du mouvement BDS, appuyé par Roger Waters, qui l’accuse de rester silencieux face à la colonisation des Territoires palestiniens par l’Etat hébreu. « Je ne voudrais pas être à moins de 8.000 km du régime Netanyahou. Mais Jonny a des racines là-bas. Je comprends donc », a-t-il répondu alors que Radiohead a annoncé une série de concerts en Europe et au Royaume-Uni.

Sa loyauté envers Jonny Greenwood a valu à Thom Yorke plusieurs désagréments. Il raconte ainsi s’être fait cracher dessus, encore récemment, dans la rue par une personne qui lui a crié dessus « Free Palestine » et lui a déclaré qu’il était de « son devoir » de se désolidariser de son guitariste. Thom Yorke l’assure, on ne le verra pas s’insulter en public avec Jonny Greenwood.

« Les vrais criminels, qui devraient comparaître devant la CPI (Cour pénale internationale), se moquent de nous qui nous disputons en public et sur les réseaux sociaux, tandis qu’eux continuent à agir en toute impunité, assassinant des gens », lance-t-il.

Même s’il respecte la décision du chanteur de ne pas se produire en Israël, Jonny Greenwood émet un « désaccord en toute politesse » et s’en explique. « Le gouvernement est plus à même d’utiliser un boycott pour dire "Ils nous détestent tous, donc nous devrions faire exactement ce que nous voulons". Ce qui est bien plus dangereux », a-t-il ajouté.

Philip Selway, le batteur de Radiohead, résume où ils se situent tous, malgré les pressions extérieures et les désaccords internes : l’artistique passe en premier. « Ils veulent que nous prenions nos distances avec Jonny, mais cela signifierait la fin du groupe. Jonny a des principes très forts. Mais c’est étrange d’être ostracisés par des artistes avec lesquels nous nous sentions généralement assez proches », a-t-il déclaré.