16 février 2026

Emilien Jacquelin : cette maladie qui a brutalement freiné sa carrière de skieur

Double champion du monde de biathlon, Emilien Jacquelin a choisi de mettre un terme prématuré à sa saison de Coupe du monde. Un arrêt brutal qui a surpris les observateurs mais qui n’a rien d’un caprice.

Invité à échanger avec des lecteurs, il s’est confié à L’Équipe avec une franchise désarmante sur ce qui l’a réellement poussé à lever le pied : un épuisement profond, autant physique que mental.

Revenant sur sa décision prise quelques jours après son sacre mondial en relais à Oberhof, le biathlète a expliqué : "C'est une décision qui fut difficile à prendre et que j'aurais pu prendre il y a un an après les Jeux Olympiques. À l'époque, j'étais deuxième mondial et cela aurait été très compliqué de m'arrêter. Ça fait un an que j'avais conscience que mon énergie était en phase descendante et que j'avais besoin de souffler. J'ai la capacité de mettre beaucoup d'énergie, c'est ce que j'ai fait, mais à un moment donné il faut savoir s'écouter, car je ne suis pas une machine, et ça a déraillé."

Derrière les podiums et les médailles, le champion de 27 ans évoque un mental usé, une flamme vacillante. "Sans ce break, je pense que, dans un an, j'aurais dit au revoir au biathlon parce que je ne m'y retrouvais plus. C'est comme un vinyle : j'en ai fini avec la face A, je fais une pause avant de retourner le disque et lancer la face B. J'avais un besoin de faire la paix avec tout ça."

Si la fatigue psychologique a récemment freiné son ascension, une autre épreuve avait déjà contrarié ses ambitions sportives par le passé : la mononucléose. Avant de se consacrer pleinement au biathlon, Emilien Jacquelin rêvait d’une carrière dans le cyclisme professionnel. Mais la maladie est venue bouleverser ses plans. "J'ai eu des regrets sur le coup mais je crois un peu au destin. Je suis très content de voir des amis qui sont passés pro. Non pas que je vis mon rêve à travers eux, mais il y a une partie de moi qui est super content de les voir là où ils sont. Je pense qu'il y a des rêves qui sont faits pour ne pas être réalisés."

Aujourd’hui encore, celui qui a reçu la Légion d'Honneur, entretient un lien fort avec le vélo. Il utilise comme échappatoire et outil d’entraînement. Mais au-delà du physique, c’est bien le mental qui reste au cœur de sa réflexion. Sur ses difficultés récentes au tir, il analyse sans détour : "Avant les dernières épreuves, j'étais ultra-concentré. Mais, dès que la course débutait, je sentais le cerveau qui éteignait la lumière. Je n'avais du coup plus ce qu'il fallait en ressources mentales." Une lucidité rare dans le sport de haut niveau, où l’on parle peu de fragilité. Pour lui, cette pause n’est pas un échec, mais une nécessité pour revenir plus fort.

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