21 janvier 2026

Netflix envisageait déjà d'investir les salles de cinéma avant de racheter Warner Bros.

Pourquoi Netflix n'a jamais osé franchir le pas du streaming pour tenter l'exploitation en salles ?

Lors d’une interview sur les résultats du quatrième trimestre 2025 (via Variety), les dirigeants de Netflix, Ted Sarandos et Greg Peters, ont révélé avoir déjà réfléchi à développer leur propre circuit de diffusion en salles :

"Nous avons débattu à de nombreuses reprises, au fil des années, pour savoir si nous devions créer un réseau de distribution cinématographique ou non", a expliqué Sarandos. "Dans un monde où il faut hiérarchiser les priorités et gérer des ressources limitées, ce projet n’est jamais passé en tête de liste."

Greg Peters souligne de son côté que le cœur de métier de Netflix – le streaming – nécessitait toute leur attention. "Nous étions concentrés sur d’autres investissements", ajoute-t-il, rappelant que la croissance rapide de la plateforme a toujours été la priorité absolue.

Si Sarandos avait précédemment qualifié l’expérience cinématographique de "dépassée", il précise aujourd’hui que ce point de vue reflétait uniquement la situation commerciale de Netflix à l’époque. "Nous n’étions pas dans le cinéma quand j’ai fait ces observations. Rappelez-vous, j’ai dit plusieurs fois : c’est un business, pas une religion. Les conditions changent."

Ce changement de conditions est précisément lié au rachat prévu des studios Warner Bros. Discovery pour 83 milliards de dollars, qui offre à Netflix un accès immédiat à une infrastructure cinématographique de premier plan, sans avoir à la construire de zéro.

"Nous bénéficierons bientôt d’une distribution cinématographique à l’échelle mondiale, d’une valeur de plus de 4 milliards de dollars au box-office", souligne Sarandos, qui s’engage à maintenir un fenêtre d'exploitation dans les salles de 45 jours avant la sortie en streaming pour les films Warner Bros.

Rappelons que, même sans division propre, Netflix a déjà expérimenté le cinéma avec des sorties limitées à succès, comme le final de Stranger Things 5 ou KPopDemon Hunters. Ainsi, Peters estime que ces tests, combinés aux accords de distribution, ont prouvé que le cinéma peut être "un complément efficace au modèle de streaming".

Berlinale 2026 : les 22 films sélectionnés

La Compétition officielle

A New Dawn de Yoshitoshi Shinomiya (Japon / France)

At the Sea de Kornél Mundruczó (États-Unis / Hongrie)

À voix basse de Leyla Bouzid (France / Tunisie)

Dao d’Alain Gomis (France / Sénégal / Guinée‑Bissau)

Dust d’Anke Blondé (Belgique / Pologne / Grèce / Royaume‑Uni)

Everybody Digs Bill Evans de Grant Gee (Irlande / Royaume‑Uni)

Flies de Fernando Eimbcke (Mexique)

Home Stories d’Eva Trobisch (Allemagne)

Josephine de Beth de Araújo (États‑Unis)

Kurtulus d’Emin Alper (Turquie / France / Pays‑Bas / Grèce / Suède / Arabie saoudite)

The Loneliest Man in Town de Tizza Covi & Rainer Frimmel (Autriche)

Meine Frau weint d’Angela Schanelec (Allemagne / France)

Nightborn (Yön Lapsi) de Hanna Bergholm (Finlande / Lituanie / France / Royaume‑Uni)

Nina Roza de Geneviève Dulude‑de Celles (Canada / Italie / Bulgarie / Belgique)

Queen at Sea de Lance Hammer (Royaume‑Uni / États‑Unis)

Rose de Markus Schleinzer (Autriche / Allemagne)

Rosebush Pruning de Karim Aïnouz (Italie / Allemagne / Espagne / Royaume‑Uni)

Soumsoum, la nuit des astres de Mahamat‑Saleh Haroun (Tchad / France)

We Are All Strangers (Wo Men Bu Shi Mo Sheng Ren) d’Anthony Chen (Singapour)

Wolfram de Warwick Thornton (Australie)

Yellow Letters de İlker Çatak (Allemagne / Turquie)

YO Love is a Rebellious Bird d’Anna Fitch & Banker White (États‑Unis)

20 janvier 2026

Matt Damon explique la consigne de Netflix pour que les gens puissent suivre les films sur la plateforme

Son nouveau film est disponible sur Netflix depuis le 16 janvier dernier, et il est déjà numéro 1 dans le monde ! Sans grande surprise, Matt Damon est donc un homme heureux. D’autant que The Rip, son tout nouveau thriller d’action, le voit partager l’affiche avec Ben Affleck, son meilleur ami d’enfance avec qui il a déjà tourné une dizaine de fois.

Les deux hommes ont assuré la promotion du film dans le célèbre podcast de Joe Rogan. Et c’est au cours de cet entretien que Matt Damon a révélé l’étonnante demande de Netflix, pour s’assurer que l’intrigue de ses films et de ses séries soit parfaitement comprise de ses abonnés. L’acteur américain révèle ainsi que les points essentiels de l’histoire doivent être répétés plusieurs fois dans les dialogues.

"La norme lorsque l’on fait un film d’action, c’est généralement d’avoir trois moments forts. Un dans le premier acte, un dans le deuxième, et un dans le troisième. Et l’essentiel du budget est dépensé dans le dernier acte, car c’est le grand final", explique Matt Damon dans cet entretien.

"Mais maintenant, ils nous disent : “Il faut garder un énorme truc pour les 5 dernières minutes pour que les gens restent jusqu’à la fin. Et ce ne serait pas une mauvaise idée de répéter l’intrigue 3 ou 4 fois dans les dialogues, car les gens sont sur leur téléphone pendant qu’ils regardent le film."

Des propos nuancés par Ben Affleck, qui cite Adolescence à titre d’exemple. "Quand vous regardez Adolescence, il n’y a rien de ces trucs à c*n. Et c’est sacrément bien, et sombre également. (…) On a de longs plans fixés sur leur nuque. Ils montent dans la voiture, et personne ne parle", dit-il à propos de la mini-série récompensée il y a quelques jours par le Golden Globe de la Meilleure mini-série.

Suite aux propos de Matt Damon, il ne faudra donc pas s’étonner de voir des répétitions de ce type dans The Rip. Qu’il réponde ou non aux nouveaux standards imposés par Netflix pour faciliter la compréhension de ses films, le thriller d’action signé Joe Carnahan semble remporter un vif succès auprès des abonnés à travers le monde.

Les Misérables avec Vincent Lindon : le film français le plus ambitieux de 2026 change sa date de sortie

C'est l'un des projets les plus attendus du cinéma français : l'adaptation des Misérables de Victor Hugo par Fred Cavayé (Pour elle, Mea culpa) avec Vincent Lindon dans le rôle de Jean Valjean. Un casting cinq étoiles réunit Tahar Rahim en inspecteur Javert, Noémie Merlant en Fantine, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe dans les rôles des époux Thénardier, ainsi que Megan Northam (Cosette) et Vassili Schneider (Marius).

Lors de la grande présentation des projets Canal+/StudioCanal en janvier, Vincent Lindon avait confié toute son excitation : "C'était le rôle que je rêvais de faire. J'espère que vous rêverez de le voir et j'espère que je serai à la hauteur de ça", comme on vous le racontait fin décembre.

De son côté, Noémie Merlant, apparue enceinte sur scène, avait partagé un moment personnel émouvant : "J'ai appris que j'étais enceinte quand on commençait à tourner. Moi qui n'ai jamais été mère, qui avais peur de savoir comment j'allais préparer ce rôle, ça m'a nourrie d'une émotion très forte de mère-enfant."

Et voilà que StudioCanal vient de bouleverser ses plans. Initialement programmé pour le 9 décembre 2026, Les Misérables sortira finalement le 14 octobre 2026, soit deux mois plus tôt. Un changement qui n'est pas anodin : en avançant la sortie à l'automne, la filiale de Canal+ évite la période ultra-concurrentielle des fêtes de fin d'année tout en se positionnant idéalement pour la saison des prix.

Tourné durant 17 semaines pendant l'été 2025, le film bénéficie de moyens colossaux. "On m'a donné les moyens de faire le film dont j'ai rêvé", s'était réjoui Fred Cavayé lors de la présentation The Original+. "J'étais comme un enfant de 8 ans qui jouait aux soldats : j'avais tous ces décors, avec de la figuration, et ces brillants comédiens."

Rendez-vous donc le 14 octobre 2026 dans les salles pour découvrir si cette nouvelle version des Misérables tiendra toutes ses promesses.

Rachat de Warner Bros. : Netflix joue son va-tout pour battre Paramount

L’offre de Paramount, qui s’élevait à 30 dollars par action, n’a pas su séduire Warner Bros. qui lui préfère son concurrent : Netflix. Un accord a été signé entre ce dernier et Warner : le géant mondial du streaming offre 83 milliards de dollars. Mais le deal n’est pas encore finalisé, certains éléments restant à préciser. 

A la suite de cet accord, Paramount américaine a contre-attaqué en engageant des poursuites contre Warner. Une plainte qui vise à obtenir plus d’informations sur l’accord entre Netflix et le studio. Par ailleurs, Paramount multiplie les offensives pour obtenir gain de cause. David Ellison, son patron, souhaiterait voir ses candidats au conseil d’administration de WBD dans le but de réexaminer l’offre de rachat. Selon le média américain Bloomberg, Paramount aurait également rencontré plusieurs dirigeants de la Commission européenne dont le président français Emmanuel Macron. Paramount espère ainsi réveiller «la sensibilité historique de la France aux acquisitions affectant son industrie cinématographique et télévisuelle nationale» détaille le média. 

Si le numéro 1 des plateformes streaming a pris l’avantage, l'offensive de Paramount semble faire effet puisque Netflix propose désormais une offre 100% en cash à WBD. La première incluait une partie du rachat en actions. Mieux encore, si la plateforme prévoyait d’offrir une fenêtre d’exclusivité de 17 jours au studio pour sortir ses films au cinéma avant de les mettre en ligne, Ted Sarandos, le directeur de Netflix, annonce désormais 45 jours.

Mais ce nouveau deal s’inscrit au cœur d’une autre bataille, celle de l’économie des salles et Hollywood n’a pas tardé à exprimer ses craintes face à ce rachat. Le syndicat des cinéastes américains dirigé par le réalisateur d’Inception, Christopher Nolan, a tiré la sonnette d’alarme contre ce deal accueilli comme une grande menace pour l’industrie du divertissement-une menace pour l’économie des salles, mais aussi contre un modèle historique de sortie des films sur grand écran qui peine à survivre.

Ted Sarandos a alors affirmé sa position : "Je ne me suis pas lancé dans ce business pour endommager l’économie des salles. Je me suis lancé dans ce business pour aider les consommateurs, pour aider les fans de films". C’était sans compter sur les dernières déclarations de Matt Damon, l’acteur à l'affiche de The Rip sur Netflix, qui a épinglé la plateforme : "Netflix se dit : 'Est-ce qu’on peut avoir un gros coup de théâtre dans les cinq premières minutes ?' On veut que les gens restent captivés. Et ce ne serait pas si mal de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, parce que les gens sont sur leur téléphone en regardant".

Comment Mohamed Bdj inspire la génération Z à travers ses contenus

Mohamed Bdj n’a pas surgit soudainement sous les projecteurs. Son histoire commence en Algérie, au sein d’une famille modeste où la notion de travail prend la forme d’une promesse plutôt que d’une contrainte. Dès son plus jeune âge, il observe, expérimente et comprend que chaque échec recèle une opportunité d’apprentissage.

À peine sa majorité passée, curieux, il se lance dans la finance personnelle et découvre le monde du trading. Le portrait dressé par La Provence souligne une ténacité hors du commun : Mohamed explore sans relâche les mécanismes complexes des marchés financiers, tout en gardant la simplicité de celui qui apprend à chaque étape.

Porté par les outils numériques, il opte rapidement pour Internet afin de partager ses découvertes. Il transforme l’analyse de marché en formats courts, dynamiques, accessibles à la génération Z. Pas question d’adopter un ton professoral : Mohamed privilégie une pédagogie vivante, avec des vidéos filmées à son bureau, face à ses écrans d’investisseur où il réalise des des explications spontanées de son domaine de prédilection, la finance, dans un environnement simple et authentique . 

Ses premiers contenus éducatifs en ligne font mouche. Chaque vidéo suscite débats et réflexions. Sa communauté grandit et interagit bien au-delà des frontières locales. Les obstacles jalonnent pourtant ce chemin : critiques, remises en question, périodes de doute. Mais sa résilience reste inébranlable et trace le fil rouge de sa progression.

Pour suivre l'évolution du créateur et explorer en détail son parcours, découvrez le site officiel de Mohamed Bdj.

Aucune difficulté ne freine son avancée. Les erreurs deviennent autant de sources d’apprentissage. Mohamed partage sans détour – parfois avec humour – revers ou pertes subies lors de certaines décisions en trading. Transparence et authenticité rythment chacun de ses posts. Vous croisez, entre deux commentaires, des remerciements sincères d’une génération qui se sent comprise, encouragée et jamais jugée.

À travers cet engagement, ses valeurs de persévérance et d’authenticité résonnent puissamment chez ceux qui entament leur propre parcours. Elles dessinent l’ossature d’un récit universel où la réussite s’appuie moins sur des coups de chance que sur la patience et la volonté de progresser, jour après jour.

Les interventions de Mohamed Bdj, en direct ou enregistrées, frappent par leur spontanéité. Il utilise un langage direct, dépourvu de fioritures. Les discours dogmatiques restent absents : place à l’exemple concret, à la motivation incarnée et à la transmission de connaissances.

Dans ces échanges, une idée domine : l’importance de s’affirmer par l’engagement personnel. Ce principe structure toutes les relations tissées par Mohamed avec sa communauté. Par ses encouragements et conseils personnalisés, il décrypte non seulement la finance, mais aussi les leviers psychologiques du mental.

Son influence dépasse le seul champ économique. Motivation, analyse de marché, gestion de projet ou soft skills : autant de thèmes abordés avec simplicité, toujours au plus près des besoins concrets d’une génération avide d’indépendance et de repères.

Mohamed Bdj prépare déjà de nouveaux projets : l’amélioration de ses dizaines de services gratuits, collaborations avec d’autres figures inspirantes du digital et de l’entrepreneuriat. Les prochains mois promettent une dynamique collaborative encore plus forte.

L’essence de son engagement demeure inchangée : offrir à la génération Z des perspectives d’évolution authentiques, fondées sur la résilience, la pédagogie et la transparence. Sur scène, en ligne, lors d’ateliers ou dans les réponses spontanées à ses abonnés, Mohamed s’impose comme l’une de ces figures capables de fédérer durablement autour d’une ambition collective et positive.Au cœur de chaque publication figure une invitation implicite à prendre des décisions réfléchies et à travailler avec constance vers des objectifs réalistes et ambitieux.

Luc Besson, un acte ignoble commis sur sa propriété

Un acte horrible, condamné par la justice. Ce mardi 20 janvier 2026, deux chasseurs ont été reconnus coupables de "chasse non autorisée sur le terrain d'autrui" et "chasse à l'aide d'un engin, instrument, mode ou moyen prohibé", après avoir tué un cerf sur la propriété de Luc Besson. 

Les faits ont eu lieu le 21 février 2025, lorsque les deux chasseurs pénétraient sur la propriété du réalisateur du Grand Bleu à Cisai-Saint-Aubin (Orne) alors qu’ils poursuivaient un cerf avec une meute de chiens jusqu'à la terrasse de la maison. 

L’animal finalement rattrapé par les chasseurs, celui-ci se faisait tuer par les deux hommes. Alors que l’un d’entre eux le tenait par les bois, l’autre le tuait à coups de dague avant de laisser pour mort sur la terrasse du réalisateur. La mère de Luc Besson, présente au moment des faits, a filmé toute la scène.

Un acte qui n’est pas resté impuni. En effet, la justice a décidé de condamner les deux chasseurs à "600 euros d'amende (doublée pour l'auteur du coup de couteau), et à payer solidairement 3.000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, les associations Stéphane Lamart et Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages)", comme le relaient nos confrères de RTL.

De plus, ils vont devoir effectuer un stage de sensibilisation à la réglementation et la sécurité de la chasse, pris en charge par l'Office français de la biodiversité (OFB). La justice a également ordonné le retrait de leurs permis de chasse pendant un an avec exécution provisoire. 

Dans la décision finale, la justice a estimé que l’animal "n'était pas blessé mortellement" à l’arrivée des deux chasseurs sur la propriété de Luc Besson. Ces derniers avaient pourtant tenté de se défendre en prétextant vouloir achever le cerf pour mettre fin à ses souffrances. Pour ne pas se faire condamner et "tuer" l’animal dans les règles, la justice a indiqué que les deux pères de famille auraient dû "faire reculer les chiens, appeler l'OFB et mettre en sécurité l'habitante des lieux". 

Lors de sa prise de parole au tribunal le 9 décembre 2025, Luc Besson n’avait pas mâché ses mots concernant les deux hommes ayant pénétré sur sa propriété pour tuer la bête. "Ils ont tué l'animal comme des sauvages en rentrant chez une dame de 85 ans sans rien lui demander. Elle n'a jamais demandé à ce qu'on l'achève. C'est odieux", déplorait-il.

Avant de poursuivre : "Ce cerf vient dormir dans le jardin parce que c'est sûr pour lui. Ils ont enfreint les règles de sécurité pour aller massacrer un cerf". De leur côté, Luc Besson et sa mère n’ont reçu qu’un euro symbolique en guise de dommages et intérêts

Raphaël Mezrahi : “J’ai tout arrêté pendant…”, ce deuil impossible d’un être cher

Il est fidèle à lui-même, à la fois drôle, grave et désarmant de sincérité. À quelques heures de la 11e édition de La nuit de la déprime, diffusée ce mardi 20 janvier à 21 heures sur France 4, Raphaël Mezrahi était l’invité du Buzz TV. Un passage télé qui n’avait rien d’anodin, tant l’événement qu’il porte depuis plus de dix ans est intimement lié à sa vision de la vie, profondément mélancolique.

Et dès les premières minutes de l’entretien, le ton est donné. Présenté avec humour par Damien Canivez comme celui qui est là pour “plomber le moral un bon coup”, l’humoriste assume pleinement ce rendez-vous unique en son genre, mêlant chansons tristes, autodérision et solidarité. Mais derrière le concept, se cache un homme marqué par une peine récente, qu’il accepte d’évoquer à visage découvert.

Depuis onze ans, La nuit de la déprime affiche complet dès l’ouverture de la billetterie. Un succès que Raphaël Mezrahi explique simplement. “On distribue les mouchoirs à l’entrée, c’est un pied de nez à la morosité ambiante”, glisse-t-il en évoquant ce spectacle organisé aux Folies Bergère. Cette année encore, la programmation est prestigieuse, avec Catherine Ringer comme marraine et des artistes comme Enrico Macias (qui ne se cache pas d'avoir trompé sa femme), Véronique Sanson (d'ailleurs, voici des nouvelles de son état de santé), Nolwenn Leroy, Nicoletta ou Adamo.

Mais l’événement ne se limite pas à l’émotion musicale. Depuis la première édition, l’intégralité des recettes est reversée à des associations, notamment en faveur de la cause animale. “La recette, je crois que c’est 27 000 euros tous les ans. Donc j’ai reversé plus de 250 000 euros depuis le début”, précise Raphaël Mezrahi, fier de cet engagement qui donne un vrai sens profond à son projet.

Particulièrement sensible à la cause animale, Raphaël Mezrahi partage son quotidien avec 17 chats. Et c’est justement la perte de l’un d’eux qui l’a plongé dans un chagrin abyssal. Sur le plateau du Buzz TV, il raconte sans détour. “Il y a un chasseur qui a écrasé un de mes chats, mon chat préféré, il y a une semaine et je suis en deuil”, confie-t-il, la voix chargée d’émotion. “J’ai tout arrêté pendant 8 jours, j’ai annulé tous mes rendez-vous. Il peut se passer n’importe quoi, je n’en ai rien à foutre, donc j’annule tout et je suis en deuil”, explique-t-il. Et d’ajouter, avec une lucidité brute : “Je serai en deuil à vie attention, je ne fais pas mon deuil trois quarts d’heure.”

Un rapport à la tristesse qu’il revendique depuis toujours. “Je n’ai jamais été heureux de ma vie. Jamais !”, lâche-t-il sans détour, alors qu'il dit refuser toute aide psychologique. “Je resterai malheureux toute ma vie. C’est pour ça que j’essaie de me marrer et de faire des trucs marrants, parce que dans le fond je suis très triste.” Une confession bouleversante, à l’image de cet artiste à part, qui transforme sa peine en rendez-vous collectif pour mieux la partager.

Billie Eilish dénonce les rafles et exactions de l’ICE en recevant un prix pour la justice environnementale

Billie Eilish s’est jointe à d’autres stars, comme Bruce Springsteen et Mark Ruffalo, dénonçant les exactions de la police fédérale de l’immigration aux États-Unis, l’ICE, sous l’administration de Donald Trump. La chanteuse de 24 ans s’est vu remettre ce week-end le prix de la justice environnementale par les Martin Luther King Jr Beloved Community Awards pour son engagement dans la protection de l’environnement, notamment marqué l’an dernier par son projet de don d’11,5 millions de dollars à des organisations environnementales.

Or, dans son discours de remerciements, la chanteuse de Birds of a Feather a partagé ses sentiments mitigés sur le moment en raison « de l’état de notre pays et du monde en ce moment », comme l’a rapporté The Hollywood Reporter. « C’est très étrange d’être célébrée pour son travail en faveur de la justice environnementale à un moment où cela semble moins réalisable que jamais étant donné l’état de notre pays et du monde en ce moment », a-t-elle soulevé.

Au-delà de la question environnementale, Billie Eilish n’a pas caché ses inquiétudes vis-à-vis des rafles de l’ICE et des violences qui ont émergé par endroits, notamment deux semaines plus tôt à Minneapolis, dans le Minnesota, où Renee Nicole Good, une mère de famille, a été abattue par un agent. « Nous voyons nos voisins se faire kidnapper, des manifestants pacifiques se faire agresser et assassiner, nos droits civiques se faire dépouiller », a lancé la chanteuse.

Accablée, Billie Eilish a ajouté : « Il est vraiment difficile de célébrer cela lorsque nous ne nous sentons plus en sécurité dans nos propres maisons ou dans nos rues », avant de mentionner sur un ton plus optimiste les « histoires » et « personnes » qui l’inspirent. Ce n’est pas la première fois que l’artiste profite d’un évènement de ce type pour faire part de ces convictions et de son engagement. En octobre dernier, lors des Innovator Awards du Wall Street Journal, qui lui ont aussi remis un prix, la star a exhorté les « milliardaires » à utiliser leur argent « à bon escient » et dans l’intérêt de ceux « qui en ont besoin ».

Plus récemment, Billie Eilish a reçu les critiques du ministère américain de l’Intérieur après avoir qualifié dans ses Stories Instagram l’ICE de « groupe terroriste ». Une représentante a jugé ses propos « fallacieux », selon Billboard, assurant notamment, comme le vice-président JD Vance, que l’agent responsable de la mort de Renee Nicole Good avait agi par légitime défense.

Bertrand Usclat et Chers Parents ouvrent le festival de L'Alpe d'Huez

Hier soir, le Festival de l’Alpe d’Huez ouvrait ses portes avec un mélange de déconnade, de Côtes du Rhône grand cru et de vent glacé qui annonce les grandes messes de la comédie française. Et pour mettre le feu aux poudres, on avait confié la cérémonie à Bertrand Usclat, qui a littéralement transformé la salle en shaker géant.

Tout juste arrivé sur scène, le petit génie de Broute s’est imposé en showman de folie, survolté comme s’il avait avalé trois spots lumineux, enchaînant les dérapages contrôlés et les vannes inventives avec la grâce d’un funambule en baskets (image totalement mensongère puisque son costume noir, sa chemise blanche à col cassé et ses souliers vernis étaient du plus bel effet).

Son duo chanté avec une IA (une IA qui chante juste, c’est déjà un miracle, mais qui répond à Usclat ? On flirtait avec le paranormal) a chauffé la salle géante de l’AgorAlp pleine à craquer. Un peu plus tard, sa voix off qui nous plongeait dans l’angoisse intérieure d’un comédien en train de se noyer dans une impro vaseuse était encore plus fabuleuse - la pépite méta aurait pu être aussi casse-gueule qu’une plaque de verglas sur la Sarrenne, mais entre ses soupirs paniqués et ses faux mantras c’est devenu le grand moment de cette ouverture.

Du grand art donc, strié par des blagues imparables qui oscillaient habilement entre le too much (“ohhhh il a osé” sifflait mon voisin de gauche), les piques politiques (dont un petit tacle contre Sébastien Chenu) ou les détournements habiles des passages obligés de ce genre de pince-fesses (lister les partenaires officiels sur des vidéos de chiens, chute géniale de la soirée). Un sans faute. 

Après ce démarrage tonitruant, et le mot de la présidente (Audrey Lamy, toujours impec), place au film d’ouverture. Ca paraît simple comme ça, mais il faut trouver le film capable de parler au plus grand nombre (les locaux envapés, les journalistes gavés de M&Ms, les partenaires à chouchouter - allez donc me contenter tout ce beau monde!), de donner le ton de la semaine, bref, d’être à la fois populaire, accessible, smart et suffisamment incarné pour que l’on se dise que le festival est bien lancé. 

Bonne nouvelle Chers parents fut sur tous ces plans une réussite.

L’histoire ? Trois enfants. Un petit patron (Arnaud Ducret fantastique en droitard cynique), une éternelle étudiante (Pauline Clément fabuleuse), et un critique/écrivain un peu lose (Thomas Solivéres juste et bien coiffé) se retrouvent chez leurs parents. Ces derniers (Miou-Miou et Dussollier) leur annoncent qu’ils partent pour le Cambodge afin d’y fonder un orphelinat avec l’argent gagné à l’Euro Million. Panique générale. Vexations, règlements de comptes, hypocrisies acrobatiques et mauvaise foi olympique : chacun va se battre pour récupérer une part d’un gâteau qui n’a pas encore été découpé.

Adapté d’une pièce de théâtre à succès, Chers parents est une farce à l’italienne, un quasi huis-clos familial où l’amour et l’argent jouent à Colin-Maillard, et où chaque dialogue est potentiellement une grenade dégoupillée.

Porté par cinq acteurs au sommet (des Alpes ?), le film trouve l’équilibre entre la satire sociale, la vraie comédie familiale avec un bon sens du rythme. On attribuera une mention spéciale à Miou-Miou, impériale en mère qui cache sa rigueur sous des airs cajoline, et à Pauline Clément, hilarante en sœur à la fois touchante, (TRES) imprévisible et constamment à deux doigts d’exploser.

Le film multiplie les moments de cinéma pour s’extirper de son origine théâtrale - comme cette promenade à vélo qui démarre dans un charme bucolique et finit dans une furie hystérique. 

Et dans la salle ? Rires généreux, applaudissements immédiats, avec cette ambiance rare où l’on sent qu’un film trouve vraiment son public. En tout cas, le festival semblait propulsé sur de bonnes bases. Rendez-vous samedi soir pour savoir si Chers parents fera partie des favoris. On parierait volontiers que cette équipe peut toucher un gros lot.

Synopsis officiel du film : Quand Alice et Vincent Gauthier convoquent en urgence leurs trois enfants, la fratrie débarque affolée craignant le pire … mais, bonne nouvelle, leurs parents ont en fait touché le Jackpot ! Le problème : ils ne comptent pas leur donner un centime.

Réalisé par Emmanuel Patron, le film sortira le 25 février prochain.