Dans le livre Les Conquérantes, paru le 5 mars aux éditions Plon, Alexia Mayer et Julia Van Aelst dressent le portrait d’une trentaine de femmes françaises qui se sont imposées dans des milieux traditionnellement masculins. Avec leurs témoignages, les écrivaines explorent les grandes questions qui traversent la vie des femmes aujourd’hui : pouvoir, ambitions, légitimité, maternité ou encore équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Dorothée Olliéric, reporter de guerre pour France 2, se souvient au fil des pages de ce jour où elle a bien cru mourir. Nous sommes le 17 août 2013. La journaliste, maman de deux enfants, est en reportage en Égypte, à quelques kilomètres du Caire. Elle filme des images pour les journaux télévisés de France 2, puisqu’à cette époque l’islamiste Mohamed Morsi vient d’être renversé par les militaires. La femme de Philippe Vandel est arrêtée avec son équipe devant une mosquée.
Dorothée Olliéric se retrouve alors les yeux bandés face à un mur en briques rouges, les pieds ancrés dans un sol de graviers. La reporter de guerre tente de leur parler, de leur expliquer qui ils sont, mais ses ravisseurs lui ordonnent de se taire et de baisser la tête. Son interprète est en pleurs. « On se dit : “Dans 30 secondes, on est morts.” Et là, tu entends un silence, et les mecs changent leurs armes », raconte-t-elle. Les minutes défilent ; la journaliste explique alors vouloir mourir dignement et éviter à tout prix de pleurer : « Je sais que pleurnicher ne va rien faire, ne va pas les attendrir. Dire que j’ai des enfants, ça ne sert à rien non plus. Je suis digne à l’intérieur, même si je suis obligée de baisser la tête pour dégager ma nuque. Je sens que, tant qu’ils n’ont pas tiré, il y a une chance. »
Après un certain temps, les ravisseurs ordonnent à Dorothée Olliéric de bouger. « Je me dis : “C’est ultra bon signe, ils ne vont pas nous tuer” », raconte-t-elle. La journaliste va toutefois passer plusieurs heures ensuite en détention, puisqu’elle est soupçonnée d’espionnage. En effet, cette dernière et son équipe portent des trackers afin que la rédaction, en France, sache exactement où ils se trouvent. Le problème ? En Égypte, les trackers sont considérés comme « un matériel d’espionnage ». Dorothée Olliéric apprendra plus tard qu’elle a été arrêtée et a subi un simulacre d’exécution par les services secrets égyptiens.

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