18 janvier 2025

L'acteur Kane Hodder aurait pu ne jamais incarner Jason Voorhees dans Vendredi 13 - Chapitre 7 : Un nouveau défi

Au fil des décennies, nous avons eu droit à 12 films Vendredi 13, et 10 acteurs ont partagé le rôle de l’icône du slasher, Jason Voorhees (dont Ari Lehman dans le rôle de Jason enfant). Et bien qu’ils ont tous marqué leur temps, l’un des acteurs les plus célèbres derrière le masque est Kane Hodder. Hodder a en effet incarné Jason quatre fois de suite, de Vendredi 13 - Chapitre 7 : Un nouveau défi à Jason X.

Véritable figure emblématique du genre horrifique, il est difficile de croire que sa carrière a failli ne jamais être puisqu’avant qu’elle ne commence vraiment, l’acteur a failli être tué dans une cascade impliquant un incendie qui a mal tourné.

Kane Hodder a évoqué l’accident qui a failli lui coûter la vie dans plusieurs interviews, et même dans un documentaire en 2017, To Hell and Back: The Kane Hodder Story. Il a également écrit sur l’accident dans son autobiographie de 2011, Unmasked: The True Story of The World’s Most Prolific, Cinematic Killer. Si vous avez déjà vu ses interviews, vous avez remarqué les cicatrices qu’il porte sur le visage et les bras. Plutôt que d’avoir honte de l’incident qui les a provoquées, l’acteur n’a jamais hésité à discuter du pire moment de sa vie.

Dans une conversation datant de 2021 avec Celebrity Parents Magazine (via Collider), Hodder a expliqué ce qui s’était passé. À seulement 22 ans, il donnait une interview à une émission d’information locale en 1977, lorsqu’il a proposé de leur montrer une cascade impliquant un incendie devant la caméra. Malheureusement, la cascade a mal tourné, le laissant avec des brûlures au deuxième et au troisième degré sur tout le corps. Kane Hodder n’a cependant pas été admis dans un service hospitalier spécialisé pour les brûlures et celles-ci n’ont fait qu’empirer au fil des mois.

“Au bout de quatre mois, j’étais presque mort, puis ils ont dit de m’emmener dans un service de brûlures. Pourquoi n’y étais-je pas allé dès le début ? Le médecin qui s’occupait de moi avait un tel ego, et cela a failli me coûter la vie. J’ai eu une infection à staphylocoque sur toute la zone brûlée, et j’ai perdu 27 kilos. Je suis descendu à 63 kilos et je pèse maintenant 104 kilos. J’ai reçu des soins si terribles et cela a rendu toute la convalescence bien pire, y compris les cicatrices qui n’auraient dû l’être.”

Cela aurait pu être la fin de sa carrière mais au lieu de fuir ce qui l’a presque tué, l’acteur a guéri et est retourné dans le monde dangereux qu’il aimait tant. Ses efforts ont porté leurs fruits puisque, dix ans plus tard, sa vie a changé pour le mieux. En 1987, il a été choisi pour incarner Jason Voorhees dans Vendredi 13 - Chapitre 7 : Un nouveau défi. Cela aurait dû être sa seule apparition, comme pour tous les autres acteurs de Jason, mais on lui a demandé de revenir pour Vendredi 13 - Chapitre 8 : L’ultime retour, Vendredi 13 - Chapitre 9 : Jason va en enfer et enfin, Jason X. Malheureusement, quand est finalement venu le moment de tourner le film de ses rêves, Freddy contre Jason, Hodder n’a pas été invité à reprendre le rôle.

Cette déception ne signifie pas que sa carrière était terminée. Il a depuis fait des cascades pour de nombreux autres films et a même fait du travail de capture de mouvement il y a quelques années en tant que Jason Voorhees dans le jeu vidéo Vendredi 13. Depuis, Hodder est également devenu une autre icône du slasher en tant que l’homme derrière le maquillage dégoûtant de Victor Crowley dans la série de film Hatchet (ou Butcher en français).

Favori des fans pour ses interprétations de Jason Voorhees plus expressives que d’autres – comme sa forte respiration à chaque fois qu’il est frustré alors qu’une victime s’enfuit –, il a marqué les passionnés du genre du haut de ses 1 mètres 88, avec sa présence formidable dans la façon dont il tenait ses bras le long de son corps avec sa poitrine bombée. Pas besoin de voir son visage pour savoir quand son Jason était en colère…

Son courage est aussi une source d’admiration, lui qui a dû faire une cascade impliquant d’avoir du feu sur tout le corps, la première fois qu’il a joué Jason dans la franchise et ce, malgré son traumatisme passé. L’acteur se rend d’ailleurs régulièrement dans les unités de brûlés des hôpitaux pour partager son histoire, admettant que la douleur de ses brûlures avait autrefois été si intense qu’il a envisagé de tout arrêter. Il a déclaré au magazine Celebrity Parents : “C’est ce que je dis aux gens. Je sais ce que c’est que d’avoir des pensées suicidaires. Je parle aux gens qui sont dans cette situation.”

17 janvier 2025

Le film 2012 a été interdit en Corée du Nord

Le film 2012 de Roland Emmerich, qui raconte la bataille d'un groupe de survivants à la suite d'un cataclysme planétaire, est une oeuvre à très grand spectacle qui en met plein les yeux et qui a remporté un succès considérable au box-office avec près de 800 millions de dollars engrangés dans le monde. Mais c'est aussi un film qui n'a pas été du goût de tout le monde !

Ainsi, la prestigieuse NASA considère-t-elle 2012 comme le film le plus idiot qui soit. Quant à la Corée du Nord, elle a tout bonnement annulé sa sortie en salles, et ce pour une raison que sans doute peu d'entre vous connaissent.

Si le long métrage, qui puise son inspiration d'une prophétie popularisée par le mayanisme selon laquelle la fin du monde interviendrait en 2012, a été interdit en Corée du Nord, alors dirigé par Kim Jong-il, c'est parce que cette fameuse année est très importante pour le pays asiatique. Le 15 avril 2012 marquait en effet le 100e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, le fondateur de la nation et grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong-un.

Selon The Telegraph, Kim Jong-il avait désigné l'année 2012 comme celle qui permettrait à la Corée du Nord "d'ouvrir les grandes portes et de devenir une superpuissance." Pas question donc qu'un film donnant une image négative de cette période soit distribué sur le sol nord-coréen. Jugé offensant par le gouvernement, le film emmené par John Cusack a donc été purement et simplement interdit de diffusion.

Et malheur à celui ou celle qui se serait trouvé en possession d'une copie du film ! Ainsi que le rapporte Time, tout citoyen nord-coréen agissant de la sorte aurait été accusé de "grave provocation contre le développement de l'État" avec le risque d'être condamné à une peine allant jusqu'à cinq ans de prison.

Duel au soleil : il y a 80 ans, il a fallu sept réalisateurs pour en venir à bout

Connaissez-vous Duel au soleil, western porté par Jennifer Jones, Joseph Cotten et Gregory Peck ? Un homme est condamné à être pendu pour avoir tué sa femme. Sa fille est confiée à un propriétaire de ranch, mais l'arrivée de la jeune femme va créer le trouble auprès des deux fils de l'éleveur. Sur le papier, une sorte de triangle amoureux westernien.

King Vidor est crédité comme seul réalisateur du film, pourtant six autres metteurs en scène se sont cassés les dents sur ce Duel au soleil produit par David O. Selznick. Mais que s'est-il passé ?

Citons d'abord les contributeurs non crédités : Otto Brower (qui était réalisateur de seconde équipe sur le film), William Dieterle (Le Portrait de Jennie), Sidney Franklin (Miss Barrett), William Cameron Menzies (directeur artistique chez United Artists), Josef von Sternberg (L'Ange bleu) et même David O. Selznick lui-même.

L'ouvrage de David Thomson Showman : The Life of David O. Selznick raconte que le tournage commence fin février 1945 avec un scénario non terminé, de gros moyens et une équipe de travail gigantesque. Sauf qu'à Tucson, où se tourne une partie du film, l'hiver traîne encore, empêchant de suivre l'agenda prévu. Lorsque le premier coup de manivelle est donné, en un mois, seules 52 des 170 pages que compte le script... qui est d'ailleurs passé à 199 pages !

En juin, l'équipe accuse déjà un retard de 75 jours. Le budget explose. Le scénario aussi, dépassant les 200 pages, Selznick validant des réécritures quotidiennes auprès d'une quinzaine de scénaristes qui resteront inconnus, car non crédités. La pression augmentant sur ses épaules, King Vidor jette l'éponge au mois de juin.

William Dieterle est engagé en remplacement. Pendant ce temps, Selznick travaille au scénario avec Joseph von Sternberg, qui avait iconisé Marlene Dietrich dans L'Ange bleu, et lui demande conseil afin de faire de même avec Jennifer Jones à l'écran. Sternberg et les autres metteurs en scène précités se succèderont derrière la caméra au fil du temps pour tenter de boucler le film. Il le sera... en septembre 1946 ! Soit un an et demi après son lancement.

L'avant-première est organisée à Los Angeles le 30 décembre 1946. Après un tournage aussi lent et un budget aussi conséquent, David O. Selznick a besoin d'un énorme succès au box-office pour rentrer dans ses frais. Il obtient le soutien du public, qui se déplace massivement pour voir le film, attiré par les rumeurs de scènes sexy avec Jennifer Jones et le passage de la censure, qui vaut à "Duel in the Sun" le sobriquet de "Lust in the Dust" (Luxure dans la poussière).

Duel au soleil rapporte finalement 20 millions de dollars de l'époque, pour un budget tout compris estimé entre 6,4 et 8 millions de dollars. Un succès porté par deux nominations à l'Oscar pour Jennifer Jones et Lillian Gish.

Taylor Swift invite ses millions de fans à donner aux associations aidant les victimes des incendies de Los Angeles

Taylor Swift s’est jointe aux célébrités ayant fait part de leur tristesse et de leurs actions à l’égard des sinistrés des incendies de Los Angeles, qui persistent la région depuis la semaine dernière. La chanteuse a partagé dans ses Stories Instagram un message de sensibilisation à l’adresse de ses fans.

« Les incendies en Californie ont dévasté beaucoup de familles, et les histoires qui en résultent sont bouleversantes. Tant de souffrances, de pertes et de destructions », a-t-elle déploré dans son message en noir et blanc. « Alors que de nombreuses personnes traversent l’une des périodes les plus difficiles de leur vie, un grand nombre d’associations et de groupes extraordinaires s’unissent pour aider ces communautés à se reconstruire ».

La star de 35 ans a ensuite invité ses plus de 282 millions de followers sur Instagram à participer à l’élan de solidarité envers les personnes affectées par les feux s’ils le pouvaient. Soucieuse de les orienter dans cette manœuvre, Taylor Swift a déroulé la liste des groupes qu’elle avait approchés. « Voici les associations à qui j’ai fait des dons, si vous souhaitez et êtes capable de faire un don, n’hésitez pas », a-t-elle indiqué, avant de nommer 11 groupes parmi lesquels figurent des organisations humanitaires œuvrant pour les urgences, pompiers, l’éducation, la musique et l’environnement.

Les incendies dans la région californienne ont détruit à ce stade plus de 12.000 bâtiments et véhicules, et déjà fait 27 morts depuis le 7 janvier. Des dizaines de milliers de familles sont encore soumises aux ordres d’évacuation le temps que les pompiers sécurisent la zone de leurs habitations, selon le Los Angeles County. Plusieurs stars ont perdu leur maison, comme Paris Hilton, Jamie Lee Curtis, Mel Gibson, Laeticia Hallyday et Patrick Bruel.

De nombreuses autres célébrités ont fait preuve de solidarité en se joignant aux volontaires auprès des premiers intervenants, comme le rappeur The Game ou la star des Foo Fighters Dave Grohl, ou encore à avoir mis la main à la poche pour les communautés dans le besoin, à l’instar de Beyoncé ou Jennifer Lopez. Un grand concert de charité a aussi été organisé pour la semaine prochaine avec des dizaines de grands noms de la scène américaine qui ont rapidement répondu à l’appel l’organisation Fire Aid.

Isabella Rossellini pleure David Lynch : "Je l'aimais tellement"

Il lui a offert ses plus beaux rôles. Et ensemble, ils ont partagé un bout de leur vie devant et derrière la caméra. Isabella Rossellini a rendu un touchant hommage à David Lynch, décédé jeudi à l’âge de 78 ans.

L’actrice italienne a été révélée à Hollywood en 1986 avec Blue Velvet. Elle a ensuite entretenu une relation d’environ cinq ans avec le réalisateur. Et aujourd'hui, elle poste cette photo d’eux ensemble avec ce simple message d'amour: "Je l’aimais tellement. Merci pour tous vos gentils messages."

Selon la légende, Lynch et Rossellini se sont rencontrés pour la première fois lors des auditions de Blue Velvet. Il lui aurait dit : "Hé, tu sais, tu pourrais être la fille d’Ingrid Bergman !" Sans savoir que c'était le cas. Elle a finalement été choisie pour incarner Dorothy Vallens.

Après Blue Velvet, Isabella Rossellini est apparue dans Sailor et Lula en 1990, Palme d’or au Festival de Cannes. Leur dernière collaboration, juste avant leur rupture à la ville.

Décès de Joan Plowright, veuve de Laurence Olivier et grande dame du théâtre et du cinéma, à 95 ans

L'actrice britannique Joan Plowright, grande dame du théâtre et du cinéma aux deux Golden Globes e, est décédée jeudi à l'âge de 95 ans, a annoncé vendredi sa famille. « Elle s'est éteinte paisiblement (...) entourée de ses proches », ont indiqué ceux-ci dans un communiqué. « Sa brillante carrière restera dans les mémoires de nombreuses personnes et ses enfants, Richard, Tamsin et Julie-Kate, leurs familles, ainsi que ses nombreux amis la chériront toujours », ont-ils ajouté.

Née en 1929 dans le nord de l'Angleterre, Joan Plowright a été l'une des comédiennes les plus populaires de sa génération. Veuve de Laurence Olivier, avec qui elle a eu deux filles et un fils en trente ans de vie commune, sa carrière commence sur les planches dans les années 1950. Elle connaît ses premiers succès avec Les Chaises d'Eugène Ionesco ou encore La Paix du dimanche du Britannique John Osborne. 

Le succès l'accompagne également au cinéma. Son interprétation dans le biopic Staline ainsi que dans la comédie Avril enchanté lui valent deux Golden Globes. L'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle lui échappe de peu en 1993, là encore pour son rôle dans Avril enchanté, comédie romantique réalisée en 1991 par Mike Newell, à qui l’on doit notamment Quatre mariages et un enterrement ou Donnie Brasco. 

En 2001, elle publie son autobiographie, And That's Not All: The Memoirs of Joan Plowright. Le grand public se souvient d’elle en tant que « Nanny » dans Les 101 dalmatiens ou dans le rôle de Tante Lucinda dans Les Chroniques de Spiderwick, le tout dernier long métrage, en 2008, de la comédienne qui a mis fin à sa carrière en 2014 après avoir perdu la vue.

Stephen King demande à ce que les Oscars 2025 soient annulés en raison des incendies

Malgré les incendies qui continuent de ravager la région de Los Angeles, détruisant des centaines de maisons et faisant 25 morts, la 97e cérémonie des Oscars devrait bien avoir lieu début mars, comme prévu. L'Academy a a adapté ses règles et son calendrier, pour permettre aux votants d'avoir plus de temps pour choisir les nommés. Mais Stephen King, lui, ne votera pas. L'écrivain, dont les livres ont souvent été adaptés avec succès au cinéma, souhaite que l'événement soit purement et simplement annulé. Il écrit sur ses réseaux :

"Je ne vote pas pour les Oscars cette année. Parce qu'à mon avis, ils devraient les annuler. Pas de faste avec Los Angeles en feu."

Un appel qui fait beaucoup réagir des membres de l'industrie, et qui trouve un écho auprès de Jean Smart, lauréate des Golden Globes cette année, qui estime de son côté, sur son compte Instagram, qu’Hollywood devait au moins renoncer à la diffusion des Oscars à la télévision :

"Avec tout le respect que je leur dois, pendant la saison des célébrations à Hollywood, j’espère que toutes les chaînes qui diffuseront les prochaines cérémonies de récompenses envisageront sérieusement de NE PAS les diffuser et de faire don des revenus qu’elles auraient générés aux victimes des incendies et aux pompiers."

Le réalisateur Jeannot Szwarc est mort à l'âge de 85 ans

Il aura eu une carrière hors-normes. Jeannot Szwarc, réalisateur français installé à Hollywood depuis les années 1960, est décédé ce mercredi. Il avait 85 ans.

Jane Seymour, qui a joué Elise McKenna dans Quelque part dans le temps (en 1980), a confirmé la nouvelle sur ses réseaux :

"Aujourd’hui, nous disons au revoir à un véritable visionnaire. Jeannot Szwarc n’était pas seulement un réalisateur brillant, mais une âme gentille et généreuse. Il nous a offert de nombreuses histoires intemporelles, dont Quelque part dans le temps, un film qui a changé ma vie pour toujours. Que sa mémoire soit une bénédiction et que son art vive dans nos cœurs".

Né à Paris, Jeannot Szwarc a grandi en Argentine et a entrepris de brillantes études avant de se lancer dans la réalisation. Il fait d'abord HEC, puis part à Harvard, où il décroche un master en sciences-politique. Mais dans les années 1960, il se prend de passion pour la caméra et commence à diriger pour la télévision. Il filme d'abord Raymond Burr dans L'Homme de fer et se fait une place dans les studios, comme réalisateur de série, s'offrant même son épisode de Columbo avec Martin Sheen en vedette (en 1973).

Son premier film, Extrême Close-up (1973), ne recontre pas un grand succès, mais Univeral lui confie la suite des Dents de la mer, toujours avec Roy Scheider (1978), qui totalisera 208 millions de dollars dans le monde. Dans la foulée, il dirige Quelque part dans le temps (1980), réunissant Christopher Reeve et Jane Seymour dans ce grand film fantastique romantique. Puis il dirige Helen Slater et Faye Dunaway dans Supergirl (1984), le film dérivé du Superman (de Christopher Reeve).

Dans les années 1990, Jeannot Szwarc, retrouve la France. Il dirige trois comédies dont La Vengeance d'une blonde (1994), portée par Christian Clavier et Marie-Anne Chazel. Le film totalisé plus de 2 millions d'entrées et Szwarc enchaîne avec Hercule et Sherlock (1996), porté par le duo Christophe Lambert et Richard Anconina. Là encore, c'est un succès avec près d'1 million de spectateurs. Le réalisateur enchaîne avec Les Sœurs Soleil. Mais cette fois, Marie-Anne Chazel et Clémentine Célarié font moins de 300 000 entrées. C'est la fin de la carrière française de Jeannot Szwarc.

Il repart alors à Hollywood et s'investit à nouveau dans le petit écran. Prenant en marche le train du boom des séries télé, il dirige JAG, Ally McBeal, Les Experts, Fringe, Smallville, Heroes et surtout Grey's Anatomy, dans les années 2010, dont il a réalisé une quinzaine d'épisodes. Et c'est avec un épisode de la saison 14, joliment intitulé "La Fin d'un rêve" (2018) qu'il avait fini sa carrière.

Elephant Man, la monstrueuse parade de Lynch

« Dans dix ans, Des gens comme les autres sera au mieux une réponse au Trivial Pursuit. Alors qu' Elephant Man restera un film à voir. », lance Mel Brooks après la cérémonie des Oscars de 1981 qui a vu le long-métrage de Robert Redford coiffer au poteau celui de son jeune poulain. Près de 40 ans plus tard, on ne peut évidemment pas lui donner tort, sachant, qu’outre Elephant Man, il y avait également dans la course au titre : Tess de Polanski et Raging Bull de Scorsese. Qu’importe, David Lynch, à peine sorti des recoins sombres de son petit hangar où il manipulait à sa guise des créatures cauchemardesques (Eraserhead…), s’est ainsi retrouvé en costard à tailler le bout de gras avec les huiles hollywoodiennes.

Car Elephant Man est certes un film étrange et personnel mais fabriqué dans un moule mainstream (distribué par la Paramount aux Etats-Unis, la Columbia en Angleterre) et chapeauté par Mel Brooks dont la folie et les extravagances artistiques savent rester au service d’une logique industrielle. Brooksfilms produit donc Elephant Man puis plus tard La mouche de Cronenberg permettant aussi au canadien d’affirmer sa singularité au plus grand nombre.

David Lynch a 34 ans quand il tutoie les lauriers des Oscars. Dans le livre d’entretiens avec Chris Rodley (Cahiers du cinéma), le cinéaste se souvient avec détachement et amusement de cette soirée où sur la scène il est présenté comme « un jeune metteur en scène britannique », lui le petit gars du Montana. « Je savais que ça n’avait rien à voir avec moi. Je faisais la même chose qu’avant. C’est là qu’on réalise que ce qui arrive à un film ne dépend absolument pas de soi. »

Elephant Man raconte un peu cette histoire-là, celle d’une créature étrange exhibée à la bonne société victorienne qui en fera une sorte de trophée avec toute la condescendance des privilégiés. Les « malformations » de Lynch surgissent, elles, dès les premières minutes du film avec ce portrait en médaillon d’une belle jeune femme (une Laura Palmer avant l’heure ?) sur lequel se superpose des images floues d’éléphants en furie remplissant l’écran de leurs barrissements affolés.

Ce monde, c’est l’inconscient du héros donc du film en son entier. Ces éclairs de lucidité heurtés apparaîtront à plusieurs endroits. Lors de projections tests, les pontes de la Paramount voulaient supprimer tout ça au nom d’une linéarité souveraine. Mel Brooks tel le Docteur Treves (Anthony Hopkins) réussira à faire taire les sceptiques. Plus de quarante ans plus tard, de telles largesses semblent impensables dans un monde marvelisé où les monstres ont été depuis longtemps domestiqués.

Elephant Man est un film charnière dans l’histoire du cinéma, de ces œuvres qui tiennent à la fois compte d’un héritage et envoient les signaux du futur. Lynch regarde Tod Browning et Friedrich W. Murnau tout en montrant la voie aux frères Quay, à Tim Burton ou Guillermo del Toro. Elephant Man est ainsi enveloppé d’un noir et blanc magnétique et intemporel signé du génial chef op et réalisateur britannique Freddie Francis.

L’hommage dans la dernière partie à La monstrueuse parade est particulièrement émouvante. Lors d’une nuit de pleine lune, les Freaks du cirque libèrent John Merrick de son tortionnaire et lui offrent une liberté dont on se demande s’il saura quoi en faire. Après Elephant Man, Lynch va encore grossir et se voir offrir des ponts d’or. Ce sera la superproduction Dune sur laquelle il va se fracasser. A la fin d’Elephant Man, du haut de sa loge, Merrick se lève devant un parterre de bourgeois qui l’applaudissent à tout rompre. Il se retrouve aussitôt, seul dans sa chambre où il meurt soulagé de ses blessures.

Lynch, lui, va retourner dans son hangar jouer en secret avec ses nouveaux monstres (Blue Velvet puis Twin Peaks…) Pour les 40 ans du film, en 2020, Studiocanal proposait une nouvelle copie entièrement restaurée image et son. Sublime, forcément sublime.    

Une nouvelle bande-annonce terrifiante pour The Monkey, adapté de Stephen King

L'année 2025 sera riche en Stephen King. Il y aura le remake de Running Man d'Edgar Wright, il y aura The Life of Chuck par Mike Flanagan et aussi The Long Walk par Francis Lawrence. Et ça commencera par The Monkey, adaptation signée Osgood Perkins (réalisateur de Longlegs) basée sur une nouvelle du maître de l'horreur. 

Au casting, on retrouvera Theo James, star de The Gentlemen (la série Netflix) et Elijah Wood (star du Seigneur des Anneaux).

Dans le film, on suivra les frères jumeaux Bill et Hall (qui seront tous deux interprétés par James), qui trouveront le vieux jouet en argent de leur père dans le grenier de la maison de leur enfance. "Mais alors qu'une vague de morts horribles débute, les frères décident de jeter le singe et de continuer leur vie, s’éloignant au fil des ans. Puis les morts mystérieuses recommencent et les frères doivent se réunir pour trouver un moyen de détruire le singe pour de bon..."

The Monkey sera réalisé par Osgood Perkins, à qui l'on doit récemment Longlegs, avec Nicolas Cage. Tatiana Maslany (She-Hulk) sera aussi au casting. James Wan, créateur de l'univers Conjuring et co-créateur des franchises Saw et Insidious, sera producteur.

The Monkey sortira en salles le 19 février 2025.