20 octobre 2025

Le prince Andrew, empêtré dans des scandales, renonce à son titre royal

Le prince Andrew, empêtré dans des scandales, principalement celui de ses relations avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, a annoncé vendredi soir renoncer à son titre royal. Mais il a « nié catégoriquement » les accusations contre lui.

« Après avoir discuté avec le roi (Charles III, son frère aîné) et ma famille, nous avons conclu que les accusations continuelles à mon encontre nuisaient au travail de Sa Majesté et de la famille royale. J’ai décidé, comme je l’ai toujours fait, de donner la priorité à mon devoir envers ma famille et mon pays », évoque-t-il dans un communiqué.

« Je n’utiliserai plus mon titre ni les honneurs qui lui sont conférés », poursuit le prince. Il s’était déjà retiré de la vie publique au Royaume-Uni il y a cinq ans sous la pression du scandale. Andrew était déjà déchu de ses titres militaires depuis 2022, « démissionné » de ses œuvres caritatives et banni de l’agenda royal, rappelle Point de Vue. Il ne pouvait plus non plus faire usage du prédicat honorifique de S.A.R. (Son Altesse Royale) accolé à son nom.

La semaine prochaine, le livre « Nobody’s girl » doit paraître. Il s’agit d’une biographie posthume de Virginia Giuffre, dans laquelle elle porterait de lourdes accusations à l’encontre du prince et de Jeffrey Epstein, lorsqu’elle avait 17 ans. Elle s’est suicidée le 25 avril à l’âge de 41 ans.

Paris Jackson évoque la façon dont elle a surmonté ses addictions et traumatismes

Le 11 octobre dernier, Paris Jackson recevait le Shining Star Award lors de la 35e cérémonie annuelle de la Friendly House, une association qui aide les femmes à se reconstruire après des traumatismes et addictions. L’occasion pour la chanteuse de 27 ans de revenir sur son propre parcours vers la sobriété.

« La majeure partie du travail que je fais s’effectue en tête-à-tête. Je n’en fais généralement pas un spectacle parce que ma vie en dépend simplement et parce que ça fait aussi partie de mes fondations spirituelles », a expliqué la fille du roi de la pop dans son discours retranscrit par People. « Aider quelqu’un à développer un certain état de conscience a de loin été la meilleure action que j’ai jamais entreprise et je prie pour pouvoir continuer à aider les autres. »

Paris Jackson a ensuite utilisé une métaphore surprenante pour décrire son expérience. « Devenir sobre, c’était un peu comme avoir un accident de voiture : tout ce que j’avais mis sur le siège arrière s’est retrouvé projeté vers l’avant sous l’impact », a-t-elle confié. « Et aujourd’hui, j’apprends à naviguer dans la vie selon les termes de ce que la vie m’offre. » Et de conclure : « Je n’ai pas juste récupéré ma vie. J’en ai obtenu une meilleure ».

En début d’année, Paris Jackson a fêté ses cinq ans de sobriété. L’artiste a publié sur Instagram une vidéo retraçant son parcours sans « drogue » ni « alcool ». « J’ai découvert que la vie continue indépendamment du fait que je sois sobre ou non, mais aujourd’hui, je peux l’affronter », a-t-elle ajouté dans un message célébrant la vie loin de ses démons.

Cardi B répond cash à un internaute qui lui demande pourquoi elle « n’arrête pas de tomber enceinte »

S’il y a une chose qu’on ne peut pas enlever à Cardi B, c’est bien sa répartie ! En début de semaine, la rappeuse de 33 ans a partagé un mème sur ses réseaux montrant un extrait de la série Black-ish où l’on voit l’acteur Anthony Anderson en pleurs et recroquevillé dans un canapé, accompagné de la légende : « Je suis mal quand je suis assise, quand je suis allongée, quand je suis debout… Je ne peux plus supporter ça. »

Un internaute a alors réagi en demandant : « Alors pourquoi tu continues de tomber enceinte ? » Et la réponse de la chanteuse ne s’est pas fait attendre !

« Parce que je n’arrête pas de baiser », a-t-elle lâché en commentaire dans la foulée.

Cardi B attend son quatrième enfant, le premier avec le joueur de football américain Stefon Diggs, qu’elle fréquente depuis octobre 2024. La rappeuse est également mère de trois enfants issus de sa relation avec Offset : Kulture Kari (sept ans), Wave Set (quatre ans) et Blossom Belle (un an).

Le bassiste et membre fondateur de Limp Bizkit est mort à 48 ans

Le groupe de metal Limp Bizkit, créé dans les années 1990 à Jacksonville, pleure l’un de ses membres fondateurs, Sam Rivers. Le bassiste est décédé à l’âge de 48 ans.

« Aujourd’hui nous avons perdu notre frère. Notre camarade de groupe. Notre battement de coeur », ont écrit le chanteur Fred Durst, le guitariste Wes Borland, le batteur John Otto et DJ Lethal (platines) dans une publication sur Instagram, qui ne précise pas la cause de la mort de Sam Rivers.

Il « n’était pas seulement notre bassiste, il était de la magie pure… Dès la première note que nous avons jouée ensemble, Sam a amené une lumière et un rythme qui n’auraient jamais pu être remplacés. Son talent était naturel, sa présence inoubliable, son cœur gros comme ça », ajoutent les musiciens. « Ta musique ne s’arrête jamais », ont-ils écrit, rendant hommage à une « véritable légende des légendes ».

Limp Bizkit, groupe de nu metal - prononcer « new » à l’anglaise - aux accents rap, créé en 1994 par Sam Rivers et Fred Durst, a sorti son premier album « Three Dollar Bill, Y’all » en 1997.

Le troisième opus, « Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water », avait obtenu un disque d’or pour ses ventes en France (100.000 exemplaires).

Sam Rivers, qui avait quitté le groupe en 2015 l’avait rejoint en 2018, participant au dernier album en date du groupe « Still Sucks » (2021).

Charli XCX avoue penser tout le temps à la chirurgie esthétique

Charli XCX est très à l’aise avec le sujet de la chirurgie esthétique. Dans une interview accordée à Vanity Fair, la chanteuse britannique a confié avoir régulièrement en tête la possibilité de passer par telle ou telle intervention esthétique.

« Je pense constamment à mon apparence et à ce que je voudrais changer sur mon visage », a-t-elle déclaré au magazine, précisant qu’elle envisageait « probablement » un lifting du milieu du visage à un moment ou un autre.

« Je réfléchis sans arrêt à toutes les choses que je pourrais faire, tirer, étirer et modifier sur mon visage », a expliqué la star de 32 ans. « Je dois simplement me rappeler que je ne peux pas trop me laisser absorber par tout ça. »

Une réflexion qui contraste avec sa décision récente d’arrêter le Botox, notamment en raison de ses nouveaux projets dans le septième art. Charli XCX vient d’apparaître dans le film indépendant Erupcja, présenté au Festival international du film de Toronto le mois dernier, et joue également dans 100 Nights Of Hero aux côtés d’Emma Corrin et Nicholas Galitzine.

« Ça me manque », a encore confié Charli XCX au sujet des injections. « J’ai fait quelques castings vidéo après avoir eu du Botox, et mes sourcils faisaient ce truc bizarre où ils se soulèvent tout seuls. » Effectivement, c’est un sérieux problème pour une actrice !

Karine Ferri a été « un peu déçue » par TF1 de ne pas avoir donné suite à son projet d’émission sur la cause animale

Karine Ferri ne veut « pas nourrir de sentiments négatifs » à l’égard de TF1 mais est tout de même « un peu déçue ». Si l’animatrice est ravie de rejoindre la chaîne RMC Life et a déjà confié qu’elle n’avait pas quitté la première chaîne en mauvais termes, elle a donné plus de détails sur les raisons de son départ après treize années sans vague.

Celle qui avait confié avoir commencé à développer de nouvelles envies a expliqué au Parisien que la cause animale a pris de plus en plus d’importance dans sa vie. Elle a donc souhaité la défendre avec ce qu’elle sait faire de mieux : présenter une émission, mais pas que, puisqu’elle sera aussi productrice de ses projets.

« Il y a deux ans, alors que j’étais enceinte de mon troisième bébé, j’ai commencé à travailler sur ce programme, pour défendre cette cause qui me tient à cœur depuis longtemps. J’ai présenté le projet à TF1 mais cela n’a pas été plus loin », explique-t-elle au quotidien.

Si la chaîne lui a « donné plusieurs raisons », Karine Ferri a malgré tout « trouvé dommage de ne pas pouvoir le faire dans (s) on groupe ». Entre-temps, TMC, qui appartient à TF1, a lancé en mai l’émission Animaux à adopter, avec Sandrine Arcizet et Elodie Ageron. Si « le plus important, c’est qu’il y ait un programme autour de la cause animale » sur une chaîne du groupe TF1, l’ancienne présentatrice de The Voice Kids a proposé son projet à la concurrence et est « ravie de pouvoir le faire aussi sur RMC Life ». D’autant que le groupe BFM-RMC lui permet de s’épanouir également en tant que productrice.

« J’étais contente d’être à ma place et je n’ai jamais été dans un esprit de prendre celle de quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, je suis ravie d’arriver sur cette chaîne ambitieuse, dynamique, où tout est possible, avec tous les acquis de ces treize années », ajoute Karine Ferri, qui pourrait également faire un retour en radio. « La casquette de productrice que j’ai aujourd’hui me donne envie de me développer sur tous les médias, donc je n’exclus rien. »

Karine Ferri présentera Naissances extraordinaires au zoo le 22 octobre à 21h10 sur RMC Life, disponible sur le canal 25 de la TNT.

Netflix : le tournage de Tyler Rake 3, avec Chris Hemsworth, repoussé

La saga Tyler Rake, porté par l’acteur Chris Hemsworth, a pris du retard. Après un premier film sorti en 2020, et un deuxième opus en 2023, les fans espéraient que ce rythme, installé par la plateforme, soit respecté pour la sortie du troisième volet. Sauf que voilà, le planning a été quelque peu bousculé, et la perspective de voir de nouvelles aventures du héros en 2026 s’éloigne de plus en plus. Mais que s’est-il passé ?

Récemment interviewé par nos confrères de Collider, le réalisateur Sam Hargrave a donné quelques précisions sur la situation actuelle du film, et les dates envisagées pour le tournage de ce troisième opus : "Le tournage est prévu pour 2026. [...] On lancera les caméras en 2026, on verra bien. [...] mais c'est le plan : tourner en 2026 et je suppose que la sortie aura lieu en 2027. Mais, bien sûr, je ne peux ni confirmer ni infirmer officiellement ces dates ! [rires]"

Un retard qui s’explique tout simplement par la charge de travail de l’acteur principal du projet, Chris Hemsworth, actuellement engagé sur une autre saga qui lui prend un petit peu de temps, nous parlons évidemment des films Avengers : “Cela dépend en grande partie de son planning pour Avengers, qui est très variable.”

Le nœud du problème étant, comme le précise Sam Hargrave, que les plannings de tournage des films Marvel sont connus à Hollywood pour être “très variables”. Pourquoi ? Et bien parce que quantité de scènes sont modifiées en post-production et doivent donc être tournées une seconde fois, ce qui rend les acteurs indisponibles sur de longues périodes.

A noter également que, contractuellement, Chris Hemsworth sera contraint de participer à la tournée promotionnelle du film Avengers Doomsday, dont la date de sortie est actuellement prévue pour le 16 décembre. Autrement dit, il y a des chances que le tournage de Tyler Rake 3 puisse carrément être repoussé… en 2027. Les fans vont donc devoir patienter !

En attendant, Tyler Rake 1 & 2 sont toujours disponibles sur Netlix.

Stranger Things au cinéma ? C'est le rêve des créateurs et voici ce que Netflix en pense

Le 1er janvier prochain, Stranger Things va faire ses adieux. La série de science-fiction, qui nous a accompagnés pendant près d’une décennie et qui dépassé le milliard de vues, s’achèvera à l’issue d’un ultime épisode de 2h qui viendra conclure pour de bon l’intrigue autour de Vecna et du monde à l’envers.

Pour cette saison 5, Netflix a mis les moyens : d’après certains médias, la plateforme aurait déboursé plus de 400 millions de dollars pour produire ces 8 épisodes, dont la durée tourne autour d’1h15 chacun. Le dernier, qui sera donc mis en ligne dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier en France, s’annonce comme un véritable long-métrage.

Dans une interview fleuve donnée au média américain Variety, les frères Duffer (showrunners et réalisateurs de la moitié des épisodes de Stranger Things) ont révélé avoir mis leur temps et leur énergie dans cette saison 5 et notamment dans le dernier épisode, qu’ils auraient souhaité projeter dans des salles de cinéma.

“Les gens ne se rendent pas compte du temps et des efforts consacrés au son et à l'image, et ils regardent la série avec une qualité réduite", explique Matt Duffer. “Mais plus encore, il s'agit de vivre cette expérience en même temps que les fans.”

Alors que Netflix a toujours dit non à l’expérience cinéma, puisque ce n’est pas dans son ADN, la plateforme a fait des efforts ces dernières années. Plusieurs de ses films ont pû bénéficier de sorties dans les salles obscures - soit parce que le réalisateur a mis la pression, soit pour concourir aux cérémonies les plus prestigieuses qui imposent cette règle. Mais jamais une série n’avait été diffusée sur un grand écran.

Et notre série de science-fiction préférée n’y dérogera pas comme l’a confirmé Bela Bajaria, la directrice des programmes Netflix : “Beaucoup de gens, vraiment beaucoup, ont regardé Stranger Things sur Netflix. La série n'a pas souffert d'un manque de conversations, de communauté, de partage ou de fandom. Je pense que la diffuser sur Netflix, c'est donner aux fans ce qu'ils veulent."

C’est d’ailleurs cet aspect bien précis qui a motivé les frères Duffer à passer chez la concurrence. Les créateurs de Stranger Things ont en effet signé avec Paramount pour pouvoir réaliser leur premier film… sur grand écran :

“Je savais que la sortie en salle traditionnelle était importante pour eux s'ils voulaient vraiment se lancer dans le cinéma” a fait savoir Bajaria. Une chose que Netflix n’aurait jamais pu leur offrir. Les deux auteurs continueront de travailler avec le géant du streaming, mais seulement à la production - sur la série fantastique The Boroughs et la série horrifique Something Very Bad Is Going to Happen tout comme la série d’animation dérivée Stranger Things: Tales From ’85.

Si Netflix a dit non à une sortie du dernier épisode de cette série de science-fiction phare sur grand écran, la plateforme va tout de même mettre les petits plats dans les grands. Plusieurs événements vont avoir lieu aux quatre coins du monde et notamment à Paris. Informations à venir !

Outlander : cette intrigue du spin-off est basée sur une histoire vraie !

Achevée depuis peu, la première saison de Outlander : Blood of my Blood met en scène la rencontre entre Ellen MacKenzie (Harriet Slater) et Brian Fraser (Jamie Roy), futurs parents de Jamie (Sam Heughan), mais aussi celle de Julia (Hermione Corfield) et Henry (Jeremy Irvine), les parents de Claire (Caitriona Balfe). Et si la première est racontée dans les livres de Diana Gabaldon, dont sont inspirés Outlander et son spin-off, ce n’est pas le cas de la seconde, qu’il a fallu imaginer.

Lors d’une interview à Télé-Loisirs, le scénariste et showrunner Matthew B. Roberts a ainsi expliqué à propos de l’idée de mêler les deux romances dans une nouvelle série : "Il y a un fil, dans les livres d’Outlander, sur Brian et Ellen, leur rencontre, comment ils se sont mariés en secret et comment la branche du clan de Jamie est née. Mais, plus je creusais cette histoire, et plus je me demandais comment on en faisait toute une série. C’est là que j’ai eu cette idée."

Et pour créer de toute pièce l’intrigue de ce soldat de la Première Guerre mondiale et de la jeune femme du service de censure des correspondances militaires qui va découvrir ses lettres et entamer une correspondance avec lui, Matthew B. Roberts n’est pas allé bien loin puisqu’il s’est tout simplement inspiré de l’histoire d’amour de son père !

"L'intrigue de Julia et Henry vient d’une histoire personnelle, celle de mon père et de son épouse. Ils ne s’étaient jamais rencontrés et ont démarré une relation épistolaire, et c’est ainsi qu’ils sont tombés amoureux", a-t-il ainsi confié, toujours à Télé-Loisirs. Une jolie inspiration qui a donné naissance à une magnifique histoire d’amour fictive, bouleversée quand Julia et Henry voyagent dans le temps et se retrouvent séparés dans l’Ecosse du XVIIIème siècle.

Diana Gabaldon avait d’ailleurs donné son accord à Matthew B. Roberts quant au fait d’utiliser les parents de Claire dans la série Blood of my Blood. "Je ne voulais pas écrire l'histoire de Julia et Henry pour diverses raisons, que je n'ai pas toutes exposées à Matt, car il était très enthousiaste à l'idée de l'écrire. Donc je lui ai dit 'Je n'écrirai jamais leur histoire, si tu veux le faire, ça me va. Fais-toi plaisir.' Donc, il s'est lancé et a écrit ça tout seul", a-t-elle déclaré dans un entretien pour le site Decider.

Le couple est d’ailleurs au centre du cliffhanger qui conclut la saison 1 du show : vont-ils réussir à revenir dans les années 20 où les attend la petite Claire ? Les fans devront être patients pour avoir la réponse car la saison 2 ne devrait pas être diffusée avant 2027…

17 octobre 2025

Livre, expo, rétro, docu... Orson Welles sous toutes les coutures

My Name is Orson Welles, ainsi s’intitule l’exposition dédiée à l’auteur de Citizen Kane à la Cinémathèque Française. Une façon de plonger dans une vie héroïque et cabossée qui part des collines d'Hollywood et s’achève dans des vallées obscures et brumeuses. Orson Welles (1915 – 1985), homme de radio, acteur, réalisateur et… magicien. Surtout magicien. Il y tenait, peut-être parce que cette activité regroupait toutes les autres. Faire du cinéma n’est peut-être rien d’autre que de faire sortir des lapins d’un chapeau pour surprendre son monde.

Dans le documentaire disponible gratuitement sur Arte.tv, This is Orson Welles, de Clara et Julia Kuperberg, on entend ainsi le cinéaste Henry Jaglom expliquer comment il a persuadé Welles de jouer dans son court-métrage, A Safe Place en 1971 :

"Je suis arrivé dans sa chambre d’hôtel. Nous nous sommes assis et il faisait semblant de ne pas écouter en regardant le plafond (...) J’ai commencé à raconter mon histoire : 'Vous serez un magicien qui fait disparaître tout un tas de choses dans Central Park, mais il y a une seule chose qui lui résiste'. Welles s’est brusquement tourné vers moi et m’a demandé : 'Quoi donc ?', 'Vous le saurez si vous jouez dans mon film !' C’était gagné !"

L’expo de La Cinémathèque Française, plutôt anecdotique, ne parvient malheureusement pas à toucher du doigt cette part fantasque. Une part pourtant essentielle à la compréhension d’un cinéaste qui a l’image du Falstaff de Shakespeare qu’il a incarné dans l’un de ses plus grands films est resté un homme blessé et humilié par un roi dont il croyait être aimé pour ses extravagances. Welles tout aussi Don Quichotte, aura combattu les moulins à vent de l’industrie du rêve.

C’est le prototype même du cinéaste indépendant dans une industrie alors verrouillée à double tour par la politique omnipotente des studios. Un premier long-métrage sacrifié par ceux-là mêmes qui l’ont produit, Citizen Kane (1941), un deuxième mutilé, La Splendeur des Amberson (1942) et une vie nomade a essayé de joindre les deux bouts pour faire des films que pas grand monde ne voulait voir. C’est qu’avant Citizen Kane, "la caméra n’existait pas" selon l’expression géniale de Martin Scorsese dans le docu déjà cité, "les cinéastes essayaient au maximum de ne pas montrer les coutures de la mise en scène. D’un coup Welles faisait voler la caméra dans les airs !" Et dans le business du temps jadis, on ne faisait pas voler les choses impunément. 

Deux arbres cachent l’imposante forêt wellesienne : son émission de radio où il a fait croire à une Amérique alors traumatisée par les Accords de Munich (1936) que les martiens avaient débarqué sur Terre et Citizen Kane (1941), son premier long-métrage considéré comme le plus grand film de tous les temps. Une fois passées ces deux balises, c’est un festin où tout un monde se reconfigure en permanence : films noirs déments (La dame de Shanghai, La Soif du mal), délires mégalomaniaques et expérimentaux (Dossier Secret, De l’autre côté du vent…), fièvres shakespeariennes (Othello, Macbeth, Falstaff…) sans oublier cet objet fascinant qu’est son adaptation du Procès de Kafka. Tout ça est à (re-)voir à la Cinémathèque jusqu’au 29 novembre le temps d’une imposante rétrospective.

Dans l’interview en fil rouge du film des sœurs Kuperberg, Welles revenu d’à peu près tous les affronts, conclut que le cinéma c’est "2% de création et 98% de prostitution". Mais la meilleure remarque pour comprendre la démesure qui habitait Orson Welles ce professionnel de l’autodestruction, vient de sa propre fille, Christopher. Elle explique que son père avait pleinement "conscience de sa grandeur". C’est à la fois un avantage et une malédiction. Qui était vraiment Welles ? Seule sa propre caméra pouvait voir en lui. C’était le message qu’il avait envoyé dès son premier film : Citizen Kane dont les dernières minutes constituent le plus gros retournement de situation de l’histoire du cinéma.

A voir :

Rétrospective à la Cinémathèque Française jusqu’au 29 novembre.

My Name is Orson Welles, exposition à la Cinémathèque Française

This is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg sur Arte.tv

A lire :

Moi, Orson Welles entretiens avec Peter Bogdanovich (Capricci)