14 avril 2026

Premières images de Insidious 6

Trois ans après Insidious: The Red Door, présenté comme la suite du premier et deuxième film, la saga lancée par James Wan en 2010 revient sur grand écran. Ce sixième volet, intitulé Insidious : Out of the Further, s'intéresse à une nouvelle histoire et de nouveaux personnages - à l'exception d'un visage familier que les fans se feront un plaisir de retrouver.

Coécrit et réalisé par Jacob Chase, ce volet suit l'histoire de Gemma, une jeune mère qui élève sa fille dans la maison où elle a grandi et qui découvre qu'elle peut voyager dans le Lointain. Très vite, elle comprend qu'elle peut ramener ceux qui y vivent dans le monde réel.

La bande-annonce, révélée à l'occasion du CinemaCon à Las Vegas, lève le voile sur un film qui semble assez différent des opus précédents. Le personnage de la médium Elise Rainier, incarné par Lin Shaye, est de retour. Elle est apparue dans tous les films de la saga. Les plus observateurs reconnaîtront également la main du démon rouge, élément marquant du tout premier chapitre.

Au casting, on retrouve Amelia Eve (The Haunting of Bly Manor) et Brandon Perea (NOPE).

Les cinq premiers films Insidious ont rapporté pas moins de 731 millions de dollars à travers le monde pour un budget cumulé de 42 millions de dollars. La franchise produite par James Wan et la société Blumhouse est l'une des plus rentables du cinéma d'horreur américain.

Insidious : Out of the Further, au cinéma le 19 août 2026

Cannes 2026 : voici les 9 films sélectionnés à l'ACid

 

L'édition 2026 de l'ACid

Neuf films, dont quatre fictions et cinq documentaires, ont été retenus pour cette sélection de l’ACID par treize cinéastes. Parmi eux, on retrouve six premiers longs métrages avec, comme chaque année, une attention particulière portée aux films sans distributeurs, qui se partagent le haut de l'affiche.

Cette sélection fait également la part belle au cinéma français avec huit productions ou co-productions hexagonales, auxquelles s'ajoutent un film iranien.

Mauvaise étoile de Lola Cambourieu & Yann Berlier (France) - 1er film

Barça Zou de Paul Nouhet (France) - 1er film

Blaise de Dimitri Planchon & Jean-Paul Guigue (France) - 1er film

Coeur secret de Tom Fontenille (France) - 1er film

Dans la gueule de l'ogre de Mahsa Karampour (France) - 1er film

La Détention de Guillaume Massart (France)

Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh (Iran)

Promised Spaces de Ivan Marković (France, Allemagne, Serbie, Cambodge)

Virages de Céline Carridroit & Aline Suter (France, Suisse) - 1er film

"Les films apparaissent comme des gestes puissants de résistance et d’espoir"

"La programmation de cette année reflète à la fois la folie alarmante de notre époque et notre capacité infinie à faire face", peut-on lire dans le communiqué d'annonce de la sélection. "Interroger nos institutions, comprendre le sentiment d’exil, repenser notre rapport aux lieux que nous habitons et aux êtres qui nous entourent ; chercher à plaire à tout prix, mourir pour mieux se réinventer, et laisser une caméra nous révéler au monde tel qu'on s'est rêvé : que ce soit par l’humour, la fiction ou le sens du détail, les cinéastes montrent les dysfonctionnements qui traversent nos sociétés et leurs impacts sur chacun."

"Les films présentés sont autant de gestes qui nous rassemblent, d’histoires ancrées dans une réalité poétique, joyeuse, inattendue mais avant tout libre, et non formatée. Ils apparaissent alors comme des gestes puissants de résistance - et d’espoir."

L’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACid) a été créée par 180 cinéastes au début des années 1990 suite à leur manifeste "Résister". Depuis 1993, l’ACid) programme au Festival de Cannes ses films, choisis parmi des centaines venus du monde entier.

La sélection 2026 faite par treize cinéastes de l’Association sera projetée pendant la 79ème édition du Festival de Cannes, qui se tient du 12 au 23 mai. Les longs-métrages seront par la suite accompagnés et diffusés dans plusieurs festivals et soutenus jusqu’à leur arrivée au cinéma. Des reprises de l’ACID seront également prévues plus tard dans l'année.

Paddington va revenir avec un 4e film

C’est officiel ! Le plus adorable des ours va revenir au cinéma. Lors du CinemaCon, StudioCanal a annoncé un quatrième film Paddington. Rien de bien surprenant puisque la saga familiale a rapporté près de 835 millions de dollars au box-office mondial (333 millions de dollars pour le premier film, 290 millions pour sa suite et 211 millions pour le troisième), tout en obtenant une note moyenne de 96 % sur Rotten Tomatoes et 4 étoiles (presse et spectateurs) sur AlloCiné.

Les détails de ce quatrième opus restent pour l’instant assez vagues, mais le studio a déclaré que des "scénaristes de comédie de renommée mondiale" ont été engagés pour écrire le scénario, sans pour autant citer de noms.

On ignore donc si Jon Foster et Mark Burton, scénaristes du précédent opus, ainsi que le réalisateur Dougal Wilson seront de retour, et si Paul King - à qui l'on doit les deux premiers volets - reviendra à la production.

Une information peu surprenante puisque, lors de la convention Brand Licensing Europe 2024, Françoise Guyonnet, PDG de StudioCanal, évoquait déjà le futur de la franchise au sein du label StudioCanal Kids & Family et teasait un quatrième film : "Nous travaillons sur une nouvelle série télévisée Paddington et surtout sur un quatrième film à venir en 2027 ou 2028."

Une sortie en salles en 2028 serait un bel hommage au héros créé par Michael Bond, puisque cela coïnciderait avec le 70e anniversaire de Paddington.

La scène post-générique de Paddington au Pérou laissait également présager un quatrième long métrage.

À la fin de son aventure péruvienne, Paddington décide de retourner vivre à Londres avec la famille Brown, tout en gardant contact avec ses parents d’El Dorado. Dans la scène post-générique, le petit ours au chapeau rouge reçoit plusieurs membres de sa famille chez les Brown. Ces derniers rendent ensuite visite en prison à Phoenix Buchanan (Hugh Grant), l’antagoniste du second opus, emprisonné à la fin du film.

Ce dernier propose alors aux ours venus lui rendre visite au parloir de monter une pièce de théâtre avec lui (" Boucle d’or et les trois ours ") à sa sortie de prison. S’agit-il d’un simple clin d’œil au second opus ou d’un teasing du quatrième épisode, qui marquerait le retour de Paddington à Londres ainsi que celui de Hugh Grant dans la saga ? Affaire à suivre !

Premières images de Runner : Alan Ritchson revient dans un film d’action pour le cinéma

Alan Ritchson, héros de la série Reacher et de War Machine, revient au cinéma avec le thriller d'action Runner dans lequel il donne la réplique à Owen Wilson. Un duo inattendu pour ce film dont la bande-annonce vient d'être dévoilée.

Le long métrage est mis en scène par Scott Waugh, qui s'est déjà illustré avec des films musclés comme Need for Speed ou Expendables 4.

Dans Runner, Alan Ritchson incarne Hank Malone, un ancien soldat qui se retrouve plongé dans une course contre la montre lorsqu'une livraison médicale cruciale fait de lui la cible d'un cartel. Avec Ben (Wilson), le coursier médical, ils ont 3 heures pour livrer un organe à une fillette. Trahi de toutes parts, ils doivent échapper à leurs poursuivants et livrer le chargement avant qu'il ne soit trop tard.

Dévoilée lors du CinemaCon, les premières images annoncent clairement la couleur : poursuites, explosions et tension permanente.

Il s'agit de la première incursion sur grand écran de Alan Ritchson depuis Fast & Furious X en 2023. Avec ce projet, l'acteur poursuit son passage progressif vers le cinéma d’action après avoir multiplié les projets pour les plateformes de streaming ces dernières années, notamment via ses collaborations régulières avec Amazon.

Runner sortira dans les salles américaines le 11 septembre 2026. Aucune date n'est encore annoncée en France.

13 avril 2026

Mort de John Nolan à 87 ans

Visage familier du cinéma et de la télévision britannique, John Nolan est décédé ce week-end à l’âge de 87 ans. Les circonstances de sa mort n’ont pas été précisées.

L’acteur, notamment vu dans Batman Begins, était l'oncle du réalisateur Christopher Nolan, qui l'avait fait jouer dans plusieurs de ses films. Le cinéaste lui a rendu un bel hommage dans un communiqué publié par EW :

"Mon oncle John a été le premier artiste que j’ai connu. Il m’a appris plus que quiconque sur la quête de vérité dans le jeu et les joies de la création. Il me manque terriblement, mais je trouve un grand réconfort dans mes souvenirs de lui, notamment ceux de nos collaborations."

Né à Londres, John Nolan débute sa carrière dès 1965, enchaînant les apparitions dans des séries britanniques comme Le Prisonnier. Il décroche ensuite un rôle régulier en 1973 dans Shabby Tiger.

Mais c’est bien plus tard qu’il gagne en visibilité auprès du grand public, en incarnant Douglas Fredericks, membre du conseil d'administration de Wayne Enterprises dans Batman Begins puis dans The Dark Knight Rises. Il avait aussi fait une apparition dans Dunkerque, autre film de Christopher Nolan.

Il collabora également avec un autre membre de la famille, Jonathan Nolan, dans la série Person of Interest, où il prête ses traits à l’antagoniste John Greer.

1000 stars hollywoodiennes s’opposent à la fusion entre Warner Bros. et Paramount

La fusion de Paramount et Warner Bros. n'est pas encore actée. Mais elle suscite déjà l'inquiétude d'une grande partie de l'industrie.

Plus de 1 000 figures du cinéma et de la télévision, dont Joaquin Phoenix, Ben Stiller et Kristen Stewart, ont signé une lettre ouverte publiée lundi pour dénoncer le projet de rachat, en cours d'étude par les autorités américaines, après le retrait de Netflix :

"Nous sommes profondément inquiets des signes de soutien à cette fusion qui privilégient les intérêts d’un petit groupe d’acteurs puissants au détriment de l’intérêt général"; affirme la lettre, publiée par le New York Times et disponible sur le site BlocktheMerger.com. "L’intégrité, l’indépendance et la diversité de notre industrie seraient gravement compromises. La concurrence est essentielle à une économie saine et à une démocratie saine. Tout comme une régulation et une application des règles rigoureuses."

Les signataires ajoutent que cette opération "renforcerait encore la concentration déjà très forte du paysage médiatique, en réduisant la concurrence à un moment où nos industries - et les publics que nous servons - peuvent le moins se le permettre ». Selon eux, cela entraînerait « moins d’opportunités pour les créateurs, moins d’emplois dans tout l’écosystème de production, des coûts plus élevés et moins de choix pour le public, aux États-Unis comme dans le reste du monde". Ils alertent également sur un point jugé particulièrement préoccupant : "Cette fusion ramènerait le nombre de grands studios américains de cinéma à seulement quatre".

Ils estiment par ailleurs que le secteur est déjà "sous forte pression, en grande partie à cause des précédentes vagues de consolidation", évoquant "une baisse marquée du nombre de films produits et distribués, ainsi qu’un rétrécissement des types de récits financés et diffusés". Pour eux, "un petit nombre d’acteurs puissants détermine de plus en plus ce qui est produit — et dans quelles conditions", laissant les créateurs et les structures indépendantes avec "de moins en moins de voies viables pour faire exister leur travail".

Dirigée par le CEO David Ellison, Paramount Skydance a annoncé fin février son intention de racheter Warner Bros. Discovery pour 111 milliards de dollars, après une bataille avec Netflix pour les actifs du groupe.

Parmi les signataires mis en avant figurent notamment Adam McKay, David Fincher, Denis Villeneuve, Jane Fonda, J.J. Abrams, Mark Ruffalo, Rosario Dawson, Ted Danson, Yorgos Lanthimos et bien d’autres.

Damon Lindelof, créateur de Watchmen, actuellement sous contrat avec HBO (Warner Bros. Discovery), a expliqué sa position dans un post Instagram. S’il dit connaître David Ellison et reconnaître chez lui un dirigeant "brillant, ambitieux et passionné", il a malgré tout choisi de signer la lettre, par attachement au tissu "ouvrier" d’Hollywood.

"C’est une ville de milliers de techniciens : machinistes, éclairagistes, chauffeurs, décorateurs, équipes caméra, catering… Et ils sont tous sur le point de se faire avoir", écrit-il. Il estime qu’une consolidation de cette ampleur entraînerait mécaniquement moins de films, moins de séries, et donc moins d’emplois. "Quand deux studios historiques deviennent la même entité, l’un finit toujours par devenir une ville fantôme".

Il conclut en disant sa peur, mais aussi sa volonté de ne pas rester silencieux : "Une bataille est déjà perdue si elle n’est jamais menée."

American Horror Story son grand retour pour une saison 13 !

Après plusieurs semaines sans aucune nouvelle série, le créateur le plus prolifique de la télévision américaine, Ryan Murphy, a enfin donné de ses nouvelles aux spectateurs. Après L'histoire d’Ed Gein en octobre, All’s Fair en novembre, The Beauty en janvier et Love Story en février, le scénariste a annoncé une partie du casting de sa prochaine création : la 13ᵉ saison de sa série à succès American Horror Story (AHS), diffusée sur Disney+ en France. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les fans sont déjà en furie ! 

C’est via un post Instagram que Ryan Murphy a annoncé la nouvelle aux téléspectateurs : l’actrice Sarah Paulson rejoint officiellement le casting de la 13ᵉ saison d’American Horror Story. Si cette annonce n’a en soi rien de particulier (Paulson est une habituée des productions Murphy), c’est le rôle pour lequel elle a été engagée qui a déchaîné les passions. 

Sarah Paulson se glissera en effet dans les habits de Cordelia Goode, un personnage déjà apparu dans la 3ᵉ saison d’AHS. Une annonce qui a fait l’effet d’une bombe chez les fans de la franchise, puisque c’est la première fois qu’une nouvelle saison d’AHS sera la suite directe d’une autre saison. D’autant que ce retour fait suite à celui de l’actrice Jessica Lange, elle aussi personnage iconique de la saga et de l'œuvre de Murphy, qui avait déjà électrisé les téléspectateurs. 

Les deux actrices rejoignent un casting déjà chargé. Evan Peters, Angela Bassett, Kathy Bates, Emma Roberts, Billie Lourd, Gabourey Sidibe et Leslie Grossman, tous des comédiens bien connus des fans, seront de retour, et seront même rejoints par la chanteuse et actrice Ariana Grande, qui avait participé à la série Scream Queens du même Ryan Murphy. Un casting sous forme d’apothéose, qui est vraiment digne d’un film Avengers pour les fans de la série. 

American Horror Story est disponible sur Disney+.

Le Réveil de la Momie : pourquoi le film est-il interdit aux moins de 16 ans ?

Après Invisible Man et Wolf Man, la société hollywoodienne Blumhouse continue de déterrer les grands monstres du cinéma. L'Irlandais Lee Cronin, aux commandes d'Evil Dead Rise, réveille La Momie pour une toute nouvelle version, bien différentes des films d'aventure familiaux avec Brendan Fraser et même du classique de 1932 avec Boris Karloff.

Attendu en salle dès ce 15 avril, Le Réveil de la Momie a reçu une classification assez rare de la part du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) : interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement.

Le CNC partage cette description pour justifier sa classification : "De nombreuses scènes d'une grande violence au sein d'une famille, un climat général horrifique et une ambiance sonore oppressante peuvent heurter un public sensible. L'"avertissement" ajoute une interdiction un peu plus poussée en raison du caractère gore du film. Elle précède d'ordinaire l'interdiction aux moins de 18 ans.

Dans Le Réveil de la momie, une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Les retrouvailles tournent vite au cauchemar lorsque son comportement devient de plus en plus inquiétant. Sa famille se lance alors dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.

Pour ce film, le réalisateur Lee Cronin s'est aussi bien inspiré de L'Exorciste de William Friedkin et Poltergeist de Tobe Hooper que de Seven de David Fincher.

Le Réveil de la momie, au cinéma le 15 avril

Bande-annonce de Hunger Games 6

La sortie du prochain Hunger Games, intitulé Lever de soleil sur la moisson, approche à grands pas. Le studio Lionsgate lève le voile sur une nouvelle bande-annonce remplie d'images inédites. De quoi se faire une idée du ton de ce sixième volet qui s'annonce beaucoup plus coloré que le film précédent.

Les fans peuvent reconnaître Ralph Fiennes dans le rôle d'un plus jeune président Snow, Jesse Plemons dans celui du jeune Plutarch Heavensbee ou encore Elle Fanning sous les traits d'Effie Trinket. Glenn Close y fait également une apparition sous les traits de Drusilla Sickle, hôtesse du District douze, dont le visage est tiré par des épingles.

Ce nouveau film, adapté du dernier livre éponyme sorti en mars 2025, se déroulera 40 ans après les événements du film avec Rachel Zegler et Tom Blyth, Hunger Games : La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur, et 30 ans avant les événements du premier film avec Jennifer Lawrence.

Découvrez les nouvelles affiches du film :

Rien n'est encore confirmé mais l'actrice oscarisée et Josh Hutcherson, tous les deux héros des quatre premiers films, devraient apparaître le temps d'une séquence dans ce nouveau volet.

Dans Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson, les deux personnages principaux sont incarnés par Joseph Zada et Whitney Peak. Le premier campe la version jeune de Haymitch, le protagoniste joué par Woody Harrelson dans la saga originale. La deuxième joue sa petite amie, Lenore Dove Baird.

Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson, au cinéma le 18 novembre 2026

12 avril 2026

Shirley MacLaine, comme un torrent sur Arte : une singularité hollywoodienne

Entre les extraits de films et interviews, le documentaire réussit à capturer la vérité d’une comédienne qui ne se laisse pas souvent voir…

Si le dernier documentaire consacré à une actrice d’Arte avait rompu avec sa forme initiale - on retrouvait Stéphane Audran, la complice de Chabrol qui narrait, sans voix off, l’histoire d’une comédienne, muse et femme de Chabrol - avec Shirley MacLaine, comme un torrent, la plateforme renoue avec son format habituel, un peu classique... Ici, il y a bien une voix off qui prend le spectateur par la main et le guide. Mais si le film raconte MacLaine, il ne fait pas disparaître sa voix.

Un coup elle danse, celui d’après elle chante, de pirouettes en pirouettes, le documentaire révèle l’étendue de son talent mais aussi de sa personnalité.

Le rose aux joues, le soleil dans la tête, les yeux entourés de bleu et les lèvres maquillées de rouge : bondissant comme un fauve, de film en film, Shirley MacLaine, actrice insaisissable, a dévoré Hollywood sans jamais se conformer. Dans Mais qui a tué Harry ? on la retrouve les cheveux courts, roux, à la garçonne, les jambes écartées sur un porche, dans Can-Can, elle jure avec cette même posture masculine, dans Comme un torrent, plus fardée que jamais, MacLaine est tout sauf discrète… C’est l’histoire d’une femme qui a su s’imposer dans un paysage cinématographique masculin, sans jamais intégrer les codes de la féminité. 

“Vous voyez ces danseurs là-bas ? Ce sont des danseurs de revue. Dans le showbiz, on les appelle les gitans.[...] Je crois qu’on peut dire que je suis une gitane dans l’âme” lâche l’actrice, le sourire aux lèvres, les cheveux ébouriffés, transpirante de vie. A l’écran, Shirley n’est jamais figée. Selon Hitchcock, elle a “le culot d’un braqueur de banque”. Au milieu des figures féminines  blondes et froides  du cinéaste, MacLaine dénote. 

Savamment orchestré, le film alterne entre son rôle à l’écran et celui de sa vie, sans jamais s'essouffler. De temps à autre, au milieu de ses performances, le documentaire marque des pauses et montre une Shirley sincère, brute : parfois blessée, parfois débordante de confiance. Face caméra, elle se livre: “J’aime être moi-même. [...] J’aime ça et j’espère que je ne blesse personne en étant franche et trop honnête.” Trop cash, trop brut, une présence qui parfois lui coûte cher. Pour le réalisateur Don Siegel, avec qui elle a tourné Sierra Torride, “[...] elle n’est pas féminine, elle en a de trop grosses”... Des paroles acerbes reflétant une époque toute aussi dure avec les actrices… Pourtant, c’est cette originalité qui fait son succès.

Blonde ou brune, les cheveux roses pastel, excentrique, rageuse ou aguicheuse, l’arc-en-ciel MacLaine a illuminé Hollywood et l’a bousculé. Avec ses légendaires jeux de jambes, l’actrice a envoyé valser les conventions du cinéma. Ni blonde hypersexualisée comme Marilyn, ni brune à l’élégance très maîtrisée à la façon d’Audrey Hepburn. Elle n’est rien de tout cela, Shirley MacLaine est un produit à part, qui n’a jamais suivi que ses propres règles.

A travers son histoire, le documentaire de Jean Lauritano raconte celle d’une génération de comédiennes sous le feu des projecteurs et du patriarcat…

Mais le réalisateur choisit une forme bien classique pour une actrice toute singulière… 

Le fil de sa carrière et de son existence est raconté dans le bon sens, du début à la fin, respectant un ordre bien codifié alors que la comédienne a toujours navigué à contre-courant…

Mis à part le témoignage de Jennifer Aniston, avec qui elle a tourné La rumeur court, l’influence de la vedette de Mais qui a tué Harry ? sur les nouvelles générations d’actrices n’est pas visible. C’est aussi à cet endroit que le documentaire pêche…

Pourtant, bien des comédiennes pourraient se réclamer de sa légende. MacLaine, avec son air renfrogné et son humour assassin, a ouvert la voie de la singularité. On pourrait penser à Diane Keaton avec son look masculin, sa posture désinvolte, son refus de se conformer au cinéma comme dans la vie. Ou encore à Michelle Pfeiffer qui, malgré le caractère fatal de sa beauté ne s’est jamais laissée enfermée dans l’archétype de la blonde. Entre rôle de composition et star power, l’actrice s’inscrit dans la continuité des figures féminines fortes d’Hollywood…

Ces comédiennes avec leur liberté criante ont envoyé valser comme Shirley le modèle de la pin-up, pour en faire exister une autre : plus vivante, qui n’existe que par ses propres codes…

Shirley MacLaine, comme un torrent sera diffusé le dimanche 12 avril sur Arte et disponible en streaming jusqu’au 23 juillet.