14 juin 2020

Mommy sur Netflix : comment Xavier Dolan a construit son film autour d'une seule scène

Attention, l'article suivant révèle des éléments sur la trame du film.

2014, 67e édition du Festival de Cannes. À seulement 25 ans, Xavier Dolan reçoit le prix du jury pour son cinquième long métrage, Mommy, actuellement disponible sur Netflix. Cette récompense, décernée des mains de la présidente, Jane Campion, ex aequo avec Adieu au langage de Jean-Luc Godard, est une étape de plus dans l'ascension fulgurante du réalisateur. Peu de temps après sa sortie, Mommy occupe la première place du box-office français et franchit même la barre symbolique du million d'entrées. Un succès considérable pour ce film d'auteur québécois, devenu aujourd'hui une œuvre culte pour toute une génération.

Portée par Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon et Suzanne Clément, l'histoire suit le parcours semé d'embûches d'une mère veuve et de son fils, atteint d'hyperactivité. Très vite, leurs vies vont être bouleversées par l'arrivée d'une voisine bègue, qui va leur proposer son aide. Véritable tourbillon d'émotions, Mommy brille, en partie, par son lot de scènes mémorables. Parmi elles, il y a la danse improvisée au milieu de la cuisine sur On ne change pas de Céline Dion, ou le changement de ratio, lorsque le personnage principal, Steve, brise le quatrième mur et élargit l'écran, passant du carré 1:1 au format 1:85. 

Comment ne pas évoquer également la scène où Diane, jouée par Anne Dorval, imagine le futur idéal pour son fils, juste avant de le faire interner de force dans un hôpital psychiatrique. Cette séquence, presque muette et longue de cinq minutes, est rythmée par le titre Experience de Ludovico Einaudi. C'est d'ailleurs à partir de ce morceau que tout le film a été pensé et construit.

Découverte grâce à l'un de ses amis, la musique a bouleversé le cinéaste, qui s'est imaginé toute une histoire autour : "T'entends ça, y'a comme une horloge, comme un cœur qui bat, tu sais que faut que quelqu'un voit sa vie rêvée là-dessus, il faut qu'on voit des enfants grandir, il faut qu'on voit des gens changer, il faut qu'on voit la beauté des gens faner, il faut qu'on voit des feuilles d'automne qui tombent, c'est une chanson qui dit ça.", expliquait-il dans une interview pour Challenges en 2014.

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