22 septembre 2020

Michael Lonsdale : pourquoi il est resté célibataire toute sa vie ?

Le grand comédien de cinéma et théâtre Michael Lonsdale s'est éteint dans son domicile parisien à l'âge de 89 ans... Exactement trente ans après la mort de sa bien-aimée... En effet en 2016, Michael Lonsdale révèle dans un livre intitulé Le Dictionnaire de ma vie la raison de son éternel célibat : «J'ai vécu un grand chagrin d'amour et ma vie s'en est trouvée très affectée. La personne que j'ai aimée n'était pas libre... je n'ai jamais pu aimer quelqu'un d'autre. C'était elle ou rien et voilà pourquoi, à 85 ans, je suis toujours célibataire ! Elle s'appelait Delphine Seyrig ».

Si Delphine Seyrig et Michael Lonsdale ont joué ensemble dans de nombreux films entre 1968 et 1976, dont le film Baisers volés de François Truffaut, ils n'ont jamais été en couple. L'actrice a d'ailleurs été avec un autre acteur après avoir divorcé de son premier mari, un peintre américain appelé Jack Youngerman. Pourtant, Michael Lonsdale n'aura cessé d'aimer l'incroyable Delphine Seyrig. Même après sa mort en 1990.

C'était une comédienne de renom et figure engagée du féminisme. Elle était un des visages de la nouvelle vague, on disait d'elle qu'elle avait "l'une des plus jolies voix du cinéma français".

Delphine Seyrig donne en 1972 une interview iconique où elle déclare " je pense qu'à partir du moment où mon bonheur dépend d'un homme, je suis une esclave et je ne suis pas libre". Elle poursuit en disant "les femmes gagnent moins que les hommes, les femmes sont obligées en plus de l'argent qu'elles gagnent, quand elles en gagnent, moins que les hommes, d'assumer un travail à la maison qui est gratuit. Quand un homme se marie, il épouse une femme de ménage gratis." Elle constate aussi ce jour-là que " tout ce qui est art dans notre civilisation est le fait des hommes". Delphine Seyrig se sera dédiée à l'apprentissage de la réalisation pour donner la parole à des femmes de tous horizons.

The Mandalorian : les saisons 3 et 4 déjà en préparation pour la série Star Wars ?

Invité dans le pré-show Online People (the TV Show !) tenu avant la cérémonie virtuelle des Emmy Awards, le comédien Giancarlo Esposito a commenté ses deux nominations dans les séries dans lesquelles où il joue : l'excellent Spin-Off Better Call Saul, ainsi que The Mandalorian, disponible sur la plateforme Disney+.

L'acteur, qui incarne le méchant Moff Gideon dans la série créée par Jon Favreau, s'est livré à faire un peu de teasing sur la saison 2 à venir, mais également sur des saisons 3 et 4, qui seraient déjà sur les rails : "La prochaine saison de The Mandalorian va être très intéressante car vous allez commencer à découvrir le pouvoir de l'Enfant. Vous allez voir ce que signifie vraiment cet Enfant. Vous commencerez également à découvrir les origines du sabre laser noir de Moff Gideon et comment cela s'est passé par rapport à l'histoire précédente de Star Wars : The Clone Wars et aux autres séries." Et d'ajouter : "Vous commencerez à mieux percevoir le territoire. Nous vivons dans un univers immense, il y a tellement à explorer. Alors la saison 2, à mon sens, pose les bases profonde de l'ampleur des choses qui vont venir dans la saison 3 puis dans la saison 4. C'est là où, véritablement, vous commencerez à obtenir des réponses !"

Chadwick Boseman : Disney+ lui rend hommage dans une émission spéciale

Le 28 août dernier, Chadwick Boseman nous quittait après avoir lutté pendant plusieurs années contre un cancer du colon. Mondialement connu pour son interprétation de T'Challa dans Black Panther, le comédien laisse derrière lui un héritage indélébile.

Le 25 septembre, Disney+ célèbre la mémoire de l'acteur en lui consacrant une émission spéciale : Chadwick Boseman, Hommage à un roi. Le programme explorera la carrière de l'artiste à travers différents témoignages de célébrités, fans, comédiens ou personnalités politiques.

Animée par Robin Roberts, l'émission analysera aussi l'empreinte culturelle que nous laisse le regretté Chadwick Boseman. Si Black Panther est le long-métrage le plus emblématique de sa filmographie, l'acteur s'est aussi illustré dans des biopics comme 42 ou Get On Up, dans lequel il incarnait James Brown.

Lux Æterna : le film complètement fou de Gaspar Noé

Silence, moteur, au bûcher ! C'est dans un monde quelque peu anxiogène que le tout aussi angoissant - mais réjouissant - Lux Æterna, second moyen métrage de Gaspar Noé, débarque au cinéma dès ce 23 septembre 2020. Il y est question d'un tournage chaotique, de sorcières, et de deux actrices : Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle, qui se rencontrent pour la première fois sur grand écran.

Présenté en séance de minuit lors de la 72e édition du Festival de Cannes, en 2019, le film avait, comme toutes les œuvres de son réalisateur, provoqué de vives réactions lors de sa projection. Et pour cause, Lux Æterna se présente comme une expérience sous haute tension où se mélangent crises de nerfs et effets stroboscopiques.

Ce délire unique est une initiative de la maison de couture française Saint Laurent et plus particulièrement de son directeur artistique, Anthony Vaccarello. Ce dernier lance en 2018 un projet, intitulé Self, qui donne carte blanche à des artistes du monde entier pour réaliser une œuvre originale. Mi-février 2019, Gaspar Noé est alors approché pour mettre en scène "un petit film". Deux conditions : les acteurs doivent être des égéries de la marque et porter des vêtements de la dernière collection. Même pas peur.

"Une semaine plus tard, je suis revenu avec une idée en trois lignes en lui assurant que le film pourrait être prêt pour Cannes, donc deux mois et demi plus tard, explique Gaspar Noé dans le dossier de presse. Pour y arriver, tout a dû se faire dans la plus grande urgence : la production, les repérages, le casting des acteurs et techniciens, le choix des vêtements..." 

Au sujet de Béatrice Dalle et de Charlotte Gainsbourg, le cinéaste affirme ne pas avoir hésité une seconde sur son choix : "(...) je les adore toutes les deux depuis que j'ai commencé à faire des films, à la fois grâce à leurs choix filmiques et leurs performances, mais aussi à leur incroyable présence d'esprit à chaque fois qu'elles répondent aux pires abrutis de la télé." 

Aux côtés des deux comédiennes - qui jouent leur propre rôle, ou presque -, quelques visages familiers se joignent à l'aventure, comme Félix Maritaud, découvert dans 120 battements par minute de Robin Campillo, ou encore Karl Glusman, déjà à l'affiche de Love de Gaspar Noé et aperçu dans The Neon Demon de Nicolas Winding Refn. En cinq jours, le film était tourné. Mais pour filmer, le réalisateur attendait la nuit pour que la fatigue s'installe et que les émotions prennent le dessus. "On ne tourne pas un film de Gaspar Noé à 9 heures, frais et dispo le matin", résume Béatrice Dalle pour AlloCiné.

Outre sa conception, le projet fait figure d'exception dans le paysage cinématographique actuel de par son format et son exploitation. Longue de cinquante minutes, l'œuvre est un moyen métrage qui bénéficie d'une sortie cinéma traditionnelle. Un fait rare, notamment durant une époque où de nombreux films finissent directement sur les plateformes de streaming. Proposition unique et excitante, Lux Æterna est, en toute logique, un film qui se vit pleinement, donc quel autre meilleur endroit que la salle de cinéma pour le découvrir ? Attention les yeux.

Dark Crystal annulée par Netflix : l'ambitieuse série n'aura pas de saison 2

Pas de seconde saison pour la série Dark Crystal : le temps de la résistance. Malgré un excellent accueil critique lors de son lancement sur Netflix, le prequel du long métrage Dark Crystal (1982) signé Jim Henson a été annulé par Netflix, une décision qui intervient deux jours à peine après sa victoire aux Emmy Awards dans la catégorie Meilleur programme pour les enfants.

En raison du contexte sanitaire actuel, mais aussi d’un retour sur investissement désastreux (la série est qualifiée par des sources internes de "déception au prix exhorbitant", via Hollywood Reporter), Dark Crystal ne reviendra donc pas sur la plate-forme comme l’a annoncé en personne Lisa Henson, CEO de la Jim Henson Company :

"Nous pouvons confirmer qu’il n’y aura pas de saison supplémentaire de Dark Crystal : le temps de la résistance. Nous savons que les fans sont impatients de découvrir comment ce chapitre de la saga va s’achever, et nous étudions les pistes que nous permettront de pouvoir achever cette histoire. L’héritage de notre compagnie consiste à la création d’univers riches et complexes nécessitant des techniques à la pointe de la technologie, mais aussi l’excellence artistique et un sens magistral de la narration. L'histoire de notre compagnie a été marquée par des tournages compliqués, d'oeuvres qui n'ont trouvé leur public qu'au fil du temps, prouvant encore une fois que la fantasy et la science-fiction sont des genres dont le message demeure intemporel, aux vérités à jamais pertinentes."

Si son annulation marque sans aucun doute un coup d’arrêt dans le développement dans le saga, il apparaît toutefois comme évident que l’histoire de Dark Crystal continuera sous une forme ou une autre, tant pour récompenser la fidélité des fans inconditionnels de l’oeuvre que pour perdurer l’héritage laissé par le regretté Jim Henson.

Iris Mittenaere : sa révélation bouleversante sur la maladie de sa grand-mère

Une confidence remplie d'émotion. Généralement discrète lorsqu'il s'agit de sa vie de famille, Iris Mittenaere a tenu à partager une douloureuse expérience avec les auditeurs de Chérie FM lundi 21 septembre. A l'occasion de la Journée Mondiale de la Maladie d'Alzheimer, Miss Univers 2016 a raconté le quotidien de sa famille depuis que cette maladie qui touche aujourd'hui de nombreuses personnes a été diagnostiquée à sa grand-mère.

"Ma grand-mère est atteinte de la maladie d'Alzheimer et quand mon grand-père l'a appris, il a acheté un cahier et il a écrit toute leur histoire d'amour et a fait compléter ma grand-mère avec ce dont elle se rappelait et son ressenti à chaque page du cahier", a ainsi révélé Iris Mittenaere, la voix chargée d'émotion, ajoutant que "depuis, tous les jours, il lui lit leur histoire d'amour". "Mon grand-père a décidé de faire ça à ma grand-mère pour qu'elle n'oublie jamais leur histoire", a-t-elle ainsi précisée.

C'est depuis Cannes que la chérie de Diego El Glaoui a enregistré cette émission, et cette séquence émotion, elle qui est désormais à la tête de deux rendez-vous quotidiens sur Chérie FM. "Voilà, on n'a pas toujours le même temps quand on a un de nos proches qui est atteint de la maladie d'Alzheimer. C'est un combat que beaucoup de personnes mènent", a ajouté Iris Mittenaere, qui vient d'achever de longues vacances de rêve entre la Corse et la Grèce. Un été qu'elle a passé principalement en maillot de bain, et dont elle a su profiter malgré quelques coups durs, notamment à l'aéroport où l'un de ses vols avait été annulé.

Meghan Markle mobilisée : cette initiative surprenante avant la présidentielle américaine

Et si le Megxit avait été motivé par les prochaines élections présidentielles américaines ? En mars 2020, Meghan Markle et le prince Harry ont renoncé à leurs titres de membres seniors au sein de la famille royale britannique et se sont installés avec leur fils Archie en Californie. Un départ motivé sûrement par plusieurs raisons, mais notamment une en particulier : la volonté de voter de la duchesse de Sussex.

"Meghan Markle est rentrée à la maison pour voter", a ainsi déclaré Gloria Steinem à Access Hollywood. C'est en tout cas ce que la duchesse a glissé à la militante féministe lors de leur entretien en août dernier. Et si depuis plusieurs mois l'épouse du prince Harry exhorte les Américains à se rendre aux urnes, tout en se rangeant derrière le candidat démocrate Joe Biden et sa co-listière Kamala Harris, elle pourrait aller encore plus loin et décrocher son téléphone pour appeler les citoyens à aller voter, rapporte eonline.

Très impliquée depuis plusieurs années dans la politique de son pays natal, notamment pour des causes féministes, Meghan Markle a ainsi assuré que le 3 novembre prochain elle se rendrait aux urnes pour élire un nouveau président américain. Un engagement politique qui aurait été impossible pour elle si elle était restée auprès des Windsor, tant les membres de la famille royale sont très secrets à propos de leurs opinions politiques, qu'ils ne doivent pas exprimer en public. Un manque de neutralité de la part de la duchesse qui a fait "s'étrangler" les conseillers de Buckingham Palace, mais qui souligne sa volonté de "pousser le concept de la monarchie moderne dans une toute nouvelle direction".

21 septembre 2020

Kate Middleton : ces mensonges "cruels" sur sa mère et sa soeur Pippa supprimés

Kate Middleton remporte sa victoire face à Condé Nast. Les avocats de la famille royale britannique ont gagné le procès contre le groupe de presse américain, après les parutions d'articles concernant Pippa et Carole Middleton, la soeur et la mère de la duchesse de Cambridge. Le magazine Tatler était accusé de publier "une série de mensonges cruels" au sujet du clan Middleton, tels que le fait que la famille est "snob". Il était notamment écrit que Carole Middleton avait "la folie des grandeurs". Ils ont notamment déploré la comparaison de Kate avec la princesse de Galles Lady Diana au sujet de "sa minceur dangereuse". On Kate Middleton, 38 ans, était excédée de lire sans cesse qu'elle était "exténuée et emprisonnée". Les avocats ont demandé à ce que ces "inexactitudes et fausses informations" soient supprimées, ce qui est chose faite. Un souci de moins pour Kate Middleton et le prince William.

Et les Middleton étaient vraisemblablement furieux par les articles parus dans la presse. "Quelle ironie de voir le magazine préféré de la famille royale désormais blacklisté !", confiait une source au Daily Mail. "C'est dégoûtant. C'est sexiste, 'woman-shaming' au plus haut point", ajoutait la source.

Si Condé Nast s'est incliné, c'est notamment pour protéger ses intérêts, à savoir sa relation avec les membres de la famille royale britannique. Toutefois, nul doute que leurs relations sont assurément entachées par l'affaire...

Malika Ménard partage pour la première fois l'histoire derrière l'une de ses cicatrices

Ce dimanche 20 septembre 2020, Malika Ménard a décidé de briser un tabou en parlant d'une petite marque qu'elle a sur la peau depuis sa plus tendre enfance. Sur son compte Instagram, l'ancienne Miss France a dévoilé en photo une légère imperfection qu'elle a sur une de ses jambes et qui passe presque inaperçu. "Les cicatrices sont des traces visibles sur la peau, conséquences d'une blessure", commence-t-elle, avant de préciser que "nous avons tous des cicatrices".

"Elles nous rappellent que notre passé est réel. Elles font partie de notre histoire", ajoute la jolie brune de 33 ans. "Celle qui figure sur ma cuisse gauche a 27 ans, elle date d'une cession 'découpage' / devoir de CP à la maison. Peut-être ne l'aviez-vous jamais remarqué", explique Malika Ménard en légende de son post. En commentaires, un internaute lui assure que "même avec cette cicatrice, elle est très belle", tandis qu'un autre lance avec humour : "J'espère que la note obtenue en CP valait [la peine, NDLR] de se découper la jambe".

Depuis qu'elle est devenue reine de beauté en 2010, Malika Ménard a bien évolué. Mis à part poster de nombreuses photos d'elle sur ses réseaux sociaux, elle exerce le métier de journaliste. Elle a commencé sa carrière en réalisant un stage de deux ans à TV Magazine. En février 2011, elle anime l'émission Paris tout compris, diffusée sur France 3. Un an plus tard, elle travaille ensuite à la radio Le Mouv' puis décroche un poste au sein de la chaîne L'équipe 21. Depuis septembre 2013, elle est de retour sur la Trois. Depuis juin 2017 notamment, elle anime l'émission 9h50 le matin en Normandie. En parallèle, elle décroche un poste au sein de la chaîne NRJ 12.

Lovecraft Country sur OCS : le racisme en question chez H.P. Lovecraft

Diffusée sur HBO depuis le 16 août et en exclusivité sur OCS en US+24, Lovecraft Country est une série adaptée d'un brillant roman écrit par Matt Ruff, que l'on peut résumer ainsi : un voyage au pays des monstres et du Ku Klux Klan. A la lisière de la science-fiction, du thriller, de l’horreur et de la satire, le livre plonge le lecteur en pleine Amérique ségrégationniste des années 1950, dont le propos reste d'une brûlante actualité.

Hommage à la littérature Pulp et aux films de SF des années 1950, le récit est bien entendu, comme son titre le laisse clairement entendre, également un hommage à l'oeuvre et l'univers de l'immense auteur que fut H.P. Lovecraft, matrice absolue du fantastique et de la littérature horrifique. On le connait surtout comme le créateur d'un "Mythe de Cthulhu", devenu aussi célèbre, sinon plus, que lui. En une poignée de nouvelles, poèmes et essais, il a laissé derrière lui une incroyable matière ayant inspiré - et qui inspire encore- des générations entières d'auteurs et d'artistes, dans tous les domaines créatifs, que ce soit musical, bandes-dessinées, au cinéma, dans les jeux vidéo... Bien que le lectorat de Lovecraft fût limité de son vivant, sa réputation évolua au fil des décennies, et il est à présent considéré, avec Edgar Allan Poe, comme l'un des écrivains d'horreur les plus influents du XXe siècle. Stephen King, qu'on ne présente guère plus, le hisse au sommet de son panthéon personnel des auteurs.

"Le rêve américain se réalise-t-il au détriment du Noir-Américain ? La réponse à cette question, terriblement complexe, dépendra de la position d'un individu au sein de la société, de son sens des réalités, de son système de réalité. Elle dépend d'idées si profondément ancrées en chacun de nous que nous en avons à peine conscience" peut-on entendre dans la série pilotée par Misha Green, elle-même Noire-Américaine. Derrière le folklore fantastique convoqué dans la série, celle-ci met en jeu le contrôle du corps de la personne noire, et son exploitation systématique par l'homme blanc.

Au-delà de l'emprunt au bestiaire fantastique né de l'imaginaire débordant de H.P. Lovecraft, la question raciale au coeur de la série est aussi à mettre en parallèle avec le racisme qui irrigue l'oeuvre de l'auteur et la construction intellectuelle de celui-ci. Selon S.T. Joshi, critique littéraire et grand essayiste américain spécialiste des littératures de l'imaginaire et notamment de l'œuvre de H. P. Lovecraft., auteur de nombreux ouvrages sur le maître dont une biographie qui fait autorité, "on ne peut pas nier la réalité du racisme de Lovecraft ni simplement se contenter de le qualifier de typique "pour son époque", car il apparaît que l'auteur avait un point de vue très prononcé sur la chose. Il est par ailleurs inepte de nier l'influence de son racisme sur son œuvre".

H.P. Lovecraft créé son œuvre dans un contexte de ségrégation raciale et des apparitions de théories eugénistes au tournant du siècle aux États-Unis. Toute au long de ses romans, son discours éclaire une idéologie parfois raciste, parfois antisémite qui se conforte dans sa correspondance privée, où l'on décèle une tendance au déclinisme.

Lovecraft est né dans une société américaine où le racisme n'est pas seulement un élément culturel omniprésent : il en est le fondement historique, à travers la soumission et la relégation des peuples indigènes, puis le développement d'une économie fondée sur l'esclavage des Noirs. A l'époque où il écrit, la ségrégation est institutionnalisée. "Faire changer les choses pour parvenir à une égalité sans oppression ni discrimination raciale n'est encore que le rêve utopique d'une minorité éclairée; et celle-ci, perçue comme radicale et révolutionnaire, n'est pas très bien vue et n'a que peu d'influence, que ce soit au sein d'une bourgeoisie restée élitiste, ou d'une classe ouvrière blanche rassurée par la garantie qu'il y aura toujours plus bas qu'elle dans l'échelle sociale" écrit pour sa part Christophe Thill, spécialiste français de Lovecraft et coordinateur de la titanesque biographie consacrée à l'auteur, Je suis Providence, dans son ouvrage Le Guide Lovecraft (Actu SF Editions, 2018).

Si sa position, en dehors de quelques constantes, a évolué au cours de sa vie, il reste que Lovecraft était un défenseur d'un ordre social rigide, hiérarchisé, rejetant viscéralement tout ce qui n'était pas WASP, l'acronyme de White Anglo-Saxon Protestant. Dans ses écrits, l'auteur associe couramment la vertu, l'intellect, la civilisation et la rationalité à la classe dominante WASP; les autres gens sont des idiots, malfaisants et corrompus.

Même la ville de Providence, dans laquelle il est né, matrice de son oeuvre, joue un rôle non négligeable dans la xénophobie lovecraftienne. Historiquement possédés par des chefs indiens, les terres furent cédées au fondateur de la ville, Roger Williams, un colon né en Grande-Bretagne qui avait fui le Massachusetts pour des raisons religieuses. C’est pour remercier Dieu de ce don qu’il baptisa la ville ainsi. Cette ville, capitale du Rhode Island, le plus petit Etat des Etats-Unis, fut donc toujours un bastion WASP, éloignée des plantations esclavagistes du Sud des Etats-Unis. Une ville qui a cultivé l'entre-soi, s'est aussi tenue loin des vagues migratoires, contrairement à New York, vers laquelle convergeaient les canadiens français, les Asiatiques, les Finlandais, les Polonais, les Italiens, les populations d'Europe centrale, les Juifs fuyant les pogroms d'Europe, les irlandais, et bien entendu les afro-américains.

De là ces commentaires de Lovecraft lorsqu'il découvre pour la première fois New York lors de son séjour en 1924, horrifié par le cosmopolitisme de cette ville qui ne trouve pas grâce à ses yeux. Une Sodome et Gomorrhe doublée d'un cloaque à ciel ouvert : "Les choses organiques - italo-sémitico-mongoloïdes- habitant cette abominable fosse septique ne pourraient être qualifiées d'humaines au prix d'aucun effort d'imagination. C'étaient de monstrueuses et nébuleuses esquisses du pithécanthropoïde et de l'amibe; vaguement façonnées à partir de quelque limon puant et visqueux issu de la corruption de la terre, rampant et suintant dans les rues sordides, ou à travers les fenêtres et les portes, d'une façon qui ne suggère rien d'autre qu'une infestation de vers, ou des créatures innommables du fond de la mer [...]".

Toujours à New York, dans une lettre écrite à sa tante Lillian D. Clark en 1926, Lovecraft montre son aversion envers les Juifs : "La masse des Juifs contemporains est sans espoir, du moins en ce qui concerne l'Amérique. Ils sont le produit d'un sang étranger et sont les héritiers d'idéaux, de pulsions et d'émotions étrangers qui excluent pour de bon leur totale assimilation... De notre côté, il y a une répugnance à nous faire frissonner quand il s'agit de la plupart des races sémites... Ainsi, où que le Juif errant erre, il devra se satisfaire de sa propre société jusqu'à ce qu'il disparaisse ou qu'il soit balayé par une explosion soudaine due à notre détestation pour lui. Je me suis déjà senti capable d'en massacrer une vingtaine ou deux dans les bouchons du métro de New York".

Christophe Thill nuance le constat : "Avec les années, la fin de son isolement initial et la multiplication de ses contacts avec des correspondants divers, parfois en désaccord total avec lui sur certains points, -comme James F. Morton, militant égalitariste pour qui il avait le plus grand respect- l'amènent à revenir sur beaucoup de ses préjugés. On le voit devenir plus tolérant, s'avérant capable d'apprécier les qualités de peuples très différents du sien". Même si sa vision négative des Noirs "n'évoluera jamais vraiment".

Il n'est bien sûr pas question ici de balayer tout le spectre de l'oeuvre de l'auteur, mais de donner quelques exemples. Dans Le Cauchemar d'Innsmouth, il est question d'hybridation forcée entre les habitants d'une petite ville côtière et des créatures amphibiennes, évidemment non humaines et par-dessus tout maléfiques. La mer, élément prépondérant dans le fameux Mythe de Cthulhu, est aussi celle qui amène les immigrants, les étrangers, l'autre; qui finissent par se mélanger aux populations locales. Ou les submerger. L'étranger venu par la mer (ou non), qui n'est pas humain, est celui par qui le malheur arrive.

Dans la nouvelle La Couleur tombée du ciel, publiée en 1927, Lovecraft présente une forme de vie totalement inhumaine. En l'occurence une météorite qui s'abat sur les terres d'une famille de fermiers WASP. L'irruption de ce corps étranger rend malade les animaux, ruine les récoltes, et s'en prend finalement aux humains. Difficile là aussi de ne pas y voir une métaphore sur l'immigration, qui vient bouleverser un équilibre social jusque-là harmonieux et mis en coupe réglée.

Dans Herbert West, réanimateur (1922), qui sera pour mémoire adapté au cinéma dans le film culte Ré-Animator, Lovecraft affiche son mépris raciste en évoquant des traits animaliers à propos d'un homme noir : "Il était répugnant, une chose qui ressemblait à un gorille avec des bras anormalement longs que je ne pouvais m'empêcher d'appeler "pattes de devant" et un visage qui évoquait les secrets indicibles du Congo et le martèlement des tam-tams sous une lune sinistre. Le corps devait être encore pire vivant, mais le monde recèle tant de choses hideuses"...

Le rôle des convictions de Lovecraft dans son œuvre fait depuis des décennies l’objet d’un houleux débat, notamment aux Etats-Unis. Certains spécialistes, comme S.T. Joshi, que nous avons évoqué plus haut, estiment qu’il est exagéré de lire toute son œuvre par ce biais, avancant que Lovecraft n’était guère plus raciste que la plupart des Blancs de la Nouvelle-Angleterre de l’époque, où il a passé son enfance. Reste que, pour William Schnabel, universitaire grenoblois et directeur du Gerf (Groupe d'Études et de Recherches sur le Fantastique), auteur notamment de Lovecraft, histoire d'un gentleman raciste (2003), le maître de l'horreur sublime ses peurs sur l'immigration et dresse un réquisitoire contre la politique du melting pot, farouchement combattue par la vague de xénophobie qui secoue les Etats-Unis -et le reste du monde- dans les années 1920.