En novembre prochain, Sophie Marceau fêtera ses 60 ans. Un cap symbolique que l'actrice s'apprête à franchir non sans une certaine appréhension. "S’il ne me vient pas à l’idée de penser à la postérité, il m’arrive de penser à la mort, et ce n’est pas une idée qui m’amuse beaucoup", confie-t-elle dans une interview accordée en exclusivité à nos consoeurs du magazine Madame Figaro.
La comédienne essuie de plein fouet la misogynie d'une industrie qui relègue les quinquagénaires à "des rôles de grand-mère parce que vous n’êtes pas si mal". Dans LOL 2.0, son nouveau film, la réalisatrice Lisa Azuelos la fait ainsi interpréter une maman dont le fils (Victor Belmondo) s'apprête à devenir père. "Je me souviens qu’à un moment donné, j’étais devant une assemblée, et je racontais le pitch du film, se souvient-elle. Je révèle alors que mon personnage va devenir grand-mère. Et là, j’entends tous les hommes dire 'Oh non !' C’est fou, non ?"
Féministe, Sophie Marceau se réjouit de l'apparition des coordinateurs d'intimité sur les plateaux de tournage. Selon le CST, cette profession consister à "établir et faire respecter le cadre dans lequel sont préparées et tournées les scènes d’intimité, en apportant de la transparence, et en parvenant à des accords conciliant consentement et besoins de la narration, pour anticiper et éviter la survenue de problème lors du tournage de ces scènes".
"Je trouve ça très bien, livre de manière tranchée l'actrice découverte dans La Boum. Parce que je les entends encore les derniers lascars qui s’accrochent et continuent à faire leurs blagues salaces. Des vieux de ma génération qu’on ne changera pas." Selon elle, la libération de la parole était indispensable à la faveur du mouvement #MeToo. "Il est vital de s’exprimer dès qu’il y a un truc qui ne passe pas, une gêne, un malaise. Je n’ai rien contre les hommes, mais je suis inconditionnellement pour la défense des femmes", insiste-t-elle.
La jeune Sophie Maupu est loin d'avoir atteindre la majorité quand elle décroche son premier rôle au cinéma. "J’étais pudique, j’étais timide, les rapports de séduction me paraissaient suspects, en un sens, ça m’a sauvée", raconte-t-elle à Madame Figaro. Surtout, l'adolescente appelée à devenir plus tard James Bond girl n'a pas pas passé beaucoup de casting dans les années 1980. "On demandait aux filles de se déshabiller, moi je ne suis pas allée au-delà du tee-shirt – c’est en Amérique que l’on me l’a demandé…"
Elle poursuit : "Dans les scénarios, il y avait toujours un moment où la fille se faisait humilier, pour rien, gratuitement. Moi, je disais non, ce qui a éliminé pas mal de projets". Sophie Marceau affirme avoir eu très tôt conscience de ces débordements. "Je voyais bien qu’il y avait une manière assez répandue de traiter les femmes, et qui ne me convenait pas." En refusant de jouer la Lolita, une mode à l'époque selon elle, la comédienne a ainsi réussi à se protéger.

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