13 février 2025

Michael Schumacher : trois hommes qui avaient tenté de soutirer 15 millions d’euros à sa famille ont été condamnés

Le 29 décembre 2013, la vie de Michael Schumacher basculait. Alors qu’il skiait avec son fils à Méribel, en Savoie, le pilote de Formule 1 a été victime d’une lourde chute et a heurté un rocher avec la tête. Victime d’un traumatisme crânien sévère, puis placé en coma artificiel pendant plusieurs mois, l’ex-sportif vit désormais reclus dans sa maison en Suisse. Sa famille a fait le choix de ne pas communiquer concernant son état de santé. De quoi faire naître de nombreuses rumeurs… mais aussi, pour certains, des envies d’obtenir des informations à ce sujet. Yilmaz T., âgé de 53 ans, se serait ainsi procuré des photos volées de l’ancien champion de Formule 1. Il aurait ensuite envoyé des messages à la famille du sportif pour la faire chanter, lui demandant 15 millions d’euros sous peine de voir les clichés être publiés.

Jugé ce mercredi 12 février en Allemagne, l’homme a reconnu les faits et a présenté des excuses à la famille de Michael Schumacher. Il a été condamné à trois ans de prison ferme par le parquet de Wuppertal. Son fils, âgé de 30 ans, a été condamné à six mois de prison ferme pour des faits de complicité. Il aurait aidé son père à envoyer des messages à partir d’une adresse email censée être techniquement intraçable. Un troisième homme, qui a nié toute implication lors de son procès, a enfin été condamné à deux ans de prison avec sursis.

Il est accusé d’avoir vendu des photos et des vidéos montrant Michael Schumacher avant et après son accident de ski au principal accusé. Il travaillait comme agent de sécurité pour la famille du pilote jusqu’en mars 2021. Enfin, l’enquête avait soulevé la potentielle participation d’une ancienne infirmière de Michael Schumacher dans cette affaire. Finalement, si elle était citée dans l’acte d’accusation officiel comme étant "impliquée", cette quatrième personne n’a, pour le moment, pas été inculpée.

Les confidences de Jean-Marc Généreux sur sa fille Francesca, atteinte du syndrome de Rett

Jean-Marc Généreux a le cœur brisé. Depuis samedi 7 février dernier, le chorégraphe professionnel a récupéré sa place de juré dans la quatorzième saison de Danse avec les stars, diffusée sur TF1. Il a rejoint ses homologues Fauve Hautot, le redoutable Chris Marques et la nouvelle du programme, arrivée l'année passée, Mel Charlot, qui a notamment travaillé avec le controversé Kanye West et la star américaine Beyoncé.

Mais le danseur fait parler de lui pour une toute autre actualité, liée à sa vie privée. Jeudi 20 février prochain, il publiera sa biographie Chaque pas est une leçon de vie, aux éditions Leduc. Un recueil dans lequel l'animateur de 62 ans évoque sa carrière professionnelle, son arrivée dans l'émission phare de la première chaîne française, en 2011. Mais il se confie également sur sa vie de famille. En effet, Jean-Marc Généreux est le père de Jean-Francis, âgé de 28 ans, et de Francesca, âgée de 26 ans. Cette dernière est atteinte du syndrome de Rett, une maladie génétique rare chez les filles.

La jeune femme de 26 ans est atteinte du syndrome de Rett depuis qu'elle est âgée de 20 mois, lui provoquant un handicap mental et des atteintes motrices. Dans les colonnes de Paris Match lors d'un entretien publié ce jeudi 13 février 2025, Jean-Marc Généreux a fait des révélations sur son quotidien avec sa fille cadette.

C'est au moment où le juré a appris la maladie de sa fille qu'il en a fait le deuil. "C'est un déchirement que de perdre un enfant qui est vivant", a-t-il déploré, précisant qu'il essayait chaque jour de la faire sourire. "C'est la validation que la journée est belle, qu'elle est heureuse. On ne vit pour rien d'autre", a confié le chorégraphe.

Selon ce dernier, les journées de sa fille passent et se ressemblent. Au réveil, il "lui chante ses chansons" en compagnie de son épouse. Ils lui font ensuite "un brin de toilette" puis la font "marcher dans la maison". "Je compte les pas pour qu'elle en fasse un minimum par jour", a affirmé le sexagénaire. Puis Francesca prend son petit-déjeuner et ses médicaments, regarde les dessins animés. C'est à 20h qu'elle se couche. "À chaque fois que je la dépose dans son lit, elle me sourit. C'est comme si elle me disait : 'Papa, ne sois pas triste, je vais être heureuse dans mes rêves'", a imaginé le Québécois.

Millie Bobby Brown a du mal à se faire des amis à cause de la célébrité et de son parcours

Millie Bobby Brown s’est retrouvée amputée de certaines « compétences sociales » en raison de sa célébrité acquise à un très jeune âge. Si l’actrice de 20 ans, qui a intégré le casting de Stranger Things à 11 ans, s’est vite épanouie dans le métier, le succès immense de la série de Netflix lui a offert une adolescence bien différente de celle des autres jeunes de son âge à l’époque.

L’interprète d’Eleven a été entourée dès ses débuts par d’autres enfants stars dans le show de science-fiction, comme ses principaux protagonistes Noah Schnapp (Will Buyers), Caleb McLaughlin (Lucas Sinclair), Gaten Matarazzo (Dustin Henderson), Finn Wolfhard (Mike Wheeler) et Sadie Sink (Max). Mais la jeune actrice a confié à Vanity Fair que cette « bulle » de contacts, éloignée des bancs de l’école, ne lui a pas permis de développer ses aptitudes sociales au sens large.

« Je n’ai pas beaucoup d’amis, à cause de ce que je suis. Je ne suis pas allée à l’école, donc je n’ai pas les meilleures aptitudes sociales lorsqu’il s’agit de personnes de mon âge et d’amitiés », a-t-elle récemment confié au magazine. Un manque qui semble l’avoir affectée, même si la jeune femme ne compte pas en rester là. « J’ai beaucoup de mal avec ça. J’ai raté certaines choses. Mais j’y travaille », a-t-elle ajouté.

Heureusement, ce manque d’aptitude sur le plan social n’a pas empêché Millie Bobby Brown de trouver chaussure à son pied en matière d'amour ! Après quelques brèves relations, l’actrice a trouvé le bonheur dans les bras de Jacob Bongiovi, fils de 22 ans du chanteur Jon Bon Jovi. Le couple s’est uni en 2024 au cours d’une cérémonie féerique dont ils ont partagé des images sur les réseaux sociaux au bout de quelques moi. « Aimer quelqu’un et être amoureux sont deux choses différentes. Je pense que j’ai aimé beaucoup de gens avec qui j’étais, comme j’ai aimé mes amis. Mais il est le premier homme que j’ai aimé et dont j’ai été amoureuse… », a-t-elle confié à Vanity Fair.

Et malgré leurs très jeunes années, le couple a abordé sa relation et son engagement avec beaucoup de maturité, à en croire les propos l’actrice. « Nous avons parlé de nos opinions politiques, du genre de famille que nous voulons construire, du genre de maison dans laquelle nous voulons vivre, du genre de relation que nous recherchons, du genre de carrière que nous voulons… », a-t-elle énuméré. « C’est une décision tellement importante que nous voulions être sûrs de prendre la bonne. Je savais que c’était le cas. Je me suis toujours sentie bien avec lui ».

Los años nuevos : trailer avec Javier Bardem et Victoria Luengo

Un nouveau Rodrigo Sorogoyen se prépare, et c’est en soi un évènement. Le réalisateur de Que Dios nos perdone, El Reino, Madre et As Bestas s’est imposé aux cours des dix dernières années comme un cinéaste incontournable en Europe. Et son dernier projet s’annonce de grande envergure. 

Le tournage d’El Ser Querido vient de commencer, et Sorogoyen y dirige pour la première fois Javier Bardem, au côté de Victoria Luengo, qu’il a révélée dans la série Antidisturbios (visible en France sur Disney+), et qu’on a pu voir récemment dans La Chambre d’à côté. 

El Ser Querido raconte l’histoire d’un cinéaste reconnu et de sa fille, une actrice sans succès, qui se retrouvent pour tourner ensemble un film après des années d’éloignement. Un film co-écrit avec sa partenaire habituelle Isabel Peña, qui apparait aussi sur le premier cliché partagé par la production. 

Sorogyen retrouve également Marina Foïs, avec qui il avait déjà travaillé sur As Bestas, ainsi que l’acteur et réalisateur Raúl Arévalo, lui aussi vu dans Antidisturbios. El Ser Querido est co-produit par Movistar Plus+ et Le Pacte, qui distribuera le film en France, comme les précédents Sorogoyen. 

Après As Bestas, Rodrigo Sorogoyen a aussi signé une série en dix épisodes, Los años nuevos, racontant la vie d’un couple à travers dix Nouvel An. Encore inédite en France, elle sera diffusée sur Arte dans le courant de l’année 2025.

Russell Crowe et Ethan Hawke seront les têtes d'affiche d'un film historique

Un film historique épique ! C'est en ces termes que The Hollywood Reporter présente le projet The Weight, un film qui réunira pour la première fois les acteurs Ethan Hawke et Russell Crowe. Un film d'époque, dont l'intrigue se déroule dans les années 30, en Oregon.

Ethan Hawke joue Samuel Murphy, qui après la mort de sa femme, est emprisonné dans un camp de travail dirigé par Clancy, un surveillant sans scrupules (Russell Crowe). Murphy souhaite s'échapper et retrouver la garde de sa fille, Penny, mais se retrouve impliqué dans le dangereux plan de contrebande d'or de Clancy, et va devoir faire face à des menaces, dont une éventuelle trahison au sein de son propre groupe.

Padraic McKinley réalisera, d'après un scénario de Shelby Gaines, Matthew Chapman, et Matthew Booi, basé sur une histoire originale de Booi et Leo Scherman. La date de sortie n'est pas encore connue.

Le film The Weight marque le retour au premier plan de Russell Crowe. Il renoue avec le film historique, genre qu'il a exploré à plusieurs reprises, dans des styles très différents, de Gladiator à L.A. Confidential. Il sera par ailleurs prochainement au générique de Nuremberg, qui n'a pas encore de date de sortie en France.

Ce drame historique Nuremberg de James Vanderbilt (Truth, Le Prix de la vérité) est également porté par Rami Malek, Michael Shannon, Richard E. Grant et John Slattery. Le film suit le psychiatre américain Douglas Kelley (Malek). Ce dernier doit déterminer si les prisonniers nazis sont aptes à être jugés pour les crimes de guerre qu'ils ont commis pendant la Seconde Guerre mondiale lors du procès de Nuremberg.

Dernièrement, on a pu voir Russell Crowe dans le film d'exorcisme L'Exorciste du Vatican, et dans Kraven The Hunter.

Luc Besson dévoile la bande-annonce de June and John, sa romance tournée en secret durant le confinement

Alors que la date de sortie de sa version de Dracula avec Caleb Landry Jones vient d'être annoncée pour le 30 juillet 2025, Luc Besson dévoile la bande-annonce de June and John, une comédie romantique de braquage tournée à Los Angeles dans le plus grand secret durant le confinement de 2020.

Financé par Luc Besson et par sa femme, Virginie Besson-Silla, via EuropaCorp, le long métrage est porté par les jeunes acteurs Matilda Price et Luke Stanton Eddy.

Tourné à l’IPhone, le film suit John, un jeune homme coincé dans une routine monotone, dont la vie est chamboulée lorsqu'il rencontre June, une jeune femme dynamique et intrépide. Ensemble, ils se lancent dans une aventure tourbillonnante, pleine de passion, de risques et de découverte de soi.

Ce Bonnie & Clyde des temps modernes devrait sortir dans les salles américaines au printemps. On ignore encore si une sortie en France est prévue.

June and John rejoint donc la liste des films tournés à l'Iphone : 28 ans plus tard, de Danny Boyle (dans nos salles le 18 juin prochain), Tangerine de Sean Baker, Paranoïa et High Flying Bird de Steven Soderbergh, mais également les courts-métrages Détour de Michel Gondry et Night Fishing de Park Chan-wook.

Deux ans après Dogman avec Caleb Landry Jones, Luc Besson semble donc bel et bien de retour après ses déboires judiciaires avec deux longs métrages annoncés en 2025. Pour mémoire, le réalisateur de Léon était accusé de viol par l'actrice Sand Van Roy. Un non-lieu a été prononcé par le tribunal en décembre 2021.

Le réalisateur français prépare également The Last Man, un nouveau film de science-fiction dont le tournage est prévu en 2025. Le rappeur américain Snoop Dogg tiendra le rôle principal et coproduira le projet décrit par Variety comme un film post-apocalyptique dont l'intrigue, inspirée de La Planète des singes, pourrait être connectée à la chanson de Snoop Dogg, Last Man Standing.

G20 : bande-annonce avec Viola Davis

Elle a déjà pris le virage action depuis quelques années avec des films comme Les Veuves ou The Woman King. On parle de Viola Davis, bien sûr. Celle qui fait partie du club très fermé des EGOT (les personnes ayant obtenu un Emmy, un Grammy, un Oscar et un Tony soit les récompenses les plus prestigieuses outre-Atlantique) s’apprête à présenter son prochain thriller d’action, intitulé G20.

Dans ce film d'Amazon Prime Video, elle incarne la présidente des États-Unis qui lutte pour sa survie, et celle de sa famille, lors d'un assaut du sommet international du G20. Et les premières images sont explosives.

Le personnage de Viola Davis, la présidente Danielle Sutton, se rend avec sa famille au G20 à Cape Town en Afrique du Sud lorsque celui-ci est soudainement pris d'assaut par des personnes qui veulent prendre le contrôle de l'économie. Tout simplement.

On voit Davis échapper à l'attaque et se battre au corps à corps dans une cage d’ascenseur ou encore griller la tête d’un gros costaud sur une plaque de cuisson. On devine à sa manière de se battre qu’elle est une ancienne militaire chevronnée. Selon le résumé officiel du film, la présidente Sutton, incarnée par Davis, "doit déjouer l'ennemi pour protéger sa famille, défendre son pays et protéger les dirigeants du monde dans ce film plein d'action et de suspense".

La famille de Viola Davis à l’écran est composée par Anthony Anderson dans le rôle de Derek Sutton et Marsai Martin dans celui de Serena Sutton. La distribution comprend également Antony Starr, le terrifiant Homelander de The Boys dans le rôle du chef des terroristes, donc pas si éloigné du méchant super-héros égomaniaque. Ono retrouvera aussi Ramón Rodríguez (Will Trent), Elizabeth Marvel (Homeland) ou encore Sabrina Impacciatore (The White Lotus).

Le film est réalisé par Patricia Riggen et écrit par Caitlin Parrish, Erica Weiss, Logan Miller et Noah Miller. Le 10 avril sur Prime Video.

Julia Roberts dans le prochain film de James Gray

Trois ans après Armageddon Time, James Gray s'apprête à faire son retour avec Kill Your Darlings, un thriller adapté du roman à paraître de Peter Swanson. Julia Roberts tiendra le rôle féminin principal du long métrage qu'elle coproduira également. C'est la première fois que la comédienne et le cinéaste vont collaborer.

Publié par HarperCollins en juin prochain, le roman a vu ses droits d’adaptation immédiatement achetés par Amazon et le label United Artists de Scott Stuber comme le précise The Hollywood Reporter.

Tom et Wendy Graves, un couple marié depuis plus de 25 ans, semble avoir une vie parfaite, mais sous la surface, ils cachent un terrible secret. D'après la description du livre, l'histoire se déroule 'à rebours du temps' pour revivre des moments clés de la vie du couple : leur cinquantième anniversaire, l'achat de leur maison, la naissance de leur fils Jason, la mort mystérieuse d'un collègue de travail... Le tout brossant le portrait d'un mariage défini par un acte terrible qu'ils ont prémidité ensemble il y a de nombreuses années".

Julia Roberts fera de nouveau équipe avec le producteur Scott Stuber, avec lequel elle a travaillé sur le thriller Netflix de Sam Esmail, Le Monde après nous. Ils se retrouveront également prochainement sur Panic Carefully.

Aucun autre acteur n'est encore attaché au projet, et la date de sortie reste inconnue. James Gray est également annoncé à la mise en scène du thriller Paper Tiger avec Adam Driver, Jeremy Strong et Anne Hathaway dans lequel deux frères poursuivent le rêve américain, mais se retrouvent empêtrés dans une affaire liée à la mafia russe.

Julia Roberts sera honorée lors de la prochaine cérémonie des Césars qui se déroule le 28 février prochain.

Il était une fois dans l'Ouest ressort au cinéma

Vous êtes-vous déjà demandé quel était votre western préféré ? Si oui, avez-vous trouvé la réponse facilement ? Lorsque l'on est un connaisseur du genre, l'un des plus emblématiques de l'âge d'or du cinéma hollywoodien, la réponse n'est pas aussi évidente qu'on le pense, car il embrasse tant d'époques, d'approches et de réalisateurs différents qu'il en devient difficile de mettre les films sur un pied d'égalité.

Rien que chez John Ford, il y a aussi bien le séminal La Chevauchée fantastique, qui a immédiatement iconisé John Wayne, le désabusé La Prisonnière du désert, qui nuance des codes qu'il a lui-même contribué à établir, ou le testamentaire L'Homme qui tua Liberty Valance, qui oppose légende et réalité. Mais on peut aussi leur préférer le mélange des genres et la camaraderie du Rio Bravo d'Howard Hawks, ou le crépusculaire Impitoyable de Clint Eastwood.

Et puis il y a l'Italie et ses westerns spaghettis, expression d'abord utilisée à des fins péjoratives et moqueuses alors qu'on doit quelques sommets du genre à ces productions européennes. Du côté de Sergio Leone notamment. Après des débuts dans le péplum, il change de registre avec Pour une poignée de dollars (remake du Yojimbo d'Akira Kurosawa), premier volet d'une trilogie qui culminera avec Le Bon, la Brute et le Truand et son thème musical iconique. Un bon candidat au titre de meilleur western de tous les temps, autant que son opus suivant, ressorti dans nos salles ce mercredi 12 février.

Au-delà de leur excellence et de l'identité de son réalisateur, il est d'ailleurs difficile de comparer Le Bon, la Brute et le Truand et Il était une fois dans l'Ouest. Le premier brille grâce à ses personnages fourbes et aux coups bas qu'ils se font, à ses répliques qui claquent autant que des coups de feu et son histoire épique de chasse au trésor sur fond de Guerre de Sécession, quand le second marque davantage les esprits sur le plan visuel, avec certains des plans les plus emblématiques de l'Histoire du Cinéma ou sa narration. Entre autres choses.

Car, à l'image de sa très longue scène d'ouverture, mythique, qui étire le temps et joue sur la notion d'attente, Il était une fois dans l'Ouest troque le mouvement de son prédécesseur pour une forme relative d'immobilisme. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne se passe rien pendant près de trois heures : la petite et la grande histoire entrent de nouveau en collision dans ce récit de vengeances qui se déroule pendant la Conquête de l'Ouest, alors que l'arrivée du chemin de fer provoque des question d'appropriation des terres qui se règlent de manière brutale et sanglante.

L'action reste globalement circonscrite à la même zone, et le spectateur voyage davantage dans le temps que dans l'espace, grâce aux flashbacks qui nous renseignent sur les vraies motivations des personnages, à commencer par le mystérieux Homme à l'harmonica joué par Charles Bronson, l'un des Douze Salopards du film homonyme sorti très peu de temps avant celui-ci. Ce qui n'est peut-être pas un hasard, car Sergio Leone confronte l'une des nouvelles gueules de l'époque à Henry Fonda, habitué aux rôles de héros dans les westerns hollywoodiens que le réalisateur fait passer du côté obscur, comme pour appuyer sa volonté de casser les codes manichéens du genre.

Dans le western spaghetti, et plus précisément chez Sergio Leone, il n'y a pas vraiment de méchants et de gentils, et les personnages sont aussi sales que leurs tenues sont maculées de sueur et de poussière. Quand elles ne sont pas imbibées de ce sang que le réalisateur regrettait de ne pas voir dans les productions hollywoodiennes, malgré le nombre de blessures par balle. Dans sa manière de lier le destin violent des protagonistes à celui de l'Amérique, le cinéaste nous offre une vision plus brute, réaliste et machiste (malgré le rôle important tenu par Claudia Cardinale ici) de la Conquête de l'Ouest, alors que le dernier plan, qui montre que rien ne pourra empêcher l'arrivée du chemin de fer, a des allures de fin d'une époque.

Cela explique le côté définitif de ce film, que l'on pourrait qualifier de "magnum opus" de son auteur s'il n'y avait pas eu Il était une fois en Amérique ensuite. Celui-ci n'en reste pas moins monumental et personnel. Peut-être trop pour un néophyte, à qui l'on déconseille de se frotter au western en commençant par ce film dénué d'une trame narrative classique et qui raconte davantage par l'image que par les mots, en allant à l'encontre des codes du genre (plus encore que dans ses longs métrages précédents).

Un anti-western, qui dilate le temps à l'envi et dont la force paraît encore plus grande quand on connaît les clichés auxquels il tord le cou avec aussi peu de pitié que ses personnages. Ce qui peut aussi expliquer son échec en salles aux États-Unis (pas en France, où il rassemble 14,9 millions de spectateurs), à la fin des années 60, heureusement contrebalancé par la place qu'il occupe désormais au panthéon du 7ème Art.

Point de cow-boys rieurs aux dents blanches ou d'Indiens qui encerclent une diligence ici, non. Mais une vision réaliste de l'époque par des cinéastes qui ne cherchent pas à embellir l'Histoire de l'Amérique en la réécrivant en studio. Il faut donc se familiariser un peu avec le western, avant de se poser face à celui-ci, pour mieux apprécier sa grandeur et son côté opératique. Car il ne faut pas oublier l'un des grands noms du western spaghetti : le compositeur Ennio Morricone. Le thème chantant de Mon nom est personne, c'est lui. Celui du Bon, la Brute et le Truand aussi. Avec Il était une fois dans l'Ouest, il va encore plus loin et en créé un par personnage : Harmonica, Frank et Jill.

La musique accentue la grandeur de l'ensemble et participe à son identité, en plus de rappeler à quel point elle peut élever un film quand elle se met au diapason de la mise en scène. Ce qui est le cas ici, à la fin, lorsque le passé et le présent, les destins d'Harmonica et Frank et leurs thèmes musicaux respectifs se rejoignent dans une séquence inoubliable en forme de ballet, avec les gros plans sur les regards qui constituent l'une des signatures de Sergio Leone, et dont le degré de maestria n'a d'égal que celui de l'ouverture. Le défi, pour qui a vu le long métrage, est de voir un harmonica sans avoir l'air composé par Ennio Morricone en tête (spoiler : c'est quasi impossible).

Nous pourrions passer des heures à détailler ce qui fait la grandeur d'Il était une fois dans l'Ouest, mais le mieux est encore de le (re)voir. Et quoi de mieux qu'une ressortie en salles pour apprécier l'immersion qui nous est offerte par Sergio Leone ? Ne serait-ce que pour déterminer s'il s'agit, oui ou non, du meilleur western de l'Histoire du Cinéma. 

Mais une chose est certaine : c'est sans aucun doute le plus massif et grandiose. Il se situe dans le très haut du panier, et fait même partie des plus grands films de tous les temps, tous genres confondus, alors que sa bande-originale figure parmi les plus iconiques et immédiatement reconnaissables.

The Insider : bande-annonce avec Pierce Brosnan

En 2013, Steven Soderbergh annonçait sa retraite à l'issue de la sortie de Ma vie avec Liberace. Onze ans plus tard, il a déjà tourné dix longs métrages de plus, et s'apprête à mettre le onzième (la comédie The Christophers) en boîte, mais la plupart d'entre eux ne sont pas passés par nos salles. Il n'y en a même eu aucun depuis Paranoïa en 2018. Heureusement, 2025 va y remédier, et plutôt deux fois qu'une.

Avec Presence tout d'abord, film d'épouvante suivant le point de vue d'un fantôme, qui sortira le 5 février. Puis le thriller d'espionnage Black Bag (renommé The Insider en France), attendu le 12 mars et dont les premières images prometteuses viennent d'être dévoilées.

Si les deux longs métrages prouvent à quel point leur réalisateur est aussi rapide que varié dans les genres qu'il aborde, ils ont en commun d'avoir été écrit par David Koepp, à qui l'on doit notamment les scripts de Snake Eyes et Mission : Impossible. Un amoureux des faux semblants donc, qui devrait s'en donner à cœur joie ici.

Car il sera question d'un couple d'espions joués par Michael Fassbender et Cate Blanchett, qui tentent de séparer leurs vies personnelle et professionnelle, jusqu'à ce que Kathryn soit accusée d'avoir trahi son pays et que George doive ainsi choisir entre son mariage et sa nation.

Il y a du Mr. & Mrs. Smith, auquel on pense forcément dès qu'il est question d'espionnage et de couple, dans ce pitch. Mais également un peu d'Alliés de Robert Zemeckis, qui réunissait Brad Pitt et Marion Cotillard sur fond de Seconde Guerre Mondiale. Et surtout un très beau casting, puisqu'on y croise aussi Regé-Jean Page, Marisa Abela (la Amy Winehouse de Back to Black) ou encore Pierce Brosnan.

Plus de deux décennies après ses adieux au rôle de James Bond (et non sans quelques incartades type November Man), l'acteur renoue avec l'espionnage, et il donnera notamment la réplique à Naomie Harris, la Moneypenny de Daniel Craig. Dans un film qui s'annonce explosif et tortueux, avec un comédien, Michael Fassbender, qui retrouve Steven Soderbergh, quatorze ans après le film d'action Piégée.

Où, comme le reste du casting masculin, il subissait la loi de Gina Carano. Espérons pour lui que ce Black Bag / The Insider se terminera mieux, même si tout porte à croire qu'il ne sortira pas indemne (et nous non plus) de ce thriller qui s'annonce intense, et qui nous rappelle que Steven Soderbergh a bien fait de revenir sur ses envies de retraite.