27 février 2026

Le palmarès complet des César 2026

César du meilleur film

L’Attachement, produit par Fabrice Goldstein et Antoine Rein, réalisé par Carine Tardieu

César de la meilleure réalisation

Richard Linklater pour Nouvelle Vague

César du meilleur acteur

Laurent Lafitte dans La Femme la plus riche du monde

César de la meilleure actrice

Léa Drucker dans Dossier 137

César du meilleur acteur dans un second rôle

Pierre Lottin dans L’Étranger

César de la meilleure actrice dans un second rôle

Vimala Pons dans L’Attachement 

César de la révélation masculine

Théodore Pellerin dans Nino

César de la révélation féminine

Nadia Melliti dans La Petite Dernière

César du meilleur scénario original

Franck Dubosc et Sarah Kaminsky pour Un ours dans le Jura

César du meilleur scénario adapté

Carine Tardieu, Raphaële Moussafir et Agnès Feuvre pour L’Attachement

César de la meilleure photographie

David Chambille pour Nouvelle Vague

César du meilleur montage

Catherine Schwartz pour Nouvelle Vague

César des meilleurs décors

Catherine Cosme pour L’Inconnu de la Grande Arche

César des meilleurs effets visuels

Lise Fischer pour L’Inconnu de la Grande Arche 

César de la meilleure musique originale

Arnaud Toulon pour Arco

César du meilleur son

Romain Cadilhac, Marc Nambard, Olivier Touche, Olivier Goinard pour Le Chant des forêts

César des meilleurs costumes

Pascaline Chavanne pour Nouvelle Vague

César du meilleur film d’animation

Arco, réalisé par Ugo Bienvenu 

César du meilleur premier film

Nino, réalisé par Pauline Loquès

César du meilleur film documentaire

Le Chant des forêts, réalisé par Vincent Munier

César du meilleur film étranger

Une bataille après l’autre, réalisé par Paul Thomas Anderson

César du meilleur film de court métrage d’animation

Fille de l’eau, réalisé par Sandra Desmazières

César du meilleur film de court métrage documentaire

Au bain des dames, réalisé par Margaux Fournier

César du meilleur film de court métrage de fiction

Mort d’un acteur, réalisé par Ambroise Rateau

26 février 2026

Isabelle Adjani condamnée : nouveau face-à-face avec la justice

Isabelle Adjani comparaît de nouveau devant la justice. D'après les informations du Parisien, la comédienne de 70 ans doit être rejugée par la cour d'appel de Paris dans le cadre d'une affaire de fraude fiscale.

En première instance, elle avait écopé de deux ans d'emprisonnement avec sursis et d'une amende de 250 000 euros.

À l'époque, le tribunal avait considéré que les faits traduisaient une intention délibérée "de dissimulation vis-à-vis de l’administration fiscale" et qu'ils portaient "gravement atteinte à l'égalité des citoyens devant l’impôt".

Isabelle Adjani, qui ne s'était pas présentée à son premier procès en 2023, avait été condamnée pour avoir déclaré une résidence au Portugal en 2016 et 2017 afin de réduire indûment son impôt sur le revenu, pour un montant estimé à 236 000 euros.

La justice lui reprochait aussi une opération financière datant de 2013 : deux millions d'euros versés par Mamadou Diagna NDiaye, dirigeant du mouvement olympique sénégalais et membre du Comité international olympique. Présentée comme un prêt, cette somme avait été requalifiée en donation dissimulée, ce qui aurait permis d'éviter environ 1,2 million d'euros de droits.

En outre, la comédienne avait été reconnue coupable de blanchiment pour avoir transféré 119 000 euros vers le Portugal par l'intermédiaire d'un compte bancaire américain "non déclaré".

Pour le tribunal, "les conditions matérielles et juridiques de cette opération ne pouvaient avoir d’autre justification que de dissimuler l’origine et la destination de ces fonds".

Lors du premier procès, ses avocats avaient soutenu qu'Isabelle Adjani s'était simplement trompée en déclarant sa résidence fiscale au Portugal, expliquant qu'elle aurait été mal orientée à ce moment-là. Sollicités pas nos confrères du Parisien, ces derniers n'ont cependant pas répondu aux demandes de réaction.

Toujours selon le quotidien, la procédure avait débuté en 2016 après la révélation de son nom dans les Panama Papers, où elle apparaissait liée à une société enregistrée aux îles Vierges britanniques. Si cet élément n'a finalement donné lieu à aucune poursuite, il a néanmoins conduit les enquêteurs à explorer d'autres pistes.

Gisèle Pelicot : Meryl Streep pressentie pour l'incarner dans une série américaine

À l'automne 2024, Gisèle Pelicot a pris tout le monde de court en refusant le huis clos lors du procès de son ex-mari Dominique et des 51 hommes qui ont abusé d'elle pendant neuf ans. Cela s'est passé entre le mois de juillet 2011 et le mois d'octobre 2020, principalement à Mazan dans le Vaucluse. Gisèle Pelicot est alors devenue un symbole, celui d'une femme forte, résiliente, qui a préféré que "la honte" aille dans l'autre camp.

Quelle victoire pour Gisèle Pelicot qui, depuis, a choisi de coucher sa terrible histoire sur le papier. Ainsi, le 17 février, la mère de famille accompagnée de la journaliste Judith Perrignon a dévoilé son autobiographie intitulée Et la joie de vivre (Flammarion). Traduis en 22 langues, ce livre bat des records. Moins de dix jours après sa sortie, il s'est déjà écoulé à 63 574 exemplaires a fait savoir l'éditeur qui se réjouit aussi des chiffres en Allemagne, en Norvège ou encore au Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni où Gisèle Pelicot a eu l'opportunité de rencontrer la reine Camilla le 23 février dernier dans le cadre de la promotion de son livre. Prochainement, la septuagénaire est attendue en Espagne, au Canada ou encore aux États-Unis. Les États-Unis où une série est déjà en préparation selon nos confrères de Marianne.

C'est évidemment LA question que tout le monde se pose : quelle actrice sera choisie pour incarner Gisèle Pelicot et jouer une histoire aussi dure ? Et bien, selon le magazine, les réalisateurs de cette série auraient d'ores et déjà fait leur choix. Et quel choix ! En effet, ces derniers souhaiteraient que Meryl Streep accepte le premier rôle. Pour rappel, la comédienne de 76 ans a été oscarisée par trois fois (Kramer contre Kramer, Le Choix de Sophie, La Dame de fer).

À l'heure où nous écrivons ces lignes, on ne sait pas encore si cette série sera diffusée à la télévision américaine où si elle sera achetée par une plateforme de streaming comme Netflix, Prime Video, etc. Alors, Gisèle Pelicot rencontrera-t-elle la star du Diable s'habille en Prada lors de la promo de son livre outre Atlantique ? Affaire à suivre…

Le Covid, "une grippette" ? Six ans après, Michel Cymes fait une importante mise au point

En 2020, le monde entier a été poussé à se confiner, à acheter des masques, du gel hydroalcoolique, à se faire vacciner. Des milliers de personnes sont mortes à cause du Covid 19. Une maladie qui, il faut bien le dire, a fait trembler la planète et a chamboulé nos habitudes. À l’époque, sur les plateaux TV, souvenez-vous, les épidémiologistes étaient invités en nombre ; tout comme les médecins à l'image de Michel Cymes.

"Ça n'est pas une grippette, ce n’est pas un rhume. C'est une forme de grippe qui est un peu plus cognée que le grippe. Mais ça reste une maladie virale comme on en a tous les ans", affirmait alors le médecin et présentateur de France Télévisions sur le plateau de "Quotidien" sur TMC. Des propos qui ont vite été détournés assurant que ce dernier avait comparé le Covid à une "grippette". Et pourtant…

Un tel tollé que le docteur Cymes a préféré se mettre au vert pendant plusieurs mois. Toutefois, six ans plus tard, il a accepté de revenir sur cet épisode qui lui a beaucoup coûté.


Ce dimanche 22 février, le Parisien de 68 ans était l'invité de "Puremédias l'hebdo" sur T18 présentée par Virginie Guilhaume. "Votre image publique en a pris un petit coup quand même, sur l'affaire des prétendus vaccins pendant le Covid, est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que vous regrettez cette prise de parole, cette position ou la manière dont ça a été traité ?", lui a alors demandé la journaliste. Ni une ni deux, le principal intéressé a rétorqué.

"Vous savez ce qu'on m'a reproché ? On m'a reproché d'avoir dit "grippette". Alors Virginie, je fais un pari avec vous. Trouvez et je reviendrai dans votre émission. Trouvez où et quand j'ai dit que le Covid était une "grippette". Trouvez-le ! Vous ne le trouverez pas. Je ne l'ai jamais dit. C'est une fake news", a-t-il assuré. "Une fake news que j'ai trimballée comme un chewing-gum à la chaussure", a-t-il ensuite regretté avant de nommer une responsable : Nadine Morano.

Il explique : "A la sortie d'une émission sur France 2 présentée par Thomas Sotto et Léa Salamé et où je dis que les propos de Nadine Morano sont irresponsables parce qu'elle affolait le monde entier alors qu'on ne savait rien. Elle a fait un tweet en sortant parce qu'elle n'a pas aimé ce que j'ai dit, en terminant par : 'Cymes #Grippette' et les journalistes, à chaque fois qu'ils parlaient de moi pendant le Covid : 'Cymes qui a dit que c'était une grippette". En réalité, il n'en n'était rien… Preuve en est, l'extrait de "Quotidien" diffusé ci-dessus.

M. Pokora : son combat face à la trisomie 21

À 40 ans, M. Pokora a choisi une nouvelle forme d’engagement. Loin des scènes et des studios d’enregistrement, il se lance dans une aventure humaine forte : partir en voyage avec six adultes porteurs de trisomie 21 pour mieux comprendre leurs parcours et partager des moments de vie uniques. Ce projet, transformé en série documentaire par la chaîne Gulli, est diffusé en prime time à partir de ce jeudi 26 février 2026.

Pendant plus d’une dizaine de jours, Le compagnon de Christina Millian a parcouru le Québec en road trip avec des participants âgés de 19 à 40 ans, tous porteurs de trisomie 21, montrant au public une réalité souvent méconnue au-delà des préjugés. Le chanteur explique ne pas y être allé "en tant qu’artiste", mais plutôt comme un homme curieux d’apprendre et d’écouter.

Pour lui, cette immersion, entourée de ces jeunes et adultes, reste bien plus qu’un tournage télévisé : il s’agit d’une manière de déconstruire les idées reçues sur le handicap, de montrer l’autonomie et la richesse humaine des personnes avec trisomie 21, et de rappeler à chacun que la différence est avant tout une question de regard.

Sur la route avec M. Pokora : l’histoire d’une aventure extraordinaire est une série documentaire qui suit ce road trip de 12 à 15 jours à travers le Québec. Accompagné de Jeanne, Laurène, Cyril, Loéline, Marin et Théo, M. Pokora traverse des villes, des paysages, mais aussi des moments de partage et de défis personnels. Certains participants n’avaient jamais voyagé aussi loin ou vécu des expériences uniques, très éloignées de leur quotidien.

L’objectif affiché est simple : casser les préjugés. Beaucoup de téléspectateurs ignorent encore ce qu’est réellement la vie d’un adulte porteur de trisomie 21 au quotidien. Peut-on vivre seul ? Travailler ? Voyager loin de sa famille ? La série répond à ces questions avec douceur et sincérité, en montrant que, comme tout le monde, ces jeunes ont des rêves, des peurs et une capacité à s’adapter.

Pour M. Pokora, cette expérience a été une révélation. Il confie qu’il avait peu de connaissances sur la trisomie 21 avant de partir, mais qu’il a très vite compris que ce qui compte avant tout, ce sont les relations humaines. 

"J’ai vraiment été surpris par la profondeur des discussions qu'on pouvait avoir, mais également par les tâches qu'on pouvait leur confier. C’est tout bête, mais je ne pensais pas que quelqu'un avec ce handicap pouvait partir de chez lui, prendre le métro, aller au travail, rentrer en métro... comme tout le monde, finalement. Et voilà, ce sont des choses toutes bêtes que j'ai apprises là", se réjouit-il auprès de Puremédias.

Ce projet venu de Gulli n’est pas un simple divertissement : c’est une démarche personnelle pour M. Pokora. Devenu papa, il confie que son regard sur la vie a changé, et qu’il cherche désormais des expériences qui l’enrichissent humainement plutôt que des projets purement médiatiques.

D’autant plus qu’il a beaucoup apprécié cette expérience en compagnie de ces jeunes atteints de trisomie 21. Une aventure qui n’a d’ailleurs pas demandé de briefing en amont. "Non. À part me dire de faire attention à leur sensibilité, je n'ai rien eu de particulier. J'ai envie de dire : comme dans n'importe quel groupe, au final. Quand tu pars en bande, tu dois t'adapter aux personnalités que tu as dans ton groupe, qu'ils soient porteurs de handicap ou pas", explique-t-il à Puremédias.

De fait, M. Pokora a dû ajuster "le curseur de [son] humour et [sa] manière de venir les piquer". Dans la vie de tous les jours, j’ai un humour assez piquant, assez direct. En général, j'aime bien chambrer, c'est le footballeur qui est en moi qui ressort. Je me suis donc adapté. J’ai jaugé, puis tenté. Certaines fois, j’ai vu que mon second degré était pris tout de suite au premier degré, donc j’ai calmé le jeu face à certaines personnalités. Comme dans la vie, chacun a sa sensibilité, il faut s’adapter", reconnaît-il avant de poursuivre : "Si tout le monde était capable d'essayer d'abord de comprendre l'autre en face et de s'adapter, je pense que le monde serait beaucoup plus paisible". 

Une expérience enrichissante à la fois pour le chanteur, ceux qui l’ont accompagné, et les téléspectateurs qui pourront suivre cette série à partir de ce jeudi soir sur Gulli.

Cannes 2026 : le réalisateur Park Chan-wook président du jury de la 79ème édition

Le réalisateur coréen Park Chan-wook, connu du grand public pour le choc Old Boy, a été choisi pour présider le jury du 79ème Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2026. Il succède à Juliette Binoche, dont le jury avait décerné la Palme d'or à Jafar Panahi pour Un simple accident.

"L’inventivité de Park Chan-wook, sa maîtrise visuelle et son penchant à capturer les multiples pulsions de femmes et d’hommes aux destins étranges ont offert au cinéma contemporain des moments d’anthologie", déclarent Iris Knobloch, Présidente du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, Délégué général. "Nous nous réjouissons de célébrer son immense talent et plus largement ce cinéma total d’un pays ancré dans les questionnements de notre époque", ajoutent-ils.

Pour Park Chan-wook, l'histoire avec le Festival de Cannes commence en 2004, année où il décroche le Grand Prix pour Old Boy, remis par un jury emmené par un Quentin Tarantino enthousiaste. Plus tard, le réalisateur américain avouera d'ailleur avoir milité pour que le film obtienne la Palme d'or, en vain. Depuis, ses sélections en Compétition lui ont presque toutes permis d’inscrire son nom au Palmarès : Thirst, ceci est mon sang (Prix du Jury 2009), Mademoiselle (2016), Decision to Leave (Prix de la mise en scène 2022).

Le 79ème Festival de Cannes se tiendra du 12 au 23 mai 2026. L'annonce du président du jury marque le coup d'envoi d'une série d'annonces qui s'échelonneront tout au long des mois à venir. Les films sélectionnés seront, quant à eux, dévoilés à la mi-avril comme à l'accoutumée.

Le patron du studio derrière Spider-Man No Way Home revient sur la censure du film

Sorti en 2021, dans un monde encore largement convalescent des suites de la pandémie du Covid-19, Spider-Man no Way Home a pourtant été un carton planétaire, récoltant 1,9 milliards de dollars de recettes à travers le monde.

Réalisé par Jon Watts, le troisième film de la série Spider-Man de l'univers cinématographique Marvel voit Tom Holland reprendre son rôle de Peter Parker/Spider-Man, tandis que Zendaya, Jacob Batalon et Benedict Cumberbatch incarnent respectivement Michelle « MJ » Jones-Watson, Ned Leeds et le Dr Strange.

Si Sony Pictures, qui vient d'ailleurs d'annoncer un reboot des spin off autour de l'univers de Spider-Man, s'était logiquement réjouit avec les résultats stratosphériques du film au box office mondial, il y a quand même eu un abcès de fixation. Sur lequel revient le patron du studio, Tom Rothman, au micro du podcast The Town with Matt Belloni. Le motif ? La censure du film en Chine...

"Ça m'énerve de devoir le dire, mais [No Way Home] a rapporté 1,9 milliards. Vous avez dit 1,9 milliards ? Qu'est-ce qui ne va pas avec deux ? Eh bien, il n'est pas sorti en Chine. Donc, sinon, dans mon esprit, il dépasse les deux milliards, car je sais ce que nous aurions pu faire en Chine.

Ils ont dit : "Pas de problème, il suffit de supprimer la statue de la Liberté". C'est là que se trouve le point culminant du film, c'était leur demande... Je n'avais vraiment pas envie de m'asseoir devant le Congrès pour leur expliquer pourquoi j'avais supprimé la statue de la Liberté à la demande du Parti communiste chinois".

Au sein de l'Empire du Milieu, les ciseaux de la censure s'agitent plus frénétiquement que jamais. Et même si nombre de films de super-héros de l'écurie Marvel ont pu sortir là-bas, d'autres ont en revanche subi les foudres du bureau de la censure.

Black Widow n'est par exemple sorti qu'à Hong Kong, privé de sortie sur le territoire continental. Les Eternels et Shang-Chi sont passés à la trappe ; Venom : Let There be Carnage a lui aussi connu des problèmes...

Tandis que le sort de Doctor Strange 2 fut suspendu au-dessus du vide, c'est Spider-Man : No Way Home, donc, qui a énervé Pékin. Les changements exigés concernaient en fait la toute fin du film, lors de l'affrontement réunissant les trois versions de Spider-Man sur Liberty Island, tentant de renvoyer les super-vilains dans leur univers respectif. Ce combat homérique est presque intégralement situé sur l'île, avec une Statue de la Liberté en construction entourée d'échafaudages, qui finissent par s'écrouler.

Le contentieux de Pékin portait sur la place jugée trop importante du monument. Les autorités chinoises ont donc demandé à Sony, sans rire, de carrément effacer la statue, intégralement. Ce que le studio a refusé de faire. Devant ce refus, la censure chinoise a alors demandé à ce que de plus petites coupes soient faites, principalement concernant la Statue de la Liberté, car jugée "trop patriotique".

Si Sony a semble-t-il dans un premier temps considéré la question, le studio s'est finalement refusé là-aussi à faire ces coupes, comme l'explique le patron du studio. Une sage décision au demeurant, car supprimer un tel symbole, si cher aux américains, aurait à coup sûr provoqué un backlash dont le studio n'avait pas franchement envie.

Toujours est-il que, même si le marché chinois est devenu une obsession pour les majors, avec les vicissitudes que l'on connait, Spider-Man no Way Home n'a pas eu besoin de la Chine pour surperformer au box office mondial.

The Gray House : produite par Kevin Costner et Morgan Freeman, cette nouvelle série historique s’intéresse à une incroyable histoire vraie

Quand il n’est pas en train de tirer au lasso dans Yellowstone ou de touner des films western, Kevin Costner produit des projets qui lui tiennent à coeur. Cette fois il s’associe à son ami Morgan Freeman pour porter The Gray House, une série qui nous raconte la véritable histoire de quatre femmes méconnues qui ont fait basculer, en faveur du Nord, la guerre civile américaine.

Si l’Histoire américaine n’est pas un sujet que l’on maîtrise en France, quand une série est bien écrite, bien jouée, divertissante, didactique et qu’elle nous raconte un récit humain fort, alors on s’y plonge avec plaisir. C’est le cas de The Gray House.

Cette dernière met en lumière le rôle déterminant et longtemps resté dans l’ombre de femmes audacieuses dont l’engagement au sein d’un réseau d’espionnage, au cœur même du pouvoir confédéré, a contribué de manière décisive à infléchir le cours de la guerre de Sécession en faveur de l’Union.

Au centre du récit, une mondaine de Virginie, sa mère au caractère inflexible, une alliée autrefois réduite en esclavage et la courtisane la plus célèbre de Richmond. Opérant au plus près des cercles du pouvoir confédéré, ces quatre femmes transforment progressivement leur réseau du chemin de fer clandestin en une organisation d’espionnage redoutablement efficace, risquant leur liberté et leur vie pour préserver l’avenir de la nation et défendre la démocratie américaine.

La série nous raconte plus précisément l’histoire de Eliza Van Lew, de sa fille Elisabeth et de leur esclave affranchie Mary Elizabeth Bowser (connue pour s’être faite passer pour une domestique et espionne pour le compte de l’Union lors de la Guerre de Sécession américaine).

Ce n’est pas la première fois que la fiction s’attaque au sujet du chemin de fer clandestin qui a permis à environ 10 000 esclaves de s’enfuir du Sud vers le Nord pour retrouver leur liberté. Barry Jenkins s’attaquait déjà au sujet en 2021 dans sa série The Underground Railroad. Ce réseau clandestin était dirigé à la fois par des noirs, des blancs et des autochtones abolitionnistes.

Mais rares sont les productions à mettre en avant les protagonistes féminines qui ont joué un rôle déterminant. Si en 2019 l’histoire de l'abolitionniste Harriet Tubman était racontée dans un biopic fort (avec Cynthia Erivo), le problème est bien plus large, comme nous l’expliquait Mary-Louise Parker lors de notre rencontre à Festival de Monte Carlo :

“Beaucoup de ces histoires ne sont pas racontées à l’école. Et la plupart du temps, quand le cinéma ou les séries s’emparent de ces sujets-là, c’est centré sur des hommes”.

La comédienne, ancienne star de Weeds, prête ses traits à Eliza Van Lew, la mère de la militante antiesclavagiste jouée par Daisy Head (Shadow and Bone). Amethyst Davis, Ben Vereen, Robert Knepper (Prison Break) et Colin O’Donoghue complètent le casting.

Vous ne verrez donc ni Morgan Freeman ni Kevin Costner dans The Gray House même s’ils ont supervisé le projet de loin : “Ils regardaient les rushs chaque semaine et nous disaient qu’on faisait du super boulot” nous a révélé l’une des comédiennes. N’en reste pas moins une série de bonne facture qui mérite amplement le coup d’oeil.

The Grandmaster : 13 ans après sa sortie, ce film épique de Wong Kar-wai revient au cinéma dans une version inédite

Pendant les treize premières années de sa carrière, Wong Kar-Wai a sorti sept longs métrages et mis en boîte le huitième, le célèbre 2046 dont il a achevé le montage dans sa chambre d'hôtel la veille de sa présentation en Compétition au Festival de Cannes. Et c'est ce même laps de temps qui nous sépare de son dernier passage dans les salles obscures, le 17 avril 2013 avec The Grandmaster, biopic sur fond d'arts martiaux et de romance consacré à Ip Man, maître légendaire de Wing Chun, l'un des types du kung-fu, avant qu'il n'ait pour élève un certain Bruce Lee.

Depuis, plus rien. Ou presque : si son projet autour de la famille Gucci n'a pas vu le jour, ou que sa série Tong Wars, sur le milieu du crime organisé dans le San Francisco de la fin du XIXe siècle, n'est toujours pas entrée en production, son autre show, Blossoms Shanghai, arrive ce jeudi 26 février en France, sur Mubi. Plus de deux ans après sa première diffusion en Chine, certes, mais le réalisateur d'In the Mood for Love nous a appris à être patients ces derniers temps, devant ses films et après.

Et s'il n'a pas vraiment quitté nos salles ces dernières années, grâce aux ressorties de la grande majorité de ses longs métrages et aux diverses séances consacrées à des opus du passé, d'As Tears Go By à 2046, en passant par Les Anges déchus, Happy Together et l'incontournable In the Mood for Love, dont l'esthétique et la musique sont immédiatement reconnaissables, Wong Kar-Wai y revient de façon événementielle avec The Grandmaster. Encore. Mais pas tout à fait comme en 2013.

Car le long métrage qui a fait son retour dans nos salles ce mercredi 25 février n'est pas exactement celui sorti en 2013, puisqu'il s'agit de la version chinoise, inédite en France où les spectateurs avaient découvert le montage présenté au Festival de Berlin quelques semaines plus tôt. En sachant qu'il en existe très exactement trois :

le montage présenté au Festival de Berlin, puis dans les salles françaises en 2013, d'une durée de 2h03

le montage destiné au public américain, joyeusement raccourci à 1h48 par la Weinstein Company, plus linéaire et agrémenté de cartons explicatifs pour ne pas perdre les spectateurs qui ne connaissaient pas l'histoire

le montage chinois, qui dure 2h10

Et c'est donc celui-ci que vous pouvez (re)voir au cinéma depuis ce mercredi 25 février. Malgré les sept minutes d'écart entre les deux, nous parlerons plus de Director's Cut que de version longue car, à l'instar de Ridley Scott sur le premier Alien, certains éléments ont été enlevés ou déplacés dans le récit, et d'autres ajoutés. Mais il n'a jamais été question, contrairement à ce que voulaient les rumeurs alimentées par la nature elliptique du résultat, d'un montage long de quatre heures, démenti par Wong Kar-Wai lui-même.

À la fois amples et intimistes, ces 2h13 semblent donc être les plus proches de la vision initiale de leur auteur, qui mêle biopic, arts martiaux et romance dans un grand élan qui tient par moments du ballets, à grands renforts d'allers et retours dans le temps, qui demandent de la patience et du lâcher-prise au spectateur pour entrer pleinement dans ce récit porté par les magnétiques Tony Leung et Zhang Ziyi, qui se déroule en marge de l'Histoire de la Chine au XXe siècle, et notamment la guerre sino-japonaise (1937 - 1945).

Capable de diriger des séquences d'action virevoltantes grâce au chorégraphe star Yuen Woo-Ping (dont une scène d'ouverture sous la pluie qui n'est pas sans faire penser à deux passages mémorables de Matrix 2 et 3), de mettre en scène un combat comme une étreinte ou de jouer avec la vitesse de défilement des images, Wong Kar-Wai y appuie un peu plus encore son statut d'esthète et illustre cette maxime qui veut qu'un film s'écrit au scénario, au tournage puis au montage. Car nul doute, comme il l'avait déjà fait avec 2046, qu'il fait naître une grande partie du sens pendant la post-production.

Et cette version de The Grandmaster le prouve un peu plus, en faisant intervenir l'entraînement de Gong Er (Zhang Ziyi) sous la neige à un autre moment et en la raccourcissant quelque peu, alors que les derniers plans du film sont différents. Des changements qui relèvent davantage du détail au vu de l'ensemble, qui se partage toujours entre les points de vue d'Ip Man (Tony Leung) et de l'experte en arts martiaux mentionnée plus haut, qui voit la question de la succession au sein de son clan tourner au conflit. Comme pour raconter leurs destins tout autant que ceux de la Chine et du kung-fu.

Bien qu'imparfait, The Grandmaster n'en reste pas moins fascinant de par son ambiance et la manière de déjouer les attentes de celles et ceux qui venaient chercher un pur film d'action (ils pourront se consoler avec les opus de la saga Ip Man emmenés par Donnie Yen), ce qui est mal connaître Wong Kar-Wai. Pour peu qu'on se laisse porter, c'est dans un tourbillon d'images et de sons qu'il nous entraîne, et la salle de cinéma est l'écrin parfait pour l'apprécier comme il se doit. En attendant le retour du reste de sa filmographie le 11 mars. Dont In the Mood for Love oui.

Jumpers : Pixar dévoile les premières images de son nouveau film

Après nous avoir offert une visite de l'espace grâce à Elio, histoire d'un garçon rêveur propulsé aux confins de la galaxie lorsqu'il est pris par erreur pour l'ambassadeur de la Terre, Pixar fait une nouvelle fois du choc de deux mondes le sujet de son prochain long-métrage : Jumpers, attendu le 4 mars 2026 dans nos salles.

A l'heure où Pixar semble se tourner trop souvent vers les suites, les voir enchaîner deux projets originaux consécutifs est une bonne nouvelle, surtout que celui-ci avait attiré notre attention en août dernier, lorsqu'il avait été présenté à la D23 (sans autre image pour nous qu'un concept art) fort de son pitch imparable : nous suivrons en effet une adolescente amoureuse des animaux, Mabel, qui utilise une nouvelle technologie permettant de transférer sa conscience dans le corps d’un robot en forme de castor plus vrai que nature.

Avatar chez les castors ? Difficile de ne pas y penser devant le synopsis ou ces images, et Jumpers ne s'en cache pas en faisant ouvertement référence au film multi-milliardaire de James Cameron. Si l'on peut s'attendre à ce que Mabel, comme Jake Sully sur Pandora, mène la révolution chez ses nouveaux amis à deux ou quatre pattes, même s'il lui est interdit de bouleverser la nature de choses, ce sera sur un terrain plus comique et moins technologique que chez les Na'vi.

À quelques jours de sa sortie en salle de sa sortie dans les salles mondiales, Pixar tease donc le premier opus de son année 2026 qui verra ensuite le retour de la saga Toy Story le 17 juin. Et c'est peu dire que cette mise en bouche est efficace car le résultat semble être à la hauteur de son pitch déjanté et laisse augurer une potentielle nouvelle pépite pour le studio à la lampe, avec un animation impeccable et son lot de comique de situation et de personnages, à tel point qu'on se rend compte que sa date de sortie est encore très loin.