27 novembre 2024

Gérard Darmon : neuf femmes accusent l’acteur de violences sexistes

Gérard Darmon, 76 ans, s’illustre dans le cinéma français depuis plus de 5 décennies. Sa carrière est marquée de succès comme La cité de la peur, Le cœur des hommes, Family business ou encore Astérix et Obélix : mission Cléopâtre. Apprécié pour son humour décalé, qu’il a mis au service de la télévision à de nombreuses reprises dans des émissions comme Burger Quiz ou Lol qui rit sort, Gérard Darmon compte parmi les comédiens les plus populaires de sa génération. 

Mais ce succès se voit entaché par un dossier de Politis paru ce mercredi, dans lequel le média indique que neuf femmes - des habilleuses, des maquilleuses, des coiffeuses ou des assistantes de réalisation - accusent l’acteur de violences sexistes et sexuelles. Interrogées par Politis, ces dernières dépeignent des “humiliations”, des “insultes sexistes”, ainsi qu’un “sentiment permanent d’insécurité”. Une technicienne indique également avoir porté plainte contre sa production pour “absence de protection” face à l’acteur. 

Occupant parfois des postes précaires, elles décrivent leur place comme “interchangeable” face à “l’impunité accordée à l’artiste”. Certaines évoquent des contacts physiques non consentis, des insultes, des propositions à caractère sexuel ou encore un “besoin de toucher les femmes”, concernant des faits qui se seraient produits entre 2018 et l’été 2024. 

Delphine (son prénom a été modifié), 19 ans au moment du tournage de Vous êtes jeunes, vous êtes beaux, décrit le comportement de l’acteur comme très insistant. “On peut faire l’amour, tu peux venir chez moi”, lui aurait lancé Gérard Darmon un jour, sur le tournage, avant qu’elle ne refuse ses avances. “Tu vas le regretter, tu vas tomber dans mes bras dans quelques semaines, aurait-il ajouté, un peu plus tard. A ce moment-là, la jeune femme, pas intéressée, lui aurait répondu qu’elle a “l’âge de ses enfants”, ce qui aurait déplu à Gérard Darmon. 

Après cet échange, l’acteur aurait changé de ton avec la technicienne. “Il me parlait extrêmement mal. Il me disait ‘bonjour chienne, tu préfères que je t’appelle chienne ou petite cochonne ?’”, raconte Delphine. Puis d’ajouter : “Il aboyait pour me parler (...) Ce manque de respect est insupportable. J’ai plusieurs fois craqué”. Cette dernière indique avoir porté plainte contre la production pour non-protection. 

Et la jeune femme n’est pas la seule à se plaindre du comportement de Gérard Darmon. “Nous n’avons pas beaucoup parlé, mais moi, je t’ai regardée [sic] quand tu ne le savais pas. Et j’ai bien aimé. À bientôt”, aurait écrit l’acteur dans le livre d’or d’une technicienne à la fin du tournage de On fait quoi maintenant ? “La seule interaction qu’il est capable d’avoir avec moi, c’est sur mon physique. Je sentais que mon corps était épié, scruté”, se souvient une autre technicienne.  “La production m’a dit qu’il avait les mains baladeuses et qu’il fallait faire attention”, précise une technicienne du tournage d’Aimons-nous vivants, dont la sortie est prévue en 2025. “Aucune femme ne devait se trouver seule avec lui”, indique-t-elle. 

Dix autres femmes, qui se sont confiées à Politis, ont finalement souhaité ne pas apparaître dans cette enquête. 

Elton John ne peut plus faire de musique pour l’instant à cause de ses problèmes de vue

Elton John doit s’armer de patience. L’icône de 77 ans souffre encore des séquelles d’une infection qui lui a fait perdre la vue de l’œil droit durant l'été. Après avoir partagé ses déboires avec son public sur les réseaux sociaux en septembre, le chanteur de Rocket Man a récemment donné des nouvelles peu rassurantes sur son œil.

« J’ai malheureusement perdu la vue à l’œil droit en juillet parce que j’ai eu une infection pendant mes vacances dans le sud de la France, a-t-il confié lors d’un entretien avec Good Morning America. Cela fait maintenant quatre mois que je ne vois plus rien. Et mon œil gauche n’est pas au mieux de sa forme ». Heureusement, la perspective d’une guérison reste possible. « Il y a de l’espoir et des encouragements pour que tout aille bien », a-t-il ajouté.

La star est néanmoins contrainte de ralentir certains projets en attendant. « Je suis un peu coincé dans l’instant, parce que je peux faire quelque chose comme ça (répondre à une interview), mais aller en studio et enregistrer, je ne sais pas, a-t-il avoué. Parce que je ne vois pas les paroles pour commencer. » Le chanteur et son entourage essaient en attendant de « prendre des initiatives » pour « améliorer » la situation. « On n’a pas de chance quand une telle chose se produit et cela m’a en quelque sorte bouleversé. Je ne peux rien voir, je ne peux rien lire, je ne peux rien regarder », a-t-il poursuivi.

Dans le message Instagram informant de son problème de santé deux mois plus tôt, Elton John avait déjà expliqué que le processus de guérison serait « extrêmement lent » : « il faudra du temps avant que la vue ne revienne dans l’œil touché. » Or, malgré le ralentissement provoqué par son œil, le chanteur a accompagné plusieurs projets ces dernières semaines, dont le documentaire sur sa vie, Elton John : Never Too Late, et la sortie prochaine d’un album avec Bernie Tauping, annoncé l’an dernier.

La chanteuse Kate Nash financera ses tournées en vendant des photos intimes sur OnlyFans

La fin justifie-t-elle tous les moyens ? La chanteuse britannique Kate Nash semble le penser, qui a annoncé à la BBC qu’elle allait vendre des photos intimes sur la sulfureuse plateforme OnlyFans pour financer ses prochaines tournées, rapporte Le Figaro.

Aussi surprenante qu’elle soit, sa démarche n’est pas inédite puisque sa consœur Lily Allen avait aussi révélé, fin octobre 2024, que vendre des photos de ses pieds sur OnlyFans lui rapportait plus que les écoutes de ses titres sur la plateforme de streaming musical Spotify.

Kate Nash, elle, constate que ses tournées engendrent davantage de pertes que de profits. « Pour faire des bénéfices (sur les tournées), il faudrait espérer vendre assez de t-shirts, réduire les salaires ou carrément licencier l’équipe », a-t-elle déploré auprès de la BBC.

D’où l’idée de cette vente de photos intimes, « suggestives mais pas explicites ». Idée que l’artiste de 37 ans considère d’ailleurs comme une « protestation punk », se réjouissant de pouvoir financer sa passion « en tant que femme qui prend le contrôle de son corps ».

La musicienne, qui se dit « un peu exhibitionniste » et affirme « aimer prendre ce genre de photo », s’attend à « prendre du plaisir » dans sa démarche, ajoute Le Figaro. D’autant qu’elle est convaincue qu’elle gagnera « plus d’argent avec ça qu’avec la musique au cours des trois prochains mois ».

Sylvester Stallone va faire Le Samaritain 2 sur Prime Video

A l'été 2022, Sylvester Stallone livrait sa version du film de super-héros avec Le Samaritain, diffusé en streaming sur Prime Video. Le pitch ?

Le Samaritain est un super-héros qui s'est fait passer pour mort 25 ans plus tôt et s'est reconverti en éboueur. Mais il se voit contraint de reprendre du service après avoir été démasqué par un de ses jeunes voisins, joué par Javon Walton (Euphoria). Capable de se régénérer, le Samaritain devra reprendre les armes, dont une masse qu’il forge lui-même, pour affronter un nouvel ennemi, incarné par Pilou Asbaek (Game of Thrones).

The Hollywood Reporter a annoncé un peu plus d'un an après, en octobre 2023, que le studio Amazon MGM a décidé de produire une suite. On fait le point sur Le Samaritain 2, au moment où le n°1 arrive en clair à la télévision.

Sylvester Stallone va revenir en tant que star du film et producteur (via Balboa Productions) : il avait en fait conclu un accord avec la MGM pour revenir avant le début de la grève des acteurs. En coulisses, le scénariste Bragi F. Schut (Escape Game, Le Dernier voyage de Demeter) est toujours là, en revanche, depuis cette annonce il u a un peu plus d'un an, son réalisateur initial Julius Avery (Overlord, Son of a Gun) n'a pas été confirmé de retour derrière la caméra. On ne connait pas non plus les nouveaux acteurs au casting.

Rappelons que Le Samaritain a rencontré un succès surprise durant l'été 2022, restant numéro un des longs métrages sur Prime Video pendant trois semaines consécutives. Il ne s'agit pas tout à fait du premier film de super-héros de Sly, puisque le comédien était apparu brièvement dans Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 et 3, de James Gunn, et qu'il doublait l'un des personnages clés de la Suicide Squad du même réalisateur, King Shark. Un rôle chez Marvel, et un autre chez DC, donc.

Alec Baldwin veut oublier Rust : "J’ai renoncé à l'argent, j’ai tout donné à son mari"

Alec Baldwin aimerait pouvoir tourner la page. Plus de trois ans après la mort accidentelle de la directrice de la photographie Halyna Hutchins, sur le tournage de Rust, le western a été terminé et arrive doucement dans les salles de cinéma. L'occasion pour l'acteur de revenir sur ce moment tragique, qui marquera sa carrière à jamais :

"C’est évidemment la chose la plus difficile que j’ai jamais eu à affronter dans ma vie" raconte Alec Baldwin à Variety en marge du Festival du film de Turin.

L'acteur de 66 ans explique que , "au-delà des victimes elles-mêmes, ce qui me fait le plus de peine, c’est le mal que cela a fait à ma femme… Nous essayons de nous remettre, même si ce film ne tiendra jamais debout tout seul. Il sera toujours éclipsé par ce drame".

Puis Alec Baldwin revient sur les détails du procès et de l'accord qui a été passé avec le veuf de Halyna Hutchins :

"Il y a cette idée selon laquelle quelqu’un aurait profité de la vente et de la distribution du film. C'est totalement faux. Pour terminer le film – et c’est la seule chose que je puisse dire à ce sujet car il y a une affaire civile en cours – nous sommes allés dans le Montana. Tous mes médecins m’ont dit de ne pas y aller – psychiatres, cardiologues. Je veux dire, j’étais très malade pendant un certain temps après le drame. Physiquement épuisé et malade. Mais j’y suis allé  J’ai dit au réalisateur Joel Souza : « Tu vas reprendre le tournage ? Si tu penses que c’est important de le faire, je le ferai. Si la seule manière de régler l’affaire avec le mari Halyna et la succession est de terminer le film, faisons-le. » Nous sommes donc allés dans le Montana et nous avons terminé… J’ai renoncé à mon cachet. Je leur ai rendu le cachet prévu dans le budget. J’ai renoncé à tout argent. J’ai tout donné à son mari. Il est propriétaire du film. Son mari, je crois, est le seul propriétaire du film, même si je peux me tromper. Tout a été fait dans cet esprit. "

Rust a été présenté en Pologne il y a quelques jours pour sa grande première. Sans Alec Baldwin, qui n'a "pas vu le montage final. On m’a envoyé un premier montage avant que tout ne devienne un peu plus compliqué. Je n’ai donc pas vu le film. Mais, encore une fois, j’espère que le film sortira... et qu’il rapportera de l'argent. J’espère que le film sera vendu, et que Matt Hutchins touchera son argent. Nous avons tous conclu un accord avec lui et nous voulons tous le respecter. Mais dire qu'on tire un profit de cette histoire, c’est absolument faux." 

Alec Baldwin conclut en expliquant n'avoir pas l'intention de voir Rust un jour. "Non. Ca été trop douloureux. Nous essayons de nous mettre à l’abri de tout ça (avec ma femme) désormais".

Pour le moment, Rust n'a pas encore de date de sortie en France.

Slumdog Millionaire 2 : une suite 20 ans après

Presque 20 ans après ses huit Oscars - dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation - Slumdog Millionaire pourrait bien avoir une suite. Slumdog Millionaire 2 n'est pas encore lancé officiellement, mais selon Variety, la société de production Bridge7 (dirigée par Swait Shetty et Grant Kessman) a obtenu les droits d'une suite. Bridge7 a conclu un accord avec Celador, la société qui avait produit le film original (avec Film4). Bridge7 a également acquis les droits télévisuels de Slumdog Millionaire.

"Certaines histoires restent avec nous longtemps après le générique de fin et Slumdog Millionaire en fait partie, sans aucun doute", assurent Shetty et Kessman dans un communiqué précisant leurs velléités de Slumdog 2.

Il faut rappeler que le film réalisé par Danny Boyle en 2008 s'inspire librement du roman de Vikas Swarup paru en 2005.

"Son récit est universel, transcendant les frontières culturelles et géographiques, et il incarne le genre d’histoires que nous aimons – celles qui relient le divertissement à des expériences humaines profondes. Ce qui rend Slumdog Millionaire extraordinaire, ce n’est pas seulement son génie cinématographique – qui englobe la narration, la musique et ses distinctions remarquables, mais aussi la façon dont il a réuni des talents du monde entier pour former une équipe qui gagne."

Dans leur esprit, Slumdog Millionaire 2 racontera le "prochain chapitre du voyage de Jamal (Dev Patel)".

On ne sait pas encore si Boyle ou Patel ou d’autres membres du casting sont censés revenir. Le projet en est visiblement aux tous premiers stades de développement.

Mort du réalisateur Jim Abrahams à 80 ans

Le réalisateur, scénariste et producteur américain Jim Abrahams, roi de la comédie et de la parodie avec ses comparses des "ZAZ" est décédé ce mardi à 80 ans, a annoncé son fils Joseph au Hollywood Reporter. Abrahams avait été nommé avec ses deux comparses David et Jerry Zucker à l'Emmy de la meilleure écriture de comédie pour la série policière Police Squad.

Né dans le Wisconsin en 1944, Jim Abrahams commence sa carrière en écrivant avec les frères David Zucker et Jerry Zucker l'inclassable film à sketchs Hamburger Film Sandwich (1977) réalisé par John Landis. Le film leur met le pied à l'étrier et bientôt, ils signent leur premier film "solo" (en trio) : Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980), qui rencontre un immense succès.

Leur humour absurde, leur sens de la parodie et du gag séduit les spectateurs, et ils trouvent rapidement une place dans la comédie américaine, qui se parodiait assez peu à l'époque.

Ils enchaînent en plaçant Leslie Nielsen en tête d'affiche de la série Police Squad! (1982) puis tournent le long métrage Top Secret (1984), parodie des films d'espionnage et Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? en 1986, qu'ils réalisent, mais n'écrivent pas.

Mais Jim Abrahams rêve de suivre sa voie. S'il participe toujours à l'écriture des films des ZAZ, c'est désormais David Zucker qui en signe seul la mise en scène (Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, Y a-t-il un flic pour sauver le président ?), tandis qu'Abrahams part faire cavalier seul avec Quand les jumelles s'emmêlent (1988), Roxy (1990) et surtout, dans son registre de prédilection, Hot Shots !, parodie de L'Etoffe des héros, puis Hot Shots! 2, parodie des films de guerre et du cinéma des années 80 en général.

Après un téléfilm avec Meryl Streep (Au risque de te perdre), il signe ce qui sera son dernier film, Le Prince de Sicile (1998), parodie du Parrain avec comme slogan sur l'affiche : "Enfin un bon film", signé Don Corleone. Il ne reviendra à l'écriture que pour Scary Movie 4 en 2006, mis en scène par son complice David Zucker.

Producteur de la plupart de ses films, il avait également financé Cry-Baby avec un tout jeune Johnny Depp.

A noter qu'un remake de Y a-t-il un flic pour sauver la reine est annoncé pour l'année prochaine, avec Liam Neeson.

Leni Riefenstahl, la lumière et les ombres : ce documentaire ouvre ses archives secrètes

Elle a été actrice, monteuse, réalisatrice. Elle a créé des images iconiques. Elle a été proche du régime nazi. Qui était-elle ? Une opportuniste ? Une manipulatrice ? Une visionnaire ? Ses archives personnelles, accessibles pour la première fois, la révèlent enfin, dans toute sa complexité, son ambiguïté.

L'affiche du film donne le ton avec ses cinq mots écrits en lettres capitales : "visionnaire, manipulatrice, menteuse, narcissique, controversée". Qui était Leni Riefenstahl ? Cette réalisatrice restera à tout jamais associée au régime nazi, connue comme la "cinéaste d'Adolf Hitler". Le documentaire Leni Riefenstahl, La lumière et les ombres a pour ambition d'essayer de cerner cette personnalité assurément complexe, controversée, trouble.

Quel était son lien avec le régime nazi ? Quel regard portait-elle sur son travail ? Quel a été sa vie et sa carrière après la mort d'Hitler ? Ce documentaire aborde ces sujets, en nous donnant accès à des documents et entretiens totalement inédits.

Quatre ans de travail ont été nécessaires pour décortiquer 700 caisses d'archives verrouillées et inaccessibles pendant des années après la mort de Leni Riefenstahl.

"Pourquoi l’étude de l’œuvre et de la vie de Riefenstahl est-elle à nouveau si importante aujourd’hui ?"

"Ce que nous avons trouvé nous a conforté dans notre intention de faire un film : malgré les traces visibles d’un nettoyage méticuleux fait par elle, nous avons découvert de nombreuses preuves de la manipulation consciente de sa biographie par Riefenstahl, explique la productrice du film, dans une note d'intention. En outre, et cela nous a semblé encore plus important, les nouveaux documents de son patrimoine permettaient désormais d’introduire et de mettre en contexte le développement de son langage visuel controversé avec son parcours de vie et sa réflexion sur l’actualité politique."

"Pourquoi l’étude de l’œuvre et de la vie de Riefenstahl est-elle à nouveau si importante aujourd’hui ? Parce qu’elle tombe à une époque où non seulement les modèles fascistes sont à nouveau présents, mais aussi acceptés, poursuit la productrice. Nous sommes également confrontés quotidiennement à la propagande, à la distorsion, aux « fake news ». La guerre et le totalitarisme menacent également nos démocraties. Elle nous montre douloureusement à quel point nos démocraties sont vulnérables et quel rôle important jouent la séduction et la décomposition par la pensée autocratique. Beaucoup de « Riefenstahl » modernes sont impliqués."

La figure de Leni Riefenstahl a, par ailleurs, été l'objet de curiosité de la part de cinéastes d'aujourd'hui. Comme le rappelle le dossier de presse du film, Quentin Tarantino avait par exemple déclaré dans une interview pour le magazine allemand Spiegel : « Elle était la meilleure réalisatrice de tous les temps. Il suffit de regarder ses films sur les Jeux Olympiques pour s’en rendre compte ». Il faut bien sûr y lire une déclaration en rapport avec la démesure des projets que Leni Riefenstahl a porté, longtemps détentrice du record du documentaire le plus cher de tous les temps, avec le diptyque Les Dieux du stade, et les très nombreux caméramen déployés.

Plusieurs projets de biopics autour de Leni Riefenstahl ont également été envisagés au fil des années. Jodie Foster avait eu cette envie, en 2000, soit quelques années avant la mort de Leni Riefenstahl (qui s'était fermement opposée au projet).

Plus tard, vers 2013, Steven Soderbergh avait aussi tenté de monter un film sur elle. Le réalisateur avait travaillé avec le scénariste Scott Z. Burns. Comme nous l'indiquions à l'époque, l’angle d’approche du réalisateur était le suivant : « [...] Voir si nous pouvions faire en sorte que le public prenne son [Leni Riefenstahl, ndlr] parti, traiter Hitler et Goebbels comme des patrons de studio, et la représenter comme l’artiste contrariée, empêchée par les philistins, et réellement renverser la chose. Le boulot ne consiste pas à juger les personnages ; c'est de présenter leurs points de vue tels qu’ils voudraient qu’ils soient présentés, donc je me suis dit : "Wow, ce serait intéressant si l’on pouvait d’une manière ou d’une autre convaincre quelqu’un, pendant 90 minutes, de soutenir une personne qui était probablement assez horrible". »

Pour en savoir plus sur la carrière de Leni Riefenstahl, cet article très fouillé d'Olivier Pallaruelo revient en détail sur un héritage aussi fascinant que controversé de l'égérie cinématographique du Führer. Dans cet autre article, il est expliqué le lien méconnu entre Walt Disney et la cinéaste.

Le documentaire Leni Riefenstahl, la lumière et les ombres, réalisé par Andres Veiel, et sélectionné en septembre dernier à la Mostra de Venise, sort au cinéma ce mercredi 27 novembre 2024.

Les Reines du drame débarque au cinéma

2055. Steevyshady, youtubeur hyper botoxé raconte le destin incandescent de son idole, la diva pop Mimi Madamour, du top de sa gloire en 2005 à sa descente aux enfers, précipitée par son histoire d’amour avec l'icône punk Billie Kohler. Pendant un demi-siècle, ces reines du drame ont chanté leur passion et leur rage sous le feu des projecteurs.

Présenté en séance spéciale à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2024, et à découvrir dès aujourd’hui au cinéma, le mélodrame musical Les Reines du drame est le tout premier long-métrage d’Alexis Langlois, qui s’est fait un nom ces dernières années grâce à ses courts métrages couronnés de succès en festivals, tels que De la terreur, mes sœurs ! et Les Démons de Dorothy.

L’inspiration derrière ce film lui vient "d’une rupture, d’une histoire très passionnée, empreinte de rivalité et d’admiration [...] avec une personne qui a inspiré le personnage de Mimi. Quand l’histoire s’est terminée, j’ai eu envie de la raconter, d’essayer de comprendre ce qui s’était passé," explique-t-iel.

Dans un style résolument pop et rétro, Alexis Langlois replonge les spectateurs dans les années 2000, cadre haut en couleur de la rencontre entre ses deux protagonistes, Mimi et Billie. Avec ce long-métrage engagé, iel souhaitait raconter une grande histoire d’amour queer sans l’idéaliser : "Je crois que le film montre des personnes qui s’aiment mal parce que le monde tel qu’il est, structuré par le patriarcat les empêche de s’aimer vraiment. C’est important d’avoir des représentations différentes mais par contre je crois que c’est aussi absurde de gommer nos travers et nos défauts".

Tout au long du film, Alexis Langlois convoque de très nombreuses références : Une Étoile est née avec Judy Garland, Eve de Joseph L. Mankiewicz, mais aussi les films d’Almodovar, de Brian De Palma et bien d’autres, cités comme ses principales sources d’inspiration. En parallèle, iel n’en oublie pas la culture populaire, souvent considérée comme moins noble, qui a toujours nourri sa passion, à commencer par les clips musicaux, les émissions de télé-crochet et la série Buffy contre les vampires.

À travers ses personnages, Alexis Langlois s’interroge sur la culture de la célébrité et la figure de la star. "Il y a une fascination très premier degré pour les stars et ce qu’elles peuvent provoquer chez les gens. Un amour fou, puis parfois une envie de les voir s’écraser. Cet élan contradictoire qu’ont beaucoup de fans envers leurs idoles a été l’un des fils conducteurs de l’écriture. Le film parle de cette cruauté tout en prenant la forme d’un hommage pour regarder tendrement celles qui aujourd’hui sont rejetées."

Louiza Aura et Gio Ventura incarnent Mimi Madamour et Billie Kohler, le fameux couple fusionnel au cœur des Reines du drame. Si Gio Ventura (Fou de Bassan, Tambour battant) connaissait déjà bien le cinéma d’Alexis Langlois et ses précédents projets, c’était une découverte complète pour Louiza Aura, qui tient d’ailleurs ici son premier rôle au cinéma. Un rôle qui lui a valu d’être prénommée pour concourir dans la catégorie Révélation féminine aux César 2025 !

"Quand Gio et Louiza se sont rencontrés·ées, il y a quelque chose qui m’a tout de suite séduite, une alchimie, une magie… Pour embrasser le mélodrame, il nous fallait des personnages à la fois forts mais aussi avec des failles, des blessures. Gio et Louiza m’ont bouleversée car ils avaient cette sensibilité débordante," raconte Alexis Langlois.

Avec son film, iel offre également à Bilal Hassani son baptême du feu au cinéma avec le rôle du très intense youtubeur Steevyshady, fan ultime de Mimi Madamour. Ayant déjà fait du théâtre plus jeune avant de décider de se consacrer à la musique, le jeune acteur était très emballé par le projet, lui qui était déjà fan d’Alexis Langlois depuis plusieurs années.

"Je pense que l’histoire de Mimi et Billie est trop importante et encore trop rare. On veut encore de ces récits-là, on en veut des milliers. C’est un film qui est important politiquement dans le paysage actuel, on a besoin de voir ces histoires parce qu’on est visibles mais pas assez. Il faut qu’on le soit plus," confie Bilal Hassani.

Festival des Saisons Hanabi : un vent nouveau souffle sur le cinéma japonais

Merveille d’humanité et de beauté dont la chaleur fera fondre la neige hivernale et le cœur des spectateurs, My Sunshine, présenté au dernier Festival de Cannes dans la catégorie “Un certain regard”, fera l’ouverture des Saisons Hanabi dès le 27 novembre, soit un mois avant sa sortie en salle, le 25 décembre prochain.

Le réalisateur du long métrage, Hiroshi Okuyama, fera même l’honneur de sa présence aux spectateurs de son film lors de son avant-première du 11 décembre dans les cinémas l’Arlequin, Pathé Convention, MK2 Bibliothèque, et UGC Les Halles.

Le Jardin zen de Naoko Ogigami

Luxe, calme et volupté. Tout va pour le mieux dans la vie parfaitement réglée de Yoriko et de tous ceux qui, comme elle, ont rejoint la secte de l’eau. Jusqu’au jour où son mari revient à la maison après de nombreuses années d'absence, entraînant avec lui une myriade de problèmes. Rien, pas même ses plus ferventes prières, ne semble restaurer la précieuse quiétude de Yoriko… Avec tout cela, comment faire pour rester zen ?

Egoist de Daichi Matsunaga

Éditeur dans la mode, Kōsuke est d'une élégance insolente. Obsédé par son apparence, il embauche Ryūta, un garçon simple, comme coach sportif personnel. Au fil de leurs entraînements, des sentiments de plus en plus passionnés se développent entre les deux hommes, jusqu’au jour où Ryūta disparaît brusquement…

Le Joueur de go de Kazuya Shiraishi

Ancien samouraï, Yanagida mène une vie modeste avec sa fille à Edo et dédie ses journées au jeu de go avec une dignité qui force le respect. Quand son honneur est bafoué par des accusations calomnieuses, il décide d'utiliser ses talents de stratège pour mener combat et obtenir réparation…

En boucle de Junta Yamaguchi

Une nouvelle journée commence à l’auberge Fujiya, nichée au cœur des montagnes japonaises. Une journée ordinaire… ou presque : car les uns après les autres, les employés et les clients se rendent compte que les mêmes 2 minutes sont en train de se répéter à l'infini...

Jusqu’à l’aube de Sho Miyake

Misa et Takatoshi sont collègues dans une petite entreprise d'instruments scientifiques pour enfants. Quand ils découvrent chacun être confronté à des problèmes de santé qui troublent leur quotidien, une relation de soutien mutuel se noue entre eux.

Enfin, pour clôturer le festival en beauté, un film surprise sera projeté au cours du dernier jour. Rendez-vous dans votre cinéma pour découvrir de quelle pépite il s’agit !

Pour prolonger votre découverte du Japon, le festival des Saisons Hanabi vous propose également… de prendre part à un véritable voyage ! En donnant votre avis sur les différents films présentés en avant-première lors de cette édition, tentez de remporter un voyage d’une semaine à Tokyo pour deux personnes. Aurez-vous la chance de voir l’hiver japonais de vos propres yeux ? Réponse le 12 décembre à 23h59, heure du tirage au sort !

Les Saisons Hanabi vous donnent rendez-vous du 27 novembre au 17 décembre pour une nouvelle édition inoubliable et riche en surprises.

Retrouvez la liste des cinémas partenaires sur le site des Saisons Hanabi.