11 février 2026

Katrina Patchett à cœur ouvert sur sa boulimie : "Je me vidais jusqu'à 20 fois par jour"

"J’ai décidé que c’était le moment d’en parler", nous confie-t-elle avec émotion. Ce mercredi 11 février, Katrina Patchett dévoile Mon corps, mon combat, un livre dans lequel elle raconte pour la première fois son combat contre un trouble du comportement alimentaire tristement célèbre sur les parquets de danse : la boulimie. Une bataille longue et semée d’embuches, à propos de laquelle elle a accepté de se livrer en détail à Closer.

Fille unique d’un couple de champions de danse de salon, Katrina enfile ses premiers chaussons de danse dès sa plus tendre enfance. "Petite, je dansais comme si personne ne me regardait. Je n’étais pas du tout timide, au contraire", confie-t-elle. Mais une ombre se dessine rapidement au tableau, et la petite fille "bourrée d’énergie et sans complexe" est confrontée au côté sombre du monde de la danse. "Vers l’âge de 5 ans, mon papa me pinçait la peau en me disant : ‘Comment ça va, Porky ?’ ("la petite cochonne"). Je ne pense pas que c’était méchant de sa part, mais ce sont des choses qui restent. (…) Ma mère, elle, était constamment au régime et me disait ‘On ne peut ni être trop fine, ni trop riche’. Dire ça à une enfant de 6 ans, bravo…"

En écoutant les adultes parler, Katrina commence à se questionner sur son propre corps. Les remarques de ses professeurs de danse sont de plus en plus difficiles à ignorer, et un évènement traumatisant vient bousculer son quotidien et son esprit déjà contrariés. "À l’âge de 12 ans, un proche, quelqu’un que j’admirais, a abusé de mon corps. Ça m’a montrée que cette personne, que j’admirais tant, ne respectait pas mon corps. Pourquoi je devrais le respecter moi-même ? Et malheureusement, ça s’est reproduit un peu plus tard. Quand je suis partie seule à Melbourne, à 15 ans, mon partenaire de danse, qui était beaucoup plus âgé que moi, a tenté le coup aussi."

C’est à cette époque à Melbourne, alors que les compétitions de danse s’enchaînent, que Katrina bascule dans la boulimie. "Je pense que j’étais déjà malade avant de passer à l’acte. Je n’avais pas une bonne relation avec la nourriture, mais quand on te dit tous les jours que tu ne perds pas assez… Il y avait une compétition dans 6 semaines et en 6 semaines, il fallait que je perde 6 kilos… J’ai pris la décision de passer à quelque chose de plus extrême. Et la réponse que j’ai eue, c’est ‘Oh, regarde-toi, t’as perdu du poids ! Qu’est-ce que tu es fine ! Qu’est-ce que tu es belle !’ J’avais trouvé la solution."

Adolescente, Katrina perd le contrôle et s’enfonce chaque jour davantage dans la maladie. "Ça m’est arrivé d’aller au supermarché et d’acheter des pizzas surgelées, des lasagnes, des pâtisseries, du pain, des pâtes… Je n’avais pas beaucoup d’argent, donc il fallait que je prenne des trucs que je puisse cuisiner en quantité. La qualité n’avait pas d’importance." De jours en jours, les crises sont de plus en plus nombreuses. "Mon corps était tellement habitué qu’il me suffisait de serrer les muscles du ventre, et ça remontait tout seul. J’étais très faible, je n’avais plus que le mental pour continuer à danser."

La lutte est d’autant plus difficile que la maladie ne fait pas taire les critiques. En 2009, alors qu’elle vit à Rouen avec son nouveau partenaire, son binôme fétiche Maxime Dereymez, Katrina doit parfois faire face aux remarques de ce dernier, qui n’a pas toujours conscience de l’impact de ses mots. "Un soir, je m’étais préparée pour sortir, je me sentais bien et tout… Et là, il me dit : ‘Franchement, si t’étais moins grosse, tu pourrais être mannequin !’. Bien sûr, tout ce que j’ai retenu de ça, c’est ‘Ah, bah je suis trop grosse’. (…) Maxime, c’est quelqu’un qui n’a pas de filtre. Ça fait partie de sa personnalité, mais ce n’est pas méchant de sa part. Pour lui, c’était un compliment." Dans "Mon corps, mon combat", Maxime Dereymez livre son propre témoignage, un détail d’importance pour l’autrice : "On a beaucoup reparlé de cette scène bien avant que je commence le livre, mais il a participé. J’ai sa copie à la maison, il va l’avoir bientôt !"

En 2009, à l’âge de 21 ans et après une rupture professionnelle avec Maxime, Katrina quitte la France pour la Slovénie, puis Hong Kong. Sa boulimie prend alors le contrôle de sa vie, la faisant même plonger dans l’anorexie. "À ce moment-là, je pense que je faisais à peu près 47 kilos. Je pouvais passer des jours à ne boire que du café, mais je faisais beaucoup de yo-yo. Je n’avais pas de vie sociale, donc personne ne pouvait voir ce que je faisais. Je n’étais pas dépressive, mais presque, donc la bouffe, c’était mon confort, et je passais mes journées seule à remplir, vider, remplir, vider… Jusqu’à 20 fois par jour. J’ai fini par complètement dissocier pendant l’acte. C’était comme une personne normale qui va naturellement aller boire de l’eau. J’ai encore soif ? Je bois un deuxième verre. Moi, c’était ça : j’ai mangé, il faut que j’aille vomir."

À partir de 2011, la boulimie suit Katrina jusque dans les coulisses de Danse avec les stars. Elle la cache pendant des années, y compris à son premier partenaire de danse, Matt Pokora. "Matt ne savait pas. Il faut lui demander, mais s’il le savait, il ne me l’a pas dit. Moi, j’avais très peur de perdre mon travail. C’était des équipes de 150 personnes. À un moment donné, quelqu’un va le découvrir. Et là, je perds mon boulot. Je perds tous mes rêves."

Mais une rencontre lui redonne enfin espoir : celle de Virginie d’Hoore, la mère de son ex-mari Valentin d'Hoore. Un jour, Virginie découvre le secret de Kristina, mais à sa grande surprise, elle ne la juge pas. "Ce qui a vraiment fait la différence, c’est que Virginie est quelqu’un d’extérieur au monde de la danse. Et j’ai compris que je lui faisais du mal en faisant ce que je faisais. Ça a été le déclic."

Grâce à Virginie, Katrina consulte pour la première fois un psychologue, puis un nutritionniste. Mais le chemin vers la guérison se révèle particulièrement long. "Tous les jours, elle me demandait : ‘Aujourd’hui, combien de fois ?’ et c’était très dur. Je n’ai pas toujours dit la vérité, je pense. Mais petit à petit, je me suis prouvée que je pouvais avoir une vie sans ça, et ils m’ont appris à ne pas me culpabiliser quand je rechutais. Ça m’a beaucoup aidée de ne pas me sentir jugée et d’avoir la parole. De me dire : ‘Je peux en parler’. Mais il a fallu

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire